mardi 12 août 2014

Comment recevoir les mérites de Jésus et Marie.(6ème jour)






Saint Louis-Marie Grignion de Monfort explique que la consécration à Jésus par Marie selon la méthode du saint esclavage implique qu'il faut donner ses mérites pour être revêtus de ceux de Jésus et Marie. Pour en savoir plus sur ce sujet, on peut lire le traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge du même auteur.

Secret de Marie

"Il faut choisir un jour remarquable pour se donner, se consacrer et sacrifier volontairement et par amour, sans contrainte, tout entier, sans aucune réserve, son corps et son âme; ses biens extérieurs de fortune, comme sa maison, sa famille et ses revenus; ses biens intérieurs de l'âme, savoir : ses mérites, ses grâces, ses vertus et satisfactions. Il faut remarquer ici qu'on fait sacrifice, par cette dévotion, à Jésus par Marie, de tout ce qu'une âme a de plus cher et dont aucune religion n'exige le sacrifice, qui est le droit qu'on a de disposer de soi-même et de la valeur de ses prières, de ses aumônes, de ses mortification et  satisfactions; en sorte qu'on en laisse l'entière disposition à la très Sainte Vierge, pour appliquer selon sa volonté à la plus grande gloire de Dieu qu'elle seule connaît parfaitement.
On laisse en sa disposition toute la valeur satisfactoire et impétratoire de ses bonnes œuvres : ainsi, après l'oblation qu'on en a faite, quoique sans aucun vœu, on n'est plus maître de tout le bien qu'on a fait; mais la très Sainte Vierge peut l'appliquer, tantôt à une âme du purgatoire, pour la soulager ou délivrer, tantôt à un pauvre pécheur pour le convertir.
On met bien, par cette dévotion, ses mérites entre les mains de la Sainte Vierge; mais c'est pour les garder, les augmenter, les embellir, parce que nous ne pouvons nous communiquer les uns aux autres les mérites de la grâce sanctifiante, ni de la gloire... 

Mais on lui donne toutes ses prières et bonnes œuvres, en tant qu'impétratoires et satisfactoires, pour les distribuer et appliquer à qui il lui plaira; et si, après s'être ainsi consacré à la Sainte Vierge, on désire soulager quelque âme du purgatoire... sauver quelque pécheur, soutenir quelqu'un de nos amis par nos prières, nos aumônes, nos mortifications, nos sacrifices, il faudra le lui demander humblement, et s'en tenir à ce qu'elle en déterminera, sans le connaître; étant bien persuadé que la valeur de nos actions, étant dispensée par la même main dont Dieu se sert pour nous dispenser ses grâces et ses dons, ils ne peuvent manquer d'être appliqués à sa plus grande gloire.

[...]
Comme nous nous serons donnés tout à fait à elle, autant qu'on se peut donner, en nous dépouillant de tout en son honneur, elle nous sera infiniment plus libérale, elle nous donnera "pour un oeuf un boeuf", elle se communiquera toute à nous avec ses mérites et ses vertus; elle mettra nos présents dans le plat d'or de sa charité; elle nous revêtira comme Rébecca fit Jacob, des beaux habits de son Fils aîné et unique Jésus-Christ, c'est-à-dire de ses mérites qu'elle a à sa disposition: et ainsi, comme ses domestiques et esclaves, après nous être dépouillés de tout pour l'honorer, nous aurons doubles vêtements : Omnes domestici ejus vestiti sunt duplicibus: vêtements, ornements, parfums, mérites et vertus de Jésus et Marie dans l'âme d'un esclave de Jésus et Marie dépouillé de soi-même et fidèle en son dépouillement."

