lundi 10 février 2014

Sermon des sacres du 30 juin 1988


NB : Nous avions fait une erreur dans cet article en publiant au début un texte de la crise intégriste qui n'était pas le sermon des sacres mais que nous avons pris pour tel au premier abord. Nous mettons ce texte à la suite du vrai sermon des sacres, en attendant de l'identifier précisément.

source sacrificium.org

Au nom du Père, et du Fils et du Saint Esprit, Ainsi-soit-il !
  
Excellence, bien cher Monseigneur de Castro Mayer,  
Mes bien chers amis,  
Mes bien chers frères,   
Nous voici réunis pour une cérémonie certainement historique et, au début de ces quelques mots que je veux vous adresser à cette occasion, je voudrais vous donner quelques informations.   
La première d’entre elles vous étonnera peut-être un peu, comme elle m’a surpris moi-même. Hier soir, à dix-huit heures, est arrivé un envoyé de la nonciature de Berne avec un pli contenant un appel de notre Saint-Père le pape qui mettait tout simplement à ma disposition une voiture qui devait m’emmener hier soir même à Rome pour éviter que je fasse ces consécrations aujourd’hui, sans me dire pourquoi, ni où, je devais me rendre à Rome. Je ne sais pas, mais une voiture était mise à ma disposition pour partir immédiatement, hier soir à dix-huit heures, pour Rome. Vous jugerez vous-même de l’opportunité et de la sagesse de cette demande. Je suis allé à Rome pendant de nombreuses journées au cours de cette année, même des semaines. Le Saint-Père ne m’a pas invité à venir le voir. J’aurais été sans doute heureux de le voir si des accords avaient été définitifs. Voici cette information. Je vous la communique tout simplement comme je l’ai apprise hier moi-même par une lettre de la nonciature.   
Et maintenant, je vous donne quelques indications au sujet de la cérémonie et au sujet des manières pour vous de vous renseigner sur la signification de cette cérémonie. Les futurs consacrés, les futurs évêques, ont déjà prêté dans mes mains le serment qui se trouve dans le petit livre qu’un certain nombre d’entre vous, sans doute, ont acquis pour suivre la cérémonie du sacre des évêques. Le serment a donc déjà été prononcé, plus le serment anti-moderniste – comme c’était prescrit autrefois pour la consécration des évêques –, plus la profession de foi. Ils ont donc fait ces serments et cette profession, dans mes mains, après la petite retraite qui a eu lieu à Sierre ces derniers jours. Ne vous étonnez donc pas si nous commençons immédiatement par les interrogatoires sur la Foi, la Foi que l’Église demande à ceux qui vont être consacrés.   
Ensuite, je vous informe que, après la cérémonie, vous pourrez bien sûr demander la bénédiction de ces évêques et baiser leur anneau. Ce n’est pas la coutume de l’Église de baiser les mains de l’évêque comme on baise les mains des nouveaux prêtres, comme vous l’avez fait hier, mais on leur demande la bénédiction et on baise leur anneau.   
Enfin, vous avez à votre disposition, à la table de la librairie, de la procure, vous avez à votre disposition des livres et des feuilles qui contiennent tous les éléments qui peuvent vous faire comprendre pourquoi cette cérémonie, pourquoi cette cérémonie apparemment faite contre la volonté de Rome.   
Il est nécessaire que vous compreniez bien que nous ne voulons pour rien au monde que cette cérémonie soit un schisme. Nous ne sommes pas des schismatiques. Si l’excommunication a été prononcée contre les évêques de Chine qui se sont séparés de Rome et qui se sont soumis au gouvernement chinois, on comprend très bien pourquoi le pape Pie les a excommuniés. Mais il n’est pas question pour nous du tout de nous séparer de Rome et de nous soumettre à un pouvoir quelconque étranger à Rome, et de constituer une espèce d’Église parallèle comme l’ont fait, par exemple, les évêques de Palmar de Troya en Espagne qui ont nommé un pape, qui ont fait un collège de cardinaux. Il n’est pas du tout question de chose semblable pour nous. Loin de nous ces pensées misérables de nous éloigner de Rome. Bien au contraire, c’est pour manifester notre attachement à Rome que nous faisons cette cérémonie. C’est pour manifester notre attachement à l’Église de toujours, au pape, et à tous ceux qui ont précédé ces papes qui, malheureusement, depuis le concile de Vatican II ont cru devoir adhérer à des erreurs, des erreurs graves qui sont en train de démolir l’Église et de détruire tout le sacerdoce catholique.   
Vous trouverez précisément parmi ces feuilles que nous mettons à votre disposition une étude absolument admirable faite par le professeur Kachewski, de l’Una Voce Correspondanz d’Allemagne, qui explique merveilleusement pourquoi nous sommes dans le cas de nécessité, cas de nécessité de venir au secours de vos âmes, de venir à votre secours.   
