mercredi 12 novembre 2014

Problème posé par la déclaration de fidélité catholique publiée par France fidèle et par les Dominicains d'Avrillé dans le Sel de la Terre n°89





La Déclaration de fidélité catholique publiée sur France fidèle le 6 août 2014  est passée inaperçue et pourtant, elle est très préoccupante car elle établit pour la première fois dans la Résistance le principe d'un accord pratique avec la Rome moderniste... Cette déclaration a été aussi malheureusement publiée  par les Dominicains d'Avrillé dans le Sel de la Terre n°89, p. 221, avec des louanges. Mais il y a pire : non seulement ce texte rétablit le principe d'un accord pratique, mais en plus il condamne la position doctrinale initiale de la Résistance depuis sa fondation, il y a deux ans et demi, c'est-à-dire la position doctrinale qui consiste à vouloir attendre la conversion complète de Rome, avant de faire un accord. 

Avec l'Immaculée a signalé ce problème le 3 octobre 2014 à France fidèle et à plusieurs bon prêtres. Les réponses reçues (deux) ne répondant pas aux problèmes doctrinaux que nous avons évoqués et nous demandant de ne rien faire, nous avons rédigé cet article que nous avons envoyé en avant-première le 6 novembre 2014 au Père Pierre-Marie d'Avrillé ainsi qu'à de nombreux prêtres indépendants, des prêtres de l'USML et des prêtres du SSPX Marian Corps, afin qu'ils réfléchissent aux enjeux, nous donnent leur point de vue avant la publication et puissent également changer d'avis, s'ils soutiennent cette déclaration de fidélité catholique ou s'ils souhaitent continuer de rester silencieux, tout en ne la soutenant pas. Il n'y a donc pas d'effet de surprise, vis-à-vis des prêtres. Tous ceux qui sont nommés dans cet article (ainsi que de nombreux autres prêtres qui ne sont pas nommés) l'ont reçu en avant-première et ont eu la possibilité de rectifier les informations les concernant, s'ils le désiraient.

Nous ne laisserons pas s'opérer cette évolution des idées sans nous y opposer de toutes nos forces. Il n'est pas question que nous retournions aux mauvais principes qui ont été la cause de tant de scissions, de trahisons, cause de la création de tous les instituts Ecclesia Dei... Il est suicidaire de revenir à ces principes erronés qui ont été la première cause de la fragilité de la Tradition depuis toujours. Nous sommes devenus "le petit reste sur le point de mourir" dont parle l'Eglise de Sardes (1), en bonne partie à cause de ces idées. Nous devons tirer les leçons de toutes les scissions douloureuses précédentes, comprendre que leur cause première réside dans ce principe de l'accord pratique à certaines conditions avec la Rome maçonnique et hérétique. Nous ne pourrons jamais construire la Résistance en toute sécurité si nous n'établissons pas tout d'abord la règle qu'il faut refuser tout accord pratique avec les autorités romaines, tant qu'elles ne sont pas entièrement  et pleinement converties, en pensée et en actes. Tant que certains d'entre nous continueront à prôner de faux principes régissant les relations avec Rome, nous serons voués à la division, l'affaiblissement, l'infiltration par les idées libérales... L'accord pratique avec les hérétiques à certaines conditions s'oppose à la doctrine de l'Eglise, nous allons le voir.

Voici à présent le texte de cette déclaration, publiée sur France fidèle et commenté paragraphe par paragraphe.

DECLARATION DE FIDELITE CATHOLIQUE

Texte de la déclaration 
Fidèles à l’héritage de Mgr Marcel Lefebvre, et en particulier à sa mémorable « Déclaration » du 21 novembre 1974 (2), nous adhérons de tout notre cœur, de toute notre âme, à la Rome catholique, gardienne de la foi catholique et des traditions nécessaires au maintien de cette foi, à la Rome éternelle, maîtresse de sagesse et de vérité."
Commentaire d'Avec l'Immaculée :
Le commentaire de ce paragraphe est un peu long mais il est important car il pose les principes qui vont nous guider pour analyser cette déclaration. Tous les autres commentaires, plus courts, découleront des principes ici exposés.
Le texte de la déclaration du 21 novembre 1974 n'est pas parfait car il porte implicitement en lui une doctrine dangereuse de Mgr Lefebvre, doctrine que celui-ci a explicitée de façon claire en d'autres écrits ou conférences, et qu'il a eue jusqu'à sa mort, à savoir : 
1. il faut obéir au pape conciliaire quand il fait le bien et lui désobéir quand il fait le mal. 
2. il faut opérer un tri dans les textes du magistère post-conciliaire et dans les textes de Vatican II. On garde ce qui est bon et on rejette ce qui est faux doctrinalement.

Ces deux principes sont mauvais : avec les hérétiques, il ne faut pas trier en disant : je prends ceci, je rejette cela... Il faut tout rejeter, même ce qui apparaît bon... Pourquoi ? Pour deux sortes de raisons : les unes, pratiques ; les autres, de principes.

A. Raisons pratiques : il faut tout rejeter dans un texte hérétique 
a. parce que celui-ci, même en ses parties meilleures, est toujours ambigu ou contradictoire à un moment ou à un autre... Et accepter soit une affirmation ambiguë, soit une affirmation claire, mais précédée ou suivie d'une contradiction, c'est exposer gravement sa foi et la foi des autres. 
b. Faire le tri dans un mauvais texte est également une source inépuisable d'erreurs et de divisions entre les membres de la Tradition car l'un verra une ambiguïté là où l'autre n'en verra pas ; l'un tolérera ce que l'autre jugera inacceptable en conscience...

B. Raisons de principes 
[NB : les raisons de principes sont les plus fortes. Même si les raisons pratiques énoncées ci-dessus n'existaient pas, il faudrait suivre ces raisons de principes. L'adhésion aux principes n'est pas facultative quand ils viennent de Dieu et ici, c'est le cas.] 

Saint Thomas traite d'un problème capital dans la IIa IIae, question V, article 3, intitulé : Des hérétiques dans l'erreur sur un seul article de foi ont-ils la foi sur les autres articles ? Le docteur angélique explique que "l'hérétique admet des points de foi par sa propre volonté et par son propre jugement." Il affirme qu'"un hérétique opiniâtre à propos d'un seul article, n'a pas la foi à propos des autres articles, mais une certaine opinion dépendant de sa volonté propre." Saint Thomas d'Aquin conclut donc que même quand ils disent des choses bonnes, les hérétiques n'ont pas la foi. 
Cette vérité enseignée par Saint Thomas a conséquences importantes pour nous. Cela signifie en effet :

a. Qu'on ne peut reconnaître une quelconque autorité aux bonnes parties d'un texte hérétique, puisque ces bonnes affirmations viennent de la volonté propre des hérétiques et non de la foi... 

b. Si les bonnes affirmations des hérétiques ne viennent pas de la foi mais de leur volonté propre, il en découle que la position de Mgr Lefebvre vis-à-vis de l'autorité papale (j'obéis quand il me dit de faire des choses neutres ou bonnes. Je désobéis quand il me dit de faire de mauvaises choses) n'est pas tenable car un hérétique (matériel ou formel, peu importe) reste un hérétique et donc n'a pas la foi catholique. Or un catholique ne peut en conscience obéir en matière doctrinale (ou disciplinaire, quant à l'Eglise) à une personne qui n'a pas la foi, même quand elle dit de bonnes choses, car elle les dit par volonté propre et serait anathématisée en temps normal, c'est-à-dire déclarée hors de l'Eglise.

