mercredi 19 août 2015

Avertissement de Dieu le Père aux mauvais prêtres (1ère partie) - 19 août 2015




Dialogue de sainte Catherine de Sienne - 2ème partie - extrait du chapitre 20 : la réforme des pasteurs

"O malheureux, je t’avais choisi pourtant pour passer dans la prière les veilles de la nuit, et te disposer ainsi, le matin venu, à célébrer le sacrifice ! Tu devais répandre sur le peuple l’odeur de la vertu et non l’infection du vice ! Je t’ai élevé à l’état des anges, pour te permettre, dès cette vie, de converser avec les anges, par la sainte méditation, afin qu’au dernier jour tu puisses jouir de moimême dans leur compagnie ; et toi, tu mets tes délices à être un démon, à converser avec les démons, et c’est ainsi que tu te prépares à l’instant de la mort ! La corne de ton orgueil a crevé, dans l’œil de ton intelligence, la pupille de la très sainte foi tu as perdu la lumière, et tu ne vois plus en quelle misère tu es tombé ! Tu ne crois donc pas que toute faute est punie, et toute bonne action récompensée. Si tu le croyais vraiment, tu agirais autrement ; tu ne rechercherais pas, tu ne voudrais pas un pareil commerce ; son nom même te serait odieux, et tu ne pourrais l’entendre prononcer sans épouvante. Mais puisque c’est sa volonté que tu suis, puisque c’est dans son œuvre que tu mets ton bonheur, ô deux fois aveugle que tu es, demande donc au démon, je t’en prie, quelle récompense il te réserve pour le service que tu lui rends. Il te répondra qu’il donnera ce qu’il possède lui-même. Il ne peut rien t’offrir que les cruels tourments, que le feu dans lequel il brûle éternellement et où, des hauteurs des cieux, l’a précipité son orgueil.

Toi, ange de la terre, ta superbe t’a fait choir aussi de la sublimité du sacerdoce et des sommets de la vertu, dans un abîme de misères, et si tu ne renonces pas à tes crimes, tu rouleras jusqu’aux profondeurs de l’enfer. Tu as fait de toi-même et du monde ton seigneur et ton dieu. Tu as joui du monde, en cette vie : ta propre sensualité s’est gorgée de ses plaisirs, ô prêtre, que j’avais revêtu du sacerdoce, pour mépriser le monde et ta propre sensualité! Eh bien! maintenant, dis donc au monde, dis donc à ta sensualité, de plaider pour toi devant moi, le Juge souverain! Ils te répondront qu’ils ne peuvent t’être d’aucun secours ; ils se riront de toi ; ils diront que tu as bien mérité ton sort, qu’il est juste que tu demeures confondu et réprouvé, devant Moi et devant le monde. Tu ne vois pas ton malheur, parce que, je te l’ai dit, la corne de ton orgueil t’a aveuglé. Mais tu le verras, au moment de la mort, alors que tu ne trouveras en toi-même aucune vertu pour éviter la damnation ; il n’en est point d’autre, en effet, que dans ma miséricorde, et dans l’espérance de ce sang précieux, dont je t’ai fait le ministre. Tune seras pas privé de cette assistance, pas plus que les autres, pourvu que tu veuilles espérer dans le Sang et dans ma Miséricorde. Mais nul ne doit être assez fou ni assez aveugle, pour attendre ce dernier moment.

Songe, qu’à cette heure dernière, le démon, le monde, la sensualité propre, accusent l’homme qui a vécu dans l’iniquité. Ils ne le trompent plus ils n’essayent plus de lui faire trouver la douceur là où il n’y a que de l’amertume, le bien où il n’y a que mal, la lumière où il n’y a que ténèbres, comme ils avaient accoutumé de faire pendant sa vie ; ils lui découvrent la vérité telle qu’elle est. Le chien de la conscience, jusque-là muet, commence à aboyer avec tant de violence, qu’il réduit l’âme presque au désespoir. C’est là l’extrême péril qu’il lui faut éviter, en recevant avec confiance le Sang, malgré tous les crimes qu’elle a commis ; car ma Miséncorde, qu’il reçoit par le Sang, est incomparablement plus grande que tous les péchés qui se commettent dans le monde.

Mais, je le répète, que personne ne diffère jusqu’à ce dernier instant ; car c’est une chose terrible pour l’homme, que de se trouver désarmé sur le champ de bataille, au milieu de tant d’ennemis."