Vos applaudissements, tout à l’heure, je pense, n’étaient pas une manifestation – je dirais – purement temporelle. C’est une manifestation spirituelle, manifestant votre joie d’avoir enfin des évêques et des prêtres catholiques qui sauvent vos âmes, qui donnent à vos âmes la vie de Notre Seigneur Jésus Christ par la doctrine, par les sacrements, par la Foi, par le saint sacrifice de la Messe, vie de Notre Seigneur dont vous avez besoin pour aller au Ciel et qui est en train de disparaître partout dans cette Église conciliaire qui suit des chemins qui ne sont pas des chemins catholiques et qui mènent tout simplement à l’apostasie. C’est pour cela que nous faisons cette cérémonie.   
Loin de moi de m’ériger en pape. Je ne suis qu’un évêque de l’Église catholique qui continue à transmettre, à transmettre la doctrine. Tradidi quod et accepi. C’est ce que je pense que je souhaiterais qu’on mette sur ma tombe, et cela ne tardera sans doute pas qu’on mette sur ma tombe Tradidi quod et accepi – ce que dit saint Paul – « Je vous ai transmis ce que j’ai reçu », tout simplement. Je suis le facteur qui porte une lettre. Ce n’est pas moi qui l’ai faite cette lettre, ce message, cette parole de Dieu, c’est Dieu Lui-même, c’est Notre Seigneur Jésus Christ Lui-même, et nous vous avons transmis, par l’intermédiaire de ces chers prêtres qui sont ici présents, et par tous ceux qui, eux-mêmes, ont cru devoir résister à cette vague d’apostasie dans l’Église, en gardant la Foi de toujours et en la transmettant aux fidèles. Nous ne sommes que des porteurs de cette nouvelle, de cet évangile que Notre Seigneur Jésus Christ nous a donné et des moyens pour nous sanctifier : la Sainte Messe, la vraie Sainte Messe, les vrais sacrements, qui donnent vraiment la vie spirituelle.  Il me semble entendre la voix de tous ces papes depuis Grégoire XVI, Pie IX, Léon XIII, saint Pie X, Benoît XV, Pie XI, Pie XII, nous dire :  
« Mais de grâce, de grâce, qu’allez-vous faire de nos enseignements ? de notre prédication ? de la Foi catholique ? Allez-vous l’abandonner ? Allez-vous la laisser disparaître de cette terre ? De grâce, de grâce, continuez à garder ce trésor que nous vous avons donné. N’abandonnez pas les fidèles ! n’abandonnez pas l’Église ! continuez l’Église ! Car enfin, depuis le concile, ce que nous avons condamné, voici que les autorités romaines l’adoptent, et le professent, comment est-ce possible ? Nous avons condamné le libéralisme, nous avons condamné le communisme, le socialisme, le modernisme, le sillonnisme, toutes ces erreurs que nous avons condamnées, voici maintenant qu’elles sont professées, adoptées, soutenues par les autorités de l’Église : est-ce possible ? Si vous ne faites pas quelque chose pour continuer cette Tradition de l’Église que nous vous avons donnée, tout disparaîtra. L’Église disparaîtra, les âmes seront toutes perdues ».  
Nous nous trouvons devant un cas de nécessité. Nous avons tout fait pour essayer que Rome comprenne qu’il faut revenir à cette attitude du vénéré Pie XII et de tous ses prédécesseurs. Nous avons écrit, nous sommes allés à Rome, nous avons parlé, nous avons envoyé des lettres – Monseigneur de Castro Mayer et moi-même – plusieurs fois, à Rome ; nous avons essayé par ces colloques, par ces moyens, d’arriver à faire comprendre à Rome que depuis le Concile, cet aggiornamento, ce changement qui s’est produit dans l’Église, n’est pas catholique, n’est pas conforme à la doctrine de toujours de l’Église. Cet œcuménisme et toutes ces erreurs, ce collégialisme, tout cela est contraire à la Foi de l’Église, est en train de détruire l’Église.   
C’est pourquoi, nous sommes persuadés qu’en faisant cette consécration aujourd’hui, nous obéissons à l’appel de ces papes et, par conséquent, à l’appel de Dieu car il représente Notre Seigneur Jésus Christ dans l’Église. Et pourquoi, Monseigneur, avez-vous arrêté ces colloques qui semblaient, cependant, avoir un certain succès ? Précisément, parce que, en même temps que je donnais ma signature pour le protocole, à la même minute, l’envoyé du cardinal Ratzinger qui m’apportait ce protocole à signer, me confiait ensuite une lettre dans laquelle il me demandait de demander pardon pour les erreurs que je faisais. Si je suis dans l’erreur, si j’enseigne des erreurs, il est clair qu’on doit me remettre dans la Vérité. Dans l’esprit de ceux qui m’envoient cette feuille à signer, que je reconnaisse mes erreurs, c’est-à-dire   
« Si vous reconnaissez vos erreurs, nous vous aiderons à revenir dans la vérité ».   
