vendredi 5 septembre 2014

Précisions importantes sur la rencontre de Mgr Fellay avec Mgr Müller.



Où l'on voit que la visite de Mgr Fellay à Mgr Müller ne sera pas si informelle que cela. Ils vont parler de sujets de fond et des conditions pour une reconnaissance canonique.

Non possumus révèle les propos de l'abbé Pierre Duverger à M. Louie Verrechio (cf. article du site Harvesting the fruit of Vatican II actuellement retiré, en mémoire cache). Voici la partie la plus importante de l'article :


"The meeting will be an occasion to review the situation and present, yet again, the Society’s position in line with the General Chapters of 2006 and 2012 and the official declarations (Letters to Friends and Benefactors of April 12, 2013 and April 13, 2014; declaration on the occasion of the 25th anniversary of the episcopal consecrations, June 27, 2013). Everyone is requested to pray for the Superior General, especially given Cardinal Müller’s positions on the Society, which were reiterated recently. According to him, the only path open to the Society is acceptance of the Second Vatican Council, the rejection of which might have grave consequences." 

Traduction :

"La réunion sera l'occasion d'examiner la situation et de présenter, encore une fois, la position de la Fraternité en conformité avec les chapitres généraux de 2006 et 2012 et les déclarations officielles (Lettres aux amis et bienfaiteurs du 12 Avril 2013 et 13 Avril, 2014 ; déclaration à l'occasion du 25e anniversaire des consécrations épiscopales, le 27 Juin, 2013) Tout le monde est invité à prier pour le Supérieur général, particulièrement étant donné les positions du cardinal Müller sur la fraternité, qui ont été réitérées récemment. Selon lui, la seule voie ouverte à la Fraternité est l'acceptation du Concile Vatican II, le rejet de celui-ci pouvant avoir de graves conséquences ."


Commentaire :

1) Relevons l'hypocrisie de la réflexion suivante : "en conformité avec les chapitres généraux de 2006 et 2012". Le Chapitre de 2006 affirmait : pas d'accord pratique sans conversion de Rome". Le chapitre de 2012 affirme : "si Rome autorise la critique, un accord pratique avec elle est possible sans sa conversion." La Fraternité Saint Pie X cherche donc à présent à faire son herméneutique de la continuité. De même que les modernistes comme Benoît XVI affirment que Vatican II ne s'oppose pas à la tradition de l'Eglise et doit être compris à la lumière de celle-ci, de même le Chapitre de 2012, qui est Vatican II dans la Fraternité, est déclaré ne pas s'opposer au Chapitre de 2006 mais être dans la même ligne. Ce n'est pas honnête de dire cela.


2) Concernant la déclaration du 27 juin 2013, nous avons déjà vu qu'elle était mauvaise car sous des allures traditionnelles, elle réaffirme l'attachement aux six conditions édictées le 14 juillet 2012

Voici l'extrait le plus important de cette déclaration. La partie en gras réaffirme l'attachement aux six conditions, particulièrement à la condition n°1 qui autorise à se remettre sous une autorité hérétique si celle-ci autorise qu'on critique l'erreur et ses fauteurs :
"11- Cet amour de l’Eglise explique la règle que Mgr Lefebvre a toujours observée : suivre la Providence en toutes circonstances, sans jamais se permettre de la devancer. Nous entendons faire de même, soit que Rome revienne bientôt à la Tradition et à la foi de toujours – ce qui rétablira l’ordre dans l’Eglise –, soit qu’elle nous reconnaisse explicitement le droit de professer intégralement la foi et de rejeter les erreurs qui lui sont contraires, avec le droit et le devoir de nous opposer publiquement aux erreurs et aux fauteurs de ces erreurs, quels qu’ils soient – ce qui permettra un début de rétablissement de l’ordre. En attendant, face à cette crise qui continue ses ravages dans l’Église, nous persévérons dans la défense de la Tradition catholique et notre espérance demeure entière, car nous savons de foi certaine que « les portes de l’enfer ne prévaudront point contre elle » (Mt 16, 18). "   


Nous nous rappellerons aussi les propos du fax du 2 juillet 2013 de l'abbé de Cacqueray, venant appuyer les propos de Mgr Fellay tenus le 8 octobre 2012. L'abbé de Cacqueray affirme qu'un pape autorisant la critique serait un pape converti : "En réalité, un tel pape, à moins qu'il ne soit devenu fou, serait « redevenu catholique » pour ainsi favoriser les attaques contre cette église conciliaire". Il ne se souvient donc pas que la permission de critiquer a déjà été accordée à tous les instituts Ecclesia Dei ? 

Pour davantage de commentaires sur cette rencontre de Mgr Fellay avec Mgr Müller, on peut consulter l'article écrit avant-hier. Mgr Fellay, en allant voir Mgr Müller s'oppose à la règle de discernement des esprits qui nous a été donnée à tous en retraite de Saint Ignace : on dialogue pas, on ne discute pas avec le démon. 

Cette visite est complètement inutile et dangereuse. Elle ouvre la voie à la proposition suivante de Mgr Müller : "Je vous autorise à critiquer toute interprétation du concile Vatican II qui ne serait pas dans la ligne de la tradition de l'Eglise et en échange nous faisons un accord." L'article écrit avant-hier rappelle que cette herméneutique de la continuité est inacceptable, de même qu'il est impossible en conscience devant Dieu d'accepter le principe de remettre la FSSPX sous une autorité hérétique. En effet, en vertu du principe salus animarum suprema lex, nous ne devons pas exposer les âmes à se damner en les soumettant à des gens qui prêchent un évangile autre que celui de Saint Paul... Et Mgr Müller est champion en la matière, puisqu'il nie la virginité de la Sainte Vierge et la transsubstantiation...