dimanche 2 février 2014

Lettre de Mgr Lefebvre au cardinal Ratzinger du 6 mai 1988




Éminence,

Hier, c’est avec une réelle satisfaction que j’ai apposé ma signature au protocole élaboré les jours précédents. Mais, vous avez vous-même constaté une profonde déception à la lecture de la lettre que vous m’avez remise m’apportant la réponse du Saint-Père au sujet de la consécration épiscopale.
Pratiquement reporter la consécration épiscopale à une date ultérieure non fixée, ce serait la quatrième fois que je remettrais la date de la consécration. La date du 30 juin a été bien indiquée dans mes lettres précédentes, comme la date limite.

Je vous ai remis un premier dossier concernant les candidats, il reste encore près de deux mois pour établir le mandat.
Étant donné les circonstances particulières de cette proposition le Saint-Père peut très bien facilement abréger la procédure pour que le mandat nous soit communiqué à la mi-juin.
Si la réponse était négative, je me verrais, en conscience, obligé de procéder à la consécration, n’appuyant sur l’agrément donné par le Saint Siège dans le protocole pour la consécration d’un évêque membre de la Fraternité.
Les réticences exprimées au sujet de la consécration épiscopale d’un membre de la Fraternité, soit par écrit, soit de vive voix, me font légitimement craindre les délais. Tout a été désormais préparé pour la cérémonie du 30 juin, hôtels retenus, moyens de transport, location d’immenses tentes qui devraient abriter la cérémonie.
La déception de nos prêtres et de nos fidèles serait très vive. Tous souhaitent que cette consécration se réalise avec l’accord du Saint Siège, mais déjà déçus par les délais antérieurs, ils ne comprendraient pas que j’accepte un nouveau délai. Ils sont conscients et soucieux avant tout d’avoir de vrais évêques catholiques leur transmettant la vraie foi et leur communiquant d’une manière certaine, les grâces du salut auxquelles ils aspirent pour eux et pour leurs enfants.
Dans l’espoir que cette requête ne sera pas un obstacle irréductible à la réconciliation en cours, je vous prie, Éminence, d’agréer mes sentiments respectueux et fraternels in Christo et Maria.