On ne peut donc en conscience être fidèle en tous points à l'héritage de Mgr Lefebvre, contrairement à ce qu'affirme la première phrase de la Déclaration de fidélité catholique, à cause des raisons énoncées ci-dessus et à cause d'autres raisons énoncées dans l'article du 16 juillet 2014 : Mgr Lefebvre et Rome après mai 1988. Nous devons cesser de cultiver ce lefebvrisme qui permet à certains, peut-être bien intentionnés mais dangereux, de promouvoir de faux principes.

Ce lefebvrisme se manifeste aussi chez d'autres, en ce qu'ils n'osent pas critiquer les mauvais principes de Mgr Lefebvre en public, car Mgr Lefebvre est devenu intouchable et ils auraient l'impression de manquer de respect envers leur saint fondateur. Il existe pourtant un principe qui est au-dessus de la vénération reconnaissante que l'on doit à un saint fondateur : ce principe, c'est que l'erreur n'a aucun droit et que la vérité a tous les droits. Acceptons donc de quitter un peu Mgr Lefebvre, sur les points où il s’est trompé, pour mieux trouver la volonté de Dieu. Aimons Dieu par dessus toutes choses, même si cela doit nous faire nous éloigner en partie de la doctrine de Mgr Lefebvre. Ce dernier, d'où il est, ne nous en voudra pas, mais nous bénira, au contraire. Il a lui-même dit à plusieurs reprises qu'il ne fallait pas hésiter à le quitter, s'il l'on voyait qu'il enseignait quelque chose de non conforme à la tradition. 

Ces faux principes énoncés par Mgr Lefebvre viennent d'une crainte scrupuleuse de devenir schismatique. Ce scrupule est très compréhensible, mais, comme tous les scrupules, il est non fondé : du moment que nous acceptons le principe de reconnaître l'autorité du pape sur nous s'il a l'intégrité de la foi catholique, la théologie nous enseigne qu’il n'y a aucune raison de nous torturer davantage l'esprit : quand le pape sera entièrement et parfaitement converti, nous reviendrons vers lui. C'est la position pleine de sagesse du théologien Cajetan : "Si quelqu'un, pour un motif raisonnable, tient pour suspect la personne du Pape et refuse sa présence et même sa juridiction, il ne commet pas le délit de schisme, ni n'importe quel autre, pourvu qu'il soit prêt à accepter le Pape s'il n'était pas suspect. Il va de soi qu'on a le droit d'éviter ce qui est dommageable et de prévenir les dangers." Tommaso de Vio cardinal CAJETAN (1469-1534) O.P., Commentarium in II-II, 39,1. Cité dans: Abbé Matthias Gaudron FSSPX : Catéchisme catholique de la crise dans l'Église, 2e édition revue et augmentée mai 2008, Éditions du Sel p. 279. Notre propos, dans cet article, n'est pas de traiter du sédévacantisme non dogmatique, qui est autorisé par cette phrase de Cajetan (et auquel nous n’adhérons pas, tout en reconnaissant qu’il est autorisé), mais de constater que nous avons parfaitement le droit de pratiquer le rejet entier de l'autorité papale hérétique sur nous, tant qu'il n'est pas parfaitement converti. Nous refusons donc entièrement et sans les trier, toutes ses demandes. Nous refusons son autorité sur nous car cet hérétique serait anathématisé en temps normal, c'est-à-dire déclaré hors de l'Eglise. On ne peut obéir en partie à quelqu'un qui serait normalement déclaré hors de l'Eglise et qui est une personne objectivement dangereuse pour les âmes. C'est évident. C'est du bon sens, nous dit Cajetan. Nul besoin d'avoir un doctorat de théologie pour découvrir cette vérité qui est facilement accessible à toute âme de bonne volonté et qui est ratifiée par ce grand théologien. C'est pour cela que lorsque le pape nous appelle pour discuter, nous ne sommes pas du tout forcés d'obéir. Il ne faut pas lui obéir, d'ailleurs, car Saint Paul dit à Tite (III, 10) de fuir les hérétiques après deux admonitions... La Tradition en est à bien plus de deux admonitions, avec les francs-maçons romains. 

Voici quelques arguments d'autorité, outre Cajetan, qui viennent confirmer l'affirmation que nous ne pouvons accepter sur nous de quelque façon que ce soit, une autorité hérétique, en matière religieuse :

1. Saint Paul aux Galates I, 8-9 :
"Mais quand nous-mêmes, quand un ange venu du ciel vous annoncerait un autre Évangile que celui que nous vous avons annoncé, qu'il soit anathème !
Nous l'avons dit précédemment, et je le répète à cette heure, si quelqu'un vous annonce un autre Évangile que celui que vous avez reçu, qu'il soit anathème !"

2. le concile de Constantinople, cité par Saint Thomas, dans la chaîne d'or :
"Ignorent-ils donc que la sentence d’anathème n’est autre chose qu’une sentence de séparation ? On doit toujours éviter tout commerce avec ceux qui sont esclaves de crimes énormes, qu’ils soient du nombre des vivants ou parmi les morts, car on doit toujours se séparer de ce qui est coupable et nuisible. D’ailleurs nous avons d’Augustin, de pieuse mémoire, et qui jeta un si vif éclat parmi les évêques d’Afrique, plusieurs lettres où il enseigne qu’il faut anathématiser les hérétiques même après leur mort. Les autres évêques d’Afrique ont conservé cette tradition ecclésiastique, et la sainte Église romaine elle-même a anathématisé aussi quelques évêques après leur mort, quoique leur foi n’eût pas été incriminée pendant leur vie." (source Chaîne d'or de Saint Thomas sur Matthieu XVI 13-19)

3. l'attitude des saints qui nous ont précédé :
Voici un exemple que nous avons trouvé dans l'oeuvre d'Arnaldo Xavier da SilveiraLa nouvelle Messe de Paul VI, qu'en penser ?, p. 232 à 234 (document anglais sur ce lien. p. 151 et 152):
Saint Godefroy d'Amiens, saint Hugues de Grenoble, Guy de Vienne et d'autres évêques réunis au synode de Vienne (1112) résistèrent au Pape Pascal II, dans la question des investitures : "Si, comme nous ne le croyons absolument pas, vous choisissiez une autre voie et que vous refusiez de confirmer les décisions que nous avons prises, à Dieu ne plaise, nous serions alors éloignés de votre obéissance" (cité par Bouix, Tract. de Papa, t. II, p. 650).
On voit dans l'oeuvre d'Arnaldo Xavier da Silveira que ces saints s'apprêtaient à déposer le pape Pascal II, lequel, voyant que la menace se précisait, s'est empressé de faire marche arrière et de rentrer dans le droit chemin. Si donc des saints sont prêts à déposer le Pape à cause d’un seul point de doctrine (ici, les investitures par le pouvoir temporel)a fortiori, nous devons nous éloigner complètement de l'obéissance aux papes modernistes actuels qui s’éloignent de la doctrine du Christ non pas sur un point, mais sur d’innombrables points.

4.  cf. également les syllogismes exposés dans cet article.

