mercredi 30 juillet 2014

Devons-nous suivre les conseils de l'abbé de Cacqueray ?






Sur cette vidéo intitulée testament spirituel de l'abbé de Cacqueray, Min. 13. 40 à 15. 12, Monsieur l'abbé de Cacqueray, à la question : que devons-nous faire vis-à-vis des prêtres et des fidèles [de la Résistance] qui nous ont quittés , répond ainsi :


"J’espère de tout cœur que étant donné que je crois qu’il n’est plus du tout d’actualité pour la Fraternité de tenter quoi que ce soit avec un pape tel que je viens d’en parler un petit peu, que ce serait, que c’est impossible, eh bien j’espère que certains de ces prêtres et de ces fidèles considéreront, reconnaîtront qu'après des moments difficiles la Fraternité demeure fidèle à la ligne qui était la sienne et le reconnaissant, eh bien que nous de notre côté nous aurons la compréhension, la bénignité pour ré-accepter sans rien dire parmi nous les prêtres qui sont partis. Parmi eux, bien sûr je les connais, ce sont des frères d’armes, des prêtres de valeur qui n’ont pas démérité dans leurs apostolat tout au long de ces années et donc c’est triste de les avoir vu partir et j’espère que si tout n’a été qu’une équivoque entre la Fraternité et eux, eh bien que cette équivoque sera vraiment résolue. C’est ce que j’espère de tout cœur."

Commentaire :

La Fraternité demeure-t-elle réellement fidèle à la ligne qui était la sienne ?
On peut rapidement donner deux arguments pour prouver que la Fraternité Saint Pie X, contrairement à ce qu'affirme l'abbé de Cacqueray, ne demeure pas fidèle à la ligne du Chapitre de 2006 qui était : pas d'accord pratique sans conversion réelle de Rome :

1) Dans un sermon fait à Milton au Canada, min. 12.14, l'abbé Chazal nous donne des informations intéressantes : il nous apprend que l'abbé Picot va l'aider dans son apostolat en Austrasie, ce qui est une très bonne nouvelle, mais il nous dit aussi que l'abbé Picot est allé récemment demander à Mgr Fellay ce qu'il pensait de la déclaration du 15 avril 2012. Et quatre mois après la conférence de Flavigny de février dernier, Mgr Fellay a répondu à l'abbé Picot : si elle est prise dans son contexte, la déclaration du 15 avril 2012 est bonne.

Donc on voit que Mgr Fellay n'a toujours pas condamné la déclaration du 15 avril 2012.

2) Le deuxième argument incontournable est que les six conditions édictées le 14 juillet 2012 par le dernier Chapitre de la FSSPX sont toujours en vigueur. Or, ces six conditions sont une véritable révolution dans la Fraternité car elles établissent un principe opposé à celui du Chapitre de 2006 : dorénavant, un accord pratique est possible avec Rome, sans accord doctrinal.


M. l'abbé de Cacqueray peut-il parler d'une équivoque ? Il est vrai que sa conduite et celle de Mgr Fellay ont été équivoques... Mais le texte de la déclaration du 15 avril 2012, les six conditions et la déclaration du Chapitre de 2012 ne sont pas équivoques. Il est clair que ces textes ne sont pas acceptables pour un catholique qui a les idées claires sur les principes qu'il doit défendre, c'est-à-dire : 

- aucune compromission avec l'hérésie. On ne peut pas l'accepter, même "à la lumière de la Tradition". 
- aucune compromission avec les hérétiques qui détruisent l'Eglise catholique, fussent-ils papes. Nous devons les fuir car ils empoisonnent les âmes par leurs doctrines funestes. Le modernisme n'est-il pas le cloaque de toutes les hérésies ? Ne sont-ils pas modernistes ? Alors pourquoi la FSSPX veut-elle se faire reconnaître par les ennemis de l'Eglise ? C'est vraiment le monde à l'envers...

Conclusion : 

L'abbé de Cacqueray a tort de dire que la ligne de la Fraternité n'a pas changé. Elle a changé en profondeur. La signature d'un futur accord avec Rome ne sera que la validation officielle de cette révolution qui est déjà faite. La Fraternité est dorénavant dans le pragmatisme. Elle n'est plus basée sur le principe pas d'accord avec la Rome moderniste tant que celle-ci n'est pas convertie... On attend seulement que Mgr Fellay juge que les hérétiques romains sont devenus gentils et nous promettent benoîtement que nous pourrons dénoncer l'erreur (condition n°1). 
En principe, 
- Mgr Fellay n'est donc toujours pas contre reconnaître Vatican II à la lumière de la Tradition (déclaration du 15 avril 2012). 
- Mgr Fellay ne voit toujours pas d'inconvénient à ce qu'un pape hérétique (puisque moderniste) puisse nous commander. 
La Fraternité, basée sur de telles notions fausses est en grave danger. L'abbé de Cacqueray, en tant que supérieur de district, avait le devoir de le montrer. Il ne l'a pas fait. Prions pour lui. 
Prions également pour les prêtres de la Résistance interne qui devraient sortir de cette structure avant de se faire anesthésier complètement par les discours faux et contradictoires de leur hiérarchie. Eux aussi sont en danger. Nous les supplions de nous rejoindre. 
Donc non seulement, nous ne devons pas accepter la main tendue de l'abbé de Cacqueray, mais le mensonge de celui-ci (volontaire ou non, peu importe, Dieu jugera) affirmant que la ligne de la Fraternité n'a pas changé  doit faire augmenter l'intensité du volume de la sonnerie du signal d'alarme chez les prêtres de la Résistance interne. 
Jésus a dit : Je suis venu apporter le feu sur la terre, et que puis-je vouloir sinon qu'il s'allume ? Est-il possible pour un prêtre de la Résistance interne de pouvoir aider efficacement Jésus à allumer le feu sur la terre, tout en restant dans la Fraternité ? Saint Jean ne nous a-t-il pas appris qu'il n'y a pas de charité véritable sans affirmation courageuse de la vérité ? Les prêtres de la résistance interne peuvent-ils affirmer courageusement la vérité et toute la vérité, dans la Fraternité ? Malheureusement, non. La charité est donc en train de s'éteindre, en même temps que la vérité n'est plus bien défendue... Venez, chers prêtres ! Ne tardez plus. Il y a des fidèles privés de sacrements plusieurs mois de suite en Amérique et en Austrasie. Ils en souffrent profondément. Nous avons besoin d'aide pour eux. De plus, la grande majorité de la France sombre dans la léthargie et croit que tout va bien. Pourquoi n'y a-t-il pas plus de voix françaises qui qui prêchent la vérité et la charité en même temps, sans compromission, avec la liberté des enfants de Dieu qui n'ont qu'une seule crainte : celle de déplaire à Notre-Seigneur ? Je suis venu apporter le feu sur la terre, et que puis-je vouloir sinon qu'il s'allume...