lundi 18 janvier 2016

Magie et magiciens. Pièges tendus aux magiciens.



Simon le magicien

Nous avons vu hier, dans l'article l'Apocalypse et la gnose, comment le démon trompait les chrétiens, dès les temps apostoliques : en leur présentant des faux apôtres qui disaient aimer Jésus mais qui le haïssaient en réalité. Ces faux apôtres était les premiers gnostiques. Le plus célèbre d'entre eux, à cette époque, était Simon le magicien. Simon le magicien était capable de faire des prodiges extraordinaires, à l'aide des démons. Il a fait par exemple apparaître des démons sous la forme de femmes séduisantes, lors de festins qu'il organisait. Il pouvait s'élever dans le ciel en se faisant porter par de mauvais anges. 

Simon avait conquis l'admiration de l'empereur Néron et de nombreux Romains par ses pouvoirs. Il menaçait la foi des premiers chrétiens de Rome qui avaient connaissance de ses prodiges. Ne paraissait-il pas plus puissant que les apôtres de Jésus ? Il enseignait une religion permissive basée sur la volupté. Il devenait tentant de suivre cet homme à qui tout semblait réussir et qui se vautrait dans l'impureté en ayant, par permission divine, une puissance qui paraissait quasiment illimitée. 

Saint Pierre a mis fin à son influence en le faisant publiquement tomber du ciel où il s'était élevé, lors d'une démonstration de ses pouvoirs magiques. Simon a été sévèrement blessé mais il n'est pas mort tout de suite. Il a quitté Rome et est mort misérablement dans le péché quelque temps après. Il est dommage qu'il ne se soit pas converti, en constatant que la puissance de Jésus était supérieure à la sienne. Pourtant Jésus l'a sûrement laissé vivre après sa chute pour lui donner la possibilité de revenir à lui. Il était assez facile de déduire que puisque Jésus avait réussi à vaincre les démons de Simon, Jésus était l'unique vrai Dieu et avait la vraie doctrine.

Comment vaincre un puissant magicien ?

Comment a fait Saint Pierre pour terrasser Simon ? Il s'est mis humblement en prière. L'humble prière à Jésus est donc plus puissante que n'importe quel pouvoir magique, si elle est fait avec confiance par une personne détachée de tout péché véniel. Jésus peut permettre cependant que certaines âmes pieuses puissent être éprouvées assez durement momentanément par le démon, mais ce n'est jamais de façon à nuire à l'accomplissement de sa volonté en elles. S'il permet parfois une épreuve passagère, c'est pour leur donner un enseignement ou des mérites. Il fait toujours servir ce qui arrive à ceux qui l'aiment pour le bien de leur âme ou pour le bien des âmes qu'il leur a confiées.

Actuellement, au XXIème siècle, la magie connaît un regain de popularité. Les gnostiques actuels se réclament souvent de Simon le magicien. Aux premiers niveaux d'initiation, on fait croire faussement aux néophytes qu'il y a une magie blanche, soi-disant bonne et gentille, faite pour s'aider soi-même et aider les autres, et une magie noire méchante et dangereuse, faite pour nuire aux autres. C'est un mensonge. La magie est toujours noire car elle est toujours faite avec l'aide des démons, même s'ils prennent parfois le nom ou l'apparence d'anges de lumière. (Il y a un "saint Michel", un "saint Gabriel" et un "saint Raphaël" gnostique. Ces anges, invoqués lors de séances de magie, n'ont rien à voir avec les bons anges de la Bible portant le même nom. Ce sont des démons qui se déguisent en usurpant un nom qui ne leur appartient pas.) La magie mène toujours au péché (parfois sous apparence de bien, par exemple en prenant le prétexte de soigner une personne malade pour la mener ensuite à adopter des pratiques peccamineuses ou de fausses croyances). 

Un magicien est plus ou moins efficace en fonction de son union au démon. L'union au démon est développée et cultivée, chez les gnostiques, par la pratique du péché, particulièrement le péché d'impureté.