Texte de la déclaration :
Selon l’exemple de ce grand prélat, intrépide défenseur de l’Eglise et du Siège apostolique, nous refusons par contre et avons toujours refusé de suivre la Rome néo-moderniste et néo­-protestante qui s’est manifestée clairement dans le Concile Vatican II, et après le Concile dans toutes les réformes et orientations qui en sont issues.
Commentaire :
On voit ici la même distinction dangereuse qui est suggérée : obéissance au pape hérétique quand il demande des choses bonnes et la désobéissance quand il dit des choses mauvaises. Il n'y a donc pas dans ce texte de nullam partem avec la Rome moderniste tant qu'elle n'est pas convertie, à l'inverse de la doctrine de la Résistance des deux premières années et demi. Or un hérétique doit être rejeté totalement puisqu'il est anathème dès qu'il enseigne un autre évangile que celui de Saint Paul. (cf. tous les arguments tirés de l'Ecriture Sainte et de la Tradition, énoncés précédemment.)

Texte de la déclaration :
Ces réformes et orientations, en effet, ont contribué et contribuent encore à la démolition de l’Eglise, au déclin de son esprit missionnaire, à la propagation de l’indifférentisme – par l’œcuménisme et le dialogue interreligieux -, à la ruine du sacerdoce, à l’anéantissement du Sacrifice et des sacrements, à l’affaiblissement de l’autorité pontificale, à l’anarchie théologique, à la confusion de l’action pastorale, à la disparition de la vie religieuse, à un enseignement naturaliste et teilhardien dans les universités, les séminaires, la catéchèse, enseignement issu du libéralisme et du protestantisme condamnés maintes fois par le magistère solennel de l’Eglise.
Aucune autorité, même la plus élevée dans la hiérarchie, ne peut nous contraindre à abandonner ou à diminuer notre foi catholique clairement exprimée et professée par le magistère de l’Eglise depuis vingt siècles, et à l’époque récente par les textes-clés de sa doctrine antilibérale et antimoderniste, à savoir :
- Mirari vos, de Grégoire XVI,
- Quanta cura et le Syllabus, de Pie IX,
- Immortale Dei et Libertas, de Léon XIII,
- Pascendi, de Pie X (avec le serment antimoderniste),
- Quas primas et Mortalium animos, de Pie XI,
- Humani generis, de Pie XII.
« S’il arrivait, dit saint Paul, que nous-même ou un ange venu du Ciel vous enseigne autre chose que ce que je vous ai enseigné, qu’il soit anathème » (Ga 1,8).
Commentaire :
Rien à signaler, pas de problème pour Avec l'Immaculée.

Texte de la déclaration :
Si donc une contradiction vient à se manifester dans les paroles ou les actes du pape, ainsi que dans les actes des dicastères romains, par rapport à la doctrine traditionnelle, alors nous choisissons ce qui a toujours été enseigné et nous faisons la sourde oreille aux nouveautés destructrices de l’Eglise, et à toute «herméneutique» prétendant démontrer la continuité entre ces nouveautés et le magistère constant des siècles passés.
Commentaire :
De nouveau, on voit revenir de façon implicite le mauvais principe du tri, établi par Mgr Lefebvre : "nous choisissons"... En nous appuyant sur Saint Thomas et les textes cités précédemment, nous pensons qu'il faut dire à présent : "nous rejetons la totalité de Vatican II et du magistère post-conciliaire franc-maçon car les bons éléments de ce magistère restent hérétiques, puisqu'ils viennent, non de la foi, mais de la volonté propre. Ils sont très souvent ambigus et ne sont souvent présents que pour faire passer les mauvais éléments du magistère et du concile Vatican II, en leur donnant une connotation traditionnelle."

Texte de la déclaration :
On ne peut modifier profondément la lex orandi –c’est-à-dire la liturgie- sans modifier la lex credendi. A messe nouvelle, correspondent : nouveau rituel des sacrements, catéchisme nouveau (C.E.C.), sacerdoce nouveau, séminaires nouveaux, universités nouvelles, nouveau droit canon, bible œcuménique, nouvelles formes de dévotion, nouveaux critères de sainteté, Eglise charismatique et pentecôtiste éclatée en « communautés » disparates, toutes choses opposées à l’orthodoxie, au magistère de toujours, et à l’unité catholique.
Cette Réforme étant issue du libéralisme, du modernisme, est tout entière empoisonnée ; elle sort de l’hérésie et aboutit à l’hérésie. Il est donc impossible à tout catholique conscient et fidèle d’adopter cette Réforme et de s’y soumettre de quelque manière que ce soit.
La seule attitude de fidélité à l’Eglise et à la doctrine catholique, pour notre salut, est le refus catégorique d’acceptation de la Réformemême s’il faut recourir, pour survivre, à des solutions canoniques d’exception – car le salut des âmes est la loi suprême – ou subir, éventuellement, d’injustes condamnations.
C’est pourquoi, sans aucune rébellion, aucune amertume, aucun ressentiment, nous entendons maintenir la profession intégrale de la foi sous l’étoile du magistère de toujours, persuadés que nous ne pouvons rendre un service plus grand à la sainte Eglise catholique, au souverain pontife et aux générations futures.
C’est pourquoi, aussi, nous nous en tenons fermement à tout ce qui a été cru et pratiqué dans la foi, les mœurs, le culte, l’enseignement du catéchisme, la formation du prêtre, l’institution de l’Eglise, par l’Eglise de toujours et codifié dans les livres parus avant l’influence moderniste du Concile, en attendant que la vraie lumière de la Tradition dissipe les ténèbres qui obscurcissent le ciel de la Rome éternelle.
Commentaire :
Nous ne voyons rien à redire à cette partie de la déclaration, mis à part un passage qui nécessite un commentaire. Il s'agit du passage suivant :" La seule attitude de fidélité à l’Eglise et à la doctrine catholique, pour notre salut, est le refus catégorique d’acceptation de la Réformemême s’il faut recourir, pour survivre, à des solutions canoniques d’exception (...)". 
a. La partie de la phrase en gras, mais pas en italique, est bonne... Elle est cependant en contradiction flagrante avec certains mauvais principes qui sont exprimés plus bas dans le texte. Nous anticipons donc sur certains points du texte que nous lirons plus bas, pour pouvoir montrer la contradiction ici présente... On ne peut pas dire qu'on refuse catégoriquement d'accepter la réforme et dire en même temps : 
- qu'on accepte une partie de Vatican II et du magistère post-conciliaire, 
- qu'on accepte de se soumettre au pape hérétique qui a "entrepris" sa conversion (c'est le terme employé plus bas dans la déclaration) ou tout au moins qu'on accepte de discuter avec ce pape s'il fait quelques déclarations traditionnelles. -- NB : il y a une grosse ambiguïté sur ce point dans le texte : les trois actions demandées plus bas au pape sont-elles des conditions ? Si oui, des conditions pour faire quoi ? --  Aucune des trois choses demandées n'est une action concrète sérieuse prouvant réellement la conversion du pape, laquelle n'est pas réclamée, nous allons le voir.

b. La partie en italique qui suit est ambiguë... Que signifie cette idée qu'il faut, pour survivre, recourir à des solutions canoniques d'exception ?...

- S'il s'agit de créer une structure juridique sans l'approbation de Rome, dans un esprit de nullam partem avec la Rome moderniste tant qu'elle n'est pas entièrement convertie, si ce principe du nullam partem est explicité clairement dans les statuts, de telle façon que les conditions de la conversion de Rome sont très détaillées, à la façon d'Avec l'Immaculée (cf. onglet nullam partem) et exigées de façon totale, si ces statuts sont verrouillés juridiquement de telle façon qu'ils ne soient pas modifiables et que le principe du nullam partem, ainsi que les conditions de la conversion de Rome ne soient pas modifiables, même en cas d'infiltration massive, nous sommes d'accord...

