samedi 3 mai 2014

Le nullam partem et l'apostolat (1ère partie). L'accord "ad experimentum". Supplique à Morgon, Bellaigues et tous les bons prêtres.


Le nullam partem n'est-il pas un obstacle à l'apostolat et à la charité ? C'est une objection intéressante que nous font Mgr Fellay et ceux qui le soutiennent. Ils développent, en opposition au principe du nullam partem, la doctrine selon laquelle ce serait au contraire une obligation grave de conscience de continuer à dialoguer sans cesse avec la Rome moderniste et conciliaire, pour essayer de la convertir, pour le salut des âmes et le bien de l'Eglise, lequel passe forcément par le rétablissement d'un bon pape... Nous allons donc tenter de répondre à cette objection importante.

Relisons, tout en ayant cette objection à l'esprit, chacune des paroles de l'Ecriture Sainte établissant le principe du nullam partem et voyons si ces paroles sont incompatibles avec l'apostolat... Elles sont forcément compatibles avec celui-ci, elles doivent l'être, car c'est la volonté de Dieu que les apôtres évangélisent toutes les nations. Quand Notre-Seigneur a dit Allez, évangéliser toutes les nations, les nations étaient païennes et n'avaient pas la même doctrine que les apôtres. Il a bien fallu aller parler avec les païens, pour les convertir. Saint François de Sales a converti les protestants, en Suisse. Il est bien allé les voir pour son apostolat... 

Il y a donc forcément un moyen de concilier la doctrine du nullam partem établie par les apôtres et l'évangélisation de ceux qui n'ont pas la bonne doctrine... Il va donc falloir faire des distinctions entre ce qui plaît à Dieu et ce qui ne lui plaît pasdans les relations que nous avons avec ceux qui n'ont pas la bonne doctrine. Pour cela l'Ecriture sainte vient à notre secours :

Exode 34, 11 : Dieu dit à Moïse : « Garde-toi de t’allier aux habitants des pays où tu vas, de peur qu’ils ne soient pour toi un piège. Mais vous renverserez leurs autels et briserez leurs idoles … »

- Garde toi de t'allier signifie donc que si l'on va voir des gens qui n'ont pas la même doctrine que nous, il ne faut pas avoir des relations amicales ou de connivence avec eux. Il faut garder les distances.

- Vous renverserez les autels est la condamnation claire de l’œcuménisme actuel de nos papes criminels qui appellent à Assise des fausses religions pour prier leurs faux dieux. Ils encouragent les faux cultes au lieu de les condamner. 

Cette phrase signifie donc que les fausses religions ne doivent être tolérées dans un Etat qu'au cas par cas, de la façon la plus restrictive possible, en fonction des circonstances, quand on ne peut vraiment pas faire autrement, mais que le grand principe reste qu'il faut les interdire entièrement dans la mesure du possible, car l'erreur qui perd les âmes et les amène en enfer n'a aucun droit et doit être réprimée, en vue du bien commun.
- Cette phrase signifie aussi que l'apôtre doit condamner très clairement et entièrement les fausses idées ou religions des gens qu'il évangélise et qu'il ne doit jamais collaborer dans un esprit de faux œcuménisme, de près ou de loin, à un faux culte.



Romains XVI, 17-18 :

Je vous prie, mes frères de prendre garde à ceux qui causent parmi vous des divisions et des scandales en s'éloignant de la doctrine que vous avez apprise : ayez soin d'éviter leur compagnie. - Car de tels hommes ne servent point Jésus-Christ Notre-Seigneur, mais leurs appétits grossiers; et par des paroles douces et flatteuses ils séduisent les âmes simples. 
On voit ici que Saint Paul redoute la séduction opérée par les hérétiques. De nouveau, c'est une certaine connivence avec eux qui semble condamnée. Il ne faut pas rechercher leur compagnie.

