mercredi 3 septembre 2014

Que penser de la future rencontre de Mgr Fellay avec Mgr Müller ?





Forum un évêque s'est levé
Voici ce qu'écrit Gentiloup :

"La nouvelle était connue depuis quelque temps, elle a été officialisée ce matin lors des annonces à la messe. Mgr Fellay, supérieur de la FSSPX rencontrera le préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, également président de la Commission pontificale Ecclesia Dei. Cette rencontre aura lieu à Rome.

Il nous a été précisé avec insistance afin de couper court à tout bruit à un quelconque ralliement, que cette rencontre était informelle. Ce sera la première fois que Mgr Fellay rencontrera Mgr Müller depuis qu'il a été nommé à la tête de la Commission Ecclesia Dei. Le prêtre nous a rappelé par ailleurs que Mgr Müller s'était distingué par son hostilité à la Fraternité, lorsqu'il était en Allemagne, avant sa nomination à la tête de la CDF.

Mgr Müller avait été promu à la Congrégation pour la Doctrine de la Foi par Benoît XVI qui l'a également nommé archevêque. Bien qu'il ait été maintenu à son poste par François, depuis que Benoît XVI a démissionné, les lignes ont quelque peu bougé, puisque Mgr Müller a été le chef de file des prélats "conservateurs" qui au sein de l'Eglise conciliaire se sont dressés contre le projet de remettre en cause le non accès des divorcés-remariés à la communion. Ce Projet a été présenté par le cardinal Kasper lors du synode des évêques en février dernier, avec les encouragements de François qui a fait de ce sujet « la grande affaire de son pontificat ».

Dernière minute le 02 sept. 2014: PS: J'apprends à l'instant que la date du 21 septembre pour la rencontre Mgr Müller/Mgr Fellay, n'est pas arrêtée, mais que la rencontre est confirmée."

Commentaire :

Plusieurs questions se posent :

- Tout d'abord, la rencontre sera-t-elle vraiment informelle ? 

Nous ne le saurons jamais avec certitude, puisque que l'entretien ne sera pas enregistré.

- En admettant que la rencontre soit vraiment informelle, s'impose-t-elle à Mgr Fellay comme une obligation de courtoisie ?

Mgr Müller étant célèbre pour ses hérésies sur la Sainte Vierge et sa négation de la transsubstantiation, notamment, Mgr Fellay n'a vis-à-vis de lui aucune obligation de courtoisie. Mgr Müller est un destructeur de l'Eglise qui fait l'oeuvre de la franc-maçonnerie et scandalise tout le monde par ses comportements. Il ne prêche pas le même évangile que Saint Paul. Il est donc anathématisé par lui.(Galates I, 8-9).






Concernant les hérésies de Mgr Müller, (qui joue à présent au conservateur en "luttant" contre la communion des divorcés-remariés), voici ce qu'on peut lire sur la Porte Latine :


"Mgr Müller, [...] a professé les hérésies suivantes :
Contre la Virginité de la Très Sainte Vierge Marie
Dans son livre Dogmatique catholique : étude et pratique de la théologie, Müller nie le dogme de la virginité de Marie. Selon lui, la virginité ne concerne pas les « caractéristiques physiologiques du processus naturel de la naissance de Jésus (tels que la non-ouverture du col, l’absence de déchirure de l'hymen ou l'absence de douleurs de l'enfantement), mais l’influx salvifique et rédempteur de la grâce du Christ dans la nature humaine ».

Contre le dogme de la Transsubstantiation
Dans son livre La Messe, source de la vie chrétienne, il écrit : « Corps et sang du Christ ne signifient pas les parties physiques de l’homme Jésus présent sur la terre ou dans son corps glorieux, […] Corps et sang signifient plutôt une présence du Christ à travers le signe du pain et du vin. Mgr Müller explique ainsi la transsubstantiation : « L’essence du pain et du vin doit être définie dans un sens anthropologique. Le caractère naturel de ces dons [pain et vin] comme fruits de la terre et du travail des hommes, comme produits naturels et culturels, symbolise la nourriture et la restauration des personnes et de la communauté humaine dans le signe d’un repas commun […]. L’être naturel du pain et du vin est transformé par Dieu dans le sens que cet être montre et réalise la communion salvifique ».

Les protestants font partie de l’Eglise
Au cours d’un discours en l’honneur de l’évêque luthérien Johannes Friedrich, Mgr Müller a affirmé le 11 octobre 2011 : « Le baptême est le caractère fondamental qui nous unit sacramentellement au Christ aux yeux du monde dans une seule Eglise visible. Nous, chrétiens, catholiques et protestants, sommes donc déjà unis dans ce que nous appelons l’Eglise visible. Au sens strict, il n’y a pas plusieurs Eglises, qui existeraient les unes à coté des autres, mais il existe des divisions, des ruptures à l’intérieur d’un peuple unique et d’une unique maison de Dieu »." (fin de citation de la Porte latine)


- En allant serrer la main de ces personnes, quel but poursuit Mgr Fellay ? 