- S'il s'agit d'une allusion au statut actuel de la FSSPX, nous sommes également d'accord que c'est en soi possible moralement, même si, en raison d'une infiltration possible, il faut dorénavant repousser fermement une solution similaire, car les statuts ne sont pas verrouillés de façon à empêcher la subversion par des infiltrés...

- Mais par contre, s'il s'agit de faire, par exemple, une prélature personnelle sous autorité papale, dans le style du protocole d'accord signé par Mgr Lefebvre le 5 mai 1988 (protocole jamais clairement condamné par Mgr Lefebvre ni par l'USML, ni par l'abbé Pivert), nous ne sommes plus du tout d'accord ! Il est moralement impossible de cautionner toute solution canonique remettant les vrais catholiques sous la coupe d'une autorité hérétique, tant que cette dernière n'est pas parfaitement convertie dans les faits, sans aucune ambiguïté.
Ce passage de la déclaration de fidélité catholique étant ambigu, il est donc dangereux, car il risque d'être mal interprété un jour ou l'autre, même si celui qui l'a rédigé avait peut-être de bonnes intentions.

Texte de la déclaration :
C’est pourquoi, en outre, nous constatons et déplorons n'avoir pu accueillir dans la confiance, sous le pontificat de Benoît XVI, les initiatives romaines invitant la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X à rejoindre la « pleine communion » de l’Eglise à titre de renfort de sensibilité traditionnelle.
Quelles que soient les bonnes intentions invoquées et les garanties offertes, on devait craindre, en effet, que ce rapprochement n’aboutisse, tôt ou tard, à la neutralisation de la résistance « traditionaliste », comme l’a prouvé l’application du motu proprio Ecclesia Dei de Jean-Paul II (1988).
Commentaire :
Ce passage ne va pas : les parties en gras établissent un mauvais principe, même s'ils critiquent la Rome moderniste. Ce passage est d'autant plus problématique qu'il vient trois semaines après la publication de notre article sur Mgr Lefebvre, article dans lequel nous avons démontré longuement la nocivité du raisonnement exposé ci-dessus. Ce passage semble donc une réaction contre notre article sur Mgr Lefebvre, qui n'a pas plu à tous, nous le savons.
L'erreur principale est la suivante :
La déclaration refuse un accord avec les hérétiques romains, non par principe, parce qu'ils sont hérétiques, mais seulement par manque de confiance en leur sincérité et en leurs garanties. Le motif est donc un motif pragmatique : on n’est pas contre le principe de l’accord mais on l’évite pour l’instant, parce qu’on n’a pas confiance. Il désobéit implicitement mais clairement à l'épître de Saint Paul aux Galates et au Concile de Constantinople, qui expriment l'idée que nous devons nous séparer des hérétiques, par principe. Ce passage véhicule donc une erreur grave qui met les âmes en danger, car il implique que si la Rome maçonnique et hérétique donnait des garanties jugées suffisantes, on signerait un accord avec elle, avant sa conversion. La suite de la déclaration va clairement le démontrer.

Texte de la déclaration :
Par conséquent, tant que les autorités romaines n’auront pas renoncé aux erreurs de Vatican II et entrepris la correction de leurs funestes effets, il resterait hasardeux d’envisager une quelconque « normalisation » canonique qui placerait les forces vives du catholicisme fidèle sous la dépendance de ces autorités.
Commentaire :
Ce passage est très ambigu et paraît traditionnel alors qu'il ne l'est pas du tout.

a. Le mot "entrepris" signifie que la conversion de Rome n'a pas besoin d'être totale mais uniquement commencée. C'est le même point de vue que celui de l'abbé Pivert qui est exprimé. Nous verrons plus bas les trois conditions qui montreraient que Rome a "entrepris" sa conversion.

b. le mot "hasardeux" ne va pas. Nous sommes toujours, avec ce terme, dans une logique pragmatique de manque de confiance envers Rome, alors que nous devrions être dans une logique de principe, c'est-à-dire : pas d'accord pratique avec les hérétiques tant qu'ils ne sont pas convertis.

c. l'expression "sous la dépendance de ces autorités" est franchement ambiguë. Elle fait croire aux gens que le texte est pour le nullam partem tant que les autorités romaines ne sont pas converties, alors qu'il n'en est rien. Nous sommes bien plutôt dans l'esprit de Mgr Lefebvre qui considérait qu'il était indépendant des autorités s'il signait le protocole du 5 mai 1988 et obtenait la commission romaine ainsi qu'un évêque de la Tradition choisi par lui... La suite du texte va montrer en effet que cette déclaration condamne le nullam partem avec les francs-maçons et les modernistes romains. C'était pourtant la doctrine défendue par la Résistance depuis sa fondation jusqu'à présent... 

Texte de la déclaration :
Il ne serait pas moins risqué de s’installer dans l’attentisme d’un statu quo sans issue, ou de croire possible de s’accommoder d’une « tolérance » tacite de la part de la Rome actuelle, qui se changerait dans les faits en « surveillance » paralysante.
Commentaire :
La partie en rouge est le passage le pire de toute la déclaration. Cette phrase condamne la position de la Résistance depuis sa fondation. Nous avons réclamé de façon insistante des explications sur cette phrase et nous n'en avons eu aucune. Il s'agit, ici, d'une condamnation de ceux qui veulent attendre la conversion complète et réelle de Rome avant de faire un accord avec elle. Cette position est pourtant la seule vraie... Elle est nommée "attentisme" et, de façon aberrante, elle est considérée comme n'étant pas moins risquée que la position de Mgr Fellay ! A cause de cette phrase, cette déclaration de France fidèle doit être combattue et condamnée sans aucune hésitation.

Nous supplions les prêtres qui veulent attendre la conversion complète et entière de Rome avant de faire un accord, de réagir ouvertement et clairement, non seulement en rappelant les bons principes mais aussi en condamnant explicitement cette déclaration. Ne pas réagir, c'est laisser s'installer dans la Résistance une erreur grave. Ils ont le devoir de parler. Ils sont en train de tomber dans le piège du silence qu'ils dénoncent pourtant chez leurs confrères de la Résistance interne de la FSSPX...

On croit lire ici Mgr Fellay ou l'abbé Pfluger. Attendre que les hérétiques soient convertis pour devenir nos chefs est considéré comme une position aussi risquée que celle de Menzingen, alors que c'est la seule position prudente et doctrinalement correcte. C'est une position qui s'appuie sur Saint Jean, Saint Paul, le Concile de Constantinople, Saint Thomas, les saints, la tradition des pères (cf. onglet nullam partem). Elle s'appuie également sur la raison (cf. syllogismes mis en lien ci-dessus) et sur l'expérience (cf. l'histoire de tous les instituts Ecclesia Dei). Cette déclaration condamne donc la volonté de Dieu exprimée par l'Ecriture Sainte et la Tradition et la qualifie de "risquée" et d'"attentisme". Si nous voulons défendre les droits de Dieu, nous devons lutter contre cette déclaration et mettre en garde contre tous ceux qui s'obstineraient à la promouvoir, malgré cet article.

Nous comprenons très bien et nous excusons le fait qu'on ait pu écrire ce texte dans un mouvement de fidélité à Mgr Lefebvre, sans bien réaliser les conséquences qu'il impliquerait... Mais s'obstiner  après ces explications serait très préoccupant. Cette déclaration ne peut être en conscience nommée déclaration de fidélité catholique. Elle est au contraire clairement une infidélité à la volonté de Dieu.

