jeudi 21 mai 2015

La communion des saints selon sainte Thérèse de l'Enfant Jésus


11 juillet 1897 - carnets jaunes
Elle me parla de la Communion des Saints et m'expliqua comment les biens des uns seront les biens des autres.
"... Comme une mère est fière de ses enfants, ainsi le serons-nous les uns des autres sans la moindre jalousie."

13 juillet 1897
Elle me parla encore de la Communion des Saints.
"... Avec les vierges, nous serons comme les vierges ; avec les docteurs comme les docteurs ; avec les martyrs comme les martyrs, parce que tous les Saints sont nos parents ; mais ceux qui auront suivi la voie d'enfance spirituelle garderont toujours les charmes de l'enfance."
(Elle me développa ces pensées)

15 juillet 1897

Elle me raconta le trait suivant dont le souvenir lui restait comme une grâce :
Sr Marie de l'Eucharistie voulait allumer les cierges pour une procession ; elle n'avait pas d'allumette, mais voyant la petite lampe qui brûle devant les reliques, elle s'en approche. Hélas ! elle la trouve à demi éteinte, il ne reste plus qu'une faible lueur sur la mèche carbonisée. Elle réussit cependant à allumer son cierge et, par ce cierge, tous ceux de la Communauté se trouvèrent allumés. C'est donc cette petite lampe à demi éteinte qui a produit ces belles flammes qui, à leur tour, peuvent en produire une infinité d'autres et même embraser l'univers. Pourtant ce serait toujours à la petite lampe qu'on devrait la première cause de cet embrasement. Comment les belles flammes pourraient-elles se glorifier, sachant cela, d'avoir fait un incendie pareil, puisqu'elles n'ont été allumées que par correspondance avec la petite étincelle ?... 
Il en est de même pour la Communion des Saints. Souvent, sans le savoir, les grâces et les lumières que nous recevons sont dues à une âme cachée, parce que le bon Dieu veut que les Saints se communiquent les uns aux autres la grâce par la prière, afin qu'au Ciel ils s'aiment d'un grand amour, d'un amour bien plus grand encore que celui de la famille, même la famille la plus idéale de la terre. Combien de fois ai-je pensé que je pouvais devoir toutes les grâces que j'ai reçues aux prières d'une âme qui m'aurait demandée au bon Dieu et que je ne connaîtrai qu'au Ciel.
Oui, une toute petite étincelle pourra faire naître de grandes lumières dans toute l'Eglise, comme des docteurs et des martyrs qui seront sans doute bien au dessus d'elle au Ciel ; mais comment pourrait-on penser que leur gloire ne deviendra pas la sienne ?
. . . . . . . . . .
Au Ciel on ne rencontrera pas de regards indifférents, parce que tous les élus reconnaîtront qu'ils se doivent entre eux les grâces qui leur ont mérité la couronne.
(La conversation était trop longue je n'ai pu prendre tout, ni le mot à mot.)