Conduite du chrétien envers la magie 

Saint Paul, dans ses épîtres, condamne la magie. Si l'on veut aller au ciel après la mort, il faut fuir toute pratique magique et tout péché, même si l'on doit momentanément souffrir certains maux. La seule "magie" du vrai chrétien est l'humble prière confiante. Il faut absolument bannir toute formule magique, même si elle présentée sous la forme d'une prière. Le chrétien doit croire fermement que tout tournera à son bien sans magie, même les épreuves. Il vaut mieux être apparemment faible et petit en ce monde et régner après la mort éternellement avec Jésus, en participant à sa divinité, plutôt que d'être puissant en ce monde grâce à la magie et ensuite être torturé éternellement en enfer par les démons qui nous haïssent tous sans exception, même si nous sommes magiciens et apparemment très "amis" avec eux. Les démons n'ont pas d'amis et n'aiment personne, même s'ils font faussement croire et sentir le contraire à leurs adeptes. 

Questions que pourraient se poser les magiciens 

Le magicien, habitué à mentir aux autres, puisqu'il est gnostique, doit se demander quelles preuves il a que le démon ne lui ment pas à lui aussi, en lui faisant de fausses promesses, en lui donnant de fausses visions, en comblant momentanément sa soif de sensualité. Ne serait-il pas un naïf instrument de Satan-Lucifer ? Ne serait-il pas aveuglé par les pouvoirs momentanés que le démon lui donne ? Ne serait-il pas utilisé par le diable pour l'aider à perdre les âmes tout en se perdant lui-même ? Ne serait-il pas destiné à souffrir en enfer avec le diable après la mort, torturé et méprisé éternellement par les démons qu'il adorait sur terre ? 

Quelles garanties a-t-il de la sincérité du maître qu'il s'est choisi ? 
Sa bonté ? Il est impossible que le démon soit bon. Le magicien connaît sa férocité, son sadisme. Il voit d'ailleurs que le démon le pousse à faire souffrir certaines personnes. Il connaît les actions cruelles des démons du monde entier qui aiment à faire souffrir les innocents. 

Peut-être pourrait-il plutôt s'appuyer sur la véracité des paroles démoniaques ? Mais comment être certain que celui qui nous dit de mentir aux autres ne nous ment pas à nous-mêmes ? Les mages savent que le démon ment sans cesse.


Peut-être le magicien pourrait-il alors s'appuyer sur des visions et des révélations extraordinaires qu'il a reçues ? Là encore, c'est impossible. En effet, le magicien est lui-même capable d'envoyer des fausses visions et des fausses révélations à certaines personnes. Il sait très bien que le démon est un illusionniste puisqu'il a appris de lui comment en être un.

Les pièges du démon pour le magicien

Le démon commence par appâter le mage par les pouvoirs extraordinaires qu'il lui propose. Le mage, fasciné par ce qu'il arrive à faire, se sent peu à peu devenir "comme Dieu". (Il est d'ailleurs vrai que nous sommes appelés à être divinisés, nous enseigne la religion catholique, mais pas de cette manière).

Le démon appâte également le mage gnostique en lui proposant une religion dans laquelle les péchés deviennent vertu, spécialement les péchés d'impureté. 


Le mage, conquis par la puissance et les sensations voluptueuses qui lui sont offertes, renonce à réfléchir, à se servir de sa raison. Il y renonce d'autant plus que son maître démon, par une suprême ruse, lui a enseigné que la raison était méprisable, souvent inutile, réservé aux pauvres chrétiens possédant uniquement la connaissance officielle exotérique ou bien aux profanes. Le démon empêche ainsi ces infortunés de se servir de leur intelligence, seul moyen qu'il leur reste pour voir la vérité et renoncer à la gnose. Le démon fait croire au mage qu'en tant qu'initié à la gnose (connaissance ésotérique), il est appelé au même mode de connaissance que les anges, le mode de connaissance intuitif. Il appuie cette soi-disant révélation en donnant au mage de nombreuses connaissances extraordinaires, par mode de révélation ou d'intuition.



Comment sortir du piège ?

Comment va donc faire le mage pour sortir du piège dans lequel il est tombé ? Il peut réfléchir que ce n'est pas parce que les connaissances historiques, technologiques ou factuelles qu'il reçoit par intuition sont vraies que tout est vrai, dans ce que le démon lui enseigne. Concernant les connaissances théologiques, quelles preuves a-t-il de ne pas être dans l'illusion ? N'a-t-il pas appris lui-même de son maître démon à mêler le vrai au faux dans ce qu'il enseigne aux gens ? Pourquoi le démon ne mêlerait-il pas lui aussi le vrai et le faux dans les connaissances qu'il lui envoie ? Par exemple, le démon pourra faire connaître au mage ce qu'est réellement en train de faire quelqu'un qui absent. Le mage vérifiera ensuite par les faits que la connaissance qu'il avait eu des actions de cette personne était vraie. Cela l'ancrera par conséquent dans la conviction que le démon ne lui ment pas. Il n'hésitera donc pas à croire en la réincarnation ou en un faux dogme concernant Dieu, puisque le démon lui dit d'y croire et lui donne des connaissances réelles sur d'autres points. Et c'est ainsi qu'en donnant des connaissances vraies qui ne lui coûtent pas grand chose, le démon convainc le mage de fausses "vérités" théologiques concernant Dieu, la morale, la vie après la mort. Le mage convainc à son tour de la véracité de la gnose les adeptes de rang inférieur, admiratifs de ses pouvoirs. Et c'est ainsi que tous, fascinés par la magie et la volupté, prennent le chemin de l'enfer.

