mercredi 3 septembre 2014

Fête de Saint Pie X -- la communion fréquente -- Effets que peut avoir la communion de désir, pour ceux qui sont privés de sacrements.



3 septembre, fête de Saint Pie X.

Saint Pie X, priez pour nous !


Un rappel utile sur les dispositions que nous devons avoir en allant communier, selon le pape Saint Pie X. 

De nombreuses personnes de la Résistance étant empêchées de communier autant qu'elles le voudraient, nous faisons suivre ce texte de Saint Pie X par des révélations de Notre-Seigneur à sainte Gertrude sur la communion de désir qui peut être encore plus fructueuse que la communion sacramentelle, si nous sommes fervents dans nos désirs.

Décret sacra tridentina synodus:

[...] Des pasteurs d'âmes ont adressé des suppliques ardentes à Notre Saint-Père le Pape Pie X afin qu'il daignât, dans son autorité suprême, trancher la question des dispositions qu'il faut avoir pour recevoir tous les jours l'Eucharistie, de telle sorte que cette coutume, très salutaire et très agréable à Dieu, non seulement n'aille pas en s'affaiblissant parmi les fidèles, mais qu'au contraire elle grandisse et se répande partout, de nos jours surtout où la religion et la foi catholiques sont attaquées de toutes parts et où l'amour de Dieu et la vraie piété laissent beaucoup à désirer.
Aussi Sa Sainteté, dans la sollicitude et le zèle qui l'animent, ayant grandement à coeur que le peuple chrétien soit poussé à communier très fréquemment et même tous les jours, et qu'il jouisse ainsi des fruits les plus abondants, a chargé cette sainte Congrégation d'examiner et de définir la susdite question.

[Décision romaine]

La sainte Congrégation du Concile, dans sa séance générale du 16 décembre 1905, a soumis cette question à un examen très attentif et, après avoir pesé avec une maturité diligente les raisons apportées de part et d'autre, elle a établi et décrété ce qui suit :
I - La communion fréquente et quotidienne, étant souverainement désirée par Notre-Seigneur Jésus-Christ et par l'Eglise catholique, doit être rendue accessible à tous les fidèles chrétiens de quelque classe et de quelque condition qu'ils soient, en sorte que nul, s'il est en état de grâce et s'il s'approche de la sainte Table avec une intention droite, ne puisse en être écarté.

II - L'intention droite consiste à s'approcher de la sainte Table, non par habitude, ou par vanité, ou pour des raisons humaines, mais pour satisfaire à la volonté de Dieu, s'unir à Lui plus intimement par la charité et, grâce à ce divin remède, combattre ses défauts et ses infirmités.

III - Bien qu'il soit très désirable que ceux qui usent de la communion fréquente et quotidienne soient exempts de péchés véniels au moins délibérés et qu'ils n'y aient aucune affection, il suffit néanmoins qu'ils n'aient aucune faute mortelle, avec le ferme propos de ne plus pécher à l'avenir : étant donné ce ferme propos sincère de l'âme, il n'est pas possible que ceux qui communient chaque jour ne se corrigent pas également des péchés véniels et peu à peu de leur affection à ces péchés.

IV - Quoique les sacrements de la nouvelle loi produisent leur effet ex opere operato (par eux-mêmes), cet effet néanmoins est d'autant plus grand que les dispositions de ceux qui les reçoivent sont plus parfaites. Il faut donc veiller à faire précéder la sainte communion d'une préparation diligente et à la faire suivre d'une action de grâces convenable, suivant les forces, la condition et les devoirs de chacun.

V - Afin que la communion fréquente et quotidienne se fasse avec plus de prudence et un plus grand mérite, il importe de demander conseil à son confesseur. 
Que les confesseurs cependant se gardent de priver de la communion fréquente et quotidienne une personne qui est en état de grâce et qui s'en approche avec une intention droite.

VI - Comme il est évident que la communion fréquente et quotidienne augmente l'union avec Jésus-Christ, alimente avec plus de force la vie spirituelle, embellit l'âme des plus abondantes vertus et nous donne un gage encore plus ferme de la vie éternelle, les curés, les confesseurs et les prédicateurs, suivant la doctrine approuvée du Catéchisme romain (part. II, chap. LXIII), devront exhorter, dans de fréquents avis et avec un zèle empressé, le peuple chrétien à cette pratique si pieuse et si salutaire.

