jeudi 8 octobre 2015

Les trois degrés




Sache que ce pont, qui est mon Fils unique a trois degrés : deux furent faits sur le bois de la très sainte Croix, et le troisième, quand il éprouva la grande amertume, alors qu’on lui donna à boire du fiel et du vinaigre. Ces trois degrés te feront connaître trois états de l’âme, comme je te l’exposerai.

Le premier degré ce sont ses pieds, qui signifient l’affection : car, comme les pieds portent le corps, l’affection porte l’âme.

Les pieds constituent un gradin pour pouvoir arriver jusqu’au côté où t’est manifesté le secret du cœur. Ainsi en s’élevant sur les pieds de l’affection, l’âme commence à goûter l’amour du cœur, en fixant le regard de l’intelligence sur le cœur ouvert de mon Fils, où l’on trouve le parfait et ineffable amour. Je dis parfait, parce que ce n’est pas l’intérêt propre qui l’inspire. Quelle utilité personnelle peut-il retirer de vous, lui qui est une même chose avec moi ? Ainsi l’âme se remplit-elle d’amour en se voyant tant aimée.

Le deuxième degré franchi, elle s’élève au troisième, c’est-à-dire à la bouche, où elle trouve la paix après la grande guerre qu’avait déchaînée ses fautes.

Dans le premier degré, en dégageant ses pieds des attaches terrestres, elle se dépouille du vice ; dans le second, elle s’emplit d’amour et de vertu ; dans le troisième elle goûte la paix.

Ainsi le pont a trois gradins, et il faut passer par les deux premiers pour arriver au dernier. (...)

Ma Bonté voyant donc que vous ne pouviez être attiré d’une autre manière, je l’envoyai pour qu’il fût élevé sur le bois de la Croix. J’en ai fait une enclume sur laquelle l’on forgerait le fils de la race humaine, pour le délivrer de la mort et restaurer en lui la vie de la grâce. Voilà comment il a tiré tout à lui, en démontrant l’amour ineffable que j’ai pour vous ; car le cœur de l’homme est toujours attiré par l’amour. Pouvait-il vous donner une plus grande preuve d’amour que de donner sa vie pour vous ? L’homme ne peut donc faire autrement que de se laisser attirer par l’amour, s’il n’est pas assez aveugle pour résister à cet attrait.