vendredi 20 mars 2015

Interview (english + français) de l'abbé Faure le 18 mars 2015, la veille de son sacre + commentaire

Mgr Jean-Michel Faure et Dom Thomas d'Aquin

Fr Faure's Interview in English + comment on this link


Dom Thomas of Aquinas' interview in English + comment on this link


Interview de Dom Thomas d'Aquin en français + commentaire sur ce lien



Nous sommes heureux d'avoir un nouvel évêque et nous prions pour lui et pour Mgr Williamson. Pour la Résistance, c'est une sécurité importante d'avoir deux évêques au lieu d'un seul... Mais certaines parties de l'interview du 18 mars donnée par l'abbé Faure juste avant son sacre, le 19 mars 2015, ne nous réjouissent pas. Après avoir dit dans un sermon, il y a quelques mois, l'été dernier, qu'il voulait le nullam partem avec Rome, nous venons de découvrir que Mgr Faure n'est pas pour le nullam partem, en réalité, puisqu'il est prêt à aller à Rome avec Mgr Williamson si Rome les appelle. 

Dans cet article, les parties du texte de cette interview qui ont été mises en violet correspondent aux parties de l'interview que nous trouvons dangereuses pour l'avenir de la Résistance ou bien aux parties avec lesquelles nous ne sommes pas d'accord. Nous proposons un commentaire de ces citations problématiques à la fin de l'interview. Notre ligne de conduite vis-àvis de Mgr Faure sera la même qu'avec Mgr Williamson : s'il dit quelque chose que nous jugeons dangereux, nous réagirons.

Original espagnol ici

Un peu d'histoire pour commencer. M. l’abbé, comment avez vous rencontré Mgr Lefebvre et laTradition?
En 1968, étant en Argentine, j'ai visité l'Archevêque du Parana, qui m'a dit : "Veux-tu défendre la Tradition? Dans le concile je l'ai défendue près d'un Évêque courageux, mon ami, Mgr Marcel Lefebvre”. C'était la première fois que j'entendais parler de Mgr Lefebvre. Je suis allé à la recherche de Mgr Lefebvre en Suisse en 1972 à Pâques et je l'ai rencontré.

Où êtes-vous né? Pourquoi vivez-vous en Amérique du Sud?
Je suis né en Algérie et ma famille, après l'indépendance, a acquis un champ en Argentine, près de Parana. Ma famille a été expulsée d'Algérie parce que le gouvernement français a donné le pouvoir aux combattants musulmans qui ont réalisé des massacres épouvantables au cours du processus d'indépendance. Mes grands-pères, parents et des oncles étaient agriculteurs là-bas depuis 1830.

En continuant avec l'histoire, comment avez-vous développé votre apostolat dans la FSSPX?
J'ai été ordonné par Mgr Lefebvre en 1977 à Ecône, et 15 jours après, je l'ai accompagné dans une tournée aux Etats-Unis, au Mexique (où le gouvernement nous a empêchés d'entrer), en Colombie, au Chili et en Argentine. Mgr Lefebvre m'a demandé de commencer l'apostolat dans cette région. La première année, deux prêtres argentins m'ont aidé et, l'année suivante, un autre Espagnol (de la FSSPX). Le District d'Amérique du Sud a été créé, tout de suite, sous ma responsabilité, et j'ai commencé à prêcher des retraites jusqu'au Mexique. Il y a eu, la première année, environ 12 vocations qui se sont installées dans le Prieuré de Buenos Aires, qui était dans une maison assez grande. Ensuite, en 1980, on a construit le séminaire de La Reja (lBuenos Aires), dont Mgr Lefebvre m'a nommé directeur. Là je suis resté jusqu'en 1985, quand ils m'ont nommé supérieur du District du Mexique.
Les églises dans la capitale et de Guadalajara ont été construites alors. Je travaillais avec les abbés Calderon, Angles et Tam, dans différentes parties du pays. Ensuite, j'ai passé quelques années en France. Par la suite j'ai été nommé au séminaire d'Argentine comme professeur d'histoire et j'y suis resté jusqu'à l'expulsion de Mgr Williamson d'Argentine (2009). 

