mercredi 3 juin 2015

Le Père Pierre Marie et Rome : commentaire de son article "Même les saints peuvent diverger".


Voici in extenso l'article publié par le Père Pierre Marie d'Avrillé sur le site du monastère. Cet article est très dangereux car il attaque habilement une fois de plus la position du nullam partem avec la Rome moderniste tant qu'elle n'est pas convertie :


"Même les saints peuvent diverger :


"Saint Épiphane (315-403) et saint Jean Chrysostome (347-407) agitaient un jour la question des Origénistes [1].
Le premier dit qu’il ne souffrira jamais les hérétiques.
Le second proteste qu’il ne confondra jamais l’innocent avec le coupable.
— Je vois bien, reprit saint Épiphane, que vous penchez du côté d’Origène.
— Et moi, répliqua saint Jean Chrysostome, je crains fort que vous ne soyez du côté des ennemis de la vérité.
— Eh bien ! ajouta saint Épiphane, je m’en vais et je vous dis, de la part de Dieu, que vous ne mourrez pas à Constantinople, mais en exil.
— Et moi, reprit saint Jean Chrysostome, je vous annonce que vous n’arriverez même pas chez vous, et qu’aussi bien que moi vous mourrez en route et sur mer.

D’après les Annales de Baronius

Tous deux étaient des saints, tous deux prophétisèrent, tous deux avaient raison, et tous deux semblaient avoir un peu tort.
Saint Épiphane est mort le 12 mai 403, en mer, avant de parvenir à sa ville épiscopale de Salamine. Il est fêté le 12 mai.
Saint Jean Chrysostome, archevêque de Constantinople, fut exilé en 407 sur ordre impérial. Affaibli par la maladie, il meurt au cours du voyage près de Comana dans le Pont.

[1] — Certains disciples d’Origène (185-253), appelé Origénistes, enseignaient des erreurs graves, qu’ils attribuaient, à tort ou à raison, à Origène. Le débat ici ne porte pas sur une question de doctrine mais de personnes. On voit que ce genre de débat peut opposer même des saints." (fin de l'article d'Avrillé)

Commentaire d'Avec l'Immaculée sur cet article :

Tout ce qui est publié sur le site d'Avrillé l'est évidemment avec l'assentiment du supérieur. Tous les moines sont sous la loi de la sainte obéissance. Nous ne savons pas si c'est le Père Pierre-Marie qui a écrit l'article, mais étant donné que ce texte est publié sous sa houlette, c'est lui qui en est responsable. Nous écrirons donc "Père Pierre Marie" devant les citations de l'article.



Père Pierre Marie : "Saint Épiphane (315-403) et saint Jean Chrysostome (347-407) agitaient un jour la question des Origénistes [1].
Le premier dit qu’il ne souffrira jamais les hérétiques.
Le second proteste qu’il ne confondra jamais l’innocent avec le coupable.
Commentaire :
Il est précisé à la fin de cet article que cela est tiré des Annales de Baronius. Aucune référence précise n'est donnée. Nous voudrions le texte intégral en latin ou en français qui raconte ce passage car l'histoire est beaucoup trop résumée ici pour qu'on puisse en tirer un enseignement quelconque... 
Le premier dit qu’il ne souffrira jamais les hérétiques. Cela ne veut rien dire. Il faut préciser dans quel contexte Saint Epiphane dit qu'il ne les souffrira pas. Est-ce que c'est pour les laisser enseigner aux fidèles dans une église qu'il ne les souffrira pas ? Est-ce que c'est pour faire des cérémonies ensemble ? Est-ce que c'est pour manger avec eux ? Dit-il cela pour expliquer à Saint Jean Chrysostome qu'il faut dénoncer toutes leurs erreurs ? etc. On ne sait pas, rien n'est précisé.... 
Le second proteste qu’il ne confondra jamais l’innocent avec le coupable. De nouveau, il manque des détails indispensables. Dans quel cadre Saint Jean Chrysostome dit-il qu'il ne confondra jamais l'innocent avec le coupable ? Lors d'un procès ecclésiastique ? Dans la rue, dans les rapports de courtoisie quotidiens ? Quant aux consignes qu'il faut donner aux fidèles, aux prêtres ? Rien n'est précisé par le Père Pierre Marie. Cette suppression des circonstances de l’anecdote est très pernicieuse. Cela rend incompréhensible la pensée des saints. Cela conduit les gens à combler instinctivement le manque de détails en projetant inconsciemment leurs suppositions. Cela conduit donc chacun à interpréter cet article en un sens différent. Il y a un manque de rigueur intellectuelle qui est dangereux car on touche ici à la foi puisqu'il s'agit de la conduite à adopter vis-à-vis des hérétiques.... 