Texte de la déclaration :
En l’état, par amour de l’Eglise, par fidélité à la mémoire et au combat de Mgr Lefebvre, nous ne saurions fonder d’espoirs sur de tels compromis – officialisés ou non – à l’heure où la confession vigoureuse et publique de la foi s’impose plus que jamais, face aux fauteurs d’erreurs quels qu’ils soient.
Commentaire :
On constate toujours le même lefebvrisme. Nous souhaiterions que la fidélité à Notre-Seigneur soit davantage invoquée. 

Texte de la déclaration :
Dans cet esprit, et pour favoriser, autant qu’il dépend de nous, le retour de l’Eglise à sa propre tradition bimillénaire, nous supplions respectueusement et instamment le Souverain Pontife d’accomplir dès que possible, comme Vicaire de Jésus-Christ, Successeur de Pierre, et Docteur de la foi, trois gestes de la plus haute importance :
Commentaire :
Puisque l'attente de la conversion de Rome est considérée comme suicidaire, autant que la position de Mgr Fellay, il en découle que cette déclaration est pour un accord pratique avec la Rome moderniste, sans oser le dire clairement, à des conditions différentes que celles énoncées par le chapitre de 2012. Cette déclaration est remplie d'ambiguïtés car les trois mesures énoncées ci-après ne sont pas clairement présentées comme des conditions pour un accord pratique. Cela est seulement suggéré... A moins qu'il ne s'agisse des conditions pour reprendre une discussion avec les autorités romaines ? Dans tous les cas, la démarche de ce texte est mauvaise car nous sommes placés dans une logique d'accord pratique avant la conversion de Rome, puisque la position fondatrice de la Résistance est condamnée par la phrase du statu quo (en rouge) commentée ci-dessus. 
Voici donc les trois conditions :

Texte de la déclaration :
[ndlr : 1ère condition]
- déclarer qu’il tient fermement, dans le même sens que ses prédécesseurs, la doctrine de Grégoire XVI, Pie IX, Léon XIII, Pie X, Pie XI et Pie XII, dénonçant les erreurs de la « culture libérale » : ainsi serait réaffirmée, contre la fallacieuse « liberté religieuse » et les « droits-de-l’homme-sans-Dieu », la Royauté sociale de Jésus-Christ,
Commentaire :
Cette déclaration de fidélité au magistère antérieur à Vatican II a déjà été faite, par Benoît XVI, le 10 mars 2009, dans sa lettre aux évêques catholiques. Il affirme : "Cependant, à certains de ceux qui se proclament comme de grands défenseurs du Concile, il doit aussi être rappelé que Vatican II renferme l’entière histoire doctrinale de l’Église. Celui qui veut obéir au Concile, doit accepter la foi professée au cours des siècles et il ne peut couper les racines dont l’arbre vit." 
Les modernistes affirment tout et le contraire de tout et mentent comme ils respirent. Ils sont prêts à dire qu'ils acceptent le magistère antérieur à Vatican II : la déclaration de Benoît XVI, ci-dessus, le prouve. Les autorités romaines ne sont pas à une inconséquence ni à un mensonge près. Cette condition est donc complètement naïve et insuffisante.

Texte de la déclaration :
[ndlr : 2ème condition]
- rétablir le serment antimoderniste, prescrit en 1910 et abrogé en 1967, pour l’accès aux ordres de la hiérarchie ecclésiastique : ainsi serait donné un coup d’arrêt au processus de corruption de la foi dans le clergé et parmi les fidèles, cause de « l’apostasie silencieuse » des masses catholiques,
Commentaire :
L'histoire de l'Eglise nous enseigne que Saint Pie X n'a pas réellement réussi à empêcher la progression du modernisme, malgré le serment antimoderniste et malgré tous ses efforts. Ce saint pape en était lui-même bien conscient et désolé. A quelqu'un qui le félicitait, d'avoir réussi à faire disparaître le modernisme, il répondit que malgré tous ses efforts, il n'avait pas réussi à tuer la bête mais juste à l'enterrer et que si les dirigeants de l'Eglise n'étaient pas vigilants, le modernisme réapparaîtrait, plus virulent que jamais (3)... De fait, cinquante ans après, c'était le concile Vatican II. Le rétablissement du serment antimoderniste n'est donc pas une mesure déterminante et suffisante pour garantir la conversion de Rome. Aucun coup d'arrêt sérieux ne serait donné car les modernistes sont par définition des personnes ayant une attitude contradictoire. A notre avis, la plupart des prêtres et des évêques modernistes n'hésiteraient pas à prononcer ce serment, du jour au lendemain, si une loge maçonnique ou un mauvais pape le leur demandait, quitte à prêcher le contraire le jour suivant... Le texte du serment est de toute façon insuffisant, à notre avis, pour condamner les erreurs actuelles. Nous pensons que Benoît XVI, dans un esprit d'herméneutique de la continuité, n'y trouverait rien à redire, s'il pouvait par là mieux nous faire disparaître, par un accord à la clé. Le jeu en vaut la chandelle.

Texte de la déclaration :
[ndlr : 3ème condition]
- faisant usage du privilège de l’infaillibilité pontificale (cf. constitution Pastor aeternus de Vatican I), condamner solennellement les textes de Vatican II contraires aux définitions irréformables du magistère antérieur : ainsi serait révoquée la prétendue autorité d’un concile « pastoral », « nouvelle Pentecôte » de l’Eglise, qui se révèle être, cinquante ans après, le plus grand désastre de son histoire.
Commentaire :
De nouveau, on voit ici l'esprit de tri dans Vatican II. Cette déclaration accepte le Concile Vatican II, sauf les textes "contraires aux définitions irréformables du magistère antérieur". La différence entre l’esprit de cette déclaration et l’esprit de la déclaration du 15 avril 2012 de Mgr Fellay, c'est que Mgr Fellay accepte les mauvais textes de Vatican II à la lumière de la Tradition tandis que cette déclaration demande une condamnation de ces textes... Mais elle ne précise pas quels textes doivent être condamnés... Peut-être parce qu'elle n'y pense pas ou peut-être parce que serait trop risqué, certains prêtres ayant pu réagir en voyant des omissions... On est donc en plein flou doctrinal. On demande que le pape condamne les mauvais textes sans préciser lesquels. Si l'on veut absolument faire l'erreur de trier dans Vatican II (ce qui est inacceptable en conscience et que nous n'accepterons jamais, pour notre part, -- cf. les explications du début de l'article --), il faut au moins garder l'esprit suffisamment précis pour faire une liste exhaustive des textes de Vatican II devant être condamnés. Nous attendons cette liste, avec intérêt. Nous pensons qu'elle ne viendra jamais... Ce serait trop dangereux vis-à-vis des confrères et des fidèles formés qui ont étudié le concile... Or, s'il n'y a pas de liste, il n'y a donc pas de condamnation sérieuse possible, puisqu'on ne sait pas ce qu'il faut condamner... Il suffit donc que le pape fasse une déclaration générale du type du serment antimoderniste et le tour sera joué... Benoît XVI, par exemple, aime bien jouer au petit tradi et faire des discours condamnant le relativisme. Prononcer un petit discours traditionnel n'est pas difficile, pour un franc-maçon rompu aux mensonges... François serait bien capable d'en faire autant. Un ralliement de la Résistance vaut bien un petit discours "réactionnaire" du pape... lequel sera démenti dans les faits, quelques jours après, par une cérémonie œcuménique ou un sermon hérétique à Sainte Marthe.