Mgr Lefebvre avait confiance en vous?
Monseigneur m'a donné libre accès à son courrier et m'a chargé de certains dossiers. Il avait une certaine confiance en moi: en 1977, il m'a demandé, à Albano, ce que je pensais à propos des sacres. À une autre occasion, en 1977 aussi, il me confia : "Ils m'attendent" (le directeur d'Ecône et les professeurs). Ils suggéraient d'accepter la Nouvelle Messe et le concile afin de conserver la Messe Tridentine. ( le directeur et les professeurs Ecône). Ils ont dit: «Nous sommes maintenant confrontés à Rome. Si nous voulons conserver la messe (Tridentine) on doit accepter le concile”. Ils souhaitent que Monseigneur se retire dans une belle maison en Allemagne, mais il leur a dit qu'ils étaient libres de partir s'ils le souhaitaient. Il les a renvoyés.

Est-ce vrai que Mgr. Lefebvre vous a demandé d'accepter d'être sacré?
En 1986, lors d'une visite Ecône, il me prit à part après un repas et me demanda si j'accepterais d'être consacré évêque. Sachant ce qui a suivi, peut-être que j'aurais dû accepter.

Donc, n'avez-vous pas accepté ?
Je lui ai dit que je pensais que Mgr De Galarreta serait plus approprié.

Pouvez-vous résumer ce qui s'est passé en 2012?
Cette année, nous étions très proches d'un accord et cela a échoué au dernier moment, sans doute, du fait de l'affaire Williamson. L’accord a échoué pour cette question et grâce à la lettre des trois évêques. Ces deux facteurs ont fait échouer l'accord.

Il est dit que la clé de la stratégie de Mgr Fellay ad intra, est d'avoir le soutien du Chapitre général. Pouvez-vous nous dire quelque chose à ce sujet?
Le Chapitre général a été bien préparé par Mgr Fellay et ils (les accordistes) ont atteint leurs objectifs. Là, j'ai compris ce qui est arrivé à Mgr Lefebvre et à ses amis lors de Vatican II. Lui (Mgr Fellay) avait décidé une approche politique de Rome et il a réussi à avoir le soutien général du chapitre pour expulser Mgr Williamson, qui était le seul capable d'empêcher cette politique.

À votre avis, quelles doivent être les conditions requises pour faire un accord avec Rome?
Mgr Lefebvre nous a dit que tant qu'il n'y avait pas de changement radical à Rome, un accord était impossible, parce que ces personnes ne sont pas loyales, et l'on ne peut pas essayer de transformer les supérieurs. C'est le chat celui qui mange à la souris et non la souris qui mange le chat. Un accord reviendrait à se livrer aux mains des modernistes, par conséquent, il faut absolument le repousser. C'est impossible. Il faut attendre que Dieu intervienne.

Pouvez-vous nous dire ce que vous pensez des visites d'évaluation de divers prélats modernistes aux Séminaires de la Fraternité ? Il est vrai que Mgr. Lefebvre a reçu certains prélats. Quelle est la différence maintenant?
Il s'agissait des visites exceptionnelles dans lesquelles le Card. Gagnon n'a jamais eu la possibilité de défendre le concile, alors que maintenant il s'agit des premiers pas de la réintégration (de la FSSPX) à l'église conciliaire.

Que pensez vous d'une éventuelle reconnaissance unilatérale de la part de Rome à la FSSPX ?
C'est un piège.

Entre le chapitre de 2006 et la crise qui a commencé en 2012, un changement d'attitude des autorités de la FSSPX concernant Rome est observée. Pourquoi ce changement?
Ce changement est dû à la décision des supérieurs de s’intégrer à l'église conciliaire. Dès 1994 ou 1995 le GREC a fait les contacts qui ont été significatifs vers la réconciliation, comme l’avait prévu l'ambassadeur Pérol (un ambassadeur de France en Italie) ce groupe est l'inventeur de la levée des excommunications (2009) et du Motu Proprio (2007). Cela devait avoir pour contrepartie la reconnaissance du concile.

Que ferait Mgr Lefebvre dans la situation actuelle?
Il suivrait dans la ligne qu'il nous a indiqué après les sacres, en écartant absolument l'éventualité d'un accord.