Saint Paul aux Galates I, 8-9 :
"Mais quand nous-mêmes, quand un ange venu du ciel vous annoncerait un autre Evangile que celui que nous vous avons annoncé, qu'il soit anathème!
Nous l'avons dit précédemment, et je le répète à cette heure, si quelqu'un vous annonce un autre Evangile que celui que vous avez reçu, qu'il soit anathème!"
Commentaire :
Ces paroles sont capitales pour nous donner la marche à suivre. On peut distinguer deux aspects : 
1) Saint Paul exige par ces mots que dès que les apôtres voient une erreur, ils la condamnent et condamnent aussi l'hérétique qui les diffuse. Donc dans les rapports que les apôtres ont avec ceux qui ont une fausse doctrine, ils ont l'obligation grave et préalable de faire savoir à tout le monde qu'ils ont anathémisé ces hérétiques et que s'ils discutent avec eux, ce n'est que pour les ramener au bercail... 
- Mais c'est ce que nous faisons, rétorquera Mgr Fellay, nous condamnons Vatican II... 
Réponse : On ne peut pas dire que Mgr Fellay condamne réellement Vatican II quand il ne cesse de se contredire à ce sujet, comme les modernistes décrits par Saint Pie X dans l'encyclique Pascendi. Son interview de CNS en 2012 et sa déclaration doctrinale du 15 avril 2012 accréditent Vatican II. 
De plus, "anathème" ne signifie pas uniquement "condamnation". Cela va plus loin. "Anathème" signifie "séparation", ce qui nous amène à la seconde idée :

2) Le concile de Constantinople explique, à propos de l'anathème : "Ignorent-ils donc que la sentence d’anathème n’est autre chose qu’une sentence de séparation ? On doit toujours éviter tout commerce avec ceux qui sont esclaves de crimes énormes, qu’ils soient du nombre des vivants ou parmi les morts, car on doit toujours se séparer de ce qui est coupable et nuisible." (source Chaîne d'or de Saint Thomas sur Matthieu XVI 13-19)

Commentaire :
Ce texte est capital pour nous éclairer quant à l'accord avec Rome qui se prépare pour cet été, d'après de nombreuses rumeurs. [Oui, nous savons : il ne faut plus prononcer le mot "accord", a dit Mgr Fellay. Le vocabulaire utilisé est très important pour Mgr Fellay... comme pour tous les francs-maçons, d'ailleurs. Il ne faut plus appeler un chat, un chat. Cela effrayerait trop les gens et cela risquerait de faire partir les bons prêtres.]

Le concile de Constantinople affirme qu'il faut rester séparé des hérétiques... Donc :
- même si Mgr Fellay ne signe rien, 
- même si nous sommes acceptés tels que nous sommes, 
- même si c'est ad experimentum [Mgr Fellay aurait dit cela à Zaitkofen lors d'une conférence aux séminaristes], 
le principe est que les gens qui n'ont pas le même évangile que Saint Paul doivent être anathémisés, et donc que nous devons nous en séparer, puisque c'est la définition de l'anathème.

Ces versets de l'épître aux Galates mis en regard avec le texte du concile de Constantinople sont clairs : ce sera un devoir grave, sous peine de péché, pour tous les prêtres de la Résistance interne de se séparer de Mgr Fellay dès qu'il déclarera que cet "arrangement" (ou "reconnaissance canonique-à l'essai-sans signature") a été effectué avec Rome. Rester dans la Fraternité dans ces conditions signifie que l'on contredit directement le concile de Constantinople, puisque l'on accepte de s'unir à des hérétiques, on accepte leur jugement sur nous, Mgr Fellay accepte l'autorité du pape sur lui... Il accepte cette autorité sur lui sous le prétexte qu'elle serait légitime, puisqu'il est le pape. C'est faux. On peut être pape et avoir une autorité illégitime, c'est à dire une autorité qui mène les âmes à leur perte au lieu de les mener au ciel. L'autorité d'un homme qui n'annonce pas le bon évangile et qui serait excommunié (= anathémisé) en temps normal est ILLÉGITIME car opposée à la loi de Dieu qui veut sauver nos âmes.