Texte de la déclaration 
:
Enfin, pour obtenir la paix du monde, nous implorons aussi du pape François qu’il daigne effectuer la consécration de la Russie au Cœur Immaculé de Marie, selon la demande du Ciel transmise à Fatima, et dans les formes requises par cette demande.
Commentaire :
- Le but énoncé (obtenir "la paix du monde") nous gêne beaucoup. Ce n'est pas l'intention de la sainte Vierge. La paix est la conséquence mais non le but à rechercher avant tout. Le but n'est pas la paix du monde mais le salut des âmes, par leur conversion. Nous voulons la conversion de la Russie et du monde. La Sainte Vierge, dans la dernière phrase du secret de Fatima fait clairement découler la paix donnée au monde de la conversion de la Russie. Il aurait donc fallu écrire : Enfin, pour obtenir la conversion du monde, nous implorons aussi du pape François qu’il daigne effectuer la consération de la Russie etc.

- C'est bien de demander la consécration de la Russie, mais cette demande n'est pas mise dans le texte en condition d'un accord avec Rome. Pour notre part, nous voulons l'y mettre, en plus des conditions doctrinales (cf. Les conditions exposées dans l’onglet nullam partem). Si les papes veulent que nous leur obéissions et veulent prouver leur bonne volonté, qu'ils commencent par obéir eux-mêmes à la Sainte Vierge. Cela devient urgent. La véracité des apparitions de Fatima a été prouvé par le miracle du soleil. Si Dieu se donne la peine de faire ce miracle extraordinaire, devant 70 000 personnes, que le pape se donne en retour la peine de lui obéir, avant d'exiger notre obéissance.

Texte de la déclaration 
:
Ce faisant, avec la grâce de Dieu, le secours de la Vierge Marie, de saint Joseph, de saint Pie X, nous sommes convaincus de demeurer unis à l’Eglise, Une, Sainte, Catholique, Apostolique et Romaine, ainsi qu’aux successeurs de Pierre, et d’être les fidèles dispensateurs des mystères de Notre-Seigneur Jésus-Christ in Spiritu Sancto. Amen.
Commentaire :
Nous sommes convaincus, pour notre part, que suivre cette déclaration déplaît à Dieu. On voit ici le vieux scrupule de faire un schisme : nous sommes convaincus d'être unis au successeurs de Pierre. Qu'est-ce que cela veut dire, d'abord ? Devons-nous être unis à François qui embrasse la main des prêtres promouvant l'homosexualité ? Devons-nous être unis à celui qui détruit l'Eglise jour après jour et qui dit plusieurs hérésies par semaine ? Unis de quelle façon ?... Il devrait être anathématisé, chassé par une excommunication solennelle... Plutôt que de vouloir à tout prix être "unis" à ce pape, qui est hors de l'Eglise tout en étant pape (cette dernière affirmation est une opinion libre et sera présentée dans un article à venir, quand nous aurons le temps de reprendre notre étude sur le sédévacantisme), il faudrait plutôt vouloir être unis à Notre-Seigneur, en faisant sa volonté. Cette déclaration ne fait pas la volonté de Dieu.

Texte de la déclaration :
« MAIS PRIEZ MES ENFANTS, DIEU VOUS EXAUCERA EN PEU DE TEMPS. MON FILS SE LAISSE TOUCHER »
Message de l’apparition de Notre-Dame à Pontmain (Mayenne) le 17 janvier 1871
Conclusion

- Les trois conditions énoncées dans la déclaration de France fidèle se résument à réclamer deux déclarations bien-pensantes de la part de francs-maçons qui sont rompus à l'art du mensonge et à réclamer le serment antimoderniste, qui, à notre avis, peut très bien être prononcé par des modernistes comme Benoît XVI, qui condamnent officiellement le relativisme tout en l'instaurant de plus en plus dans les faits. Ces trois conditions sont donc très insuffisantes. 

- On ne sait pas si ce sont des conditions pour reprendre les discussions avec Rome ou des conditions pour conclure un accord pratique. Le texte ne le précise pas. Mais dans tous les cas, nous sommes en présence d'un mauvais texte qui défend le principe d'un accord pratique à certaines conditions, avec la Rome maçonnique et hérétique. Ce texte comporte de nombreuses ambiguïtés.

- D'un point de vue pragmatique, les trois conditions demandées à Rome par ce texte sont non seulement très insuffisantes mais la troisième d'entre elles est formulée de façon vague, insuffisante et dangereuse : nous ne savons pas quelles sont les parties de Vatican II que cette déclaration demande aux papes de condamner. C'est donc comme si elle ne demandait rien. Nous ne devons de toute façon pas adopter un point de vue pragmatique mais un point de vue de principe, quand nous parlons des relations avec Rome...

- Ne pas adopter un point de vue pragmatique signifie donc que même si ces conditions avaient été "sérieuses", du moment que la conversion des autorités romaines n'est pas pleinement réalisée en paroles et en actes, un accord pratique avec les hérétiques et les francs-maçons est mauvais. Nous avons prouvé dans cet article que ce principe de l'accord pratique avec des hérétiques avant leur conversion pleine et entière s'oppose à la volonté de Dieu. 

- Une nouvelle scission de la Résistance est en germe dans ce texte, si nous ne le rejetons pas unanimement et si certains continuent à le défendre. Ce texte est terriblement dangereux. Tous ceux qui y voient clair doivent le combattre. 

- Ce texte dangereux est accrédité de façon ambiguë par la façon dont est présentée sa publication : il est illustré d'une photographie prise le 16 juillet 2014 à Avrillé, photographie sur laquelle figurent certains prêtres qui sont pourtant pour le nullam partem avec Rome tant qu'elle n'est pas parfaitement et entièrement convertie et qui ne signeraient jamais cette déclaration. Il s'agit de la photo ci-dessus, illustrant notre article. Il n'est pas honnête d'accompagner cette mauvaise déclaration d'une photographie  représentant des bons prêtres qui ont des principes différents de ce texte, puisqu'ils souhaitent la conversion complète de Rome avant tout accord... On fait croire aux lecteurs de France fidèle et de la Résistance en général que tous ces prêtres approuvent ce texte, alors qu'il n'en est rien... Nous avons signalé ce problème à France fidèle le 3 octobre 2014 et nous avons demandé que cette photographie soit retirée. Cela n'a pas été fait. 

- Probablement pour ne pas briser l'unité, ces bons prêtres n'ont préféré rien dire, pour le moment... C'est selon nous un silence qui déplaît à Dieu. Non qu'il faille réagir avec du zèle amer, mais il faut redresser l'erreur avec la charité de la vérité qui met en garde les âmes contre les dangers. Qui ne dit mot consent. Il nous semble que, dans cette circonstance, Saint Félix III, cité dans Inimica vis, rappellerait le principe suivant : "c'est approuver l'erreur que de ne pas y résister ; c'est étouffer la vérité que de ne pas la défendre... Quiconque cesse de s'opposer à un forfait manifeste peut en être regardé comme le complice secret." Une acceptation tacite de faux principes se fait jour, à cause du silence des uns et d'un attachement aveugle à Mgr Lefebvre des autres... Si nous n'y prenons garde et si nous ne réagissons pas maintenant, la Résistance va se faire subvertir en douceur et va revenir au principe de l'accord pratique avec Rome à certaines conditions.