Si à l'avenir vous étiez invité à aller à Rome pour parler avec le Pape, iriez-vous? Que diriez-vous?
En premier lieu, je consulterais tous nos amis de la Résistance. J’irais avec Mgr Williamson et d'autres prêtres excellents qui mènent le combat de la Résistance avec beaucoup courage. Je maintiendrais informés tous nos amis, en toute transparence.

Mgr Fellay a dit que la FSSPX était d'accord avec 95% de Vatican II. Qu'en pensez vous?
Mgr. Lefebvre a répondu que tout le concile était envahi d'un esprit subjectiviste qui n’est pas catholique.

Francois, est un démolisseur efficace de l'Église et  un destructeur objectif de la foi: est-il vrai Pape?
Selon mon opinion, on ne peut pas dire que Francois est pire que Paul VI, qui a été celui qui a mis à l'Église dans une autre voie; alors nous devons conserver l'attitude qui a été celle de Mgr Lefebvre, l'attitude prudente qui exclut le sédévacantisme. Mgr. Lefebvre a toujours refusé d’ordonner un séminariste qui sédévacantiste. C'était la politique de la FSSPX jusqu'à sa mort. Donc qu’on ne nous dise pas que Monseigneur a dit ceci ou cela.

Quel est l'état de votre procédure d'expulsion de la FSSPX?
Aux dernières nouvelles j'ai trouvé, par hasard dans mon courrier électronique la deuxième monition. Demain, la FSSPX aura quatre Évêques de nouveau. Ils doivent rapidement me renvoyer! Deo gratias!

Cette décision de vous sacrer évêque doit avoir été soupesée et méditée pendant longtemps. Aussi comme Mons. Lefebvre, vous, Mgr Williamson et les prêtres de la Résistance n'ont pas voulu être les collaborateurs de la destruction de l'Église. C'est pour conserver la foi intacte qu'ils ont été poursuivis, condamnés et calomniés à plusieurs reprises. Votre sacre épiscopal peut vous apporter une prétendue excommunication. Quelles ont été les raisons principales pour réaliser ce sacre?
La raison principale consiste en ce que nous ne pouvons pas laisser la Résistance sans évêques. Comme l'a dit Mgr Lefebvre, les évêques catholiques sont indispensables pour la conservation de la vraie doctrine de la foi et des sacrements.

Mgr Lefebvre pensait à vous pour être consacré évêque et maintenant Mgr Williamson est en mesure de réaliser ce désir. Quelle sera votre principale préoccupation?
M'efforcer de maintenir l'oeuvre de Mgr Lefebvre dans le chemin qu'il avait tracé, sans dévier à la droite ni à la gauche.

Quel sera votre lieu de résidence?
La France, où nous avons prévu d'ouvrir un séminaire près des Dominicains d’Avrillé.

Voulez-vous dire quelques mots à les prêtres et les fidèles qui sont encore sous la structure de la fraternité, mais qu'ils sont inquiets à cause la dérive libérale de la Fraternité des dernières années?
Qu'ils recommencent à lire et à méditer les textes de son fondateur.

Voulez vous nous expliquer l'essentiel de votre blason épiscopal?
Au centre c’est l'Agneau de l'Apocalypse, l'Alpha et l'Oméga, l'Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde, annoncé par Isaïe. Les Coeurs rappellent la Vendée martyre de la révolution et le fleur de lys est l'emblème de la France catholique. Le devise, ipsa conteret (elle t'écrasera) est tirée de la Vulgate, Genèse 3, 15, où Dieu promet la victoire de la Vierge Marie sur le dragon.

Y a-t-il autre chose que vous voudriez ajouter?
Conservons la foi, l'espérance et la charité. Il ne faut pas douter et il faut demander cela à Dieu et à Notre Dame ; qu’ils nous maintiennent dans ces vertus.

M. l’Abbé, nous remercions profondément Dieu, sa Très sainte Mère, et Saint-Joseph Protecteur de l'Église, de cette si grande grâce. Nous prions que le Bon Dieu vous conserve et vous garde. Nous vous remercions d'avoir accepté une charge si lourde et nous remercions aussi Monseigneur Williamson de vous consacrer comme successeur des Apôtres. Deo Gratias!

