lundi 20 juillet 2015

Phrase du 20 juillet 2015


Image faite par Thérèse


Thérèse à Céline, dans la nuit des sens, lettre 57 . Les mots soulignés l'ont été par Thérèse :

La vie souvent est pesante, quelle amertume... mais quelle douceur ! Oui la vie coûte, il est pénible de commencer une journée de labeur, le faible bouton l'a vu comme le beau lis ; si encore on sentait Jésus, oh ! on ferait bien tout pour lui, mais non, il paraît à mille lieues, nous sommes seules avec nous-mêmes, oh ! l'ennuyeuse compagnie quand Jésus n'est pas là. Mais que fait-il donc ce doux ami, il ne voit donc pas notre angoisse, le poids qui nous oppresse ? Où est-il, pourquoi ne vient-il pas nous consoler, puisque nous n'avons que lui pour ami ? Hélas ! il n'est pas loin, il est là tout près, qui nous regarde, qui nous mendie cette tristesse, cette agonie, il en a besoin pour les âmes, pour notre âme, il veut nous donner une si belle récompense, ses ambitions pour nous sont si grandes. Mais comment dira-t-il : « mon tour » si le nôtre n'est venu, si nous ne lui avons rien donné ? Hélas ! il lui en coûte de nous abreuver de tristesses mais il sait que c'est l'unique moyen de nous préparer à « le connaître comme il se connaît et à devenir des Dieux nous-mêmes ». Oh ! quelle destinée, que notre âme est grande...