mercredi 7 mai 2014

Que penser des messes non una cum ?


ll y a eu ces derniers temps quelques divergences d'opinion au sujet des messes non una cum, dans la Résistance. Que penser ? 

1) Premier principe qui peut nous aider à discerner : il faut fuir et bannir tout ce qui met la foi ou les mœurs en danger... Une messe tridentine ne met jamais les mœurs en danger (à l'inverse de certaines cérémonies modernistes choquantes). Reste la question de la foi.

Une messe una cum met-elle la foi en danger ? On peut dire que non, si le prêtre qui célèbre cette messe le fait dans l'esprit de prier pour la conversion du pape et qu'il n'hésite pas à dénoncer ses erreurs.

Une messe non una cum met-elle la foi en danger ? On peut dire que non, puisqu'en l'occurrence, il s'agit dans l'esprit de ces prêtres de refuser de s'unir à un hérétique : François.

2) Une messe non una cum présente-t-elle un risque de schisme ?  Dans le cas des prêtres catholiques qui nous intéressent, non. Cette messe ne présente aucun danger de schisme, car pour qu'il y ait schisme, il faut refuser le principe même de la papauté (comme font les Orthodoxes, par exemple), ce que ne refusent pas nos prêtres non una cum.

Il y a deux sortes de prêtres non una cum : 

Ceux qui sont non una cum mais pas sédévacantistes, soient qu'ils pensent qu'un pape peut être hérétique, soit qu'ils suspendent leur jugement. Une chose est certaine, pour eux : même si le pape est le pape, étant donné qu'il est hérétique, ils pensent qu'en conscience, ils ne peuvent s'unir à lui à la messe. Cela vient de l'interprétation qu'ils font de cette prière du canon. Les prêtres una cum, eux, n’interprètent pas tout à fait de même cette prière et donc peuvent nommer François sans avoir de cas de conscience.

- Ceux qui sont non una cum et sédévacantistes : ils pensent qu'un pape hérétique est impossible théologiquement et que donc, puisque notre pape actuel est hérétique, c'est qu'il n'est pas pape.

Dans les deux cas, que l'on soit sédévacantiste ou qu'on ne le soit pas, on peut très bien refuser de reconnaître un pape suspect sans pour autant être schismatique, si l'on a des motifs sérieux de le faire. Et il s'avère que François nous fournit largement assez de motifs sérieux, par ses scandales et ses hérésies répétées. En effet le théologien Cajetan affirme :
"Si quelqu'un, pour un motif raisonnable, tient pour suspect la personne du Pape et refuse sa présence et même sa juridiction, il ne commet pas le délit de schisme, ni n'importe quel autre, pourvu qu'il soit prêt à accepter le Pape s'il n'était pas suspect. Il va de soi qu'on a le droit d'éviter ce qui est dommageable et de prévenir les dangers." Tommaso de Vio cardinal CAJETAN (1469-1534) O.P., Commentarium in II-II, 39,1. Cité dans: Abbé Matthias Gaudron FSSPX : Catéchisme catholique de la crise dans l'Église, 2e édition revue et augmentée mai 2008, Éditions du Sel p. 279

Donc ces paroles de Cajetan nous rassurent : ni les sédévacantistes, ni les non una cum non sédévacantistes ne sont schismatiques : ils ont bien en effet des motifs raisonnables de tenir la personne du pape comme suspecte et ils sont bien attachés au principe même de la papauté.

3) Une messe non una cum ne présente également aucun risque d'invalidité, puisque même une messe de la religion orthodoxe est valide. Nommer le pape ou non ne change rien à la validité de la messe. 



4) Examinons si l'intention du prêtre qui célèbre cette messe non una cum, même si elle ne va pas contre la foi et n'est pas schismatique, pourrait déplaire à Dieu, car elle serait la manifestation d'un mauvais esprit de rébellion vis-à-vis de sa loi ou des autorités de l'Eglise...

Réponse :

a) La messe non una cum de nos prêtres ne se rebelle contre aucune loi divine : c'est au contraire parce que François désobéit aux lois divines, qu'ils se sentiraient coupables de s'unir à lui.
b) Il n'est pas mauvais de se rebeller contre les autorités quand elles attaquent la foi : même Saint Paul s'est rebellé une fois contre Saint Pierre. Qu'aurait-il fait contre François ? Nul doute qu'il lui aurait dit : anathème, étant donné qu'il n'annonce pas l'évangile de Notre-Seigneur.(Gal. I, 8-9) 
D'ailleurs, nos prêtres una cum se rebellent eux aussi contre François, et ils ont raison. Ils ne sont pas plus dociles que nos prêtres non una cum, vis-à-vis de François. Les uns et les autres veulent bien faire. Ce qu'il faut, c'est être d'accord sur le principe qu'il faut appliquer le nullam partem avec les hérétiques. C'est le cas pour l'instant, semble-t-il.


Conclusion : 
Une messe non una cum : 
- ne présente aucun danger pour la foi,
- ne présente aucun danger de schisme,
- ne présente aucun danger d'invalidité,
- n'est animée d'aucune intention peccamineuse.