- Les prêtres doivent donc tous prendre publiquement position :
a. pour ou contre ce texte, 
b. pour ou contre un accord pratique à certaines conditions, avec la Rome hérétique,  avant qu'elle ne soit pleinement convertie dans toutes ses paroles et tous ses actes. 
En effet, les fidèles ont le droit le plus strict de connaître la doctrine leur prêtre. Ils ont le droit de savoir si la doctrine de celui-ci les mènera au ciel ou les mettra en danger, à plus ou moins long terme. 

Trois courants se font donc jour dans la Résistance et chacun va devoir choisir clairement son camp, les prêtres comme les fidèles…

Il y a un principe, établi par Notre-Seigneur Lui-même, qui est : Je suis le Bon Pasteur. Je connais mes brebis et mes brebis me connaissent. La première caractéristique d'un bon pasteur est donc que lui et ses brebis se connaissent mutuellement. Les fidèles doivent donc connaître la doctrine de leur prêtre. C'est le devoir du bon pasteur de la leur faire connaître sans ambiguïté. La doctrine n'est pas secrète. Aucune relation de confiance n'est possible entre un prêtre et ses fidèles, sans connaissance claire de la doctrine de ce prêtre. Cette obligation qu'a le prêtre de faire connaître sa doctrine est encore plus importante que jamais, étant donné la crise actuelle. Fr Pfeiffer vient d'ailleurs de rappeler ce principe dans son sermon du 2 novembre 2014 et sur ce point, nous sommes d'accord avec lui et heureux qu'il ait dit cela, bien que nous soyons toujours en attente avec lui concernant le différend au sujet de Mgr Perez.

Nous nommons les prêtres dont nous croyons savoir à quel courant ils appartiennent. Les prêtres ayant reçus cet article en avant-première, ils ont eu la possibilité de rectifier les informations les concernant. Ils peuvent nous écrire après la parution de cet article s’ils le souhaitent, s’ils changent d’avis ou pour préciser davantage leur position.

Courant n°1 : France fidèle, le Père Pierre-Marie supérieur des Dominicains d’Avrillé, l'abbé Pivert, et peut-être d’autres prêtres de l'USML – noms à préciser ultérieurement 
Ces prêtres veulent rester fidèles en tout à Mgr Lefebvre et sont donc encore pour le principe d'un accord pratique avec Rome à certaines conditions, s'ils estiment que ces conditions leur permettent d'avoir confiance qu’ils pourront prêcher la foi. Non seulement ils sont pour ce principe erroné mais ils condamnent le principe fondateur de la Résistance c'est-à-dire le refus d'un accord pratique avec la Rome maçonnique tant qu'elle n'est pas parfaitement et entièrement convertie dans toutes ses paroles et dans tous ses actes : cf. la phrase en rouge commentée ci-dessus : "Il ne serait pas moins risqué de s’installer dans l’attentisme d’un statu quo sans issue (...)".

Le Père Pierre-Marie a toujours refusé de discuter avec nous, à cause de notre anonymat. Il est possible qu’il appartienne au deuxième courant et qu'il n’interprète pas comme nous cette déclaration. Qu’il nous le signale si c’est le cas. Nous le mettons dans le premier courant, en raison de la publication louangeuse de cette déclaration dans le Sel de la Terre n°89 qui affirme : « Cette déclaration, inspirée de celle que Mgr Lefebvre rédigea en 1974, s’inscrit parfaitement dans la ligne du combat qu’il mena pour la défense de la foi et que nous devons maintenir fidèlement. »

Nous pensons cependant que plusieurs des moines d’Avrillé sont pour la conversion totale de Rome avant tout accord et nous apprécions beaucoup certains d’entre eux.

Courant n°2 : ce courant se compose du SSPX Marian Corps -- abbés Pfeiffer, Chazal, Hewko, Valan, Suelo, Voigt etc.--, de certains prêtres de l'USML de France – Père Bruno, abbés Rioult et Pinaud, au moins, pensons-nous, de certains ou de tous les prêtres de l'USML d'Amérique centrale ou du Sud -- abbés Faure, Trincado, et sûrement d'autres dont nous ne connaissons pas les noms -- + Abbé Girouard (prêtre indépendant) et probablement Fr Ringrose.

Ces prêtres sont tous contre tout accord pratique avec Rome tant qu'elle n'est pas parfaitement convertie, en pensée et en actes. Mais certains d’entre eux reprochent à Avec l’Immaculée d’attaquer cette déclaration, soit qu'ils la comprennent (à tort) de façon traditionnelle, soit qu'ils ne l'approuvent pas complètement mais ne la trouvent pas vraiment dangereuse. Ils trouvent que nous semons le désordre. Ils refusent de répondre à nos objections doctrinales sur cette déclaration.

L’abbé Rioult nous a écrit, suite à l’envoi de cet article en avant-première, qu’il préparait une réponse. Nous le remercions de s’intéresser au problème. Nous savons avec certitude qu’il est contre un accord avec Rome avant sa conversion totale, ce qui est pour nous le principal… Pour le reste, nous attendons son point de vue.

Le Père Bruno a également répondu à notre article qu’il avait reçu en avant-première, par son article du 11 novembre 2014, Il y a 40 ans. Nous le remercions chaleureusement d’avoir réaffirmé qu’il ne voulait pas d’accord avec Rome avant sa conversion totale. Cependant, le Père Bruno refuse de condamner la déclaration de fidélité catholique et de retirer cette photographie qui l’accrédite faussement. De plus, son article n’engage que lui. Il n’engage pas les autres prêtres de l’USML. L’USML est une association de prêtres indépendants sous la conduite non contraignante d’un coordinateur (qui est le Père Bruno). Ce n’est pas une Fraternité bis sous l’autorité d’un supérieur (et nous nous en félicitons, car sinon, il y aurait un danger plus grave de subversion). Tant que cette déclaration de fidélité catholique n’est pas retirée et condamnée, le ver est dans le fruit. Nous répondrons prochainement plus longuement au Père Bruno, au sujet de Mgr Lefebvre et de la distinction église conciliaire/ Eglise catholique. Nous précisons que malgré nos différences, nous aimons et respectons le Père Bruno. Mais nous voudrions qu’il condamne cette déclaration dangereuse, avec tous les autres bons prêtres. Cette condamnation n’est pas optionnelle, à notre avis, car ce texte met clairement la Résistance en grave danger.

- Courant n°3 (Avec l’Immaculée): ceux qui condamnent la déclaration de fidélité catholique et exigent la conversion complète de Rome avant tout accord.

Nous voudrions que les prêtres appartenant au premier courant (Père Pierre-Marie, Abbé Pivert et peut-être d’autres prêtres de l’USML) ne soient pas considérés comme étant de la Résistance. Nous ne disons cependant pas de ne pas aller à leur messe, car cela reviendrait à interdire aux gens d'aller à la messe de Mgr Lefebvre. Nous disons donc qu'on peut aller à la messe de ces prêtres, si l'on ne peut faire autrement, car ils ont la foi. On peut être en communicatio in sacris avec eux, car à la différence de Mgr Fellay, ils n'acceptent pas les erreurs de Vatican II à la lumière de la Tradition... du moins nous l'espérons... C'est resté dans le flou. Il aurait fallu la liste des textes de Vatican II à condamner pour qu'on en soit sûr... Et donc, bien que nous ayons démontré que c'était un devoir grave de rejeter Vatican II en son entier, si ces prêtres s'obstinaient malheureusement, à la suite de Mgr Lefebvre, à vouloir trier dans le Concile, il faudrait dans ce cas qu'ils nous donnent la liste précise et exhaustive de tous les éléments du concile qu'ils veulent que le pape condamne.  Ces prêtres, qui ne répudient pas le principe d'un accord pratique avec Rome à certaines conditions et qui condamnent les principes fondateurs de la Résistance, sont moins traditionnels que certains prêtres de la Résistance interne de la FSSPX qui eux, sont contre contre tout accord pratique avec Rome, tant qu'elle n'est pas parfaitement et entièrement convertie.