VII - La communion fréquente et quotidienne doit être favorisée spécialement dans les Instituts religieux de toutes catégories ; néanmoins, on y observera le décret Quemadmodum du 17 décembre 1890, rendu par la sainte Congrégation des évêques et réguliers.
Elle doit être encouragée aussi d'une façon toute spéciale dans les séminaires dont les élèves se consacrent au service de l'autel, comme aussi dans tous les autres collèges chrétiens.

VIII - S'il y a des Instituts soit à voeux solennels, soit à voeux simples, dont les règles, les constitutions ou aussi les calendriers fixent et imposent des communions à des jours déterminés, il faut donner à ces règles une valeur purement "directive", mais non "préceptive".
Le nombre des communions prescrit y doit être considéré comme un "minimum" pour la piété des religieux. Par, conséquent, ils seront toujours libres d'aller à la sainte Table plus fréquemment et même tous les jours, selon les indications données plus haut.
Afin que les religieux de l'un et l'autre sexe puissent connaître exactement les dispositions du présent décret, les supérieurs de chaque maison auront soin de le faire lire chaque année dans la communauté en langue vulgaire pendant l'octave de la fête du saint Sacrement.

IX - Enfin, après la promulgation de ce décret, les écrivains ecclésiastiques auront soin de s'abstenir de toute discussion litigieuse touchant les dispositions qu'il faut apporter à la communion fréquente et quotidienne. »


Notre-Seigneur lui-même confirme le jugement de Saint Pie X  sur la communion fréquente :


LA COMMUNION FRÉQUENTE PLAÎT A DIEU.

Une personne excitée par le zèle de la justice se permettait d'en juger plusieurs autres ; elle les trouvait peu dévotes, peu préparées, et se tourmentait de les voir s'approcher souvent de la communion. Il lui arrivait même de leur en faire publiquement des reproches, de sorte que certaines personnes concevaient de la crainte et n'osaient plus communier.
Celle-ci [Gertrude] demanda au Seigneur s'il approuvait cette façon d'agir, et il répondit : « Mes délices sont d'être avec les enfants des hommes, et dans l'excès de mon amour j'ai institué ce sacrifice afin qu'on le renouvelât souvent en mémoire de moi. Je me suis engagé à rester dans ce mystère avec les fidèles jusqu'à la consommation des siècles. Quiconque s’efforce d'éloigner de la communion une âme qui n'est pas en état de péché mortel, arrête ou suspend les délices que j'aurais trouvées en cette âme. Celui-là ressemble à un précepteur sévère qui empêcherait le fils du roi de jouer avec les enfants pauvres de son âge, malgré le plaisir qu’y trouverait le jeune prince. Ce maître aurait jugé qu'il convient plus à l'enfant de recevoir les honneurs dus à son rang, que de se divertir sur la place publique au jeu de paume ou à quelque autre amusement. » Celle-ci dit alors : « Si cette personne était résolue à ne plus donner à l'avenir de tels avis, lui pardonneriez-vous ses exagérations ? » Le Seigneur répondit : « Non seulement je lui pardonnerais, mais je trouverais dans sa résolution un plaisir semblable à celui que goûterait le fils du roi, si son précepteur, changeant d'avis, lui amenait volontiers, pour partager ses jeux, les jeunes amis chassés auparavant par un excès de sévérité.»

