dimanche 2 mars 2014

Nouvelles de l'abbé Lammerand et heure sainte de Sainte Gemma Galgani




Miserere, du forum un évêque s'est levé, écrit :

"L'abbé Lamerand plusieurs fois prieur, six ans de séminaire à Econe .
Je viens de le croiser à Lisieux en costume avec la petite croix sur le veston, même pas un clergyman.
Il vient d'être muté comme chapelain à la Basilique, comment peut-il mettre fin à la messe de Pie V pour célébrer celle de Paul VI ?
J'ai quitté Lisieux choqué !
UDP"

Prions pour l'abbé Lamerand. Avec l'Immaculée est tombé par hasard sur un extrait du manuel dans lequel Sainte Gemma Galgani faisait son heure sainte. Pour ceux qui le désirent, voici une heure sainte que Sainte Gemma a faite. Sainte Gemma Galgani tutoyait Jésus, mais le manuel de piété ne devait pas le faire à cette époque. Nous avons donc rétabli le vouvoiement et corrigé quelques fautes de traduction. Nous pouvons faire cette heure si nous le voulons pour l'abbé Lamerand. Cette heure peut également servir aux parrains et marraines afin d'obtenir des grâces pour leur prêtre.



Cette Heure Sainte a été prise du manuel de dévotions intitulé "Prions" par la Bienheureuse Elena Guerra. Elle a été traduite par la suite en Anglais par Silvio DeLuca C.P. et imprimée dans "The Sign", vol 8, décembre 1928. Le webmestre aimerait remercier les Archives Passionistes de Union City, New Jersey, pour avoir gracieusement pourvu une copie de cet article. [Le webmaster tient à remercier Clara Marsan pour avoir traduit"L'heure sainte pratiquée par Ste Gemma Galgani". Que Dieu la récompense de son travail. -Glenn Dallaire, Webmaster]

Dans l'Autobiographie et le Journal de Gemma il est écrit qu'elle faisait une Heure Sainte tous les Jeudis soir, en l’honneur de la Passion de Notre Seigneur et de ses souffrances dans le Jardin de Gethsemani. Elle a fait cette Heure Sainte fidèlement toutes les semaines jusqu’à sa mort. Concernant cette Heure Sainte, Gemma écrit dans son Autobiographie 
«Tous les jeudis (nuit) j’ai continué de faire l’Heure Sainte, mais il est parfois arrivé qu’elle dure même jusqu’à 2h00 du matin parce que Jésus était avec moi; et presque toujours Il me faisait prendre part à cette douleur qu’Il a ressentie dans le Jardin à la vue d’un si grand nombre de mes péchés et de ceux du monde entier. Une douleur qui peut bien être comparée à l’agonie de la mort.»
Dans son Journal, au sujet de l’Heure sainte elle écrit – (Jeudi 19 Juillet, 1900)
«Ce soir enfin, après six jours d’absence de Jésus, puisque c'était jeudi, j’ai commencé mon heure de prière, pensant à Jésus sur la Croix. Alors c’est arrivé. Je me suis trouvée avec Lui souffrant et j’ai ressenti un grand désir de souffrir et demandé à Jésus de me donner cette grâce. Il me l’a accordée; Il s’est approché de moi, a ôté de Sa tête la couronne d’épines et l’a placée sur la mienne, puis il alla de côté. Je l’ai regardé en silence car j’étais en train de penser : "Peut-être qu’Il ne m’aime plus", car Il n’avait pas enfoncé la couronne fortement sur ma tête comme Il avait fait d’autres fois. Jésus comprit et l’enfonça sur mes tempes. C’était des moments douloureux mais heureux. J’ai alors passé une heure avec Jésus. J’aurais aimé continuer avec Lui ainsi toute la nuit, mais Jésus aime beaucoup l’obéissance ; Lui-même se soumet toujours à l’obéissance, donc quand l’heure fut finie Il me quitta. Habituellement Jésus enlevait la couronne quand Il partait; cette fois, cependant, Il la laissa jusqu’à environ quatre heures de l’après-midi suivant.»

Cette Heure Sainte a été prise du manuel de dévotions intitulé « Prions » par la Bienheureuse Elena Guerra, fondatrice des Sœurs Oblates du Saint-Esprit à Lucca (aussi appelées les Sœurs de Sainte Zita, Sœurs Zitines). Elle a aussi été publiée sous le titre « Une heure de prière avec Jésus agonisant à Gethsémani ».