Notre Dieu est un Dieu de miséricorde, il voit nos difficultés, nos interrogations. Il nous demande de suivre sa doctrine de foi et de chercher en tout à faire sa volonté. Il ne nous demande pas d'avoir la science infuse sur tous les sujets... Nous pensons qu'étant donné les circonstances, à degré d'amour égal du prêtre, une messe una cum plaît autant à Dieu qu'une messe non una cum, du moment que ces prêtres sont dans l'optique du nullam partem avec un pape hérétique.

Les catholiques du Moyen-Âge auraient-ils dû excommunier Saint Thomas d'Aquin qui ne croyait pas à l'Immaculée conception, alors que le sujet était libre, à cette époque ? S'ils l'avaient fait, nous n'aurions jamais eu Saint Thomas à prier.

Nous devons prendre garde à ne légiférer que sur les sujets où l'Eglise a déjà tranché. Si elle n'a pas tranché, nous devons accepter la cohabitation de différentes opinions théologiques, dans la charité, en parlant le moins possible de ces sujets puisqu'ils sont source de discorde et que seul le futur saint pape pourra trancher dessus. 

A notre avis, il faut laisser les prêtres tranquilles sur ce thème, décider d'un commun accord de ne pas en parler et de ne pas rentrer dans des débats stériles qui ne mènent à rien sauf à la discorde (nous avons vu les dégâts, depuis 40 ans que la Fraternité existe). Si l’on apprend qu’un prêtre est sédévacantiste non dogmatique ou non una cum, nous ne devons pas nous en offusquer, puisque même dans la Fraternité Saint Pie X actuelle, il y en a. L’abbé Schaeffer était sédévacantiste mais n’en parlait pas. C’était un saint prêtre de Saint Nicolas qui a fait beaucoup de bien aux âmes. Allons-nous devenir plus anti-sédévacantistes que Mgr Fellay lui-même et persécuter des non una cum que Mgr Fellay aurait autorisés ? Il ne le faut pas.

Ce sur quoi il faut s'accorder, c'est sur le fait que le sédévacantisme est une opinion théologique permise, puisque certains théologiens ont dit qu'un pape hérétique ne pouvait être pape et puisque cela n'a jamais été condamné par l'Eglise. Mais d'autres théologiens, ainsi que des papes, ont dit au contraire qu'un pape pouvait être hérétique. Ni les prêtres, ni les fidèles que nous sommes ne pouvons trancher. Nous ne pouvons donc que nous aimer en Jésus-Christ et décider d'un commun accord d'éviter ce sujet stérile, sur lequel le démon aime à nous diviser. Il faut se mettre d'accord sur le fait que seul le futur bon pape qui viendra, pourra dogmatiser sur ce sujet.

Cependant, comme les sédévacantistes dogmatiques (c'est-à-dire ceux qui pensent que nous sommes dans l'hérésie et qu'il n'y a pas le choix des opinions) ont fait intervenir au moins un évêque ainsi que des fidèles érudits, pour tenter de convaincre nos prêtres de devenir sédévacantistes, puisqu'ils écrivent régulièrement des études fouillées, remplies de citations, de faits historiques et d'arguments théologiques pour nous convertir à leurs vues, nous pensons qu'il est de notre devoir pour préserver l'unité de la Résistance, de tenter de leur répondre sérieusement, afin de leur prouver qu'ils ont tort de dogmatiser dans ce domaine. Leurs études semblent imparables, mais nous avons remarqué qu'ils occultent certains faits ou documents qui viennent les contredire et qu'ils ne présentent qu'un seul son de cloche. 

Avec l'Immaculée a donc décidé de faire cet été, si Dieu le veut, une étude sérieuse qui étudiera leurs thèses, une par une, sans rien occulter. Nous nous ferons aider de prêtres ou de fidèles de bonne volonté qui le souhaitent, sédévacantistes et non sédévacantistes. Nous leur ferons relire notre étude avant sa publication afin qu'ils nous présentent leurs objections, si possible jusqu'à ce qu'aucun d'entre eux ne puisse plus trouver rien à redire. C'est une gageure qui paraît utopique, nous le savons. Mais à Dieu rien n'est impossible et notre but est de calmer le jeu délétère autour de ce sujet, ces discussions acerbes qui durent depuis 40 ans. Nous voulons prouver qu'il y a des arguments aussi bons dans un camp que dans l'autre et que nous devons donc cesser de nous obnubiler sur la question de savoir si le pape est le pape ou non. Pendant que nous faisons cela, nous ne nous occupons pas des âmes et d'aimer Dieu... Et nous arrivons à la fin de notre vie en étant passés à côté de l'essentiel. Au soir de cette vie, tu seras jugé sur l'amour, a dit Dieu à Saint Jean de la Croix.

Nous voudrions donc que la Résistance reste unie sur le sujet, dans la charité, car la vérité n'est nullement attaquée par l'un ou l'autre camp, du moment qu'aucun d'entre eux ne dogmatise. Prions à cette intention. Consacrons-nous à Saint Michel, afin qu'il déjoue les pièges que le Malin nous tend, sous apparence de bien. Nous sommes certains que le démon serait furieux si nos amis du Québec se réconciliaient à ce sujet. C’est ce que nous souhaitons de tout notre cœur.