Commentaire d'Avec l'Immaculée :
Citation de l'interview : "Pouvez-vous résumer ce qui s'est passé en 2012?
Cette année, nous étions très proches d'un accord et cela a échoué au dernier moment, sans doute, du fait de l'affaire Williamson. 
Commentaire d'Avec l'Immaculée :
Nous ne sommes jusqu'à présent jamais rentré dans ce débat secondaire, mais nous ne pensons pas que le battage médiatique fait trois ans et demi après l'interview de Mgr Williamson  en Suède, en janvier 2009, ait joué un rôle réel dans l'interruption du processus de l'accord avec Rome. La franc-maçonnerie a toujours voulu l'accord avec Rome. Elle ne s'est pas coupé à elle-même l'herbe sous le pied en faisant ce battage. Il y a autre chose, à notre avis. 
Il est évident, selon nous que l'accord avec Rome a été empêché par la menace que Mgr Tissier de Mallerais a faite de sacrer des évêques et de faire scission ainsi que par les réactions courageuses de certains prêtres comme l'abbé Koller... nous aimerions d'ailleurs qu'il vienne nous rejoindre, pour pouvoir parler tout haut. Nous l'attendons un jour parmi nous. 

Citation de l'interview : "À votre avis, quelles doivent être les conditions requises pour faire un accord avec Rome?
Mgr Lefebvre nous a dit que tant qu'il n'y avait pas de changement radical à Rome, un accord était impossible, parce que ces personnes ne sont pas loyales, et l'on ne peut pas essayer de transformer les supérieurs. C'est le chat celui qui mange à la souris et non la souris qui mange le chat. Un accord reviendrait à se livrer aux mains des modernistes, par conséquent, il faut absolument le repousser. C'est impossible. Il faut attendre que Dieu intervienne."
Commentaire d'Avec l'Immaculée :
Premier problème grave : il y a une grosse ambiguïté qui en dit long. M. l'abbé Faure, tout en tenant un discours en apparence énergique et tout en disant que l'accord est impossible actuellement avec Rome ne dit nulle part qu'il faut attendre que Rome se convertisse entièrement pour pouvoir conclure un accord avec elle. Il tient le même discours que l'abbé Pivert, France fidèle et Avrillé : pour le moment on ne peut avoir confiance, il faut un changement radical d'attitude de Rome... Mais sa conversion n'est pas exigée, ce qui est très préoccupant et diffère complètement de la position initiale de la Résistance. 

Citation : "Pouvez-vous nous dire ce que vous pensez des visites d'évaluation de divers prélats modernistes aux Séminaires de la Fraternité ? Il est vrai que Mgr. Lefebvre a reçu certains prélats. Quelle est la différence maintenant?
Il s'agissait des visites exceptionnelles dans lesquelles le Card. Gagnon n'a jamais eu la possibilité de défendre le concile, alors que maintenant il s'agit des premiers pas de la réintégration (de la FSSPX) à l'église conciliaire."
Commentaire :
L'abbé Faure, au lieu de reconnaître que ces visites étaient dangereuses et que Mgr Lefebvre n'aurait pas dû les autoriser, les excuse au contraire... Donc peut-être aurons-nous un jour Mgr Müller -- qui nie la virginité de la Sainte Vierge et la transsubstantation cf. ici -- qui viendra nous faire un petit bonjour tout en n'ayant pas notre permission de parler du Concile ! Il ira visiter amicalement nos séminaristes d'Avrillé et taillera une bavette avec l'abbé Pivert qui étudiera si ses propositions nous permettent de défendre le "règne du Christ-Roi"... (Pour ceux qui ne sont pas informés des problèmes avec l'abbé Pivert, cf. ici et ici).

Que pensez vous d'une éventuelle reconnaissance unilatérale de la part de Rome à la FSSPX ?
C'est un piège.
Commentaire :
Même tournure d'esprit que Mgr Lefebvre, même vocabulaire, basé sur la confiance au lieu de baser cela sur la doctrine : pour l'instant, les Romains sont trop méchants donc on n'a pas confiance, mais s'ils redeviennent gentils, on étudiera... C'est ce qu'on va voir ci-dessous. 
NB -- Sur Mgr Lefebvre, cf. note en bas de cet article + cet article.