Gemma fut une étudiante de l’école fondée par la Bienheureuse Elena, qui lui a elle-même fait la classe un temps, et grâce à leur lien dans l’école et parce qu’elles ont toutes deux vécu à Lucca leur vie entière, Sainte Gemma et la Bienheureuse Elena se connaissaient très bien. Signe miraculeux de la sainte Providence de Dieu et de Son amour pour Ses servantes, toutes deux sont décédées à la même date – le 11 avril – (Gemma en 1903 et Elena en 1914). Et ce qui est encore plus miraculeux et providentiel encore est que toutes deux sont mortes une année où le Samedi Saint tombait à cette date - à onze années de distance toutes deux le 11 avril lors de la fête du Samedi Saint.-Plus au sujet du moment miraculeux et providentiel de la mort de Sainte Gemma et de la Bienheureuse Elena ici. 

Mais, pour en revenir au manuel de l’Heure Sainte écrit par la Bienheureuse Elena, il fut donné à Gemma pendant une période où elle avait du quitter l’école de la Bienheureuse Elena en raison d’une grave maladie qui l’a menée proche de la mort en 1898. Quelques jours avant sa miraculeuse guérison elle reçut la visite de l’une des Sœurs de Sainte-Zita, Sœur Giulia Sestina, qui, pour la soulager de sa grande souffrance, l’encouragea à faire cette Heure Sainte en lui donnant le manuel écrit par la Bienheureuse Elena. C’est durant cet exercice de dévotion en l’honneur de l’Agonie de Notre Seigneur à Gethsemani que Gemma reçut les grâces les plus merveilleuses, comme on le lit dans son Journal et son Autobiographie. Au sujet de Gemma et de l’Heure Sainte, son directeur spirituel le Vénérable Père Germanus C.P. écrit : « Elle résolut de pratiquer cette dévotion même lorsqu'elle était confinée au lit.... Gemma la regardait comme un trésor, et dès qu’elle la reçut, elle promit à Jésus que si elle recouvrait la santé, elle réciterait l’Heure Sainte tous les jeudis soir. » 


Le but de ce pieux exercice consiste à faire une heure entière de prière en méditant l’agonie de notre Seigneur Jésus Christ au Jardin de Gethsémani ; et elle peut être faite en tout temps, mais plus spécialement elle est appropriée les jeudis soir.

Heure Sainte
Introduction

Place-toi, ô âme dévote, dans la présence de ton Très-Aimé Sauveur et souviens-toi de la nuit durant laquelle Jésus, ayant institué la sainte eucharistie pour être ta nourriture, a quitté le Cénacle avec ses Apôtres pour aller au Jardin des Oliviers, pour y commencer sa Passion très cruelle par laquelle Il allait sauver le monde. Une tristesse mortelle se montre (...) et se révèle dans les mots de Jésus affligé. Une pâleur mortelle trouble ce Visage où jusqu’à maintenant avait brillé une divine beauté. 

Pendant ce temps le Sauveur affligé pose Son regard sur toi, comme s’Il te disait : « Chère âme, qui M’est la cause de tant d’angoisse, reste avec Moi juste pour une heure, et vois s’il est une douleur comme Ma douleur" ... Mais sache que la nuit de Mon agonie J’ai cherché en vain quelqu’un pour me consoler. « J’ai cherché quelqu’un qui me réconforte et Je n’ai trouvé personne. »

Ô Jésus adorable, peut-il jamais y avoir une créature si ingrate, et si dure de cœur, pour refuser de passer une heure en votre compagnie, en repensant à ces mystères de suprême douleur et de suprême amour accomplis dans la noirceur de la nuit de votre Passion, au Jardin de Gethsemani? Oh bon Jésus, me voici présent devant vous. Daignez me révéler la grandeur de vos douleurs et l’excès d’amour qui vous a fait devenir une victime pour mes péchés et pour les péchés de tous les hommes.

Premier Quart d'Heure
La Tristesse de Jésus


« Mon âme est triste jusqu’à la mort! » Il n’y a véritablement pas de plus grande souffrance que celle qui peut être comparée aux douleurs de la mort. Maintenant notre Sauveur, qui est la Vérité infaillible, pour nous faire comprendre l’excès de douleur qui est venu l’oppresser alors qu'Il est entré à Gethsemani, dit que sur Son âme pèse une tristesse mortelle ; que l’angoisse qu’Il souffre est si sévère qu’Il pourrait mourir « Mon âme est triste jusqu’à la mort même ! ». Et ayant dit cela Il entre plus loin dans le Jardin, jusqu'à ce que, atteignant l'endroit où il avait l'habitude de passer la nuit en prière, Il exhorte ses fidèles Apôtres (qu’il a emmenés avec Lui même jusqu’au Jardin, pour qu’ils puissent être témoins de Ses souffrances) à veiller et prier avec Lui. Alors, se retirant à l’écart à distance d'un jet de pierre, Il s’agenouilla pour commencer la plus douloureuse et en même temps la plus généreuse prière jamais faite sur la terre.

