lundi 1 décembre 2014

Commentaire sur le communiqué de l'abbé Pivert du 18 octobre 2014



Article initialement publié le 28 novembre 2014. Publié de nouveau le 1er décembre 2014.

Le communiqué de l’abbé Pivert publiée sur France fidèle (1) n’a fait que confirmer les craintes que nous avions exprimées auparavant : 

- Nulle part il n’affirme le principe qu’il attendra la conversion pleine et entière de Rome avant de faire un accord avec elle. 
- Nulle part il ne condamne le protocole du 5 mai 1988 de Mgr Lefebvre, comme nous le lui avions demandé, suite à son article catastrophique réaffirmant le principe de l’accord pratique.

L'abbé Pivert se contente de dire qu'il n'a pas l'intention de chercher un accord parce que les papes actuels ne sont pas assez bien… 

Ce qui est préoccupant, chez l’abbé Pivert, c’est qu’il n’avoue pas clairement : oui, je suis pour un accord avec Rome avant qu’elle ne soit convertie entièrement, si elle donne des signes de bonne volonté. Oui, je combats le principe d’attendre sa conversion totale. S’il disait cela, les choses seraient plus simples. Mais au lieu de parler d’une façon compréhensible pour tous, il parle de façon ambiguë… de telle sorte que la grande majorité des gens pensent que l’abbé Pivert est contre un accord pratique et continuent à le soutenir de bonne foi.

Au lieu de répondre aux questions que nous lui avions posées dans le but de remédier à cette ambiguïté (2), il aggrave l’ambiguïté en jouant sur les mots : je n’ai aucune intention de chercher ni de soutenir un accord avec Rome, de quelle manière que ce soit, dit-il... Par cette phrase l’abbé Pivert laisse entendre sans le dire qu’il veut attendre la conversion de Rome alors qu’il n’en est rien. Cette attitude fausse est bien éloignée du est, est non, non… Elle n’est pas de Dieu. 

Nous ne demandons pas à l’abbé Pivert quelles sont ses intentions… Les intentions changent en fonction des circonstances. Elles ne sont pas vérifiables. Elles sont subjectives. Nous lui demandons quels sont ses principes, c’est-à-dire quelles sont les règles objectives qu’il utilise pour apprécier la réalité romaine, sur lesquelles il fondera ses futures actions et décisions et formera les séminaristes de la Résistance. 

L’abbé Pivert est habile : il écrit sa pensée sans mentir formellement, mais de telle façon que les gens interprètent ses phrases à l’inverse de ce qu’elles signifient. De cette façon, on ne peut pas l’accuser de mensonge à proprement parler : il a dit la vérité… Mais d’une façon de jésuite… C’est-à-dire de telle façon que tout le monde comprenne qu'il est contre un accord pratique alors qu'en fait, de même que Mgr Lefebvre derrière lequel il se retranche, il est pour le principe d'un accord pratique avec la Rome maçonnique, à certaines conditions. 

Si l’on veut décrypter la pensée de l’abbé Pivert, il faut analyser le dernier paragraphe de son communiqué (qui est retranscrit en note 1) : il suffit principalement pour lui que les autorités romaines affirment qu’elles acceptent le magistère antérieur ; elles auront ainsi, selon lui, prouvé leur bonne volonté de vouloir restaurer le Règne de Notre Seigneur Jésus-Christ… Il se retranche derrière Mgr Lefebvre pour dire que c’était également la position de l’archevêque… Et il a raison. Mais les gens pensent : L’abbé Pivert est comme Mgr Lefebvre : antiaccordiste. Il ne veut pas faire d’accord avec Rome. Il est pour le Règne du Christ-Roi. C’est donc quelqu’un de confiance. 

Il faudrait plutôt dire : 

- L’abbé Pivert se retranche derrière Mgr Lefebvre qui était pour un accord pratique avec Rome notamment à condition qu’elle dise accepter le magistère antérieur. Il ne donne pas dans son communiqué d'autres conditions. Il dit que Rome doit donner la preuve qu'elle veut travailler au Règne de Notre Seigneur Jésus-Christ. Nous sommes dans le flou doctrinal le plus ambigu et le plus total quant à la nature de ces preuves que Rome doit donner.

- L’abbé Pivert, comme Mgr Lefebvre, pense qu’on pourrait faire confiance à Rome à ces conditions (qui ne sont pas  entièrement définies).

- L’abbé Pivert condamne dans son article Mgr Lefebvre et Rome : la prudence guidée par les principes paru dans son bulletin Le chevalier du Christ-Roi n°1 le principe fondateur de la Résistance qui est de refuser tout accord avec Rome avant sa conversion entière. Il trouve que c’est une grave erreur proche du sédévacantisme. Il ne revient pas sur cette condamnation, dans son communiqué.

- L'abbé Pivert dit qu'il a été calomnié parce qu'on a affirmé qu'il aurait l'intention de conclure un accord avec Rome. Nous ne savons pas s'il pense à nous en écrivant cela. Pour notre part, nous avons dit et nous redisons encore  que l'abbé Pivert est pour le principe de l'accord pratique avec Rome avant sa conversion pleine et entière. Nous ne connaissons pas ses intentions. 