A plusieurs reprises, Sainte Gertrude fait à Dieu l'offrande de tous ses mérites :

Sainte Gertrude donne ses mérites :
Livre 3 chapitre 9 :
Le Seigneur ajouta : « Ne veux-tu pas aussi m'offrir tes mérites pour que je puisse augmenter mes libéralités ? » Son âme fut attendrie par l'onction de ces douces paroles, et comme elle ignorait que toute la communauté fût en union de prières, elle éprouva une grande reconnaissance de ce que le Seigneur voulait bien lui demander quelque chose de spécial et répondit avec joie : « Oui, ô mon Dieu, je vous donne non seulement mes biens qui sont peu de chose, mais aussi ceux de notre communauté dont je puis disposer en vertu des liens de douce fraternité que votre divine grâce a formés entre nous. C'est avec une volonté libre et une joie sans bornes que je vous présente cette offrande dans le but d'honorer votre infinie perfection. » 

Comment Sainte Gertrude fut revêtue des mérites de Marie le jour de son Assomption :

La bienheureuse Vierge, à cette prière, se leva et vint offrir à la resplendissante et toujours tranquille Trinité les mérites de ces ineffables grandeurs qui l'avaient au jour de son Assomption, élevée au-dessus des hommes et des anges, et rendue très agréable à Dieu. Puis, quittant le lieu qu'elle occupait, elle fit signe à cette âme en disant avec une grande tendresse : « Viens, bien-aimée, et mets-toi à ma place, revêtue de toute cette perfection de vertus qui attirait sur moi les regards de complaisance de l'adorable Trinité, afin que tu reçoives la même faveur dans la mesure possible. » Mais celle-ci, profondément étonnée, répondit avec mépris d'elle-même : « O Reine de gloire, par quels mérites pourrais-je obtenir cette faveur ? Il en est trois, dit la bienheureuse Vierge, qui peuvent t'en rendre capable : 
- Demande, par la très innocente pureté avec laquelle j'ai préparé au Fils de Dieu une demeure agréable en mon sein virginal, d'être purifiée par moi de toute souillure. 

- Prie ensuite afin que toutes tes négligences soient réparées par la profonde humilité qui m'a exaltée au-dessus des anges et des saints. 

- En troisième lieu, demande par l'incomparable amour qui m'a unie à Dieu pour toujours, d'être enrichie de mérites abondants. » 

Celle-ci, après avoir fait ces trois demandes, fut tout à coup élevée en esprit à la gloire sublime qui lui était accordée avec tant de bonté par les mérites de la Souveraine des cieux ; et lorsqu'elle apparut, occupant la place de cette Reine céleste et parée de ses mérites, le Dieu de majesté prit en elle d'inexprimables complaisances, tandis que les Anges et les saints venaient à l'envie lui rendre de respectueux hommages.

Comment Gertrude fut revêtue des mérites de Jésus :
Notre-Seigneur revêt Sainte Gertrude de ses mérites à maintes reprises. En voici un exemple :
Chapitre 23 livre 3

"Elle assistait un jour à la messe avec toute la dévotion possible. Lorsqu'on arriva au Kyrie eleison, l'ange que Dieu lui avait donné pour gardien la prit entre ses bras comme un petit enfant et la présenta à Dieu le Père afin qu'il la bénît, disant: « O Père tout puissant, bénissez votre petite fille » Dieu le Père tardait à répondre, comme s'il eût trouvé peu digne de lui de bénir une si faible créature ; et celle-ci, toute couverte de confusion, se prit à considérer sa misère et son néant. Mais le Fils de Dieu se leva et la couvrit des mérites de sa très sainte vie. Elle se trouva donc parée de riches vêtements et parvenue à l'âge parfait du Christ (Ephes., IV, 13). Dieu le Père s'inclina alors vers elle avec bonté, et il lui donna une triple bénédiction, en même temps qu’une triple rémission de tous les péchés de pensées, de paroles et d'actions, par lesquels elle avait offensé sa toute-puissance. En action de grâces pour un si grand bienfait, elle présenta à Dieu le Père cette vie toute pure du Christ dont elle avait été revêtue." 


Extrait de l'introduction du livre III de Sainte Gertrude :
Nous aussi nous pouvons nous approprier les mérites du Christ.

"Ce troisième livre est tout rempli d'instructions et de consolations. II contient grand nombre de pieux exercices dans lesquels chacun, selon son état, peut apprendre comment il doit servir Dieu et lui plaire ; comment il doit offrir à Dieu le Père les, mérites et le fruit de la Passion de son Fils pour l'expiation de ses péchés et de ses fautes, et s'approprier les mérites du Sauveur ; [...] Continue donc, lecteur, tu ne regrettera, pas d'avoir lu ces pages."