La première raison de l’affliction de Jésus était cette horrible accumulation d’outrages et d’opprobre qui dans peu de temps devait s’abattre sur lui comme les vagues furieuses d’une mer démontée.



En fait, il avait à peine laissé ses Apôtres bien-aimés qu'apparurent à Son esprit toutes les effroyables scènes de douleur et de sang de son imminente Passion – la trahison par un de ses Apôtres, le déshonneur, le mépris, les calomnies... une flagellation cruelle jusqu’à mettre à nu ses os mêmes ! Cela ne suffit pas. Il fallait que Sa Tête Sacrée fut tourmentée d’une couronne d’épines, qui devait demeurer fixée même à la mort. Et des coups, des crachats, des railleries. Pourtant, ce n'est encore pas assez. Il faut qu'Il porte l’abjection par dessus tout cela d'une condamnation juridique, et se voie exécré par les grands de sa nation et par son propre peuple. Mourant alors intérieurement de tant de souffrances, il faut qu'il se traîne au mont de son sacrifice avec la croix sur son dos lacéré, tombant plusieurs fois à demi mort sous son poids énorme. Il doit boire le fiel amer. Être dépouillé au milieu d'une foule insolente. Se laisser clouer les mains et les pieds. Pendant trois heures pendre aux clous de fer et rester là, suspendu entre la Terre et le Paradis, pour expier par des souffrances inexprimables les iniquités de la race humaine ! Pourtant cela ne suffit pas. À ces détresses horribles doivent s'ajouter la plus amère moquerie, les insultes et les railleries les plus blessantes. Alors sa soif ardente, rendue plus torturante par le vinaigre. L’abandon de Son Père. L’affliction extrême de Sa Mère bien-aimée. La mort terrible et désolée!

Âme sauvée, achetée par les cruelles douleurs de Jésus, vois ton Sauveur accablé dans un abîme de souffrance... et cela pour l’amour de toi... pour te sauver... pour t’emmener avec Lui au paradis!

Oppressé par tant d’angoisse Jésus retourne vers les trois Apôtres qu’Il a chargés de veiller et prier, mais Il les trouve endormis ! Il n’y a pas un mot de réconfort pour Jésus à l’agonie... Pas un sentiment de compassion ! Dans l’amertume de Son abandon, Il tourne Son regard triste vers toi, ô âme dévote, pour voir s’Il peut trouver dans ton cœur un sentiment de compassion et de reconnaissance. Et toi ? N’as-tu pas de mots pour le bon Jésus ? Que dirais-tu si tu t’étais trouvé réellement auprès de lui dans la nuit de Son agonie ? Hélas ! Ouvre ton cœur et fais maintenant ce que tu aurais fait alors, car cela lui sera bienvenu, puisqu’Il accepte toujours avec plaisir les expressions d’affection qui viennent du cœur de ceux qui Lui sont fidèles. (Méditez en silence.)

HOMMAGE

Père Saint, qui avez tant aimé le monde que Vous avez même sacrifié votre Fils Incarné pour lui, au nom de tous ceux qui ont été justifiés je vous remercie pour cet acte de votre infinie charité, vous offrant en retour la très parfaite sainteté et mérites du même Fils Unique
- Notre Père, je vous salue Marie, Gloire au Père.

Père Saint, qui pour nous délivrer de la perdition éternelle avez placé sur l’humanité adorable de votre fils le fardeau de toutes nos iniquités, je vous offre l’agonie de Jésus à Gethsemani, en vous suppliant de me donner la grâce de bénéficier pendant toute l'éternité des fruits de Ses indicibles tourments.
- Notre Père, je vous salue Marie, Gloire au Père.

Père Saint, qui pour réconcilier l’humanité coupable avec votre Majesté offensée, avez soumis votre Fils Très Innocent aux rigueurs de la justice inexorable, sur qui ont été répandues les douleurs méritées par nos péchés, je vous offre la très adorable soumission de Jésus à Gethsemani, vous suppliant d’accorder la grâce de la conversion et du salut à tous les pécheurs.
- Notre Père, je vous salue Marie, Gloire au Père.

Second Quart d'Heure 
Jésus est accablé sous le poids de l'iniquité humaine

Déjà une longue heure d'angoisse a passé pour Jésus dans la nuit noire et dans l'abandon de Ses disciples bien-aimés. La vive appréhension des cruels outrages l'attendant a répandu la terreur et la peur dans Son âme bénie. Il sent maintenant bien plus profondément le poids énorme de Sa mission de Sauveur du monde. Il voit que le temps de son immolation est venu... Le paradis, la terre et l'enfer sont déjà armés contre Lui. Il doit soutenir une grande bataille, durant laquelle tous les coups seront précipités contre Lui seul.

