mercredi 11 novembre 2015

Si l'on réagit mal en désolation, on retombe en tiédeur





Cet amour-propre spirituel cause parfois à l’âme un plus grand dommage, lorsqu’elle s’attache uniquement aux consolations intérieures et à ces visions dont souvent je favorise mes serviteurs. Dès qu’elle s’en voit privée, elle tombe dans la tristesse et l’ennui. Il lui semble qu’elle a perdu la grâce, quand je me retire ainsi de son esprit. Comme je te l’ai dit, je m’en vais et je reviens dans l’âme, non que je lui retire la grâce, quand je me retire ainsi de son esprit. Comme je te l’ai dit, je m’en vais et je reviens dans l’âme, non que je lui retire la grâce, mais seulement le sentiment qu’elle en a, pour la conduire à la perfection. C’est alors qu’elle se désole ; elle croit être descendue en enfer, en se sentant sevrée de la joie qu’elle éprouvait, et exposée aux attaques de nombreuses tentations.

Quelle ignorance en ce jugement, et comme elle se laisse abuser par son amour-propre spirituel ! Comme elle connaît peu la vérité ! Elle ne doit pas ignorer cependant, que je suis en elle, que Moi seul suis le souverain Bien, que c’est Moi qui garde sa volonté dans le bien au temps de la lutte, et l’empêche de courir en arrière à la recherche de son plaisir.

Bien plutôt doit-elle s’abaisser, s’estimer indigne de la paix et du repos de l’esprit. C’est à cette fin que je me retire d’elle. (...)
Voilà donc pourquoi je me retire de mes serviteurs. S’ils se gouvernent d’après les règles de la prudence, s’ils ne sont pas assez ignorants pour ne désirer que le lait, je reviens à eux avec plus de douceur, avec plus de lumière, avec une charité plus ardente. Mais, s’ils n’éprouvent qu’ennuis, tristesse et trouble d’esprit, de ne plus sentir en eux cette douceur spirituelle, ils retirent peu de profit de mon absence et restent dans la tiédeur.