mardi 8 septembre 2015

Un texte de nouveau d'actualité




Révélations de sainte Brigitte livre 1 chap 5 extraits. Un texte de nouveau d'actualité :

Je suis le Créateur de toutes choses. Je suis le Roi de gloire et le Seigneur des anges. Je me suis fait un noble camp où j'ai mis mes élus. Mes ennemis ont percé le fondement de ce camp, et ils ont tellement prévalu sur mes amis, qu'ils ont fait sortir la moëlle de leurs pieds liés et attachés à la colonne. Leur bouche a été froissée avec des pierres, et ils ont été opprimés de faim et de soif ; et d'ailleurs, ils poursuivent leur Seigneur. Maintenant, mes amis demandent secours avec gémissement ; la justice crie vengeance, et la miséricorde néanmoins veut le pardon.

Alors Dieu même dit à l'armée céleste qui est debout devant lui : Que vous semble-t-il de ceux-ci, qui ont envahi et occupé mon camp ? L'armée céleste répondit unanimement Seigneur, en vous est toute justice, et en vous nous voyons toutes choses. Vous êtes Fils de Dieu, sans principe et sans fin ; tout jugement vous est donné ; vous êtes leur juge. Et Notre-Seigneur leur dit : Bien que vous sachiez et voyiez tout en moi, néanmoins, pour l'amour de cette épouse (sainte Brigitte), prononcez un juste jugement. Et eux répondirent : Telle est la justice et l'équité : que ceux qui ont percé la muraille soient punis comme des larrons ; que ceux qui persistent en leur malice, soient châtiés comme ceux qui entrent par assaut ; que les captifs soient affranchis et les faméliques rassasiés.


Alors la Mère de Dieu, la Sainte Vierge Marie, s'étant tue au commencement, parla en ces termes : Mon Seigneur et mon très cher Fils, vous avez été en mon ventre vrai Dieu et vrai homme; vous m'avez sanctifiée par votre bonté, moi qui n'étais qu'un vase de terre. Je vous en prie, ayez pitié d'eux encore une fois.


Alors Notre-Seigneur répondit à sa Mère : Bénie soit la parole de votre bouche ! elle s'est élevée vers Dieu comme une agréable odeur. Vous êtes la gloire et la Reine des anges et des saints, attendu que vous avez en quelque sorte consolé la divinité et réjoui tous les saints. Et parce que votre volonté a été, dès le commencement de votre jeunesse, unie à la mienne, je ferai encore une fois ce que vous voulez. 

Et il dit à l'armée céleste : D'autant que vous avez généreusement combattu, je serai encore apaisé à raison de votre charité. Voilà que je réédifierai ce mur pour l'amour de vos prières. Je sauverai et guérirai ceux qui ont été opprimés par violence; je les honorerai au centuple au-delà des calomnies qu'ils ont souffertes. Mais je donnerai paix et miséricorde à ceux qui se feront violence et qui me demanderont miséricorde ; et ceux qui la mépriseront sentiront et éprouveront ma justice.

(...) Maintenant aussi, je vous dirai ce que ces choses signifient : le camp dont nous avons parlé ci-dessus est l'Église militante, que j'ai édifiée de mon sang et de celui de mes saints ; je l'ai liée et conjointe par mon amour et j'ai mis en elle mes élus et mes amis. La foi en est le fondement, savoir, de croire que je suis juge juste et miséricordieux. 

Or, maintenant, le fondement est creusé, d'autant que tous croient en moi et publient ma miséricorde, mais presque pas un ne me publie juste juge ni ne croit que je juge justement. Car le juge serait inique, qui, ému de miséricorde, renverrait les méchants impunis, afin que les méchants oppriment de plus en plus les justes. Or, je suis juge juste et miséricordieux, de sorte que je ne laisse pas le moindre péché impuni ni le moindre bien sans récompense. Ceux qui pèchent sans crainte, qui nient que je sois juste, et troublent de la même manière mes amis qui ont troublé ceux qui sont liés au cep, sont entrés en la sainte Église par le creux de la muraille, car mes amis n'ont point de joie ni de consolation, mais on vomit sur eux mille sorte d'opprobres, et on les tourmente comme des démoniaques. S'ils parlent de moi avec vérité, on les repousse et on les accuse de mensonge. Il y en a qui désirent grandement d'ouïr parler ou dire des choses bonnes, mais il n'y a personne qui les écoute ou qui leur parle des choses justes. On vomit des blasphèmes contre moi, qui suis Seigneur et Créateur : ils disent en effet : Nous ne savons pas s'il y a un Dieu ; et, s'il y en a un, ne nous en soucions point. Ils jettent par terre l'étendard de ma croix et le foulent aux pieds, disant : Pourquoi a-t-il souffert ? A quoi cela nous sert-il ? S'il veut satisfaire ici nos appétits et nos désirs, nous en sommes contents : qu'il garde son royaume et son ciel. Je veux aussi entrer dans leurs cœurs, mais ils disent : Nous aimons mieux mourir que de quitter nos volontés. Voyez, ô mon épouse ! de quelle trempe ils sont : je les ai faits, et avec une parole, je pourrais les effacer et détruire : néanmoins, regardez comme ils s'enorgueillissent contre moi. Or, maintenant, à raison des prières de ma Mère et de tous les saints, je suis encore si miséricordieux et si patient, que je veux leur envoyer les paroles qui sont sorties de ma bouche, et leur offrir ma miséricorde. S'ils le veulent recevoir, je serai apaisé et je les aimerai, sinon, je leur ferai ressentir ma justice, et ils seront confondus publiquement devant les anges et les hommes, et ils seront jugés de tous comme des larrons. Car comme des larrons pendus au gibet sont dévorés par les corbeaux, de même ceux-ci seront dévorés par les démons sans jamais se consommer ; et comme aussi ceux qui sont punis par le cep de bois ne trouvent aucun repos, de même ceux-ci seront en tout et partout environnés de douleur et d'amertume. Un fleuve ardent coulera en leur bouche, et leur ventre ne sera pas rempli et rassasié, mais de jour en jour ils seront en proie à de nouveaux supplices. 
Or, mes amis seront sauvés, et seront consolés par les paroles qui sortent de ma bouche. Ils verront ma justice et ma miséricorde. Je les revêtirai des armes de l'amour, et les rendrai tellement forts, que les adversaires de la foi tomberont à la renverse comme de la boue ; et ils auront honte éternellement, quand ils verront ma justice, parce qu'ils ont abusé de ma patience.