Effets qu'une bonne communion de désir peut produire, lorsqu'on ne peut pas communier sacramentellement :


[...] Malgré son extrême faiblesse, elle assista à la messe avec le désir de communier au moins spirituellement. Or il arriva qu'un prêtre revint de la campagne où il était allé porter le saint viatique à un malade. Celle-ci en fut avertie par le son de la cloche, et tout enflammée de désirs elle s'écria : « Que je vous recevrais avec bonheur, au moins spirituellement, ô vraie Vie de mon âme, si j’avais un peu de temps pour me préparer ! » Le Seigneur répondit : « Le regard de ma divine Bonté te préparera convenablement. » II daigna alors arrêter sur cette âme la flamme de son divin regard, flamme plus chaude et plus brillante que les rayons du soleil et dit : « Firmabo super te oculos meos : Je tiendrai mes yeux arrêtés sur vous ».(Ps. XXXI, 8.) A ces mots elle comprit le triple effet qu’à l'instar des rayons du soleil le regard divin peut opérer dans une âme, et le triple moyen de se préparer à le recevoir: 
-Premièrement, le regard divin purifie l'âme, lui enlève toute tache et la rend plus blanche que la neige ; c'est l’humble connaissance des défauts qui produit ce résultat. 
-Secondement, Ie regard de la divine Bonté assouplit l’âme et la dispose à recevoir les dons spirituels, à la façon de la cire qui s’amollit sous les rayons du soleil et devient propre à recevoir une empreinte : cet effet s'obtient par une parfaite bonne volonté. 
-Troisièmement, le regard le Dieu féconde l'âme, qui produit alors les fleurs des vertus, comme la terre nous donne ses fruits variés et savoureux, lorsqu'elle a été réchauffée par les rayons vivifiants de l'astre du jour : on atteint ce but par un abandon complet à la miséricorde du Seigneur, une foi très ferme en la bonté divine qui fait tout concourir à notre bien, l'adversité comme la prospérité.

Ensuite, comme le convent communiait aux deux messes (*), le Seigneur, dans son ineffable tendresse, parut distribuer le pain sacré aux sœurs, tandis que le prêtre marquait seulement chaque hostie du signe de la croix. Or il arriva qu'en donnant chacune de ces hosties, le Seigneur semblait accorder à celle-ci une puissante bénédiction. Elle fut remplie d'étonnement : « O Seigneur, dit-elle, vous me comblez de faveurs si abondantes! Est-il possible que les autres en vous recevant sacramentellement aient obtenu plus de richesses ? » Le Seigneur répondit : « Celui qui se pare de beaux ornements et de pierres précieuses est-il plus riche en réalité qu'un autre dont les trésors sont demeurés cachés ? » Ces paroles du Seigneur donnaient à entendre que la créature, par la communion sacramentelle, obtient une grâce de salut dont le corps et l'âme ressentent les effets puissants ; mais celle qui, avec une très pure intention de glorifier Dieu, s'abstient de recevoir la sainte communion par obéissance, par discrétion et tout en désirant avec ardeur communier spirituellement, celle-là mérite les bénédictions données aujourd'hui à cette âme par la bonté divine, c'est-à-dire des fruits de grâce beaucoup plus abondants. Remarquons cependant que l'ordre et le secret de cette conduite demeurent cachés à l'intelligence humaine.

(*) Une partie de la communauté recevait la sainte communion à une première messe, et l'autre partie à la seconde. 

DES AVANTAGES DE LA PERSÉCUTION. COMMUNION SPIRITUELLE.

[...] Le lendemain, comme on célébrait la messe pour le peuple, elle dit au Seigneur au moment de la Communion : « O Père très clément, n'êtes-vous pas ému de compassion en nous voyant privées de la nourriture infiniment précieuse de votre Corps et de votre Sang, à cause de ces pauvres biens temporels qui doivent soutenir notre vie ? » Et le Seigneur répondit : « Comment plaindrais-je mon épouse bien-aimée, lorsque, ayant dessein de l'introduire dans la salle brillante et ornée de fleurs du festin des noces, et découvrant dans sa parure quelque chose de défectueux, je la tire à l'écart pour remédier de ma main à ce désordre, et la présenter ensuite aux convives dans tout l’éclat de sa beauté ? » Elle dit : « Comment, ô Seigneur, votre grâce peut-elle habiter dans l'âme de ceux qui nous font tant souffrir par cet interdit? » Et il lui fut répondu : « Ne t'occupe pas d'eux, je me réserve leur jugement ».

