mercredi 15 juillet 2015

Petit commentaire au sujet de l'étude faite par des animateurs du MJCF



Plusieurs personnes m'ont écrit récemment pour me demander de publier l'étude critique faite par des animateurs du MJCF au sujet de la nouvelle politique de Menzingen. Je ne souhaite pas publier et soutenir cette étude qui est pourtant bien faite et bonne sous certains aspects, en raison des nombreuses références qui sont faites à Mgr Lefebvre, présenté comme un modèle au plan doctrinal. Il ressort de cette étude du MJCF que notre combat de la foi doit être basé en grande partie sur Mgr Lefebvre, ce qui est une erreur. 

Le combat de la foi doit être basé uniquement sur la doctrine de l'Eglise. Or, Mgr Lefebvre s'est contredit à plusieurs reprises très gravement, concernant nos rapports avec Rome et Vatican II. Le protocole du 5 mai 1988, préparé et rédigé par Mgr Tissier de Mallerais (cité également comme une référence doctrinale par l'étude du MJCF) et signé par Mgr Lefebvre est une catastrophe au plan doctrinal. Le texte de ce protocole vient contredire et annuler tout ce qui a été dit et fait de bien auparavant. Aussi, citer Mgr Lefebvre avant 1988 en ce qu'il a dit de bien n'a aucune valeur puisqu'il s'est contredit après, dans le texte de ce protocole... 

Mais, dira-t-on peut-être, ce n'était qu'une faiblesse passagère. Mgr Lefebvre a repris sa signature le lendemain matin... La réponse est que si l'on étudie les interviews de Mgr Lefebvre lui-même, ainsi que ses lettres envoyées à Rome à cette époque, on constate qu'il affirme qu'il n'a pas retiré sa signature en raison des problèmes doctrinaux que posait ce protocole mais uniquement parce qu'il voulait un évêque choisi par lui et non un évêque au goût de Rome. (Exemples : la lettre au cardinal Ratzinger du 6 mai 1988 et la lettre au cardinal Ratzinger du 24 mai 1998. Des exemples caractéristiques d'une conduite pragmatique.)

Mgr Lefebvre a dit en décembre 1988 à Flavigny et en juillet 1989 dans l'interview de Fideliter un an après les sacres qu'il considérait que le protocole du 5 mai 1988 était toujours acceptable (voir l'article en onglet pour les citations). Même en 1991, dans l'interview de Fideliter où il dit qu'il pense qu'il est peut-être allé trop loin avec Rome, Mgr Lefebvre ne condamne pas son protocole. Il n'en parle pas. Cette omission est grave. 

On ne peut donc se baser sur Mgr Lefebvre pour le combat de la foi. Toutes ses bonnes paroles n'ont aucune valeur puisqu'elles ont été annulée par ce protocole et par la défense explicite qu'il a faite de ce protocole jusqu'en juillet 1989, défense sur laquelle il n'est jamais revenu.

De plus, le MJCF, tout en constatant des dérives doctrinales graves chez Menzingen ne se sépare pas officiellement de Mgr Fellay, ce qu'il aurait fallu faire. Cette étude est donc un bon début, mais il faut à présent que des actions concrètes suivent la constatation des dérives doctrinales et il faut que le fondement donné au combat soit la doctrine de l'Eglise et non Mgr Lefebvre. 

Donc je suis heureuse que le MJCF réagisse enfin, mais il doit rectifier la ligne doctrinale de son combat en le fondant uniquement sur des personnes doctrinalement sûres et non sur Mgr Tissier de Mallerais ou Mgr Lefebvre. 

Nous devons également réaliser que Mgr Tissier de Mallerais n'a jamais reconnu ses erreurs concernant le texte du protocole du 5 mai 1988. C'est anormal. Tant qu'il n'a pas clairement condamné ce protocole en montrant explicitement et de façon exhaustive les erreurs graves qu'il contient, on ne peut avoir confiance en cet évêque, même s'il fait de temps en temps des sermons ou des conférences qui semblent davantage traditionnelles que celles de Mgr Fellay. Ce ne sont que des paroles. Ce qui compte, ce sont les écrits officiels. Mgr Tissier de Mallerais a écrit un texte officiel, le texte de ce terrible protocole. Qu'il le condamne en disant pourquoi il est nocif. Qu'il combatte aussi clairement Mgr Fellay. Et après nous verrons. Pour l'instant, les actions de Mgr Tissier ont été mauvaises pour la Résistance. En 2012, il a fait tout ce qu'il a pu pour dissuader l'abbé Chazal de réagir et il a tenu plusieurs fois des propos doctrinalement dangereux (exemple : conférence du 16 septembre 2012 à Gastines (1) où il valide les six conditions en les présentant comme bonnes, pèlerinage de Pentecôte 2013). Sa conduite est ambiguë. 

On peut se reporter au mois de février 2014, dans les archives de ce blog (voir dans la colonne de droite) afin de relire tous les textes de Mgr Lefebvre et ses lettres à Rome en 1988. On peut aussi lire l'article en onglet sur Mgr Lefebvre après 1988 pour davantage de renseignements sur la question. 

InDominoSperavi n'oublie pas ses lecteurs et se recommande à leurs prières.

Note :

(1) Voici une citation de Mgr Tissier de Mallerais, faite à la conférence de Gastines du 16 septembre 2012. Cette citation est catastrophique car elle présente le chapitre de 2012 comme bon et comme protégeant momentanément la FSSPX des attaques du démon, alors que c'est tout le contraire :

Alors, il y a eu ce chapitre général que nous avons réuni au mois de juillet, où nous avons pris des décisions très douces, softs comme on dit. A savoir, présenter à Rome de tels obstacles que Rome n’ose plus nous ennuyer, mettre des conditions pratiquement irréalisables pour les empêcher de nous faire de nouvelles propositions. Mais le démon est malin, je pense qu’ils vont revenir à l’attaque, je me prépare gentiment aussi à nous défendre et la Fraternité se défendra.