Quelle est cette vérité pour eux si ce n’est la vérité de Vatican II ? sinon la vérité de cette Église conciliaire ? c’est clair ! Par conséquent, il est clair que pour le Vatican, la seule vérité qui existe aujourd’hui, c’est la vérité conciliaire, c’est l’esprit du concile, c’est l’esprit d’Assise. Voilà la vérité d’aujourd’hui. Et cela, nous n’en voulons pour rien au monde, pour rien au monde ! C’est pourquoi, constatant cette volonté ferme des autorités romaines actuelles de réduire à néant la Tradition et de ramener tout le monde dans cet esprit de Vatican II et cet esprit d’Assise, nous avons préféré nous retirer, évidemment, et nous dire : Nous ne pouvons pas, c’est impossible. Il n’est pas possible de nous mettre sous une autorité car nous aurions été évidemment sous l’autorité du cardinal Ratzinger, président de cette Commission romaine qui devait nous diriger. Nous nous mettions dans ses mains et, par conséquent, dans les mains de ceux qui veulent nous ramener à l’esprit du concile et l’esprit d’Assise.   
Ce n’est pas possible.  
C’est pourquoi j’ai envoyé une lettre au pape en lui disant très clairement :   
« Nous ne pouvons pas, malgré tous les désirs que nous avons d’être en pleine union avec vous. Étant donné cet esprit qui règne maintenant à Rome et que vous voulez nous communiquer, nous préférons continuer dans la Tradition, garder la Tradition, en attendant que cette Tradition retrouve sa place, en attendant que cette Tradition retrouve sa place dans les autorités romaines, dans l’esprit des autorités romaines. Cela durera ce que le Bon Dieu prévoit. Ce n’est pas à moi à savoir quand la Tradition retrouvera ses droits à Rome mais je pense que c’est mon devoir de donner les moyens de faire ce que j’appellerais cette opération survie, opération survie de la Tradition. »   
Aujourd’hui, cette journée, c’est l’opération survie et si j’avais fait cette opération avec Rome, en continuant les accords que nous avons signés et en poursuivant la mise en pratique de ces accords, je faisais l’opération suicide. Alors il n’y a pas de choix, je suis obligé, nous devons survivre. C’est pourquoi aujourd’hui, en consacrant ces évêques, je suis persuadé de continuer, de faire vivre la Tradition, c’est-à-dire l’Eglise catholique.  
Vous savez bien, mes bien chers frères, vous savez bien qu’il ne peut y avoir de prêtres sans évêque. Tous ces séminaristes qui sont ici présents, si demain le Bon Dieu me rappelle, et ce sera sans doute sans tarder, eh bien, ces séminaristes de qui recevront-ils le sacrement de l’ordre ? Des évêques conciliaires, dont les sacrements sont tous douteux, parce qu’on ne sait pas exactement quelles sont leurs intentions ? Ce n’est pas possible ! Or, quels sont les évêques qui ont gardé vraiment la Tradition, qui ont gardé les sacrements tels que l’Église les a donnés pendant vingt siècles jusqu’au concile Vatican II ? Eh bien, c’est Monseigneur de Castro Mayer et moi-même. Je n’y peux rien, c’est comme ça. Et donc, beaucoup de séminaristes se sont confiés à nous, ont senti qu’il y avait là la continuité de l’Eglise, la continuité de la Tradition et donc sont venus dans nos séminaires, malgré les difficultés qu’ils ont rencontrées, pour recevoir une véritable ordination sacerdotale et pour pouvoir offrir le vrai sacrifice du calvaire, le vrai sacrifice de la Messe et vous donner les vrais sacrements, la vraie doctrine, le vrai catéchisme.   
Voilà le but de ces séminaires. Alors je ne puis pas en conscience laisser ces séminaristes orphelins et je ne peux pas vous non plus vous laisser orphelins en disparaissant sans rien faire pour l’avenir. Ca n’est pas possible. Ce serait contraire à mon devoir. C’est pourquoi nous avons choisi, avec la grâce de Dieu, des jeunes prêtres, des prêtres de notre Fraternité, qui nous ont semblé les plus aptes et, en même temps, qui sont dans des lieux et dans des fonctions qui leur permettent le plus facilement de remplir leur ministère épiscopal, de donner la confirmation à vos enfants et de pouvoir donner les ordinations dans nos divers séminaires. Ainsi, je crois qu’avec la grâce du Bon Dieu, nous aurons dans cette consécration – Monseigneur de Castro Mayer et moi-même –, donné les moyens à la Tradition de continuer, donné les moyens aux catholiques qui le désirent de se maintenir dans l’Église de leurs parents, de leurs grands-parents, de leurs ancêtres, ces églises pour lesquelles vos paroisses ont été fondées, toutes ces belles églises qui avaient de beaux autels qui ont été souvent détruits pour y mettre une table à la place, manifestant ainsi le changement radical qui s’est opéré depuis le Concile à propos du Saint Sacrifice de la Messe, qui est le cœur de l’Église et qui est aussi le but du sacerdoce.  Donc, nous voulons vous remercier d’être venus nombreux pour nous encourager dans l’accomplissement de cette cérémonie et nous nous tournons vers la Vierge Marie.   