Père Pierre Marie : — Je vois bien, reprit saint Épiphane, que vous penchez du côté d’Origène.
— Et moi, répliqua saint Jean Chrysostome, je crains fort que vous ne soyez du côté des ennemis de la vérité.
Commentaire :
De nouveau, il faudrait le contexte exact et tous les détails donnés par Baronius. Et si ces détails ne sont pas suffisants, il faut faire des recherches historiques. 
- Tout d'abord pour savoir si ces saints se sont réellement fait réciproquement et textuellement de telles accusations. 
- Deuxièmement, s'ils se sont bien fait textuellement de telles accusations, il faut étudier de façon précise ce qui a pu les mener à ce désaccord. Les faits étant cités hors contexte, ils ne peuvent donner aucun enseignement.

Père Pierre Marie : — Eh bien ! ajouta saint Épiphane, je m’en vais et je vous dis, de la part de Dieu, que vous ne mourrez pas à Constantinople, mais en exil.
— Et moi, reprit saint Jean Chrysostome, je vous annonce que vous n’arriverez même pas chez vous, et qu’aussi bien que moi vous mourrez en route et sur mer.
Commentaire :
Les deux saints avaient reçu de Dieu l'esprit de prophétie. L'esprit de prophétie n'est pas forcément un signe de grande sainteté en lui-même. Saint Jean de la croix en parle. Il est donné parfois à des personnes débutant dans la vie spirituelle, ex : Salomon. Dieu donne même également parfois cet esprit de façon naturelle à des personnes peu recommandables comme Balaam. Il ne faut donc pas forcément suivre l'exemple d'une personne parce qu'elle a l'esprit de prophétie. Saint Jean de la Croix dit que de façon générale, il faut faire peu de cas des prophéties car même si elles viennent de Dieu, on peut se tromper dans leur interprétation (cf. La Montée du Carmel, livre 2 chapitre 26, §11 à 18). 

Père Pierre Marie : D’après les Annales de Baronius
Commentaire :
Le mot "d'après" signifie que le texte a été adapté par le Père Pierre Marie, par rapport à ce qui est écrit dans les annales de Baronius. L'adaptation est telle que la suppression de toutes les circonstances empêche qu'on puisse porter un jugement valable sur l'histoire. Il est possible également que les paroles des saints aient été abrégées en enlevant des détails importants ou bien que leurs mots aient été un peu modifiés. C'est pourquoi le texte intégral est indispensable pour que nous puissions nous faire une idée réelle de la situation. 

Il est très probable que les Origénistes n'étaient pas en position d'autorité et de supériorité comme le sont les autorités romaines hérétiques actuelles vis-à-vis du petit monde de la Tradition et de la Résistance. Le contexte de la situation dans laquelle Saint Epiphane et Saint Jean Chrysostome se trouvaient était probablement complètement différent du nôtre :
- nous ne pensons pas, par exemple, que le pape de l'époque était Origéniste... tandis qu'à présent nous avons un pape hérétique.
- nous ne pensons pas non plus qu'il ne restait sur terre, dans le monde de la chrétienté qu'un tout petit reste qui avait la vraie foi... tandis qu'actuellement, c'est malheureusement le cas.
- nous ne pensons pas qu'il s'agissait pour Saint Epiphane et Saint Jean Chrysostome d'obtenir une reconnaissance canonique de la part des Origénistes comme étant catholiques et en communion avec les autorités romaines, etc.

Il nous semble donc qu'on peut dire que cette anecdote n'est pas adaptée du tout au  cas de la crise actuelle de l'Eglise à laquelle la Résistance est confrontée. 


Une chose est sûre : si  le Père Pierre Marie a jugé bon de publier ce texte, ce n'est pas par souci de notre culture historique mais bien pour tenter de donner une orientation à la Résistance dans la conduite qu'elle doit tenir vis-à-vis du pape actuel. Ce texte est une réponse aux objections que nous faisons contre l'abbé Pivert, contre la mauvaise déclaration de fidélité catholique publiée par France fidèle, contre Mgr Faure parce qu'il dit qu'il veut aller à Rome si Rome l'appelle.