- A la suite de Mgr Lefebvre il exige notamment comme condition que Rome dise reconnaître les grandes encycliques sur la Royauté de Jésus-Christ et sur les erreurs modernes. Nous réaffirmons pour notre part que Rome est capable de faire une telle déclaration dans un esprit de mensonge et qu'une telle affirmation est loin d'être une garantie suffisante pour avoir confiance... Mais nous allons plus loin : en admettant que Rome soit sincère en disant cela, nous affirmons que nous ne pouvons pas, par principe, accepter un accord pratique avec elle avant sa conversion pleine et entière, en raison des règles données par Notre-Seigneur et les saints (règles que l'on peut lire dans l'onglet du nullam partem) et qui peuvent se résumer ainsi : le principe salus animarum suprema lex (le salut des âmes est la loi suprême) interdit de mettre les fidèles sous la conduite d'hérétiques, même gentils et sincères.

- Si la Résistance veut se protéger d'un accord pratique, l'unique solution est de renoncer à faire de Mgr Lefebvre un antiaccordiste après 1988. Nous devons regarder la réalité en face et analyser les citations de Mgr Lefebvre pour ce qu'elles signifient et non pour ce que nous voudrions qu'elles signifient. 

- Une fois que nous aurons fait cela, nous serons obligés de nous démarquer de Mgr Lefebvre et de ceux qui veulent rester dans son esprit sur ce point, comme l'abbé Pivert ou comme France fidèle qui publie le texte dangereux de la déclaration de fidélité catholique.

Notes : 

(1) Voici le texte intégral du communiqué de l'abbé Pivert publié sur France fidèle :

"Des calomnies ayant troublé nos bons fidèles, légitimement attachés à la défense de la foi, je déclare formellement ce qui suit.

Fidèle disciple de Mgr Lefebvre, je n’ai pas d’autre intention que lui, à savoir la royauté de Notre Seigneur Jésus-Christ. Cette royauté dit plus que la simple défense de la foi, elle inclut la fidélité et la restauration de toutes choses dans le Christ. C’est pour cela que je suis entré à Écône, c’est pour cela que j’ai publié les écrits de Mgr Lefebvre sur le sujet et que j’ai dénoncé publiquement les autorités de la Fraternité Saint Pie X, allant au devant de leur vindicte. Affirmer que je jouerais un double jeu, ou que mon dernier article sur le sujet s’écartait de cette position pour laquelle je me suis battu, c’est bien mal me connaître.

Pour cette raison je n’ai aucune intention de chercher ni de soutenir un accord avec Rome, de quelle manière que ce soit.

Mgr Lefebvre ayant déclaré après les sacres que c’en était fini et que désormais il n’accepterait plus de discuter avec les autorités de l’Église tant qu’elles ne reconnaîtraient pas les grandes encycliques sur la royauté de Notre Seigneur Jésus-Christ et sur les erreurs modernes, je suis certain qu’il n’aurait pas cherché un accord ni même entamé des discussions tant que la preuve n’aurait pas été inversée, c’est-à-dire tant que les autorités romaines n’auraient pas prouvé qu’elles voulaient réellement travailler à la restauration de toutes choses dans le Christ. Leur perversité n’ayant fait que s’aggraver avec les trois derniers pontifes, on ne voit pas comment on pourrait estimer qu’elles veuillent restaurer la royauté de Notre Seigneur Jésus-Christ qu’elles piétinent après l’avoir jeté à bas de son trône dans leur Église conciliaire.

Dalhain, le 18 octobre 2014"

(2) Les questions publiques que nous avions posées à l'abbé Pivert et auxquelles il refuse de répondre se trouvent dans cet article ; nous les rappelons ici :
"- Monsieur l’abbé Pivert, pensez-vous que la signature du Protocole du 5 mai 1988 est objectivement un péché contre la foi, indépendamment des intentions du signataire qui étaient bonnes ? OUI - NON

- Pensez-vous, comme Mgr Lefebvre, que le texte du Protocole du 5 mai 1988 est acceptable ? OUI- NON

- Exigeriez-vous la conversion de Rome (au sens où nous l’entendons), avant de faire une reconnaissance canonique avec elle ? OUI- NON

NB : Nous entendons par conversion de Rome :

- la condamnation solennelle et l’annulation entière du Concile Vatican II qui est 1789 dans l'Eglise, ont dit les cardinaux Ratzinger et Suenens. 

- l’annulation et la condamnation de toutes les réformes liturgiques post-conciliaires et la réhabilitation de l'ancienne messe et de l'ancien rituel des sacrements qui redeviendront obligatoires.

- l’annulation du nouveau code de droit canon de 1983 et le remplacement de celui-ci par l'ancien code de 1917. 

- la supression du nouveau serment exigé des prêtres depuis 1989 et le retour au serment anti-moderniste.

- la condamnation de la laïcité et la proclamation du Règne social de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 

- la condamnation officielle de la liberté religieuse, du faux œcuménisme des réunions interreligieuses et de la collégialité.

- la condamnation et l’annulation de tout le magistère post-conciliaire.

- la condamnation des lois iniques qui se répandent partout dans les pays.

- la consécration nommément de la Russie au Cœur Immaculé de Marie en union avec tous les évêques du monde entier.
- le renvoi immédiat de tout évêque ou tout prélat indocile à appliquer ces réformes, des prélats et évêques francs-maçons, homosexuels et hérétiques notoires." 
(fin de citation)
NB : Depuis, nous avons modifié la dernière condition en expliquant pourquoi ici.