Vous savez bien, mes bien chers frères, vous savez bien – on a dû vous le dire – que Léon XIII, dans une vision prophétique qu’il a eu, a dit que, un jour, le Siège de Pierre deviendrait le siège de l’iniquité. Il l’a dit dans un de ses exorcismes, dans l’« Exorcisme de Léon XIII ».   
Est-ce que c’est aujourd’hui ? Est-ce que c’est demain ? Je ne sais pas. Mais en tout cas, cela a été annoncé. L’iniquité, cela peut tout simplement l’erreur. C’est une iniquité l’erreur : ne plus professer la Foi de toujours, ne plus professer la Foi catholique, c’est une grave erreur. S’il y a une iniquité, c’est bien celle-là, qui est grande. Et je crois vraiment pouvoir dire qu’il n’y a jamais eu une iniquité plus grande dans l’Église que cette journée d’Assise qui est contraire au premier commandement de Dieu et contraire au premier article du Credo. C’est une chose incroyable que cette chose ait pu jamais se réaliser dans l’Église, devant les yeux de toute l’Église humiliée. Nous n’avons jamais subi une humiliation semblable. Vous pourrez d’ailleurs retrouver cela dans le petit livre de l’abbé Le Roux qui a été édité spécialement pour vous donner des renseignements sur la situation romaine d’aujourd’hui.
  Et non seulement le bon pape Léon XIII a prophétisé ces choses mais Notre Dame…   
Dernièrement, notre prêtre qui est chargé du prieuré de Bogota, en Colombie, m’a apporté un livre fait sur les apparitions de Bon Successo – du Bon Succès – qui a une église, grande église en Equateur, à Quito, capitale de l’Equateur – et des apparitions qui ont eu lieu à une religieuse d’un couvent de Quito et cela peu de temps après le concile de Trente.   
C’est donc à plusieurs siècles, comme vous le voyez. Eh bien, la Très Sainte Vierge a dit à cette religieuse – cela a été consigné, cette apparition a été reconnue par Rome, par les autorités ecclésiastiques puisqu’on a construit une magnifique église pour la Vierge dont, d’ailleurs, disent les historiens, le visage de la Vierge aurait été terminé, le sculpteur était en train de terminer le visage de la Vierge lorsqu’il a trouvé le visage de la Vierge fait miraculeusement, cette Vierge miraculeuse est donc là honorée avec beaucoup de dévotion par les fidèles de l’Équateur – et cette Vierge a prophétisé pour le XXe siècle, elle a dit explicitement :   
« Pendant le XIXe siècle et la plus grande partie du XXe siècle, des erreurs se propageront de plus en plus fortement dans la Sainte Église, mettront l’Église dans une situation de catastrophe absolue, de catastrophe, et les mœurs se corrompront, et la Foi disparaîtra. »  
Il semble que nous ne pouvons pas ne pas constater et, je m’excuse de continuer ce récit de cette apparition, mais elle parle d’un prélat qui s’opposera absolument à cette vague d’apostasie et à cette vague d’impiété en préservant le sacerdoce, en faisant des bons prêtres. Vous ferez l’application si vous voulez ; moi je ne veux pas la faire, je ne puis pas. J’ai été moi-même stupéfait en lisant ces lignes, je ne peux pas le nier, c’est comme cela, c’est inscrit, c’est imprimé, c’est consigné dans les archives de cette apparition.   
Et puis vous connaissez bien les apparitions de La Salette où Notre Dame dit que Rome perdra la Foi, qu’il y aura une éclipse à Rome. Voyez ce que cela peut signifier de la part de la Très Sainte Vierge. Et puis enfin le secret de Fatima qui est encore plus proche de nous. Sans doute le troisième secret de Fatima devait faire des allusions à ces ténèbres qui ont envahi Rome, ces ténèbres qui envahissent le monde depuis le Concile. Et c’est bien pour cela que le pape Jean XXIII a jugé bon de ne pas publier le secret, étant donné qu’il aurait fallu qu’il prenne des mesures telles qu’il ne se sentait peut-être pas capable de changer complètement les orientations qu’il commençait à prendre en vue du Concile et pour le Concile.   
Voilà des faits, n’est-ce pas, sur lesquels, je pense, nous pouvons aussi nous appuyer.   
Alors nous nous en remettons à la Providence. Et nous sommes persuadés que le Bon Dieu sait ce qu’Il fait et que, dans quelques années, de même que quand le cardinal Gagnon a fait sa visite – quatorze ans après la première visite de Rome et que nous avons été suspens et que nous avons été dits hors de la communion de Rome, contre le pape, que nous étions rebelles, dissidents, pendant ces quatorze années –, et puis une visite vient de Rome et le cardinal Gagnon lui-même reconnaît que ce que nous faisons sera sans doute ce qu’il faudra pour la nouvelle reconstruction de l’Église. Et puis il a assisté lui-même, pontificalement, à la messe que je célébrai le 8 décembre pour la rénovation des promesses de nos séminaristes alors que je suis suspens en principe, que je ne devais plus dire les sacrements. Donc quatorze ans après, on nous donne presque un blanc-seing en nous disant : « Vous avez bien fait ! ».  