Voyons donc à présent la morale que le Père Pierre Marie veut nous faire tirer de cette histoire tronquée :

Père Pierre Marie : Tous deux étaient des saints, tous deux prophétisèrent, tous deux avaient raison, et tous deux semblaient avoir un peu tort.
Commentaire :
Pour un Dominicain, c'est-à-dire a priori une personne maîtrisant la philosophie, ces propos sont surprenants car ils sont illogiques. L'affirmation : tous deux avaient raison est évidemment fausse.
En effet, en vertu du principe de non contradiction, il est impossible à deux personnes d'un avis opposé d'avoir raison toutes les deux sur un même problème considéré sous le même rapport : une affirmation ne peut pas être à la fois vraie et fausse si elle est envisagée dans les mêmes circonstances... Or, ici, dans l'exemple donné, c'est le cas. Les deux saints ayant un désaccord sur le même problème considéré dans les mêmes circonstances, la simple raison montre clairement que l'un des deux saints avait tort. Dieu était forcément en faveur de l'un et contre l'autre, sur ce point. Dieu est vérité et ne tolère pas l'erreur. Dans tout problème, Dieu choisit forcément une ligne de conduite plutôt qu'une autre. 

Nous avons vu avec Saint Jean de la croix que l'esprit de prophétie n'est pas forcément signe qu'une personne ne se trompe en rien. Saint Jean de La Croix dit que ceux qui ont cet esprit doivent se défier d'eux-mêmes car le démon peut leur tendre des pièges. Donc l'argument "tous deux prophétisèrent" n'est d'aucune valeur pour prouver que tous deux avaient raison sur un point aussi important que la conduite à tenir envers les Origénistes. Les saints se trompent parfois lourdement. Par exemple, Saint Thomas d'Aquin s'est trompé sur l'Immaculée conception à laquelle il ne croyait pas. (Ce dogme n'a été défini que beaucoup plus tard par Pie IX, le 8 décembre 1854. Il n'était donc pas obligatoire de croire en l'Immaculée conception du temps de Saint Thomas.) 


La raison et la philosophie nous enseignent au contraire que l'un des deux avait tort. Ce qui n'empêche pas qu'ils aient été canonisés car dans leur contexte, il ne s'agissait certainement pas de conclure un accord pratique de reconnaissance canonique d'un petit reste catholique avec un pape Origéniste... Tandis que l'idée qui est insufflée à la Résistance par cet article, c'est qu'il n'est pas mauvais d'aller discuter avec Rome pour éventuellement conclure un accord pratique si la proposition est unilatérale sans contrepartie ou tout au moins, si la contrepartie demandée est "tolérable" et "permet de défendre le Règne du Christ-Roi", dans l'esprit donné par l'abbé Pivert et dans l'esprit de la mauvaise déclaration de fidélité de France fidèle publiée initialement par Avrillé. 


Le Père Pierre Marie emploie la même tactique que Mgr Fellay : 

De même que Mgr Fellay a retiré sa déclaration doctrinale du 15 avril 2012 sans la condamner, de même le Père Pierre Marie a retiré la partie la pire de la déclaration de France fidèle première mouture (c'est-à-dire la phrase "Il ne serait pas moins risqué de s’installer dans l’attentisme d’un statu quo sans issue") sans toutefois la condamner. Et encore, il n'a retiré cette phrase qu'après la publication de notre article sur le sujet, l'envoi privé préalable de celui-ci que nous lui avions fait plusieurs jours auparavant n'ayant servi à rien. Il a donc agi donc sous la pression de l'opinion, quand il a vu que les fidèles et peut-être certains prêtres étaient alertés et que le texte de la déclaration de fidélité ne passait plus auprès d'eux. 

De même que Mgr Fellay a tenté de rassurer ses troupes après le chapitre de 2012, de même le Père Pierre Marie a publié pendant quelque temps des articles conservateurs dont la fameuse citation de Mgr Freppel sur les principes (1), comme gage de sa rectitude doctrinale. 


De même que Mgr Fellay a ressorti par la suite les mauvais principes de la déclaration doctrinale du 15 avril 2012, de même le Père Pierre Marie nous propose de nouveau ses mauvais principes sous un autre aspect, en se retranchant derrière des saints, surtout Saint Jean Chrysostome. Nous ne sommes pas sûrs que Baronius, mort en odeur de sainteté, ainsi que Saint Epiphane et Saint Jean Chrysostome apprécient beaucoup le procédé...

