lundi 21 septembre 2015

La contrition fait désirer la souffrance



(...) L’âme s’embrase dans cette connaissance de moi-même d’un amour ineffable. Cet amour la tient en peine continuelle ; non pas une peine afflictive, qui abat ou dessèche l’âme, mais qui plutôt la nourrit. Elle a connu ma Vérité et en même temps sa propre faute, son ingratitude comme aussi l’aveuglement du prochain, et elle en éprouve une douleur intolérable. Si elle souffre, c’est qu’elle m’aime ; si elle ne m’aimait pas, elle ne souffrirait pas. Dès que toi et mes autres serviteurs aurez ainsi connu ma Vérité, vous serez disposés à endurer jusqu’à la mort toutes les tribulations, injures, opprobres, en paroles et en actions, pour la gloire et l’honneur de mon nom. C’est ainsi que tu recevras et porteras les peines.

(...) les peines que vous supporterez seront suffisantes en vertu de la charité pour expier et mériter pour vous et pour les autres. Pour vous, vous en recevrez un fruit de vie ; les taches de vos ignorances seront effacées, et je ne me souviendrai plus que vous m’ayez jamais offensé. Pour les autres, j’aurai égard à votre charité et à votre amour et je leur distribuerai mes dons suivant la disposition qu’ils apporteront à les recevoir. 

(...) Mais si, comme des ignorants, ils me méconnaissent, s’ils sont ingrats envers moi comme à l’égard des fatigues endurées pour eux par mes serviteurs, tous les dons de ma miséricorde tournent contre eux en ruine et damnation. Cette conséquence n’est imputable ni à un défaut de la miséricorde, ni à celui qui implorait la miséricorde pour l’ingrat, mais seulement à la malice et à la dureté de celui qui, par la main de son libre arbitre, a ainsi fermé son cœur comme avec une pierre de diamant qui, si elle n’est pas attendrie par le sang, ne peut être entamée par rien d’autre. Encore je te le dis, nonobstant sa dureté, pendant qu’il en a le temps, il peut se servir de son libre arbitre pour implorer le sang de mon Fils ; que de cette même main, il l’applique sur la dureté de son cœur, pour la briser, et il recevra le fruit du sang qui a été versé pour lui. Mais, s’il remet sans cesse et laisse passer le temps, il n’y a plus pour lui aucun remède (...)

Qu’ainsi donc croisse en toi le feu de ton désir, et ne laisse pas passer un instant sans crier vers moi d’une voix humble, en m’offrant pour le prochain d’incessantes prières.