Réponse : poser des jalons en vue d'un futur accord correspondant aux six conditions édictées par le Chapitre de 2012 (trois conditions sine qua non et trois conditions facultatives), très probablement. 

Les conditions 2 (liturgie de 1962) et 3 (avoir un évêque) seront octroyées sans difficulté. Les conditions facultatives passeront plus ou moins à la trappe. Reste la fameuse condition n°1 : critiquer l'erreur et les fauteurs d'erreurs... Cette condition est celle qui est censée protéger la Fraternité.

Mgr Fellay a dit le 8 octobre 2012 qu'il ne fallait plus attendre qu'ils soient convertis à Rome pour faire un accord ou plus exactement, il a dit ce jour-là que si les autorités autorisaient la critique de l'erreur, c'est qu'elles étaient converties de fait. Ces propos ont été répétés plusieurs fois. Ils sont d'une telle naïveté que les mots manquent pour qualifier une pareille attitude. C'est l'attitude qu'aurait un jeune enfant, ce n'est pas l'attitude d'un adulte, supérieur de la FSSPX. Comment peut-on affirmer une chose pareille ? 

Nous sommes persuadés pour notre part que Mgr Müller peut dire à Mgr Fellay du jour au lendemain que la FSSPX aura la permission de condamner toute interprétation du Concile Vatican II qui ne serait pas conforme à la tradition de l'Eglise. C'est ce qu'on a dit aux Ecclesia Dei, au Barroux, notamment. Pourquoi ne le dirait-on pas à Mgr Fellay ? C'est en substance ce qu'il s'apprêtait à signer, avec l'accord des autorités de Rome, en juin 2012 (cf. texte de la déclaration doctrinale du 15 avril 2012). Mgr Fellay a répété de façon détournée maintes fois qu'il voulait bien accepter Vatican II à la lumière de la Tradition. C'est la doctrine qu'il distille peu à peu, depuis le sermon de Winona du 2 février 2012 notamment. Or, on ne peut en conscience accepter des hérésies à la lumière de la tradition. C'est une attitude fausse qui s'oppose aux conseils de Notre-Seigneur : Que votre oui soit oui, que votre non soit non. Accepter les erreurs de Vatican II à la lumière de la Tradition est une attitude qui s'oppose également aussi au fait que les mots ont une définition : ceux-ci ne peuvent signifier à la fois une chose et son contraire, il faut choisir.

En juin 2012, c'est la réaction des trois évêques et des prêtres de la FSSPX qui a empêché la signature, ce n'est pas autre chose. Rome a masqué la vraie cause en inventant un texte légèrement différent dans la forme mais qui revenait au même quant au fond (cf. Rome et Menzingen sont d'accord, 2ème partie). Mais en fait, Rome n'a rien contre la déclaration du 15 avril 2012. Celle-ci attend son "rebranding", au fond d'un tiroir... à moins qu'on ne s'en passe et qu'on fasse tout par oral ? Pourquoi pas ? Mgr Fellay a déjà envisagé cette possibilité, récemment lors d'une conférence à Zaitkofen, devant les séminaristes... 

Ce qui compte pour Mgr Müller, c'est que la FSSPX passe officiellement sous le contrôle des autorités maçonniques romaines. Ce principe ayant déjà été accepté comme envisageable par les membres du Chapitre de la FSSPX, le 14 juillet 2012 (cf. six conditions), ce n'est plus qu'une question de patience... 

En ce moment, Mgr Fellay rééduque ses troupes à trouver normal qu'il aille régulièrement à Rome discuter avec les hérétiques, non pas en vue de les convertir (cela, c'était le piège sous apparence de bien que nous avons eu avant juin 2012), mais en en vue de voir ce qu'on pourrait faire pour conclure un accord pratique (il continue d'aller à Rome régulièrement, mais le motif officiel est à présent clairement mauvais. Il accepte le principe de l'accord pratique, il le répète, mais il rassure les gens et les anesthésie en disant faudra attendre encore un peu). Les esprits s'amollissent ainsi peu à peu, d'étapes en étapes... La Résistance interne va bientôt se rendre complètement. C'est ce qu'il attend.

- Pourquoi dites-vous que c'était un piège sous apparence de bien d'aller à Rome pour les convertir ? N'avons-nous pas tous un devoir apostolique ? Saint François de Sales n'est-il pas allé convertir les protestants ? Saint Dominique n'a-t-il pas converti les cathares ?


