dimanche 29 mars 2015

Conseils de Jésus pour le dimanche des rameaux



COMMENT ON PRÉPARE L'ARRIVÉE DU SEIGNEUR ET COMMENT ON LUI DONNE L’HOSPITALITÉ . DIMANCHE DES RAMEAUX

Le saint jour des Palmes, tandis qu'elle était plongée dans la douceur des jouissances divines, elle dit au Seigneur : « Enseignez-moi, ô mon Bien-Aimé, comment je pourrai vous glorifier en allant au-devant de vous, ô mon Seigneur et mon Dieu, qui venez aujourd'hui souffrir la Passion pour mon salut. » Le Seigneur répondit : « Donne-moi une monture, une foule qui vienne avec joie au-devant de moi, une foule qui me suive en chantant mes louanges, une foule qui m'accompagne et me serve. 

La contrition de ton coeur me servira de monture, si tu confesses avoir souvent refusé de suivre la voix de la raison et n'avoir pas plus remarqué que ne le ferait un animal, tout ce que ma bonté opérait pour ton salut. Cette négligence a troublé mon calme et ma sérénité ; et tandis que j'aurais dû ne goûter en toi que des joies spirituelles, je me vois contraint par la justice de te purifier par des peines corporelles ou spirituelles ; de cette façon, je souffre pour ainsi dire en toi, parce que l'amour de la divine bonté me force à compatir à toutes tes souffrances. Lorsque tu m'auras fourni cette monture, je m'y assiérai assez commodément.

« Tu me donneras une foule venant joyeuse au-devant de moi, lorsque tu me recevras avec l'amour de toutes les créatures et en union avec la tendresse qui m'amena à Jérusalem en ce jour pour le salut de tous. Tu suppléeras ainsi aux louanges, aux actions de grâces, à l'amour et aux hommages qu'on a omis de me rendre pour ce bienfait.

« Donne-moi ensuite une foule qui me suive en chantant mes louanges. Pour cela, confesse que tu ne t'es pas assez efforcée de suivre les exemples de ma très sainte vie. Offre-moi une volonté si généreuse, que si tu pouvais engager tous les hommes à imiter de la manière la plus parfaite ma vie et mes souffrances, tu y emploierais volontiers toutes tes forces, pour ma gloire. Demande en même temps qu'il te soit donné, autant qu'il est possible à l'homme, de m'imiter avec un zèle ardent, spécialement par la vraie humilité, la patience et la charité, vertus que j'ai pratiquées au suprême degré pendant ma Passion.

« Donne-moi enfin une foule qui m'accompagne et qui m'assiste, en confessant que tu ne m'as jamais servi avec la fidélité requise lorsqu'il fallait défendre la vérité et la justice. Aie le désir de travailler à ces deux grandes causes autant qu'il me plaira par tes paroles, tes actes, et demande-moi d'avoir à toute heure cette bonne volonté afin de procurer ma gloire. »

Le Seigneur ajouta : « Si quelqu'un, au nom de l'univers, se donne à moi de ces quatre manières, je viendrai à lui avec tant de bonté qu'il en recueillera le fruit du salut éternel. » (...)

Ensuite comme on lisait dans la Passion : « emisit spiritum : il rendit l'esprit » (Matth, xxvii, 50), elle se prosterna en terre avec un grand amour et dit : « Me voici, ô Seigneur, prosternée de tout mon corps, et je vous demande, par cet amour qui vous a forcé à mourir, vous qui donnez vie à toute créature, de faire mourir en mon âme tout ce qui peut vous déplaire. » Le Seigneur répondit : « Exhale en ce moment, comme par ton souffle, tous les vices et toutes les négligences dont tu désires la mort en ton âme, et de par mon souffle divin aspire en toi tout ce que tu souhaites posséder de mes vertus et de ma perfection. Ce que tu auras exhalé maintenant, te sera pardonné sans aucun doute, et tu obtiendras l'effet salutaire de l'aspiration de mon souffle. Quand désormais tu travailleras à vaincre ces défauts déjà rejetés hors de toi, ou à obtenir les vertus que j'ai mises en germe dans ton âme, tu recueilleras le double fruit de la Passion que j'ai soufferte et de la victoire que tu as remportée. »