- Les fidèles doivent savoir que, sur le plan des relations avec Rome, les prêtres qui soutiennent cette déclaration n'ont pas une bonne doctrine. Ces prêtres seront tentés un jour de faire un accord pratique avec Rome avant sa conversion entière, puisqu'ils jugent très risqué "l'attentisme" du statu quo. De nouvelles scissions et un nouveau drame sont à prévoir, à plus ou moins long terme. Non seulement ces prêtres n'ont pas une bonne doctrine, mais ils condamnent ceux qui en ont une bonne... Et malheureusement, ceux qui ont une bonne doctrine se taisent pour l'instant.  

- Certains prêtres de l'USML, tout en disant qu'ils veulent la conversion entière de Rome, louent la déclaration de fidélité catholique et ne voient pas qu'elle défend la position inverse de la leur.

- Nous réclamons à tous les fidèles de la Résistance des prières et des sacrifices pour les prêtres. 

- Si les choses restent en l'état, la Résistance va être comme le petit reste : sur le point de mourir... Nous devons, chacun à notre place, batailler pour que ce reste soit le moins petit possible, afin de sauver le maximum d'âmes. Dieu nous demandera des comptes serrés de toutes nos actions et de toutes nos omissions. Soyons fidèles et pour cela, luttons contre cette déclaration qui elle aussi, veut être fidèle mais qui, malheureusement, tout en croyant l'être, désobéit à la volonté de Dieu.

Notes :
(1) L'Eglise de Sardes (Apocalypse chapitre III) correspond au 5ème âge de la vie de l'Eglise auquel nous pensons appartenir. Mgr Williamson, l'abbé Pfeiffer, l'abbé Chazal et la plupart des exégètes anciens ou actuels pensent de même. Cet âge est un âge de désolation, durant lequel l'Eglise semblera sur le point de disparaître. Une punition est annoncée, par les prophéties de Notre-Seigneur faites à Sr Lucie de Fatima, à Rianjo : "Fais savoir à mes ministres, étant donné qu’ils suivent l’exemple du roi de France, qu’ils le suivront dans le malheur. Jamais il ne sera trop tard pour recourir à Jésus et Marie. » Après la punition,nous sortirons de l'âge de Sardes et nous entrerons dans une période de renouveau extraordinaire de l'Eglise (6ème âge, Eglise de Philadelphie) correspondant au Règne du Cœur Sacré de Jésus par le Cœur Immaculé de Marie et promis par la Sainte Vierge à Fatima. On sait en effet que le texte du vrai troisième secret de Fatima -- jamais révélé, quoiqu'on en dise -- se termine par ces mots : "A la fin mon Cœur Immaculé triomphera. Le Saint Père me consacrera la Russie qui se convertira et un certain temps de paix sera donné au monde." 

Cette période de renouveau de l'Eglise a été annoncée par Don Bosco, dans le songe des deux colonnes et par Saint Louis-Marie Grignion de Monfort, dans la prière embrasée. Ce sera la période durant laquelle les apôtres des derniers temps prêcheront au monde entier qui se convertira, par l'intercession de la Sainte Vierge. Même un grand nombre de Juifs et tous les musulmans se convertiront, (cf. Saint Louis-Marie Grignion de Monfort, dans la prière embrasée.) Pour davantage d'informations, on peut lire cet article sur les trois églises de Sardes, Philadelphie et Laodicée.

(2) Texte de la Déclaration du 21 novembre 1974 :
Nous adhérons de tout cœur, de toute notre âme à la Rome catholique, gardienne de la foi catholique et des traditions nécessaires au maintien de cette foi, à la Rome éternelle, maîtresse de sagesse et de vérité.

Nous refusons par contre et avons toujours refusé de suivre la Rome de tendance néo-moderniste et néo-protestante qui s’est manifestée clairement dans le concile Vatican II et après le concile dans toutes les réformes qui en sont issues.

Toutes ces réformes, en effet, ont contribué et contribuent encore à la démolition de l’Église, à la ruine du Sacerdoce, à l’anéantissement du Sacrifice et des Sacrements, à la disparition de la vie religieuse, à un enseignement naturaliste et teilhardien dans les Universités, les Séminaires, la catéchèse, enseignement issu du libéralisme et du protestantisme condamnés maintes fois par le magistère solennel de l’Église.

Aucune autorité, même la plus élevée dans la hiérarchie, ne peut nous contraindre à abandonner ou à diminuer notre foi catholique clairement exprimée et professée par le magistère de l’Église depuis dix-neuf siècles.

« S’il arrivait, dit saint Paul, que NOUS-MÊME ou un Ange venu du ciel vous enseigne autre chose que ce que je vous ai enseigné, qu’il soit anathème. » (Gal. 1, 8.)

N’est-ce pas ce que nous répète le Saint-Père aujourd’hui? Et si une certaine contradiction se manifestait dans ses paroles et ses actes ainsi que dans les actes des dicastères, alors nous choisissons ce qui a toujours été enseigné et nous faisons la sourde oreille aux nouveautés destructrices de l’Église.

On ne peut modifier profondément la « lex orandi » sans modifier la « lex credendi ». A messe nouvelle correspond catéchisme nouveau, sacerdoce nouveau, séminaires nouveaux, universités nouvelles, Église charismatique, pentecôtiste, toutes choses opposées à l’orthodoxie et au magistère de toujours.

Cette Réforme étant issue du libéralisme, du modernisme, est tout entière empoisonnée ; elle sort de l’hérésie et aboutit à l’hérésie, même si tous ses actes ne sont pas formellement hérétiques. Il est donc impossible à tout catholique conscient et fidèle d’adopter cette Réforme et de s’y soumettre de quelque manière que ce soit.

La seule attitude de fidélité à l’Église et à la doctrine catholique, pour notre salut, est le refus catégorique d’acceptation de la Réforme.

C’est pourquoi sans aucune rébellion, aucune amertume, aucun ressentiment nous poursuivons notre oeuvre de formation sacerdotale sous l’étoile du magistère de toujours, persuadés que nous ne pouvons rendre un service plus grand à la Sainte Église Catholique, au Souverain Pontife et aux générations futures.

C’est pourquoi nous nous en tenons fermement à tout ce qui a été cru et pratiqué dans la foi, les mœurs, le culte, l’enseignement du catéchisme, la formation du prêtre, l’institution de l’Église, par l’Église de toujours et codifié dans les livres parus avant l’influence moderniste du concile en attendant que la vraie lumière de la Tradition dissipe les ténèbres qui obscurcissent le ciel de la Rome éternelle.

Ce faisant, avec la grâce de Dieu, le secours de la Vierge Marie, de saint Joseph, de saint Pie X, nous sommes convaincus de demeurer fidèles à l’Église Catholique et Romaine, à tous les successeurs de Pierre, et d’être les « fideles dispensatores mysteriorum Domini Nostri Jesu Christi in Spiritu Sancto ». Amen.

(3)  Anecdote et référence tirées d'un article de John Vennari lequel renvoie au livre suivant : PV Miceli, L'Antéchrist («L'Antéchrist»), les catholiques romains Livres, Harrison