jeudi 1 octobre 2015

Un faux chrétien encourt une peine plus dure qu'un païen


Avertissement aux faux chrétiens. Comment les sauver. Dieu le Père revient sur la première solution vue précédemment et insiste sur le remède déjà indiqué pour guérir l'Eglise.


Tu vois donc combien plus grandes sont les obligations que [les hommes] ont envers moi, depuis la rédemption. Ils sont donc tenus de me rendre louange et gloire, en suivant les traces du Verbe incarné, mon Fils unique. Cependant ils n’acquittent pas cette dette d’amour envers moi et de dilection vis-à-vis du prochain, avec une vraie et réelle vertu, comme je t’ai dit plus haut ; et par cette négligence, parce qu’ils me doivent beaucoup d’amour, ils tombent dans un plus grand péché. Aussi dois-je, par justice divine, leur imposer un châtiment plus grave en leur infligeant l’éternelle damnation. Un faux chrétien encourt une peine plus dure qu’un païen ; par divine justice il est plus brûlé par le feu qui ne consume jamais, c’est-à-dire qu’il est plus torturé, et dans cette torture il se sent dévoré par le ver de la conscience. Ce feu néanmoins ne consume pas, parce que les damnés, quel que soit le tourment qu’ils endurent, ne perdent jamais leur être. Je te le dis, ils demandent la mort, mais ils ne peuvent l’obtenir, parce qu’ils ne peuvent perdre l’être. Ils perdent bien l’être de la grâce par leur péché, mais l’être naturel, jamais.

Le péché est donc plus puni depuis la Rédemption du Sang qu’il ne l’était auparavant, parce que les hommes ont plus reçu. Il ne semble pas qu’ils s’en aperçoivent et qu’ils aient conscience de leurs propres maux : ils se sont faits mes ennemis, à Moi qui les avais réconciliés par le Sang de mon Fils !

Mais il y a un remède pour apaiser ma colère, ce sont mes serviteurs, s’ils ont assez de zèle pour me faire violence par leurs larmes et m’enchaîner dans les liens de leur désir. Tu vois dans quels liens tu m’as enchaîné ; mais ce lien c’est moi-même qui te l’ai donné parce que je voulais faire miséricorde au monde. Oui, cette faim et ce désir de mon honneur et du salut des âmes, c’est moi qui les inspire à mes serviteurs, pour que, vaincu par leurs larmes, j’en arrive à apaiser la fureur de ma justice divine. Prends tes sueurs, prends tes larmes, puise-les à la source de ma divine charité, et avec elles en union à mes autres serviteurs, lave la face de mon épouse. Je te promets que ce remède lui rendra sa beauté. Ce n’est ni le glaive, ni la guerre, ni la violence qui lui rendrait sa beauté, mais la paix, la prière humble et assidue, les sueurs et les larmes répandues avec un désir ardent par mes serviteurs. Ainsi tu réaliseras ton vœu de beaucoup souffrir ; vous répandrez la lumière de votre patience sur les ténèbres des hommes pervers de ce monde. Et soyez sans crainte, si le monde vous persécute, je serai pour vous, et en aucune occasion ne vous manquera ma Providence.