dimanche 6 juillet 2014

Lettre à l'abbé Barrère




Cher Monsieur l'abbé,



Nous vous remercions pour votre éditorial sympathique et courageux à notre égard. Cela nous fait plaisir de voir que vous osez nommer les parias que nous sommes avec bienveillance. Que le bon Dieu vous rende cela. N'hésitez pas à nous rejoindre quand vous voulez. Les ouvriers sont peu nombreux et ce n'est pas le travail qui manque, dans la Résistance. Un peu partout, des fidèles sont sevrés de sacrements pendant plusieurs mois de suite. 


Il y a cependant des nuances que nous aimerions préciser, au sujet de votre lettre. Vous soulevez des thèmes intéressants et nous voudrions en profiter pour en parler un peu. Nous allons donc prendre quelques citations et les commenter ensuite.

Vous dites :
"De plus il n'y a chez nous que trois évêques qui veulent, avec la grâce de Dieu, demeurer fidèles à toute la tradition et combattre le modernisme jusqu'à l'anéantir comme saint Pie X l'a voulu sans pouvoir en définitive y arriver. Réussira-t-elle ? Nul ne le sait, mais elle s'est déjà bien battue et continue toujours, même s'il est toujours possible de mieux faire."
Commentaire :
Nous ne pouvons adhérer à cela, dans la Résistance. En effet, les trois évêques de la Fraternité sont présentés comme des gens bien, de confiance. Cela s'attaque donc à la raison d'être de la Résistance. S'ils sont bien, quelle est notre raison d'exister ?
Nous devons donc dire que ces évêques, même s'ils sont peut-être bien intentionnés, sont dangereux car ils pensent qu'il est envisageable de se remettre sous la coupe d'une autorité hérétique (cf. les six conditions toujours en vigueur). Or la doctrine de l'Eglise interdit de faire cela. (cf. par exemple l'épître de Saint Paul aux Galates, dans notre onglet nullam partem)

Vous dites ensuite qu'il y a au moins un autre évêque catholique, Mgr Williamson :
"Nous pouvons citer au moins sans difficulté le nom de Mgr Williamson bien connu de nos fidèles pour son refus du concile et de la nouvelle messe et de toutes compromissions obscures avec la Rome des papes libéraux"
Commentaire :
Nous vous remercions beaucoup d'avoir le courage de dire cela et de présenter favorablement Mgr Williamson.

Cher Monsieur l'abbé, vous présentez ensuite la résistance d'une façon séduisante :
"Peut-être que le temps est venu pour la fsspx de ne plus monopoliser la défense intégrale de la foi par ses évêques de suppléances et qu'une autre lignée robuste venant toujours de Mgr Lefebvre va proposer une saine concurrence, une saine compétition à la Fraternité qui se trouve dans le peloton de tête depuis 40 ans ? C'est une façon sportive d'envisager les choses."
Commentaire :
Nous vous remercions de parler de nous comme cela, de cette façon élogieuse, mais nous pensons que nous ne devons pas nous considérer comme une lignée robuste. Ce n'est pas vrai. Nous sommes petits et faibles, et heureux de l'être. Si la Résistance commençait à se prendre pour une championne et pour une élite, Dieu cesserait de nous soutenir rapidement et nous serions bientôt balayés.  

Vous continuez ensuite en disant qu'un ralliement est dangereux :
"Un ralliement aux autorités romaines modernistes est sans aucun doute beaucoup plus dangereux qu'une longue, voire très longue période sans se rallier, du moment que ces autorités demeurent toujours et encore modernistes (à plus ou moins long terme nous finirions par ne pas nous choquer d'entendre dire : «saint Jean -Paul II, priez pour nous ! » sans même sentir l'inanité d'une telle attitude). Rien ne vaut en ce monde la conservation de la pureté de la foi"
Commentaire :
Non seulement un ralliement est dangereux mais nous sommes plus sévères que cela, dans la Résistance. Nous disons qu'un ralliement est impossible en conscience. Nous disons que c'est un péché car c'est un péché de se mettre sous une autorité hérétique. Nous refusons d'en envisager l'idée.

Vous poursuivez ensuite en affirmant :
"Retenons que la ligne de crête ce sera toujours d'avoir un épiscopat traditionnel, antimoderniste, antilibéral, antirationaliste. "
Commentaire :
Nous ne trouvons pas que Mgr Fellay et Mgr de Galarreta soient vraiment antilibéraux et pleinement traditionnels. Et même Mgr Tissier s'est fait tromper et accepte les principes erronés des six conditions. Cet épiscopat n'est pas sur une ligne de crête. Il plonge dans le trou de la compromission car il a abandonné les bons principes.
Nous avons décidé par ailleurs pour notre part de ne plus employer l'expression ligne de crête car elle présente trop notre position comme étant en équilibre instable entre deux dangers. Cela sous-entend que notre position est délicate, peu sûre. Or la doctrine de Dieu est sûre et met l'âme au large.

Votre conclusion nous dérange aussi. Vous dites :
"Manger à la table avec les modernistes, oui, de temps en temps mais pas trop fréquemment comme avec des amis, et surtout pas dans la même assiette et faisons attention à leur nourriture empoisonnée. La santé de l'esprit et de l'âme sont des biens trop précieux."
Commentaire :
Nous comprenons bien votre point de vue... Mais nous devons renoncer à aller à Rome sous le prétexte de les convertir. C'est un piège sous apparence de bien. Il est tout à fait possible de convertir Rome sans risque, en faisant des débats publics et des documents, tous publiés sur internet. Aucun contact personnel n'est indispensable et ces réunions sont à proscrire, car trop dangereuses. L'histoire nous apprend qu'aller voir les modernistes qui occupent Rome, c'est se mettre en occasion de péché. Cela s'est toujours terminé très mal pour nous et très bien pour eux. Nous sommes trop naïfs, trop attirés par leurs propositions alléchantes, trop sûrs de nous-mêmes. Et nous manquons à la prudence, ce qui conduit ensuite par voie de conséquence à l'abandon des principes. Il ne faut plus aucun conciliabule privé, aucun repas, aucune entrevue dans des commissions quelconques. A chaque fois, systématiquement, cela se finit par une scission dans les rangs traditionnels. Ils sont plus intelligents, plus malins que nous. Ils sont trop retors. Ils savent s'y prendre. Ce sont des loups. Il ne faut pas manger avec des loups. Il faut les fustiger en public, les démasquer, crier au loup pour protéger les brebis innocentes. Saint Paul les anathématise.

Mais cependant, nous sommes heureux du petit clin d’œil amical que vous nous avez fait. Merci. Et peut-être à bientôt, qui sait ?

En Jésus et Marie.

InDominoSperavi.