samedi 9 mai 2015

Précisions sur l'abbé Pivert, Avrillé et Mgr Williamson


Hier Avec l'Immaculée a passé une annonce incitant à aller faire le pèlerinage de Pentecôte à Rocamadour. Nous maintenons cette annonce et nous encourageons toujours nos lecteurs à y aller parce que les membres de la Résistance française ont besoin de se serrer les coudes et ne peuvent rester isolés les uns des autres. Des contacts très riches peuvent se nouer et des grâces spirituelles seront sûrement au rendez-vous, pour les âmes de bonne volonté... 

Cependant, nous venons d'apprendre que parmi les aumôniers du pèlerinage se trouve l'abbé Pivert. Nous ne pouvons en conscience encourager nos lecteurs à aller faire ce pèlerinage sans les mettre en garde contre ce prêtre. L'abbé Pivert n'a pas de bons principes. Il lutte contre le nullam partem avec Rome tant qu'elle n'est pas convertie. Il pense que l'on peut et même que l'on doit faire un accord avec Rome avant sa conversion totale si elle montre "de la bonne volonté" en octroyant les choses suivantes : 
- que nous gardions le serment antimoderniste
- qu'elle dise qu'elle accepte la doctrine des papes d'avant Vatican II,
- qu'elle nous permette ainsi, par notre reconnaissance canonique, de prêcher librement ce qu'il appelle le "Règne du Christ-Roi"... 

Ces conditions ont été exposées au chapitre 6 et au début du chapitre 7 de son livre : Mgr Lefebvre -- Nos rapports avec Rome. Elles divergent peu par rapport à Mgr Fellay. Chez ces deux personnes, le même principe erroné subsiste : on peut demander à un hérétique une reconnaissance canonique. Ce principe vient d'un attachement déréglé à Mgr Lefebvre qui était pragmatique concernant les relations avec Rome et qui pensait la même chose que l'abbé Pivert (Pour davantage de détails, cf. ici et ici). 

Mgr Lefebvre est la cause indirecte de la crise que nous vivons aujourd'hui dans la FSSPX parce qu'il n'a pas posé les bons principes... En continuant à défendre ces principes erronés, on véhicule les germes d'une future crise de la Résistance, une crise dans laquelle il y a aura de nouveau les accordistes et les anti-accordistes... Se taire sur l'abbé Pivert, c'est participer à la préparation de cette future crise. Nous ne le pouvons pas moralement. Donc nous conseillons d'aller au pèlerinage de Rocamadour et de prier pour la conversion de Rome, mais nous conseillons également de ne pas aller en direction spirituelle avec l'abbé Pivert ni avec tout prêtre qui n'a pas posé le principe ferme et définitif qu'on ne fera un accord avec Rome que lorsqu'elle sera entièrement et parfaitement convertie en paroles et en actes. 

Parmi les moines d'Avrillé, certains refusent tout accord avec Rome tant qu'elle n'est pas parfaitement convertie. Ces moines sont bons. Nous ne connaissons pas ce que pense chaque moine d'Avrillé. Quand Avec l'Immaculée critique Avrillé, c'est uniquement l'orientation donnée par le Père Pierre-Marie que nous critiquons mais nous ne critiquons pas tous les moines, loin de là. Il y en a même que nous estimons particulièrement. 

Un des problèmes du Père Pierre-Marie et de l'abbé Pivert est qu'ils ne sont pas francs (cf. ici et ici). Ils ne disent pas clairement ce qu'ils pensent. Leur langage est un langage de jésuite et non un oui-oui/non-non. Ils arrivent donc à faire croire aux gens qu'ils pensent des choses qu'ils ne pensent pas en réalité tout en n'écrivant pas de mensonges et en combinant des discours à double entente... 

Si vous croyez que nous les calomnions, vous pouvez faire un test auprès d'eux : vous allez les voir et vous leur demandez s'ils sont d'accord pour signer publiquement les deux propositions suivantes :

- Je suis contre tout accord avec Rome de quelque nature que ce soit, même unilatéral et sans contrepartie de notre part, tant qu'elle n'est pas entièrement et parfaitement convertie en paroles et en actes. En effet, même sans contrepartie, je ne peux accepter en conscience d'être reconnu par des personnes qui professent en même temps des erreurs doctrinales. Ce serait par là même accréditer le jugement de personnes n'ayant pas une bonne doctrine et reconnaître ainsi une valeur à leur doctrine erronée. Je ne peux accepter de figurer au milieu d'hérétiques dans le Panthéon maçonnique de toutes les hérésies.

- J'exigerai avant tout accord, comme une des preuves de la conversion de Rome, que celle-ci condamne et rejette en son entier le Concile Vatican II. En effet, ce concile étant un produit de la franc-maçonnerie, je ne peux en conscience accepter certaines parties de celui-ci, même celles qui paraissent conformes à la foi, car en face d'une hérésie, il faut rejeter celle-ci en entier sans faire de tri, nous enseigne Saint Thomas d'Aquin (cf. explications ici et ici). De plus, même les parties du Concile dites "acceptables" sont rédigées souvent de façon ambiguë et sont donc source d'erreurs futures.