Alors nous avons bien fait de résister ? Je suis persuadé que nous sommes dans les mêmes circonstances aujourd’hui. Nous faisons un acte qui apparemment, apparemment… et malheureusement les médias ne nous aident pas dans ce sens parce, évidemment, ils vont titrer sans doute en tête de leurs journaux : « Le schisme », « L’excommunication », tant qu’ils pourront.   
Pour nous, nous sommes persuadés, toutes ces accusations dont nous sommes l’objet, toutes ces peines dont nous sommes l’objet sont nulles, absolument nulles !   
C’est pourquoi nous n’en tenons absolument aucun compte. De même que nous n’avons pas tenu compte de la suspens et que nous avons fini par être félicités par l’Église et même par l’Église progressiste, de même, dans quelques années – je ne sais pas : le Bon Dieu seul connaît le nombre des années qu’il faudra pour que le jour où la Tradition retrouve ses droits à Rome –, nous serons embrassés par les autorités romaines qui nous remercieront d’avoir maintenu la foi dans les séminaires, dans les familles, dans les cités, dans nos pays, dans nos couvents, dans nos maisons religieuses, pour la plus grande gloire du Bon Dieu et pour le salut des âmes.  
Au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit. Ainsi soit-il.  
† Marcel Lefebvre  


Autre texte à identifier :

source la crise intégriste

Mes bien chers amis, mes bien chers confrères, mes bien chers frères, qui êtes venus de tous les pays, de tous les horizons, c’est une joie pour nous de vous accueillir et de vous sentir si près de nous en ce moment, si important pour notre Fraternité et aussi pour l’Eglise. Je pense, en effet, que si des pèlerins se sont permis de faire le sacrifice de voyager nuit et jour, de venir de régions très éloignées pour participer à cette cérémonie, c’est qu’ils avaient la conviction qu’ils venaient assister à une cérémonie d’Eglise, participer à une cérémonie qui réjouira leur cœur, parce qu’ils auront ainsi la certitude, en rentrant chez eux, que l’Eglise catholique continue.
Les pressions de Rome
Oh! je le sais bien, les difficultés sont nombreuses dans cette entreprise que l’on nous dit être téméraire. On nous dit que nous sommes dans une impasse. Pourquoi ? Parce que de Rome nous sont venus, surtout depuis trois mois, en particulier depuis le 19 mars, fête de saint Joseph, des objurgations, des supplications, des ordres, des menaces, pour nous dire de cesser notre activité, pour nous dire de ne pas faire ces ordinations sacerdotales. Elles ont été pressantes ces derniers jours: depuis douze jours, spécialement, nous ne cessons de recevoir des messages ou des envoyés de Rome, nous enjoignant de nous abstenir de faire ces ordinations. Mais si, en toute objectivité, nous cherchons quel est le motif véritable qui anime ceux qui nous demandent de ne pas faire ces ordinations, si nous recherchons leur motif profond, nous trouvons que c’est parce que nous ordonnons ces prêtres, afin qu’ils disent la messe de toujours. Et c’est parce que l’on sait que ces prêtres seront fidèles à la messe de l’Eglise, à la messe de la Tradition, à la messe de toujours, qu’on nous presse de ne pas les ordonner. Je n’en veux pour preuve que ce fait : six fois depuis trois semaines, six fois on nous a demandé de rétablir des relations normales avec Rome et, comme témoignage, de recevoir le rite nouveau et de le célébrer moi-même. On est allé jusqu’à m’envoyer quelqu’un qui m’a offert de concélébrer avec moi dans le rite nouveau, afin de manifester que j’acceptais volontiers cette nouvelle liturgie, et qui m’a dit que, de ce fait, tout serait aplani entre nous et Rome. On m’a mis dans les mains un missel nouveau, en me disant : « Voilà la messe que vous devez célébrer et que vous célébrerez désormais dans toutes vos maisons. » On m’a dit également que, si en cette date, aujourd’hui, ce 29 juin, devant toute notre assemblée, nous célébrions une messe selon le nouveau rite, tout serait aplani alors entre nous et Rome. Ainsi il est clair, il est net que c’est sur le problème de la messe que se joue tout le drame entre Ecône et Rome.
La nouvelle messe, symbole d’une foi nouvelle
Avons-nous tort de nous obstiner à vouloir garder le rite de toujours ? Certes, nous avons prié, nous avons consulté, nous avons réfléchi, nous avons médité pour savoir si vraiment c’est nous qui étions dans l’erreur ou si réellement nous n’avions pas de raison suffisante de ne pas nous soumettre à ce nouveau rite. Eh bien, justement, l’insistance que mettent ceux qui nous sont envoyés de Rome pour nous demander de changer de rite, nous fait réfléchir, et nous avons la conviction que précisément ce rite nouveau de la messe exprime une nouvelle foi, une foi qui n’est pas la nôtre, une foi qui n’est pas la foi catholique.