Cet article est nocif car il introduit la notion de relativisme sur un sujet vital, un sujet d'importance capitale pour la foi et pour nous. Le message de l'article est qu'il n'y a pas de vérité absolue quant aux rapports que nous devons avoir vis-à-vis des hérétiques, et donc quant aux rapports que nous devons avoir vis-à-vis de la Rome moderniste. Cela insinue qu'il est impossible de trouver la volonté de Dieu pour la Résistance dans le domaine des rapports avec Rome et que nous devons donc tolérer parmi nous des personnes comme l'abbé Pivert ou Mgr Williamson, l'un étant en faveur de l'accord pratique avec Rome à certaines conditions (abbé Pivert), l'autre -- Mgr Williamson -- étant en faveur de l'accord pratique proposé unilatéralement par un pape conciliaire (cf. la conférence du 1er juin 2014 à Postfalls)... Le Père Pierre Marie, l'abbé Pivert et Mgr Williamson ne voient pas pourquoi il ne faudrait pas aller demander à celui qui lave et embrasse les pieds des transexuels de nous reconnaître comme étant de bons catholiques, si certaines conditions de "sécurité" sont remplies. Les multiples hérésies qu'il profère ne lui enlèvent pas son autorité sur nous, à leurs yeux, puisqu'ils envisagent une reconnaissance canonique avant sa conversion. Le fait qu'il appartient au Rotary club, nid bien connu de francs-maçons n'a aucune importance non plus... Mgr Williamson pense probablement que c'est faire preuve d'"étroitesse d'esprit" (2) que de refuser la reconnaissance canonique de la part de François, bien que ce pape accumule les scandales. De nouveau, le principe fondateur de la Résistance, le principe du nullam partem avec Rome tant qu'elle n'est pas entièrement convertie est combattu... mais cette fois-ci, c'est sans le dire explicitement, de façon plus déguisée.

Père Pierre Marie : [...] [1] — Certains disciples d’Origène (185-253), appelé Origénistes, enseignaient des erreurs graves, qu’ils attribuaient, à tort ou à raison, à Origène. Le débat ici ne porte pas sur une question de doctrine mais de personnes. On voit que ce genre de débat peut opposer même des saints." 
Commentaire :
Cette petite note est pernicieuse. Le Père Pierre Marie dit : Le débat ici ne porte pas sur une question de doctrine mais de personnes. C'est faux. Le débat porte bien sur une question de doctrine puisqu'il s'agit de savoir comment Dieu souhaite que nous réglions nos rapports avec les hérétiques, afin de préserver notre foi et la foi de ceux qui nous sont confiés.
On voit que ce genre de débat peut opposer même des saints, dit le Père Pierre Marie. Nous avons vu plus haut que les circonstances de l'époque étant très probablement entièrement différentes et que toutes les détails de l'anecdote étant enlevés, nous ne pouvons tirer aucune leçon de cette histoire.

Contrairement au message relativiste que diffuse cet article, il y a une vérité quant aux rapports que nous devons avoir avec les hérétiques et il est possible de la trouver car le Bon Dieu ne nous propose jamais d'épreuve au-dessus de nos forces. Pour ce faire, il faut suivre les conseils donnés par Saint Jean de la Croix :

1) Paroles de lumière et d'amour n° 155Ne prends jamais pour exemple l'homme en ce que tu as à faire, si saint soit-il, car le démon te proposera ses imperfections ; mais imite le Christ, qui est suprêmement parfait et suprêmement saint, et jamais tu n'erreras. 
N'imiter donc que le Christ... et ne pas se faire une obligation d'imiter Mgr Lefebvre, dans nos rapports avec Rome. On peut imiter les saints, bien sûr, mais il faut vérifier que leur conduite est en accord avec la conduite du Christ, ses paroles, la tradition de l'Eglise, l'Ecriture sainte, la raison... Ce n'est pas le cas de Mgr Lefebvre concernant les relations avec Rome, que ce soit avant ou après 1988. (cf. article en onglet).


2) Suivre la raison : Paroles de lumière et d'amour n°42 et 43 :  43. Tiens compte de ta raison pour faire ce qu'elle te dit dans le chemin de Dieu, et cela te vaudra plus devant Dieu que toutes les œuvres que tu fais sans cet avis et que toutes les saveurs spirituelles que tu recherches.
44. Heureux celui qui, laissant de côté son goût et son inclination, regarde les choses en raison et justice pour les faire.