Que fait Jésus ? Pâle, tremblant, Il se tourne vers Son Père et s'exclame humblement : « Père, s’il est possible, laisse passer cette coupe loin de moi. » Quelle réponse aura l'humble prière du Fils de Dieu ? Le Ciel est fermé... il n'y a pas de réponse ! Il souhaite endurer même cette douleur pour obtenir pour nous l'humble persévérance à prier, et la constante patience bien que le Ciel semble fermé à nos supplications. Ah, bon Jésus ! il n'y a pas de souffrances que vous n'ayez subie pour notre bien et nous donner un exemple. 

Mais suis, ô mon âme, ton Jésus, qui, pressé par l'amour, avance de plus en plus sur le chemin de la douleur. L'horrible procession de tous les péchés, de tous les crimes des fils d'Adam se présente à son Esprit et lacère Son Cœur. Pourtant Il voit qu'Il doit prendre sur Lui ce fardeau odieux, et apparaître devant les yeux très purs de Son Père, couvert de l’impureté du péché. Il est impossible pour l'esprit humain de comprendre ou même d'envisager l'horrible torture que l'âme bénie et très innocente de Jésus a alors souffert. Il s'est pitoyablement plaint, disant par la bouche du prophète: « Les méchants ont labouré Mon dos ! » Oh, combien grandement oppressé est le cher Sauveur sous le poids de tant de péchés!

Mais assurément l'Agneau Divin qui est sur le point de S'immoler à la Justice Divine si souvent offensée par les hommes, après avoir satisfait pour l'iniquité humaine en sacrifiant Sa précieuse vie sur un gibet pour enlever les péchés du monde, ne peut-il pas au moins espérer que les hommes, reconnaissant un si grand bienfait, vont bannir le péché pour toujours et rester toujours fidèles à Celui qui a tant souffert pour les sauver de la mort éternelle ?

Ah, pauvre Jésus, s'il en avait été ainsi ! Mais bien loin de là... une image plus horrible que la précédente s'offre à son esprit. Il voit que même après avoir racheté le genre humain par tant de souffrances et avoir lavé la terre de Son Sang, même après avoir infusé l'Esprit Saint dans ses fidèles, et fait de la terre un Paradis de Grâce par l'Eucharistie: ah! même après tant d'excès de charité, Il voit encore le péché ayant emprise sur le monde. Il voit Sa sainte loi foulée aux pieds, Son Église et ses ministres persécutés, Ses grâces négligées, Son amour méprisé... et en pleurant Il dit : "Quel profit y a-t-il à Mon Sang? Pourquoi faire couler tout Mon Sang? Pourquoi mourir dans l'agonie d'un gibet, si les hommes, sans reconnaissance pour tant de bienfaits, vont ensuite se livrer au pouvoir du démon et à la perdition éternelle ? Quand prendra fin l'emprise du péché dans le monde ?"

Et le bon Jésus jetant Son regard sur tous les âges à venir, voit le péché dans tous les siècles à venir, dans chaque année successive, chaque jour, et à chaque moment ! Et le poids de ces péchés L'oppresse lourdement, et Le fait répéter: "Les méchants ont labouré mon dos; ils ont alourdi leur iniquité !" 

Mon âme, vas-tu être encore parmi ceux qui appesantissent cette chaîne de péché et, repoussant maintes fois leur conversion promise, arrachent au Cœur de Jésus ce cri si plein de juste affliction? Oh, combien horrible est le péché après qu'un Dieu ait versé Son Sang pour le détruire ! Oh, combien horrible est le péché dans une âme déjà lavée par le Sang divin !... dans des âmes unies au Cœur de Jésus par la Sainte Communion! Oh très affligé Sauveur, avec grande raison Vous vous lamentez et vous pleurez !

Mais si Jésus pleure avec grande raison pour les péchés des rachetés en général, que ne souffre-t-il pas en prévision des péchés de Ses fidèles amis, des âmes qui Lui sont consacrées ? "Oh âmes bien-aimées," s'exclame-t-il, "âmes de Ma paix, qui êtes les amis intimes de mon Cœur, qui vivez dans Ma maison, mangez de Mon pain et vous nourrissez à Ma table, pourquoi percez-vous Mon Cœur par le péché ? Peuple de Mon Cœur, que vous ai-je jamais fait ? En quoi vous ai-je peiné ? J'ai apaisé votre soif avec les eaux Célestes de Ma grâce, et vous M'avez donné du fiel ! Je vous ai rassasié avec la précieuse manne de Ma Chair et vous m'avez donné des coups et le fouet ! Oh Mon peuple, que vous ai-je fait ? En quoi vous ai-je peiné ? Je vous ai préparé un trône au Paradis et vous M'avez présenté un gibet ! Chère Âme de ma vigne, bien-aimé de Mon Cœur, qu'aurais-je pu faire de plus que je n'aie pas fait ? Qu'y a-t-il que je dois faire de plus pour ma vigne que je ne lui aie pas fait ? Et pour tant d'amour vous me rendez des ronces et des épines. (Méditez en silence.)