La situation est ici différente : 

- à Rome, ils sont francs-maçons, c'est-à-dire que ce sont des personnes qui travaillent sciemment à infiltrer l'Eglise pour la détruire de l'intérieur depuis plusieurs décennies. Ils nous haïssent de façon raisonnée et intelligente. C'est le combat des deux cités. Ils savent ce qu'ils font : l'oeuvre du diable. Ils savent qui est la FSSPX: des enfants de lumière trop naïfs. 

- Il faut un minimum d'ignorance et de droiture chez l'hérétique, si l'on veut espérer pouvoir le convertir. A Rome, il n'y a aucune ignorance de la vérité ni aucune droiture. Ils connaissent par coeur la vraie doctrine de l'Eglise que nous défendons. Ils sont plus savants et mieux formés que la plupart d'entre nous. Mais ils connaissent la vérité non pour y adhérer, mais pour la combattre.

- Saint Dominique, les missionnaires, saint François de Sales etc. ne se mettaient pas en occasion de péché quand ils allaient voir les hérétiques pour les convertir. La FSSPX, si. En effet, qui dit discussions, dit entretiens privés. Qui dit entretiens privés, dit propos non enregistrés (ou, s'ils sont enregistrés, propos qu'on ne publiera pas forcément). L'abbé de la Roque nous a dit en 2012 qu'il y avait sans cesse des propositions d'accord pratique avec des papiers qui sortaient de dessous la table, après un bon repas. Les prêtres et Mgr Fellay ont donc été tentés à plusieurs reprises, continuellement, même... Ils ont pu maintes fois toucher du doigt la rouerie des autorités romaines. Il fallait alors ouvrir les yeux (qui auraient dû, à notre avis, avoir déjà été ouverts auparavant) et couper toute discussion. Mais ils ne l'ont pas fait. Ils ont continué, continué et continué, sachant qu'ils allaient encore avoir ces sollicitations. Ils se sont donc mis de façon répétée en occasion de péché et finalement, la FSSPX a succombé à la tentation. Saint Dominique, Saint François de Sales et les missionnaires n'étaient pas en situation d'infériorité (ce n'étaient pas des inférieurs cherchant à convertir leur supérieur) et n'étaient pas exposés à des propositions d'accord pratique, en allant voir les hérétiques. L'Eglise était bien solide, pour les soutenir. La situation est donc très différente actuellement.

Tant que la franc-maçonnerie sera aux commandes romaines, il ne faut donc plus y aller, même sous prétexte de les convertir. C'est trop naïf, trop dangereux ; c'est inutile car ils connaissent le catéchisme mieux que nous ; c'est se mettre en occasion de péché en s'exposant à des propositions continuelles d'accord pratique. 

Or le principe même que nous puissions envisager de nous remettre sous l'autorité d'hérétiques est peccamineux. Nous n'avons pas le droit, devant Dieu, d'accepter de reconnaître sur nous l'autorité d'un pape hérétique qui serait anathématisé par Saint Paul si celui-ci était encore parmi nous. En effet, le principe suprême dans l'Eglise est SALUS ANIMARUM SUPREMA LEX. (Le salut des âmes est la loi suprême). Or mettre les âmes sous l'autorité des hérétiques, c'est exposer les âmes à aller en enfer. Dieu ne nous demandera jamais d'exposer les âmes à la damnation pour des raisons d'obéissance. Il faut donc rejeter toute proposition d'accord pratique avec horreur, si l'on veut plaire à Dieu. Il faut refuser de s'exposer à ces propositions. Mgr Fellay, non seulement s'y expose mais défend à présent officiellement, depuis 2012, ce mauvais principe. Le supérieur de la FSSPX ne plaît pas à Dieu. Il l'offense objectivement gravement, en allant voir Mgr Müller :

Isaïe (XXX, v.1 à 3) :

« Malheur aux enfants rebelles, -- oracle de Yahweh, qui font des projets, mais sans moi ; qui contractent des pactes, mais sans mon esprit, accumulant péché sur péché

Ils descendent sur le chemin de l'Egypte, sans avoir consulté ma bouche, pour se réfugier sous la protection de Pharaon et pour s'abriter à l'ombre de l'Egypte ! 

La protection de Pharaon sera pour vous une honte; et le refuge à l'ombre de l'Égypte, une confusion. (…)


Car ainsi a parlé le Seigneur Yahweh, le Saint d'Israël : par la conversion et une paisible attente vous seriez sauvés ; dans le repos et la confiance serait votre force. 


Mais vous ne l'avez pas voulu (…). »