jeudi 4 décembre 2014

Neuvaine à l'Immaculée conception - Jour 5

Thérèse, début juillet 1896. 

Sur le rouleau de papier qu'elle tient à la main, Thérèse avait marqué la phrase de Sainte Thérèse d'Avila : 
« je donnerais mille vies pour sauver une seule âme ».


Dialogue de Sainte Catherine de Sienne chapitre X (extraits)
http://fr.wikisource.org/wiki/Le_Dialogue_(Hurtaud)/11

Règles sur la Charité données par Dieu le Père à Sainte Catherine de Sienne. Comment la vertu de discrétion règle l'amour.
Dieu le Père parle :
"Et moi qui suis infini, je suis en quête d’œuvres infinies, c’est-à-dire d’un sentiment infini d’amour." (1)(...)

Cet amour, la discrétion me le donne sans fin et sans mesure, parce que je suis la souveraine et éternelle Vérité. Elle n’impose donc ni loi ni bornes à l’amour dont elle m’aime, mais elle le mesure à bon droit, suivant l’ordre de la charité, à l’égard du prochain. C’est un amour ordonné que la lumière de la discrétion — laquelle, ai-je dit, procède de la charité — accorde au prochain. C’est dans l’ordre de la charité de ne pas se faire tort à soi-même par le péché, pour rendre service au prochain. Quand il suffirait d’un seul péché pour délivrer de l’enfer le monde entier, ou pour produire une action de grande importance, ce ne serait pas d’une charité ordonnée avec discrétion de le commettre ; une semblable charité serait même dépourvue de toute discrétion, car il n’est pas permis de se rendre coupable de péché, même pour accomplir un grand acte de vertu, ou pour servir le prochain.

Voici l’ordre qu’impose la sainte discrétion. L’âme dispose toutes ses puissances à me servir virilement en toute générosité, et l’amour qu’elle a pour le prochain est tel qu’elle est prête à donner la vie du corps pour le salut des âmes, et mille fois, s’il était possible(2). Il n’est point de peines et de tourments qu’elle ne soit disposée à subir pour assurer à autrui la vie de la grâce ; (...)

Il faut que [l'âme] m’aime, Moi, d’un amour infini et sans mesure, et elle doit aimer le prochain avec mesure, avec une charité ordonnée, comme je t’ai dit, ne pas se faire mal à elle même en péchant, pour rendre service à autrui. C’est ce dont vous avertit saint Paul quand il dit que la charité doit se porter tout d’abord sur soi-même et commencer par soi. (...) Et ne serait-ce point un désordre que, pour sauver les créatures qui sont finies et qui sont mon œuvre, l’on m’offensât, Moi, le Bien infini ? Cette faute serait beaucoup plus grave et plus grande que l’effet qu’on attendrait d’elle. Donc jamais et pour aucune raison, tu ne dois commettre le péché."

Texte de la neuvaine - Prière de Saint Pie X, livre bleu p. 217 :

Vierge très sainte, qui avez plu au Seigneur et êtes devenue sa mère, vierge immaculée dans votre corps, dans votre âme, dans votre foi, et dans votre amour, de grâce, regardez avec bienveillance les malheureux qui implorent votre puissante protection. 

Le serpent infernal, contre lequel fut jetée la première malédiction, continue, hélas ! à combattre et à tenter les pauvres fils d'Ève. 

Ô vous, notre mère bénie, notre reine et notre avocate, vous qui avez écrasé la tête de l'ennemi dès le premier instant de votre conception, accueillez nos prières, et, nous vous en conjurons, unis en un seul coeur, présentez-les devant le trône de Dieu, afin que nous ne nous laissions jamais prendre aux embûches qui nous sont tendues, mais que nous arrivions tous au port du salut, et qu'au milieu de tant de périls, l'Église et la société chrétienne chantent encore une fois l'hymne de la délivrance, de la victoire et de la paix. 
Ainsi soit-il.

Notes :
(1) cf. Prière n°12 consécration à la sainte Face, composée par Thérèse. Elle dit : "nous voudrions pour vous désaltérer posséder un Amour infini.... Epoux Bien-Aimé de nos âmes, si nous avions l'amour de tous les cœurs, tout cet amour serait à vous.... Eh bien ! donnez-nous cet amour et venez vous désaltérer en vos petites épouses"

(2) A ce sujet, cf. lettre 198 de Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus à l'abbé Bellière, où elle lui parle d'une idée identique, chez Sainte Thérèse d'Avila. Thérèse avait repris et marqué cette phrase de Sainte Thérèse d'Avila sur un rouleau de papier avec lequel elle a été photographiée en juillet 1896. cf. photo ci-dessus.

La phrase textuelle de Sainte Thérèse d'Avila est : "J'aurais, me semblait-il, donné mille vies pour sauver une seule des âmes qui se perdaient en si grand nombre dans ce pays, mais, je le voyais, j'étais femme et bien misérable encore, enfin hors d'état de faire ce que j'eusse bien voulu pour le service de Notre-Seigneur."