samedi 19 avril 2014

Samedi Saint : la Sainte Face




http://jesusmarie.free.fr/gertrude_d_helfta_le_heraut_de_l_amour_divin_livre_4.html

Livre IV, chapitre VII


Au dimanche Omnis terra, vers le soir, et selon la coutume des fidèles de Rome qui désirent vénérer l'image de la très aimable Face du Seigneur, elle se prépara à cet acte par une confession spirituelle. Le souvenir de ses péchés la fit paraître si méprisable à ses propres yeux qu'elle se prosterna aux pieds du Seigneur Jésus pour y déposer sa misère et implorer le pardon de ses fautes. Le Seigneur, élevant la main, la bénit par ces paroles : « Par les entrailles de ma bonté toute gratuite, je te donne le pardon et la rémission de tous tes péchés.» Il ajouta : « Pour l'amendement de tes fautes, tu accompliras la satisfaction que je t'impose : chaque jour de l'année tu pratiqueras une bonne oeuvre quelconque, en t'unissant à la tendresse infinie par laquelle je t'ai remis tous tes péchés. »
Elle accueillit d'abord cette pénitence avec gratitude, mais la faiblesse humaine la fit ensuite hésiter quelques instants : « Que ferai-je, ô mon Dieu, dit-elle, si j'omets d'accomplir cette bonne oeuvre quand l'occasion s'en présentera ? »
Le Seigneur répondit : « Pourquoi négligerais-tu une chose si facile ? Car ma bonté acceptera un seul pas fait à cette intention, un fétu ramassé à terre, une parole un signe d'amitié, même un Requiem que tu auras dit pour les défunts ou toute autre prière récitée pour les pécheurs ou les justes. » Rassurée par cette réponse, elle se mit à prier pour ses plus intimes amis, afin qu'ils reçussent de la divine miséricorde la même consolation. Le Seigneur en accédant à sa demande, lui dit: « Tous ceux qui voudront accomplir avec toi la pénitence que je t'ai imposée, recevront également la rémission de leurs péchés en vertu de ma bénédiction. » Puis, étendant de nouveau sa main adorable, il donna sa bénédiction. Le Seigneur dit ensuite : « Avec quelle bienveillante affection je recevrais celui qui viendrait m'apporter les fruits des œuvres de son amour au bout d'une année, en si grand nombre, qu'il dépasserait celui des fautes commises ! »
Mais elle objecta : « Comment cela serait-il possible, ô mon Dieu, puisque l'homme est tellement enclin au mal, qu'il lui arrive de pécher plusieurs fois dans une heure? » 
Le Seigneur répondit : « Pourquoi serait-ce si difficile, puisque moi Dieu j'y prévois tant de joie que si l'homme voulait y apporter le moindre zèle, je l'aiderais par ma toute-puissance? Ma divine sagesse prévaudrait. » 
Celle-ci ajouta : « Que donneriez-vous, ô mon Dieu, à celui qui aurait accompli ces choses avec le secours de votre grâce ? » 
Le Seigneur répondit : « Je ne peux te l'exprimer que par ces paroles : Ce que l'oeil n'a pas vu, ce que l'oreille n'a pas entendu, ce qui n'est pas monté dans le coeur de l'homme. » (I Cor. II, 9.) 
Oh quel bonheur goûterait celui qui aurait pratiqué cet exercice de l'amour au cours de sa vie pendant une seule année ou même un seul mois ! Assurément il pourrait espérer recevoir de la bonté du Seigneur cette récompense. [...]

Ensuite le très doux Seigneur, entraîné par sa bonté naturelle, leva sa main sacrée pour bénir, en disant : «Tous ceux qui, attirés par le désir de mon amour, garderont le souvenir de la vision de ma face, recevront par la vertu de mon Humanité l'impression vivante et lumineuse de ma Divinité. Cette lumière éclairera toujours les profondeurs de leur âme, et dans la gloire éternelle la Cour céleste admirera sur leurs traits plus de ressemblance avec ma divine face. »