Offrande :
Oh mon Sauveur affligé, je vous offre mon cœur et les cœurs de tous ces hommes qui brûlent avec le feu de l'amour parfait, pour repayer quelque peu votre propre amour infini. Désespéré de la froideur de mon cœur et de celle des autres, je vous offre, ô bon Jésus, cette sainte ardeur avec laquelle les anciens patriarches ont soupiré après votre venue, et ce zèle saint par lequel vos Apôtres ont répandu votre Nom a travers le monde entier. 
- Notre Père, je vous salue Marie, Gloire au Père.

Oh mon Rédempteur souffrant, je vous offre cette parfaite et très tendre compassion que votre Mère immaculée, percée dans son âme par l'épée de l'affliction, vous a offerte à la vue de vos souffrances ; et cette très parfaite gratitude avec laquelle, pour l'entière race humaine, elle vous a remercié, loué et béni en reconnaissant les infinis bienfaits de votre Rédemption. 
- Notre Père, je vous salue Marie, Gloire au Père.

Ô mon Jésus agonisant, moi, misérable créature, n'étant pas capable de vous donner ce réconfort que je voudrais, je vous offre la joie donnée à la Trinité et aux Anges du Paradis, quand vous avez accompli, avec tant de douleur et tant d'amour, le grand travail de la Rédemption ; en même temps vous implorant pour que tous les justes puissent être portés à bien comprendre le mystère de l'amour infini. 
- Notre Père, je vous salue Marie, Gloire au Père.

Troisième Quart
Le Grand Fiat 

Contemple, Ô âme rachetée, comment ton Sauveur, son Cœur transpercé par l'ingratitude des hommes, tombe par terre prostré en agonie. Il est seul, abandonné, sans personne pour L'aider, Lui, qui n'a pas refusé de tendre la Main au faible et à l'affligé, et même de faire de sa poitrine une place de repos pour que Son Apôtre fatigué pose la tête sur Lui !

Lève-toi, Âme fidèle, le moment est venu de faire à Jésus souffrant un retour d'amour. Qu'aurais-tu fait si dans la nuit de la Passion tu t'étais trouvée à Gethsemani, proche de Jésus agonisant ? Mon Bien-aimé Seigneur, je souhaite vous relever de terre... vous offrir mon cœur, sur lequel reposer votre Tête et vous dire alors un mot qui vous consolera. Mon très doux Sauveur, Je vous aime, Je vous aime, Je vous aime ! Je désire avoir de l'amour pour vous, obtenir de l'amour pour vous, faire que tous vous aiment. Je voudrais consumer même ma vie pour que vous soyez aimé, aimé grandement, aimé toujours, aimé par tous vos rachetés. 

Mon doux Jésus, j'ai dit que je voudrais épuiser jusqu’à ma vie même pour que vous soyez aimé ; faire des sacrifices pour cela, peu importe combien grands; pourtant quand je rencontre quelque légère contradiction, quelque petite humiliation, un refus, une réprimande, une dureté... est-ce que je le supporte ? Est-ce que j'aime réellement le sacrifice ?... Est-ce que je me réjouis d’être capable de vous offrir la mortification de la passion ?... Bon Jésus, j'ai honte de répondre... Mais ici près de vous ; ici à l'école de la souffrance et de l'amour, je souhaite apprendre, mon doux Maître, à me mortifier et à me sacrifier en toutes choses pour l'amour de vous.

Pendant ce temps les heures de Sa mortelle agonie passent lentement pour Jésus... Lui, le Dieu du ciel et de la terre, languit prostré sur le sol, et personne ne se soucie de Lui. Mais que font les disciples? Ils dorment!... Ah, Jésus dans la nuit de Sa Passion a dû subir même la douleur de la désertion de Ses proches ; et Il en a senti dans son Cœur l'amertume entière. Cette douleur, Il l’a alors acceptée, il l'a même souhaitée; mais maintenant Il ne la souhaite pas plus longtemps ; plutôt Il veut que ses rachetés veillent autour de Lui, méditant Sa Passion. Mais loin de là, la plus grande part dorment du sommeil des ingrats, qui consiste en l'oubli de Celui qui nous aime et nous est bienfaiteur. 
Oh, quel excès d'ingratitude et d’insensibilité de cœur ! Oh bon Jésus, vous n'êtes pas connu ; car si seulement nous vous connaissions, nous penserions à vous sans cesse, et nos cœurs ne battraient pas sauf pour vous. 

