dimanche 15 février 2015

carnets jaunes - sainte Thérèse de l'Enfant Jésus



8 août

1 Je lui disais que je ferais valoir ses vertus plus tard : 

C'est le bon Dieu tout seul qu'il faut faire valoir, car il n'y a rien à faire valoir dans mon petit néant.


2 Elle regardait le ciel par la fenêtre de l'infirmerie et Sr Marie du Sacré Coeur lui dit : « Comme vous regardez le ciel avec amour ! » A ce moment elle était plus fatiguée et ne répondit que par un sourire. Plus tard elle me confia ce qu'elle avait pensé. 

Ah ! elle croit que je regarde le firmament en pensant au vrai Ciel ! Mais non, c'est tout simplement parce que j'admire le ciel matériel ; l'autre m'est de plus en plus fermé. Puis aussitôt je me suis dit avec une grande douceur : Oh ! mais si, c'est bien par amour que je regarde le ciel, oui, c'est par amour pour le bon Dieu, puisque tout ce que je fais, les mouvements, les regards, tout, depuis mon offrande, c'est par amour.

3 J'ai pensé aujourd'hui à ma vie passée, à l'acte de courage que j'avais fait autrefois à Noël, et la louange adressée à Judith m'est revenue à la mémoire : « Vous avez agi avec un courage viril et votre coeur s'est fortifié. » Bien des âmes disent : Mais je n'ai pas la force d'accomplir tel sacrifice. Qu'elles fassent donc ce que j'ai fait : un grand effort. Le bon Dieu ne refuse jamais cette première grâce qui donne le courage d'agir ; après cela le coeur se fortifie et l'on va de victoire en victoire. 


4 Si Notre Seigneur et la Sainte Vierge n'étaient pas allés eux-mêmes à des festins, jamais je n'aurais compris l'usage d'inviter ses amis pour des repas. Il me semblait que pour se nourrir on aurait dû se cacher ou du moins rester en famille. S'inviter, oui, mais seulement pour se parler, se raconter des voyages, des souvenirs, enfin pour des choses de l'esprit. 

J'ai eu grand'pitié des personnes qui servaient dans les grands dîners. Si, par malheur, il leur arrivait de laisser tomber quelques gouttes sur la nappe ou sur l'un des convives, je voyais la maîtresse de maison les regarder sévèrement, alors ces pauvres gens rougissaient de honte, et je me disais, toute révoltée intérieurement : Oh ! comme cette différence qui existe ici-bas entre les maîtres et les serviteurs prouve bien qu'il y a un ciel où chacun sera placé selon son mérite intérieur, où tous seront assis au festin du Père de famille. Mais alors quel Serviteur sera le nôtre, puisque Jésus a dit « qu'il irait et viendrait pour nous servir » ! Ce sera le moment pour les pauvres et les petits surtout, d'être récompensés amplement de leurs humiliations.