Cette nouvelle messe est un symbole, une expression, une image d’une foi nouvelle, d’une foi moderniste, car si la Sainte Eglise a voulu garder tout au cours des siècles, ce trésor précieux qu’elle nous a donné du rite de la sainte messe canonisée par saint Pie V, ce n’est pas pour rien. C’est parce que dans cette messe se trouve toute notre foi, toute la foi catholique: la foi dans la Sainte Trinité, la foi dans la divinité de Notre-Seigneur Jésus-Christ, la foi dans le Sang de Notre-Seigneur Jésus-Christ, qui a coulé pour la rédemption de nos péchés, la foi dans la grâce surnaturelle, qui nous vient du Saint Sacrifice de la messe, qui nous vient de la Croix, qui nous vient par tous les sacrements. Voilà ce que nous croyons en célébrant le Saint Sacrifice de la messe de toujours. Cette messe est une leçon de foi, indispensable pour nous en cette époque où notre foi est attaquée de toutes parts. Nous avons besoin de cette messe véritable, de cette messe de toujours, de ce Sacrifice de Notre-Seigneur Jésus-Christ.
C’est la notion protestante de la messe qui s’introduit dans la Sainte Eglise
Or, il est évident que ce rite nouveau, sous-tendu – si je puis dire – suppose une autre conception de la religion catholique, une autre religion. Ce n’est plus le prêtre qui offre la messe, c’est l’assemblée. Cela est tout un programme. Désormais, c’est l’assemblée aussi qui remplace l’autorité dans l’Eglise: c’est l’assemblée épiscopale qui remplace le pouvoir des évêques, c’est le conseil presbytéral qui remplace le pouvoir de l’évêque dans le diocèse, c’est le nombre qui commande désormais dans la Sainte Eglise, et cela est exprimé dans la messe précisément en ce que l’assemblée remplace le prêtre, à tel point que maintenant beaucoup de prêtres ne veulent plus célébrer la sainte messe quand il n’y a pas d’assemblée. Tout doucement, c’est la notion protestante de la messe qui s’introduit dans la Sainte Eglise. Et cela est conforme à la mentalité de l’homme moderne, à la mentalité de l’homme moderniste, cela lui est absolument conforme. Car, c’est l’idéal démocratique qui est fondamentalement l’idéal de l’homme moderne : pour lui, le pouvoir est dans l’assemblée, l’autorité est dans les hommes, dans la masse, et non pas en Dieu. Nous, nous croyons que Dieu est tout-puissant, nous croyons que Dieu a toute autorité, nous croyons que toute autorité vient de Dieu : « Omnis protestas a Deo ». Nous ne croyons pas, nous, que l’autorité vient du peuple, que l’autorité vient de la base, comme le veut la mentalité de l’homme moderne. Or, la nouvelle messe n’en est pas moins l’expression de cette idée que l’autorité se trouve à la base et non plus en Dieu. Cette messe n’est pas une messe hiérarchique, c’est une messe démocratique, et cela est très grave. C’est l’expression de toute une nouvelle idéologie: on a fait entrer l’idéologie de l’homme moderne dans nos rites les plus sacrés. Et c’est cela qui corrompt actuellement toute l’Eglise, car par cette idée de pouvoir accordé à la base dans la sainte messe, on détruit le sacerdoce, on est en train de détruire le sacerdoce.
Le vrai sacerdoce - Nouveau sacerdoce
Le prêtre n’aura plus un pouvoir personnel, ce pouvoir qui lui est donné par son ordination, comme vont le recevoir dans un instant ces futurs prêtres. Ils vont recevoir un caractère qui va les mettre au-dessus du Peuple de Dieu. Ils ne pourront jamais plus dire après cette cérémonie qu’ils sont des hommes comme les autres. Ce n’est pas vrai: ils ne seront plus des hommes comme les autres, ils seront des hommes de Dieu. Ils seront des hommes qui participent à la divinité de Notre-Seigneur Jésus-Christ en participant à son caractère sacerdotal. Car Notre-Seigneur Jésus-Christ est prêtre pour l’éternité, prêtre selon l’ordre de Melchisédech, parce que la divinité du Verbe de Dieu a été infusée dans cette humanité qu’Il a assumée. Et c’est au moment où Il a assumé cette humanité dans le sein de la Très Sainte Vierge Marie que Jésus est devenu prêtre.