Pendant que Jésus souffre, seul et prostré sur le sol, voici qu'un Ange du Paradis vient Le réconforter. Avec l'humilité d'un fils obéissant, Jésus reçoit le messager de Son Père, prêt à se soumettre à Ses Ordres. L'ange est venu pour le fortifier, mais pas pour le consoler, ni pour atténuer ses douleurs, ni pour prendre de ses mains la coupe amère. En effet Il encourage Jésus à supporter la bataille qu'Il va mener, et à recevoir bravement les coups que le Ciel, le monde et l'enfer vont lui porter; le Ciel parce que l'éternelle Justice du Père était sur le point de punir en Lui toutes les iniquités des hommes; le monde, qui incapable de supporter la sainteté du Fils de Dieu, préparait pour Lui une Croix ; et l'enfer, qui de par sa haine du Saint des Saints, excite les ennemis de Jésus à une plus grande cruauté, et à de plus haineux outrages. C’est pourquoi l'Ange L'exhorte à boire jusqu'à la lie même l'abominable coupe de l'iniquité humaine, pour devenir, pour ainsi dire, maudit pour nous, pour porter le poids entier de la Divine Vengeance.

Pendant ce temps la Justice et la Miséricorde attendent le fiat de Jésus, dans lequel elles seront réconciliées pour toujours. Le Ciel l'attend, pour pouvoir être peuplé d'hommes saints ; la terre attend, languissante de voir la malédiction méritée par son premier péché effacée par le Précieux Sang du Divin Rédempteur ; les justes emprisonnés dans le Sein d'Abraham, l'attendent, pour qu'ils puissent devenir à nouveau enfants de Dieu et voir les portes du Paradis rouvertes pour eux. 

Mais combien grandement ce fiat coûte à Jésus. Lui, le Très Innocent, Lui, le Saint et l'Immaculé, doit mettre l’exécrable habit du pécheur, du méchant : Il doit apparaître comme le coupable, et faire de nos iniquités les Siennes. L'angoisse que cela Lui cause est incommensurable, et le fait répéter: « Laisse cette coupe passer loin de moi! ». Mais à la fois Il voit que nous sommes perdus s'Il ne prend pas la culpabilité de nos offenses sur Lui, et s'Il ne consent pas aux plaies du punisseur, et lave nos iniquités dans Son Sang... C’est pourquoi avec un très généreux élan d'amour héroïque, Jésus prononce son fiat sublime. 

Il dit fiat - "Que Ta Volonté soit faite", et ainsi Il consent à prendre sur son épaule tous nos méfaits, et comme s'il en était coupable, accepte, et même appelle sur Lui ces horrible châtiments ; c'est pourquoi Il dit fiat aux épines pour expier nos pensées mauvaises ; fiat à la flagellation pour punir en Lui-même nos péchés sensuels ; fiat aux insultes, aux crachats et aux coups pour expier notre fierté ; fiat au vinaigre et au fiel, en satisfaction pour nos péchés sans nombre de parole et de gloutonnerie ; fiat à la croix et aux clous, en réparation pour notre désobéissance ; fiat à ces trois heures d'agonie en larmes sur la croix pour guérir toutes nos plaies, pour remédier à tous nos maux ; fiat à Sa mort pour nous donner la vie éternelle ! Ô précieux fiat qui réjouit le Ciel, sauve le monde et défait l'enfe r! Fiat qui brise tant de chaînes, sèche tant de larmes ! Soyez remercié, ô bon Jésus ; merci pour ce fiat si généreux. Je vous bénis et je vous remercie au nom de tous les hommes (Méditez en silence.)

HOMMAGE

Père Saint, Qui en réparation de nos rébellions et désobéissances avez voulu être honoré par le généreux fiat de Jésus à Gethsémani, je vous offre ce même fiat en expiation pour toutes les offenses que votre adorable Majesté a reçue de la part de ma volonté têtue et rebelle, vous implorant de m'accorder une docilité et une soumission parfaite par les mérites de ce même fiat.
- Notre Père, je vous salue Marie, Gloire au Père.

Père Saint, par la gloire que le généreux fiat de Jésus à Gethsemani vous a procurée, je vous supplie de me pardonner toutes mes fautes de rébellion et de désobéissance, et de me donner la grâce désormais d'être entièrement soumise à votre sainte volonté (...) pour l'amour de vous.
- Notre Père, je vous salue Marie, Gloire au Père.

Père Saint, par le généreux effort et l'angoisse que le fiat prononcé à Gethsemani a coûté à Jésus, je vous supplie de m'accorder, ainsi qu'à toutes les âmes qui vous sont consacrées, et à tous les Chrétiens, l'esprit de sainte force et constance, uni à une générosité qui considère comme léger tout sacrifice fait pour votre gloire.
- Notre Père, je vous salue Marie, Gloire au Père.