Le piège de la langue symbolique

Il y a un autre piège que le démon propose à tous les gnostiques et dans lequel ils tombent très souvent. C'est le piège de la langue avec laquelle ils s'expriment. Ils se sont inventé un nouveau langage dans lequel des centaines, voire des milliers de mots ou d'expressions ont un sens différent du sens du dictionnaire officiel. (Pour le gnostique, ce langage symbolique n'est pas une invention mais vient de son "Dieu". Il est pour lui un retour à ce qu'il appelle la tradition primordiale). Le sens caché et symbolique de cette langue permet aux gnostiques de communiquer entre eux tout en se moquant de ceux qui ne sont pas initiés. Ils ont pris l'habitude d'une gymnastique intellectuelle continuelle. De nombreux textes publiés par les gnostiques sont à double sens : le sens exotérique officiel et le sens ésotérique réservé aux initiés, signifiant souvent l'inverse du sens exotérique. 

Cette langue symbolique donne une tournure de pensée humoristique et impure (beaucoup de termes ont une connotation sexuelle). Ils ont pris dès leur enfance l'habitude de dire des impuretés à mots couverts tout en riant entre eux sur ce qu'ils veulent signifier réellement. Cette langue leur a complètement perverti l'intelligence, car on finit par penser comme on parle. Ne pouvant plus parler sans penser au sens caché vicieux de chaque mot qu'ils ont artificiellement forgé, ils éprouvent des difficultés à traiter un problème sérieusement et à réfléchir sur le fond. Ils se dirigent vers l'enfer en plaisantant chaque jour de façon impure. Cette "langue" déstructure la pensée et donne une tournure d'esprit superficielle. Il est difficile de raisonner sérieusement avec un gnostique. Il vous méprise, puisque vous refusez la gnose et n'avez pas de pouvoirs magiques. Il va souvent s'en tirer par une pirouette verbale, jeu de mots pour initiés. En imaginant cette langue symbolique, le démon a voulu ajouter une difficulté supplémentaire pour empêcher les gnostiques de réfléchir normalement. Il a voulu fausser leur intelligence. Il masque leur manque de goût pour la vérité (objet premier de l'intelligence) en leur donnant souvent de grandes capacités intellectuelles (exemple : facilités pour les langues étrangères, très bonne mémoire etc...) ou des connaissances fascinantes. Un gnostique avancé dans l'initiation a presque toujours une vaste culture, largement supérieure à la moyenne et d'excellentes capacités intellectuelles. Mais ces dons intellectuels éblouissent son esprit sans l'éclairer véritablement.

Le bien devient le mal

Pour un chrétien, il vaut mieux avoir des capacités intellectuelles moyennes et rechercher sincèrement et humblement la vérité, la bonté, la vertu, plutôt qu'être brillant et s'étourdir dans la volupté et la magie, en essayant d'oublier qu'on adore un "Dieu" démoniaque qui non seulement ne répugne pas aux sacrifices humains, aux viols, aux massacres d'innocents, mais les réclame impérieusement aux initiés des hauts grades. La gnose est cruelle. Plus on avance en grade, plus on découvre le cauchemar qu'on cautionne. Il vient ensuite un moment où l'on vous demande de passer vous-même à l'acte. On vous enseigne que le mage est au-dessus des lois et que rien n'est mal, pour lui. Il est devenu comme son soi-disant "Dieu" (qui n'est en fait que l'ange déchu Satan) pour lequel rien n'est mal, sauf aimer Jésus et vouloir lui obéir. Et pourtant, il est toujours possible de se convertir, même quand on a fait des crimes. Mais pour cela, il faut chercher sincèrement la vérité.