Que ferait Mgr Lefebvre dans la situation actuelle?
Il suivrait dans la ligne qu'il nous a indiqué après les sacres, en écartant absolument l'éventualité d'un accord.
Commentaire :
Le mot "absolument" est en contradiction avec la suite de l'interview et ce qui est suggéré au début de celle-ci, puisque la conversion de Rome n'est pas exigée. De plus nous avons vu dans nos études précédentes que Mgr Lefebvre n'a jamais posé le principe d'attendre la conversion de Rome pour faire un accord. Il a dit parfois qu'il l'attendait, par nécessité, en raison de leurs mensonges, mais il ne l'a jamais dit par principe, parce qu'ils n'avaient pas la vraie doctrine.

Si à l'avenir vous étiez invité à aller à Rome pour parler avec le Pape, iriez-vous? Que diriez-vous?
En premier lieu, je consulterais tous nos amis de la Résistance. J’irais avec Mgr Williamson et d'autres prêtres excellents qui mènent le combat de la Résistance avec beaucoup courage. Je maintiendrais informés tous nos amis, en toute transparence.
Commentaire :
Voici le passage le plus triste de cette interview. L'abbé Faure et ceux qui le soutiennent n'ont rien compris. Ils n'ont toujours pas tiré les leçons des différentes scissions de la FSSPX dans le passé. Ils sont encore prêts à aller se jeter dans la gueule du loup et à se faire saucissonner en tranches encore plus fines, comme c'est le résultat systématique de tous les contacts de la Tradition avec Rome depuis le début. Ils sont prêts à serrer la main, voire  à embrasser l'anneau de francs-maçons pro homosexuels (voire homosexuels eux-mêmes) hérétiques qui tuent les âmes. Qu'ils ne comptent pas sur nous pour les encourager en cela. 
Il est peccamineux d'aller discuter avec ces gens-là. Cela va contre toute la Tradition de l'Eglise (cf. onglet nullam partemet contre le discernement des esprits, car l'expérience enseigne que c'est se mettre en occasion prochaine de péché. En effet, à chaque fois qu'on va à Rome, il y a une proposition alléchante de reconnaissance sans contrepartie ou "si peu"... Ce qui fait qu'une partie de ceux qui s'en approchent se laisse systématiquement tromper. De plus, étant donné que par principe il est interdit de se remettre sous l'autorité d'hérétiques, il est inutile et même nuisible de s'en approcher tant qu'ils ne sont pas convertis.
Quant à la transparence, nous savons ce qu'il faut en penser : Mgr Fellay lui aussi l'avait promise et il n'a finalement jamais publié les textes des discussions avec Rome, comme il était initialement prévu. Une fois qu'on est pris dans l'engrenage romain, on se trouve toujours de bonnes excuses pour ne pas être transparent car la tentation est trop forte de considérer telle ou telle proposition... surtout quand on n'a pas précisément en tête le principe qu'il faut exiger la conversion complète de Rome avant toutes choses !
Nous découvrons aussi de façon discrètement amenée que Mgr Wiliamson serait prêt à aller discuter avec Rome si Rome l'appelait. Nous supposons en effet que l'abbé Faure lui a demandé s'il pouvait dire qu'il l'accompagnerait, avant d'écrire cela publiquement... Le discours est donc en train de changer, du côté de Mgr Williamson... ce qui ne nous étonne qu'à moitié, étant donné les commentaires eleison ambigus contre lesquels nous avons dû combattre dans le passé. (cf. par exemple ici et ici)

Mgr Fellay a dit que la FSSPX était d'accord avec 95% de Vatican II. Qu'en pensez vous?
Mgr. Lefebvre a répondu que tout le concile était envahi d'un esprit subjectiviste qui n’est pas catholique.
Commentaire :
C'est bien mais insuffisant. L'abbé Faure ne dit pas qu'il faut rejeter tout le Concile Vatican II. Nous sommes donc encore dans la ligne de l'abbé Pivert et d'Avrillé... qui est la ligne que Mgr Lefebvre avait lui aussi. Cette ligne n'est pas tenable dotrinalement, si l'on veut rester fidèle à la doctrine de Saint Thomas d'Aquin concernant l'hérésie (cf. explications dans cet article).