Ils vous répondrons prudemment : Mgr Lefebvre ne disait pas cela... Après cet argument d'autorité massue, il n'y aura plus rien à répliquer, la valeur des paroles de Mgr Lefebvre étant (pour eux) supérieure aux paroles de l'Evangile qui dit : Gardez-vous des faux prophètes. 

Pour eux et pour d'autres, les paroles de Mgr Lefebvre sont également supérieures à celles de Saint Paul et de Saint Jean qui disaient :
"Mais quand nous-mêmes, quand un ange venu du ciel vous annoncerait un autre Evangile que celui que nous vous avons annoncé, qu'il soit anathème!
Nous l'avons dit précédemment, et je le répète à cette heure, si quelqu'un vous annonce un autre Evangile que celui que vous avez reçu, qu'il soit anathème!" (Galates I, 8-9)

« Si quelqu’un vient à vous qui ait une doctrine différente, ne le recevez pas chez vous et ne le saluez même pas. Car celui qui le salue participe à ses œuvres mauvaises. » (II Jean, 10)

Nous savons qu'il n'est pas agréable de lire tout le temps des critiques mais Saint Thomas n'a -t-il pas fait un devoir à toute personne de dénoncer toute erreur dangereuse pour la foi ? (cf. ses citations, ici). Et accepter le principe de la reconnaissance canonique par des hérétiques ou accepter des parties de Vatican II, ne sont-ce pas deux choses dangereuses pour la foi ? Saint Paul n'a-t-il pas dit à Timothée de prêcher à temps et à contretemps ?... -- Vous n'êtes pas évêque. Timothée en était un, nous a répondu un jour un prêtre... C'est vrai, mais étant donné que les évêques de la Résistance ne font pas leur travail, il faut bien que quelqu'un dise à leur place ce qu'ils ne disent pas... Ce n'est pas de gaîté de coeur que nous faisons ce travail, mais c'est, nous semble-t-il, un devoir grave. Alors tant pis si cela nous fait tous souffrir. Mieux vaut souffrir que pécher par omission.

Nous avons même découvert tout récemment une réflexion catastrophique de Mgr Williamson, qui nous a échappée à l'époque où il l'a prononcée. Il a prononcé ces mots le 1er juin 2014 à Postfalls, Idaho. Nous pensons qu'il est également de notre devoir de signaler le problème à nos lecteurs. Voici ses paroles : 
"[...] Vous rendez-vous compte que commander les prêtres résistants, c’est comme essayer de dresser des chats ? Vous rendez-vous compte ? Est-ce inimaginable ? Au quel cas, est-ce la peine d’essayer si c’est voué à l’échec ? C’est peut-être mieux de ne pas tenter le coup que d’essayer et de rater. Certains parmi vous pensent peut-être que ce serait mieux d’essayer car cela pourrait réussir. Je n’ai pas l’autorité. Si, par un quelconque miracle, le pape François m’appelait la semaine prochaine et me disait : « Excellence, vous et moi avons eu des points de vue différents, mais à cette heure-ci je vous autorise à fonder une société religieuse. Allez de l’avant pour le bien de l’Eglise. »
- « Très saint Père, vous pouvez me mettre ça par écrit ? Ca vous dérange si je viens à Rome chercher le document portant votre signature? ».
- « Mais certainement ! »
- Entendu. Alors je prendrais le premier vol pour Rome. Je prendrais le premier vol pour Rome !
Mais sans ça, on est dans le pétrin. Et ça n’est pas une solution. Donc, dans ce qu’on appelle le mouvement de la Résistance, vous aurez un problème d’autorité. Faites-vous à cette idée. [...]"(1)

Il serait intéressant de demander à Mgr Faure ce qu'il pense de cette réflexion de Mgr Williamson. Les propos de Mgr Faure, au sujet des relations avec Rome, ont été ambigus, jusqu'à présent. 

Veillons donc au grain et ne nous endormons pas. Sinon, nous risquons de nous réveiller très douloureusement.

Note :
(1)[propos originaux en anglais:] 
Can you imagine that commanding Resistant priests is liking trying to herd cats? Can you imagine? Is it unimaginable? In which case, is it worth trying if it is bound to fail? It may be better not to attempt than to attempt and fail. Some of you may think it would be better to attempt because it might succeed. I don’t have the authority. If, by some miracle, Pope Francis rang me up next week and said : “You Excellency, you and I have had our divergences, but right now I am authorizing you to found a society. You go right ahead for the good of the Church.”
“Holy Father, can I have that in writing? Do you mind if I come to Rome and get that with your signature?”
“Yes, of course”.
Alright, then I’d be on the next plane to Rome. I’d be on the next plane to Rome!
But without that, “up a creek without a paddle”. And it is not a solution. So, in what is called the Resistance movement, you’re going to have a problem of authority. Get used to the idea.