3) S'instruire de la doctrine de l'Eglise en la matière.


Nous avons tenté de suivre ces trois conseils dans notre onglet nullam partem. Si les membres de la Résistance en faveur d'un accord pratique avec les hérétiques romains veulent savoir s'ils font la volonté de Dieu en défendant cette position, qu'ils cherchent dans les exemples de la vie du Christ, dans l'Ecriture Sainte, dans la doctrine des Pères et des docteurs de l'Eglise, et qu'ils exercent leur raisonnement en utilisant le syllogisme de préférence. Ils découvriront leur erreur à ce moment-là. Tant qu'ils ne nous fourniront que des affirmations non prouvées du style : "si vous ne voulez pas discuter avec eux, c'est du sédévacantisme" ou des histoires tronquées prises dans un contexte entièrement différent -- comme c'est le cas de cet article d'Avrillé --, ou encore des faux raisonnements menant au relativisme, ils nous conforteront dans notre position. 

De même que pour Mgr Williamson, nous n'avons pas le temps de réfuter chaque erreur publiée par le Père Pierre Marie sur son site ou dans le Sel de la Terre. Certains articles sont bons, d'autres dangereux. Nous conseillons donc de ne plus lire ses publications, tant qu'il ne sera pas publiquement revenu sur la condamnation du nullam partem qu'il a faite en privé à Avrillé les 15 et 16 juillet 2014 et qu'il n'a jamais promulguée clairement. Le Père Pierre Marie agit de façon cachée, ambiguë et non au grand jour. De même que l'abbé Pivert, il fait croire aux fidèles confiants et de bonne volonté qu'il est plus traditionnel qu'il n'est en réalité. L'esprit du Père Pierre Marie n'est pas l'esprit de la Résistance. Il la mine au lieu de la fortifier. Ce jugement que nous portons sur le Père Pierre Marie, en raison de ses publications dangereuses, ne s'applique pas à tous ses moines. Il y en a que nous estimons beaucoup. 



Note :
(1) Voici cette très belle citation de Mgr Freppel :

Le plus grand des malheurs pour un siècle ou pour un pays, c’est l’abandon ou l’amoindrissement de la vérité. On peut se relever de tout le reste ; on ne se relève jamais du sacrifice des principes.


Les caractères peuvent fléchir à des moments donnés, et les mœurs publiques recevoir quelque atteinte du vice ou du mauvais exemple ; mais rien n’est perdu tant que les vraies doctrines restent debout dans leur intégrité. Avec elle tout se refait tôt ou tard, les hommes et les institutions, parce qu’on est toujours capable de revenir au bien lorsqu’on n’a pas quitté le vrai. Ce qui enlèverait jusqu’à l’espoir même du salut, ce serait la désertion des principes, en dehors desquels il ne se peut rien édifier de solide et de durable.

Aussi le plus grand service qu’un homme puisse rendre à ses semblables, aux époques de défaillances ou d’obscurcissement, c’est d’affirmer la vérité sans crainte, alors même qu’on ne l’écouterait pas ; car c’est un sillon de lumière qu’il ouvre à travers les intelligences ; et si sa voix ne parvient pas à dominer les bruits du moment, du moins sera-t-elle recueillie dans l’avenir comme la messagère du salut. »

Mgr Charles-Émile Freppel (1827-1891), Panégyrique de saint Hilaire (prononcé dans la cathédrale de Poitiers, le 19 janvier 1873).

C'est très bien à Avrillé de publier ce texte, mais encore faut-il essayer de le mettre en pratique en n'abandonnant pas soi-même les principes de base de la philosophie et en n'abandonnant pas non plus les règles données par l'Ecriture Sainte et la Tradition concernant les rapports à avoir avec les hérétiques !

(2) "do not be narrow" : ne soyez pas étroits d'esprit... C'est l'expression que Mgr Williamson vient d'employer dans son dernier commentaire eleison en langue anglaise  n°411 tentant de justifier la conférence perverse qu'il nous a proposée sur T. S. Eliot

(3) Pour en savoir plus sur les problèmes avec le Père Pierre Marie et la dernière mouture de la déclaration de fidélité qu'il a publiée, voici le lien vers l'onglet Problème avec France fidèle et Avrillé
http://aveclimmaculee.blogspot.fr/p/cet-article-ete-envoye-en-avant.html