Au moment de l'Élévation, comme elle offrait à Dieu l'hostie sainte en tribut de louange éternelle et pour le salut du convent, le Seigneur reçut en lui-même cette hostie, et par une aspiration qui sortait des profondeurs de son être, il en retira une vivifiante suavité et dit: « En cette aspiration je rassasierai mes épouses d'une nourriture divine. » Celle-ci reprit : « O mon Seigneur, est-ce que vous allez communier tout le convent ? - Non, mais celles-là seulement qui en ont le désir, ou qui souhaitent avoir ce désir. Quant aux autres, parce qu'elles appartiennent à ce monastère, elles auront l'avantage de sentir cette aspiration naître dans leurs âmes, comme celui qui n'ayant pas d'appétit, se laisse attirer néanmoins par l'odeur agréable des mets et finit par les prendre avec plaisir. »

Le jour de l'Assomption, à l'élévation de l'hostie, comme elle entendait ces paroles du Seigneur : « Je viens m'offrir à Dieu le Père et m'immoler pour ceux qui sont mes membres », elle répondit : « Permettrez-vous, ô mon très aimant Seigneur, que nous qui sommes vos membres, nous soyons séparées de vous par l'anathème dont nous menacent ceux qui veulent prendre nos biens? » Le Seigneur lui dit: « Que celui qui pourrait enlever des profondeurs de mon âme l'amour qui m'unit à vous, que celui-là vous sépare de moi ! » Il ajouta : « Cet anathème ne vous atteint pas plus qu'un couteau de bois ne trancherait un corps solide : il ne peut le pénétrer et y imprime à peine une trace légère de son passage. - Ô mon Dieu qui êtes la vérité infaillible, dit-elle, ne m'avez vous pas révélé que nous sentirions croître notre amour pour vous dans ces jours de souffrance et que vous-même prendriez dans les coeurs de vos épouses de plus abondantes délices? Comment donc plusieurs se plaignent-elles du refroidissement de leur amour pour vous? » Le Seigneur répondit: « Je renferme dans mon sein la source de tous les biens, et je distribue à chacun en temps convenable ce qui lui est nécessaire. » 

NB : Il s'agit d'un interdit fulminé pendant la vacance du siège épiscopal par les chanoines d'Halberstad, dans la compétition des droits relatifs aux biens temporels. Voir au Livre de la grâce spéciale, L. 1, ch. xxvii (Note de l'édition latine.)


CHAPITRE XVII.

DE LA CONDESCENDANCE DU SEIGNEUR ET DE LA DISTRIBUTION DE SA GRACE.

L'heure approchait où, sans l'interdit qui les avait frappées, les sœurs auraient dû recevoir la sainte communion, et celle-ci désira ardemment que par un effet de cette divine clémence à laquelle nul pouvoir humain ne peut résister, elle-même et toutes les moniales présentes fussent nourries spirituellement du Sacrement de l'autel. Elle vit alors le Seigneur Jésus plonger dans le sein du Père l'hostie qu'il tenait à la main, et l'en retirer vermeille et comme teinte de sang. Tandis que, surprise du fait, elle se demandait comment le rouge, symbole de la Passion, pouvait être attribué au Père céleste, elle ne put voir si le désir qu'elle elle avait manifesté se trouvait accompli. Un peu plus tard seulement, elle reconnut que le Seigneur avait établi le lieu de son repos dans les âmes qu'elle avait vues placées à la gauche du trône de Dieu. Mais comment cela s'était-il fait ? Elle ne put le découvrir.

Cependant elle se souvint d'une personne qui, avant la messe, s'était recommandée à ses prières avec dévotion et humilité, et elle demanda au Seigneur qu'il voulût bien accorder à cette âme la faveur reçue par les sœurs. II lui fut répondu que nul ne pouvait monter par cette échelle mystique de la foi, s'il n'était porté par les ailes de la confiance, et que cette personne en avait bien peu. A quoi elle reprit : « Seigneur, j'ai remarqué que le peu de confiance de cette âme provient de son humilité, vertu sur laquelle vous répandez d'ordinaire vos grâces avec profusion. » Et le Seigneur dit : « Je descendrai, et je communiquerai mes faveurs à cette âme et à d'autres encore, que je verrai plongées dans la vallée de leur misère. »