La grâce à laquelle ces jeunes prêtres vont participer n’est pas la grâce sanctifiante, à laquelle Notre-Seigneur Jésus-Christ nous fait participer par la grâce du baptême ; c’est la grâce d’union, cette grâce d’union unique à Notre-Seigneur Jésus-Christ. C’est à cette grâce qu’ils vont participer, car c’est par sa grâce d’union à la divinité de Dieu, à la divinité du Verbe, que Notre-Seigneur Jésus-Christ est devenu prêtre, que Notre-Seigneur Jésus-Christ est roi, que Notre-Seigneur Jésus-Christ est juge, que Notre-Seigneur Jésus-Christ doit être adoré par tous les hommes. Par la grâce d’union, grâce sublime, grâce que jamais aucun être ici-bas n’a pu concevoir, cette grâce de la divinité même, descendant dans une humanité qui est celle de Notre-Seigneur Jésus-Christ, l’oignant en quelque sorte comme l’huile qui descend sur la tête et qui consacre celui qui la reçoit, l’humanité de Notre-Seigneur Jésus-Christ était pénétrée par la divinité du Verbe de Dieu et c’est ainsi qu’il a été fait prêtre, qu’il a été fait médiateur entre Dieu et les hommes, et c’est à cette grâce-là que vont participer ces prêtres, c’est elle qui les mettra au-dessus du peuple de Dieu. Eux aussi, ils seront les intermédiaires entre Dieu et son peuple. Ils ne seront pas seulement les représentants du peuple de Dieu, ils ne seront pas les mandatés du peuple de Dieu, ils ne seront pas seulement les présidents de l’assemblée. Ils seront prêtres pour l’éternité, marqués de ce caractère pour l’éternité. Et personne n’a le droit de ne pas les respecter. Même si eux, ils ne respectaient pas ce caractère, ils l’ont toujours en eux, ils l’auront toujours en eux.
Voilà ce que nous croyons, voilà quelle est notre foi et voilà ce qui constitue notre Saint Sacrifice de la messe. C’est le prêtre qui offre le Saint Sacrifice de la messe. Les fidèles participent, certes, à cette offrande de tout leur cœur, de toute leur âme, mais ce ne sont pas eux qui l’offrent. La preuve: le prêtre, quand il est seul, offre le Sacrifice de la messe de la même manière et avec la même valeur que s’il y avait mille personnes qui l’entouraient ; son sacrifice a une valeur infinie car il n’est autre que le sacrifice de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Voilà ce que nous croyons, et c’est pourquoi nous pensons que nous ne pouvons pas accepter ce rite nouveau, qui est l’œuvre d’une idéologie autre, d’une idéologie nouvelle.
On a cru attirer le monde en prenant ses idées
On a cru attirer à l’Eglise les gens qui ne croient pas, en prenant leurs idées, en prenant les idées de l’homme moderne, de cet homme moderne qui est un homme libéral, un homme moderniste, un homme qui accepte la pluralité des religions, mais n’accepte plus la royauté sociale de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Cela, je l’ai entendu par deux fois des envoyés du Saint-Siège, qui m’ont dit que la royauté sociale de Notre-Seigneur Jésus-Christ n’était plus possible en notre temps, qu’il fallait accepter définitivement le pluralisme des religions, que l’encyclique Quas primas sur la royauté de Notre-Seigneur Jésus-Christ, cette encyclique si belle qui a été écrite par le pape Pie XI, ne serait plus écrite aujourd’hui par le pape. Voilà ce que m’ont dit les envoyés officiels du Saint-Siège.
Eh bien, nous ne sommes pas de cette religion, nous n’acceptons pas cette nouvelle religion. Nous sommes de la religion de toujours, nous sommes de la religion catholique, nous ne sommes pas de cette religion universelle, comme ils l’appellent aujourd’hui. Ce n’est plus la religion catholique. Nous ne sommes pas de cette religion libérale, moderniste, qui a son culte, ses prêtres, sa foi, ses catéchismes, sa bible – sa bible œcuménique. Nous ne les acceptons pas, nous n’acceptons pas la bible œcuménique. Il n’y a pas de bible œcuménique, il y a la Bible de Dieu, la Bible de l’Esprit-Saint, qui a été écrite sous l’influence de l’Esprit-Saint! C’est la parole de Dieu, nous n’avons pas le droit de la mélanger avec la parole des hommes! Il n’y a pas de bible œcuménique qui puisse exister, il n’y a qu’une parole, la Parole du Saint-Esprit. Nous n’acceptons pas les catéchismes qui n’affirment plus notre Credo. Et ainsi de suite, nous ne pouvons pas accepter ces choses-là. C’est contraire à notre foi, nous le regrettons infiniment, cela nous est une douleur immense, immense, de penser que nous sommes en difficulté avec Rome à cause de notre foi ! Comment est-ce possible ? C’est une chose qui dépasse notre imagination, que jamais nous n’aurions pu penser, que jamais nous n’aurions pu croire, surtout dans notre enfance, alors que tout était uniforme, que l’Eglise croyait en son unité générale, qu’elle avait la même foi, les mêmes sacrements, le même Sacrifice de la messe, le même catéchisme. Voilà que, tout à coup, tout cela est dans la division, dans le déchirement.
