jeudi 2 octobre 2014

Préférences de Dieu





Comme on lui présentait un jour l'hostie du salut, le Seigneur manifesta encore par ces paroles l'excès de sa bonté : « As-tu remarqué que pour célébrer le saint sacrifice le prêtre revêt une ample chasuble par révérence pour mon si auguste mystère ? Lorsqu'il distribue le Corps du Christ, l'ornement est relevé sur ses bras(1) et c'est avec la main qu’il distribue le pain céleste. En vérité je regarde avec bonté ce qui se fait pour ma gloire comme les prières, les jeûnes et autres œuvres semblables ; cependant (quoique ceux qui ont moins l'intelligence des choses spirituelles ne puissent le comprendre) j'entoure mes élus d'un amour plus compatissant lorsque, convaincus de leur faiblesse, ils se jugent incapables de m'honorer dignement, et se réfugient dans le sein de ma miséricorde. C'est ce que tu vois figuré par les mains nues et découvertes du prêtre qui me touchent de plus près que ses ornements.» 

1. Cette manière de faire est indiquée au Cérémonial des évêques, livre II,c. viii : « L'évêque se revêt de la chasuble et la relève avec soin sur chaque bras pour ne pas être géné dans le fonction sainte.»

IX.-- L'humilité est parfois plus agréable à Dieu que la dévotion.

Une autre fois, la cloche qui annonce l'heure de la communion retentissait, le chant de l'antienne était déjà commencé, lorsqu'elle dit au Seigneur: « Voici, ô mon Bien-Aimé, que vous venez à moi ! Mais pourquoi, dans votre puissance, ne m'avez vous pas envoyé ces parures de dévotion qu'il convient de revêtir pour vous recevoir ? » Le Seigneur répondit : « L'époux est plus charmé de voir le cou de son épouse sans ornements que paré de colliers ; il aime mieux prendre ses mains dans les siennes que de les voir richement ornées de gants précieux. De même je rencontre souvent plus volontiers dans une âme la vertu d'humilité que la grâce de la dévotion. »