Francois, est un démolisseur efficace de l'Église et  un destructeur objectif de la foi: est-il vrai Pape?
Selon mon opinion, on ne peut pas dire que Francois est pire que Paul VI, qui a été celui qui a mis à l'Église dans une autre voie; alors nous devons conserver l'attitude qui a été celle de Mgr Lefebvre, l'attitude prudente qui exclut le sédévacantisme. Mgr. Lefebvre a toujours refusé d’ordonner un séminariste qui sédévacantiste. C'était la politique de la FSSPX jusqu'à sa mort. Donc qu’on ne nous dise pas que Monseigneur a dit ceci ou cela.
Commentaire :
De nouveau, comme du temps de Mgr Lefebvre, l'abbé Faure prend la précaution de lutter tant qu'il peut contre le sédévacantisme, qui est une opinion libre au plan théologique, opinion qui a pour elle plusieurs saints docteurs (même s'ils ont très probablement tort et que cette doctrine peut avoir des conséquences très dangereuses pour les âmes). Avec l'Immaculée n'est pas sédévacantiste mais nous pensons que du fait que cette opinion est libre et permise et que seul le Saint Pontife à venir aura le droit de trancher la question, il est peccamineux de persécuter les sédévacantistes, du moment que ceux-ci gardent pour eux au for interne leur opinion et sont d'accord pour ne pas prêcher dessus ni faire de prosélytisme à ce sujet, en raison du trouble que cela suscite systématiquement chez les âmes. Il faut aussi qu'ils ne pensent pas que leur opinion est un dogme. S'ils en font un dogme, dans ce cas en effet, c'est excessif, et il faut qu'ils aillent chez les sédévacantistes. Mais s'ils conviennent que c'est une opinion libre et qu'ils sont d'accord pour ne pas en parler pour ne pas troubler les gens, il faut les garder. Chasser les séminaristes sédévacantistes non dogmatiques serait un péché selon nous, car cela les acculerait au sédévacantisme dogmatique s'ils veulent être ordonnés, alors que en conscience, certains ne veulent pas adhérer au sédévacantisme dogmatique, sachant qu'ils n'en ont pas le droit tant qu'un pape n'a pas tranché. Cela persécuterait des personnes qui n'ont rien fait de mal et se contentent d'adopter au for interne une attitude théologique permise par l'Eglise.
[NB addendum : Si Mgr Faure était d'accord pour ordonner des sédévacantistes non dogmatiques, nous lui serions reconnaissants de le dire publiquement et de nous envoyer un lien. Ce serait bien qu'il en profite pour préciser sa conduite à venir vis-à vis du problème que nous exposons ci-dessous : le "serment".]
Si l'on veut rester fidèle à Mgr Lefebvre sur ce sujet, on défend également le faux "serment" immoral fait devant le tabernacle ouvert, selon lequel on reconnaît que le pape est le pape. Or en l'état actuel de la théologie, il est interdit de promettre cela car on n'a pas le droit d'avoir une certitude définitive sur ce sujet. Tout ce problème a été traité dans cet article. Si l'abbé Faure exigeait ce serment par fidélité à Mgr Lefebvre, ce serait peccamineux, selon le code de droit canon de 1917. On n'a pas le droit en conscience de promettre des choses incertaines.
De plus, une attitude aussi dure de persécution à l'égard des sédévacantistes non dogmatiques, qui peuvent être de très saints prêtres et qui ont avec eux toute la doctrine de l'Eglise, est véritablement douloureuse, quand on voit qu'en même temps, l'abbé Faure est prêt à aller embrasser la main des homosexuels franc-maçons hérétiques romains. Et cela, en se réclamant de Mgr Lefebvre, non sans raison. C'est pour cela qu'Avec l'Immaculée a mis en garde contre certaines orientations de Mgr Lefebvre depuis le 16 juillet 2014.