La nouvelle religion, cause de déchirements
Je l’ai dit à ceux qui sont venus de Rome : des chrétiens sont déchirés dans leur famille, dans leur foyer, parmi leurs enfants, ils sont déchirés dans leur cœur à cause de cette division dans l’Eglise, de cette nouvelle religion que l’on enseigne et que l’on pratique. Des prêtres meurent prématurément, déchirés dans leur cœur et dans leur âme de penser qu’ils ne savent plus que faire : ou se soumettre à l’obéissance et perdre en quelque sorte la foi de leur enfance et de leur jeunesse, et renoncer aux promesses qu’ils ont faites au moment de leur sacerdoce, en prêtant le serment anti-moderniste, ou alors avoir l’impression de se séparer de celui qui est notre Père, le pape, de celui qui est le Successeur de Pierre. Quel déchirement pour les prêtres ! Des prêtres, beaucoup de prêtres sont morts prématurément de douleur. Des prêtres sont maintenant chassés de leurs églises, persécutés, parce qu’ils disent la messe de toujours ! Nous sommes dans une situation vraiment dramatique ! Alors, nous avons à choisir entre une apparence – je dirais – d’obéissance – car le Saint-Père ne peut pas nous demander d’abandonner notre foi, c’est absolument impossible – et la conservation de notre foi. Eh bien, nous choisissons de ne pas abandonner notre foi. Car en cela, nous ne pouvons par nous tromper. L’Eglise ne peut pas être dans l’erreur dans ce qu’elle a enseigné pendant deux mille ans, c’est absolument impossible. Et c’est pourquoi nous sommes attachés à cette tradition qui s’est exprimée d’une manière admirable et d’une manière définitive, comme l’a si bien dit le pape saint Pie V, dans le Saint Sacrifice de la messe.
Ils nous porteront une condamnation, mais elle sera invalide
Demain, peut-être, notre condamnation paraîtra dans les journaux à cause de ces ordinations d’aujourd’hui, c’est très possible. Probablement, je serai frappé moi-même d’une suspense, ces jeunes prêtres seront frappés par une irrégularité qui, en principe, devrait les empêcher de dire la sainte messe; c’est possible. Eh bien, je fais appel à saint Pie V, qui a dit dans la Bulle Quo primum qu’à perpétuité, aucun prêtre ne pourra encourir une censure, quelle qu’elle soit, parce qu’il dit cette messe. Et par conséquent, cette censure, cette condamnation, s’il y en avait une, ces censures, s’il y en avaient, seront absolument invalides, contraires à ce que saint Pie V a affirmé solennellement dans sa Bulle : qu’à perpétuité, que jamais, qu’en aucun temps, on ne pourra infliger une censure à un prêtre parce qu’il dira cette sainte messe. Pourquoi ? Parce que cette messe est canonisée, il l’a canonisée définitivement. Or, un pape ne peut pas enlever une canonisation. Le pape peut faire un nouveau rite, mais il ne peut pas enlever une canonisation. Il ne peut pas interdire une messe qui est canonisée, cela n’est pas possible. Or, cette sainte messe a été canonisée par saint Pie V. Et c’est pourquoi nous pouvons la dire en toute tranquillité, en toute sécurité et même être certains qu’en disant cette messe, nous professons notre foi, nous entretenons notre foi et nous entretenons la foi des fidèles. C’est la meilleure manière de l’entretenir, et c’est pourquoi nous allons procéder dans quelques instants à ces ordinations.
Conclusion
Certes, nous souhaiterions avoir une bénédiction, comme on en avait autrefois, du Saint-Siège: on avait des bénédictions, venant de Rome, pour les nouveaux ordinands. Mais nous pensons que le Bon Dieu est là qui voit toutes choses et qu’Il bénit aussi cette cérémonie que nous faisons et qu’un jour, Il en tirera les fruits qu’Il désire certainement et qu’Il nous aidera, en tous cas, à maintenir notre foi et à maintenir l’Eglise. Nous le demandons surtout à la Très Sainte Vierge, à Saint Pierre et à Saint Paul, aujourd’hui. Nous demandons à la Très Sainte Vierge, qui est la Mère du sacerdoce, d’obtenir pour ces jeunes la véritable grâce du sacerdoce, de leur obtenir l’Esprit-Saint, qui a été donné par son intermédiaire, aux Apôtres le jour de la Pentecôte. Et nous demandons à Saint Pierre et à Saint Paul de maintenir en nous cette foi en Pierre. Oh! oui, nous avons la foi en Pierre, nous avons la foi dans le Successeur de Pierre. Mais comme le dit très bien le pape Pie IX dans sa constitution dogmatique sur le Pontife Romain: le pape a reçu le Saint-Esprit non pour faire des vérités nouvelles, mais pour nous maintenir dans la foi de toujours. Voilà la définition dogmatique de l’infaillibilité pontificale faite au moment du premier concile du Vatican par le pape Pie IX. Et c’est pourquoi nous sommes persuadés qu’en maintenant ces traditions, nous manifestons notre amour, notre docilité et notre obéissance envers le Successeur de Pierre.