Mais en fait, pour parler franchement, le principe de ne pas se séparer des hérétiques a déjà été accepté par les six conditions le 14 juillet 2012, c'est pourquoi il nous semble impossible en conscience, dès maintenant, de rester dans la Fraternité ou de rester communauté amie de la FSSPX, car cela signifie accepter de facto le principe des six conditions, si l'on ne prêche pas contre elles. Mais même si l'on prêche contre elles de temps en temps, il reste le souci de la communicatio in sacris

La communicatio in sacris avec les trois évêques qui acceptent ce faux principe (lequel va contre la foi), nous paraît déjà une compromission, même si de temps en temps un sermon vient dénoncer les six conditions. C'est déjà vraiment à l'extrême limite... Il nous semble pour notre part que c'est déjà un péché objectif, même si subjectivement, nous sommes bien conscients que Morgon, de bons prêtres de la Résistance interne, de bons fidèles, sont bien plus saints que nous, croient bien faire et ne veulent faire aucun péché... Mais ils acceptent de contacter les évêques de la FSSPX pour faire ordonner leurs prêtres, pour faire confirmer leurs enfants...
- Se faire confirmer par quelqu'un qui n'a pas les bons principes et reconnaît Vatican II à la lumière de la Tradition (Mgr Fellay), est très gênant.
- Assister à la messe et communier de la main d'un évêque qui accepte non seulement sur lui, mais aussi sur le troupeau entier des 700 000 âmes des fidèles de la FSSPX, l'autorité d'un hérétique à certaines conditions, (c'est le cas des trois évêques) est vraiment très gênant également... Qu'aurait fait Saint Herménégilde ? Qu'aurait fait Saint Jean ? Auraient-ils accepté cela ? Il ne nous semble pas.
- Se faire ordonner prêtre de Jésus par quelqu'un qui officiellement ne défend pas toujours la doctrine de Jésus pose un cas de conscience. Nous refuserions, pour notre part.

Nous sommes angoissés pour nos moines et nos prêtres de la Résistance interne et nous craignons que, n'ayant pas bien vu la compromission qui était de rester ami de la Fraternité Saint Pie X (ou dans la Fraternité) sous la loi des six conditions, ils ne voient pas à présent la compromission qui serait d'accepter de rester ami de la FSSPX (ou dans la FSSPX), sous le régime de cette reconnaissance canonique officieuse sans signature. Il y a un piège diabolique

Père Gardien, Père Jean, Bénédictins de Bellaigues, Monsieur l'abbé Moulin, et tous les bons prêtres qui sont contre un accord avec la Rome conciliaire, si vous lisez cet article, nous vous supplions de nous rejoindre dans la Résistance externe. Nous vous conjurons de ne pas vous faire tromper par cette ruse démoniaque, qui est d'une habileté à faire frémir. Ne vous laissez pas tromper par les discours actuels de Mgr Fellay qui sont davantage traditionnels, parce qu'il veut vous garder. Nous devons juger au niveau des principes et non au niveau du discours de Mgr Fellay du mois dernier... lequel sera contredit dans quelques mois par un autre discours. Mgr Fellay a lâché les principes au Chapitre de 2012. La vraie révolution dans la Fraternité s'est déjà opérée, depuis deux ans, dans les principes. Et quand les principes cèdent, le reste n'est plus qu'une formalité, plus qu'une question de temps et d'opportunité... Fuyez, chers prêtres, chers moines. Venez nous rejoindre dès maintenant, pour l'amour de Dieu et des âmes. Pour l'amour de votre âme.  

Nous nous sommes éloignés du sujet de notre article, mais ce sujet est si important que nous n'en avons pas pu nous en empêcher. Nous continuerons dans un prochain article à étudier comment le nullam partem peut être concilié avec un apostolat efficace, sans pour autant mettre notre âme en danger.