Citation : "Mgr Lefebvre pensait à vous pour être consacré évêque et maintenant Mgr Williamson est en mesure de réaliser ce désir. Quelle sera votre principale préoccupation?
M'efforcer de maintenir l'oeuvre de Mgr Lefebvre dans le chemin qu'il avait tracé, sans dévier à la droite ni à la gauche."
Commentaire :
Nous sommes d'accord qu'il ne faut dévier ni à droite ni à gauche de la véritable doctrine de l'Eglise. C'est la doctrine de l'Eglise qui doit être la ligne dont nous ne devons pas dévier. Mais ne pas vouloir dévier de la ligne tracée par Mgr Lefebvre est mauvais, car sa ligne n'est pas la bonne, sur plusieurs points, notamment les rapports avec Rome : il n'a jamais énoncé le principe qu'on n'avait pas le droit en conscience d'envisager de mettre des âmes sous la conduite de personnes qui n'avaient pas entièrement la vraie foi. C'est pourtant le bon sens : si quelqu'un n'a pas la vraie foi, comment pourrait-il tenir de Dieu l'autorité pour guider les âmes vers le ciel ? (cf. aussi l'onglet nullam partem)

Quel sera votre lieu de résidence?
La France, où nous avons prévu d'ouvrir un séminaire près des Dominicains d’Avrillé.
Commentaire :
Nous avons vu que les Dominicains d'Avrillé, tout en étant bons sur certains points, n'ont pas une bonne doctrine claire concernant l'attitude à avoir vis-à-vis de Vatican II et vis-à-vis de Rome. Il est donc problématique que les séminaristes soient formés par eux... tout au moins par leur supérieur, le Père Pierre-Marie, (car certains de ces Dominicains sont plus traditionnels que leur supérieur).

Citation : "Voulez-vous dire quelques mots aux prêtres et aux fidèles qui sont encore sous la structure de la fraternité, mais qu'ils sont inquiets à cause la dérive libérale de la Fraternité des dernières années?
Qu'ils recommencent à lire et à méditer les textes de son fondateur.
Commentaire :
Tous les textes de Mgr Lefebvre ne sont pas clairs doctrinalement, sur certains points. Il s'est contredit ou s'est trompé à plusieurs reprises dans ses conférences ou ses sermons, concernant les rapports avec Rome, le sédévacantisme, "l'Eglise conciliaire" (tantôt considérée comme la véritable Eglise et digne à ce titre d'être fréquentée selon lui, tantôt traitée de secte, suivant les périodes. -- Nous avons donné notre position sur ce sujet dans cet article.). Mgr Lefebvre s'est aussi trompé sur la juridiction de suppléance qui viendrait selon lui, des fidèles (alors que théologiquement, on ne peut affirmer cela. La juridiction de suppléance vient de Dieu. Mgr Tissier dans sa biographie de Mgr Lefebvre a relevé cette erreur. (cf. explications en note 1 a. de cet article). Donc Mgr Lefebvre n'est pas à considérer comme parole d'évangile sur tous les points... même si lorsqu'il parle de la Sainte Trinité ou du Verbe incarné, il est fascinant et même parfois, sublime ! Mais sur tous les points de doctrine jamais vraiment étudiés de près par l'Eglise et liés à a crise, il a erré, ce qui est compréhensible. Nous ne le condamnons pas pour cela. Mais nous n'en faisons pas non plus une référence ni notre maître en tout. Seul Jésus est notre maître.


Conclusion 
Nous demandons à Saint Joseph, en la fête duquel l'abbé Faure a été sacré et patron de l'Eglise universelle de protéger notre nouvel évêque et de lui montrer qu'il ne faut pas vouloir être fidèle en tout à Mgr Lefebvre, quand celui-ci n'est pas sûr doctrinalement. Vouloir suivre en tout la ligne tracée par Mgr Lefebvre amènerait de nouveaux drames dans la Résistance, car les mêmes principes erronés produiront les mêmes injustices et les mêmes drames que par le passé, ils ont produit dans la Fraternité Saint Pie X.

Blason de Mgr Jean-Michel Faure