Dernier Quart - 
Le Sang de Jésus et ses fruits

Mon Jésus a maintenant prononcé Son grand fiat ! Mais l'effort lui cause de tomber à nouveau sur la terre, écrasé sous l'énorme poids avec lequel Il s'est chargé. Oppressé d'un côté par la divine Justice, qui Le considère comme la victime universelle sur laquelle doit être uni tout le péché et son châtiment; et de l'autre côté par son infini désir d'accomplir Sa divine mission comme Rédempteur du monde, lequel prépare pour Lui ce baptême de sang si grandement désiré par Lui. 

Ah! en vérité, le bon Jésus peut maintenant être considéré comme du blé de choix broyé entre deux pierres de meule, et comme des raisins sucrés foulés dans le pressoir ! En effet, telle est l'agonie intense qui oppresse Son Cœur qu'il commence à suer du Sang de tous ses membres ; et cela si abondamment qu'il s'écoule jusqu'à terre ! Oh, combien ce grand fiat a coûté à Jésus ! Oh, combien grandement Il a eu à souffrir pour pouvoir devenir débiteur de nos péchés! Et quelle honte pour moi qui refuse de faire même le plus petit sacrifice, pendant que je vois mon Dieu librement devenir victime pour l'amour de moi. "Il a été offert car c'était Sa propre volonté."

Mais pourquoi, doux Jésus, pourquoi vous torturer ainsi avec une douleur infinie, vous qui avec une seule prière, avec un soupir, avec un battement de Ton cœur, auriez pu sauver le monde ? Mais un prophète a déjà dit que la rédemption de Jésus serait une abondante rédemption. Et vraiment c'est une abondante rédemption qu'Il a forgée, car par elle nous sommes en plus rétablis dans l'honneur dont jouissent les innocents, les justes et les saints! 

Seul un Dieu pouvait accomplir un si excellent travail !
Mais Jésus n'est pas encore satisfait ; dans Son incompréhensible amour Il souhaite que par le moyen de Ses souffrances soient placés entre nos mains, comme quelque chose d'absolument nôtre, les riches trésors de Ses mérites, que par eux nous puissions obtenir toute bonne chose du Très Haut.

Qu'est-ce qui pourrait être désiré de plus ? Cependant il y a des dons si grands que l'homme n'aurait pas pu oser les demander, ni même pensé être capable les acquérir. Mais l'infinie charité de notre Sauveur Béni y pense, et avec la voix de Son Sang, et les soupirs de Son Cœur affligé, Il obtient pour nous de Son Père la grâce suprême d'être élevés même à l'étreinte de la Divinité, au moyen de l'Eucharistie qu'il a cette même nuit instituée. Et comme si cela ne suffisait pas à satisfaire une charité qui ne connait pas de limites, Il souhaite que Son Esprit, le Divin Paraclet, soit infusé et demeure en permanence dans nos âmes. "Je vais demander au Père," a-t-Il dit cette même nuit à Ses Apôtres, "Je vais demander au Père, et Il va vous envoyer le Saint-Esprit." Et maintenant ici à Gethsemani, souffrant et ruisselant de Sang, Il accomplit une telle promesse nous méritant l'infusion du Divin Paraclet, et ainsi élevant l'homme au plus haut degré du bonheur, de la grâce et de la gloire.

Jésus ne peut maintenant faire plus pour nous; pourtant il Lui reste un désir de plus. Il se rappelle que Son Père Lui a dit : "Demande-Moi, et Je vais Te donner les nations en héritage"; et levant Sa Figure ensanglantée au Ciel, Il demande que parmi ces nations qui Lui sont promises comme Son héritage, Il puisse choisir des groupes d'âmes épouses qui seront les bien-aimées de Son Cœur, disciples fidèles suivant Son exemple, et sur lesquelles il pourra verser plus avant l'abondance de ces grâces méritées par Lui avec tant de douleur. "Donne-moi des âmes, donne-Moi des âmes, ô Père, et tout le reste je vais Te le donner, même Ma vie qui sera consommée sur la croix pour elles. Accorde-moi des âmes."

Et parmi toutes ces âmes Jésus choisit aussi la tienne ; il la désire, il la veut, il la demande à Son Père avec des larmes, et pour elle en particulier renouvelle l'offre de Lui-même et toutes Ses souffrances sans limite. Mon âme, mon âme, combien grandement es-tu aimée par ce Dieu, qui suant le sang, t'a choisie, t'a désirée, t'a embrassée comme son épouse !