"Le Seigneur lui dit: « J'ai donné à chaque âme un tuyau d'or d'une telle vertu qu'elle peut, par ce moyen, puiser dans les profondeurs de mon Cœur sacré tout ce qu'elle désire. » Celle-ci comprit que ce mystérieux conduit signifiait la bonne volonté avec laquelle l'homme peut s'approprier toutes les richesses spirituelles du ciel et de la terre."

Chapitre 34 livre III:
"Celle-ci devait, un matin, recevoir le corps du Christ et gémissait de se trouver si peu préparée. Elle pria la sainte Vierge et tous les saints d'offrir pour elle au Seigneur les ferventes dispositions qu'ils apportaient durant leur vie à la réception de la grâce. De plus, elle supplia Notre-Seigneur Jésus-Christ lui-même d'offrir cette perfection dont il était revêtu au jour de son Ascension lorsqu'il se présenta à Dieu le Père pour être glorifié.
Tandis qu'elle s'efforçait, plus tard, de connaître le résultat de sa prière, le Seigneur lui dit : « Aux yeux de la cour céleste, tu apparais déjà revêtue de ces mérites que tu as désirés. » Il ajouta : « Aurais-tu donc tant de peine à croire que moi, qui suis le Dieu bon et tout-puissant, j'ai le pouvoir d'accomplir ce que peut faire le premier venu ? En effet, celui qui veut honorer un ami le couvre de son propre vêtement ou d'un costume semblable, afin que cet ami se montre en public aussi richement habillé que lui. »
Mais celle-ci se souvint qu'elle avait promis à plusieurs personnes de communier ce jour-là à leur intention, et pria Dieu de leur accorder le fruit de ce sacrement. Elle reçut cette réponse : « Je leur donne la grâce réclamée, mais elles garderont la liberté de s'en servir à leur gré. »
Comme elle demandait ensuite de quelle manière il voulait que ces âmes cherchassent à en tirer profit, le Seigneur ajouta : « Elles peuvent se tourner vers moi à toute heure, avec un cœur pur et une parfaite volonté ; et lorsque avec leurs larmes et leurs gémissements elles auront imploré ma grâce, elles apparaîtront aussitôt revêtues de cette parure céleste que tu leur as obtenue par les prières. » 

Livre III, chapitre 18, XV.

XV. -- Il faut croire que le Seigneur supplée à notre pauvreté, lorsque nous le lui avons demandé.

"La voix du Seigneur qui l'invitait au banquet sacré se fit entendre un jour à son âme avec tant de douceur, qu'il lui semblait habiter déjà les palais éternels, prête à s'asseoir dans ce glorieux royaume à la table du Père céleste. Mais la vue de sa misère et de son indignité la rendait anxieuse, et elle cherchait à décliner un si grand honneur. Le Fils de Dieu vint alors au-devant d'elle et la tira à l'écart afin de la préparer lui-même : il lui lava les mains pour figurer la rémission des péchés qu'il lui accordait par les saintes douleurs de sa Passion. Se dépouillant ensuite des ornements qu'il portait, colliers, bracelets et anneaux, il en revêtit son épouse et l'invita à s'avancer avec gravité dans la beauté de ses parures, et à ne pas courir comme une insensée qui n'aurait pas la dignité convenable, et s'attirerait le mépris plutôt que le respect et l'honneur. Elle comprit que ceux qui marchent comme des insensés en portant les ornements du Seigneur sont ceux qui, après avoir considéré leur imperfection, demandent au Fils de Dieu de secourir leur misère ; mais lorsqu'ils ont reçu ce bienfait, ils demeurent aussi craintifs qu'auparavant, parce qu'ils n'ont pas une confiance absolue dans les parfaites satisfactions que le Seigneur a offertes pour eux.

SUB TUUM

Sub tuum praesidium confugimus,
sancta Dei Genitrix.
Nostras deprecationes ne despicias
in necessitatibus,
sed a periculis cunctis
libera nos semper,
Virgo gloriosa et benedicta.

Sous l'abri de votre miséricorde,
nous nous réfugions, Sainte Mère de Dieu.
Ne méprisez pas nos prières
dans les épreuves,
mais de tous les dangers
délivrez-nous toujours,
Vierge glorieuse et bénie.