Et de même que dans peu de temps Jésus, du haut de la croix, dira à Sa Mère, "Voici ton fils" et en la personne de Jean va lui confier tous les rachetés, ainsi à Gethsemani Il se tourne vers Son Père et dit: "Voici Tes enfants. Moi, Ton Fils par nature, prends la place de l'homme pécheur, pour que le pécheur puisse prendre Ma place et devenir Ton enfant par la grâce. Pour moi, ô Père, la souffrance; pour les pécheurs, le pardon et la paix; pour Moi la mort, pour lui la vie; pour Moi, l'abandon, pour lui une parfaite, bénie, et éternelle union avec Toi... Voici, voici Tes enfants... embrasse-les. Mon sang les rends purs, beaux, et dignes de Toi. Père, je souhaite (Jésus n'avait jamais auparavant dit "Je souhaite" mais maintenant Il le dit). Je souhaite que les âmes que Tu m'as données puissent être un avec Nous, unies à Nous, comme Moi avec Toi. Rappelle-toi, ô Père, que Je Me suis abaissé pour devenir homme, pour que l'homme puisse être élevé même à Dieu régnant dans Ta propre gloire pour tout l'éternité."

Vois l'incompréhensible mystère d'amour qui opère dans le Cœur d'un Dieu qui sue le sang pour les hommes ! Vois les admirables fruits du Sang de Jésus ! Silence, admiration et amour généreux ; c'est là, ô Âme justifiée, Âme épousée par un Dieu devenu homme, le seul retour que tu peux faire à l'Excellent, le Saint, et Infini Amour, qui s'immole Lui-même pour toi ! (Méditez en silence.)


HOMMAGE

Père, le cœur pénétré de la plus vive gratitude, je vous remercie au nom de tous les hommes, de nous avoir fait don d'un Rédempteur si bon et si généreux, par lequel, avec des avantages infinis, nous avons récupéré les bénédictions perdues par le péché originel. Je vous offre pour le salut de tous les justes, le Sang qu'Il a répandu, vous implorant d'accorder que ces fruits de la rédemption soient aussi copieux que la rédemption elle-même et que le bon Jésus soit connu, aimé et béni par tous les enfants d'Adam pour toute l'éternité. 
- Notre Père, je vous salue Marie, Gloire au Père.

Père Saint, Je vous offre le Précieux Sang de Jésus pour obtenir de votre miséricorde l'accroissement de l'Église Catholique, la conversion de tous les infidèles, des hérétiques, et des pécheurs, la persévérance des justes et la libération des âmes du Purgatoire. Je vous L'offre pour le plus grand bien de mes supérieurs et de ceux qui me sont chers. De plus, Je vous L'offre pour la sanctification de mon âme et pour obtenir ... (ici une demande pour toutes les grâces désirées.)
- Notre Père, je vous salue Marie, Gloire au Père.

Père Saint, qui avez tant aimé le monde au point de même sacrifier votre Fils unique dans de grands tourments pour lui, accordez moi que le monde maintenant aime extrêmement Jésus, lui montre une gratitude sans réserves, le bénisse et l'exalte ; et que les âmes soient nombreuses à être parfaitement unies et constamment fidèles à Lui, et que parmi ce nombre puisse aussi se trouver ma pauvre âme. Père Saint, je vous offre les soupirs, les prières, et l'agonie de Jésus à Gethsemani, avec le Sang qu'Il a répandu, pour que vous puissiez faire renaître très vivement dans les cœurs de tous les chrétiens la dévotion aux mystères admirables de la Rédemption ; et avec elle ce vrai et généreux esprit de sacrifice, qui rend l'âme si semblable à Jésus.
- Notre Père, je vous salue Marie, Gloire au Père.

CONCLUSION
Un regard de plus à ton Jésus, ô mon âme, ô âme de Son amour et de Sa douleur. Les longues heures d'Agonie à Gethsémani ont déjà passé pour laisser place à un jour d'outrages et aux trois heures finales de torture sur la croix.
Vois, Judas vient le trahir... Et Jésus comme un humble agneau, va à sa rencontre ! Ah, mon Jésus, vais-je vous voir dans les bras d'un traître ? Ah, non ! venez plutôt dans mon étreinte ; même jusque dans mon cœur, ô bon Jésus, car je ne souhaite pas vous offenser plus longtemps, mais toujours vous aimer. 

FRUITS A RECUEILLIR DE L'HEURE SAINTE

1) Imprimer dans son cœur les souffrances de Jésus et souvent méditer sur elles.

2) S'exciter à un généreux amour pour Jésus et ne Lui refuser aucun sacrifice.

3) Se dire que Jésus n'est pas plus longtemps en train de souffrir sur la Terre, et n'ayant plus besoin d'affectueux services, nous a laissés, nous, affligés en Sa place; ce pourquoi Il souhaite que nous donnions à notre prochain cette sympathie et aide auxquelles il a renoncé durant Sa Passion pour souffrir davantage, étant certains qu'Il considérera comme fait à Lui-même ce que nous faisons à nos frères, "car quoi que tu fasses aux autres, tu Me le fais à Moi". Que cette réflexion fasse augmenter la charité à l'intérieur de nous.