samedi 8 février 2014

INQUIÉTANT : François mange casher !


par un lecteur d'Avec l'Immaculée



Nous remercions notre lecteur pour cet article très intéressant et important.

Deux articles publiés sur le blog argentin « Radio Cristiandad » ( ici et icinous révèlent que François a reçu à sa table, le jeudi 16 janvier, une délégation de Juifs argentins avec lesquels il entretient, depuis l’époque où il était cardinal de Buenos Aires, d’étroites relations.
Les faits ont été révélés dans un entretien accordé par le Président de l’Assemblée Rabbinique latino-américaine et rabbin de Cordoba, Marcelo Polakoff, à l’Agencia Judia de Noticias (AJN).

On y apprend que : « Ce repas historique auquel, ce jeudi, ont participé le pape François et une délégation de responsables juifs argentins “est un aspect de la tâche que le Mouvement Massorti [1] a entrepris depuis longtemps dans le continent latino-américain (…) Cette troisième rencontre permet de se rendre compte à quel point le dialogue inter-religieux doit être simple, à travers ces simples gestes de la vie quotidienne, et non par de grandes étapes ” de sorte que “ si on ne recherche pas des résultats extraordinaires, cela signifiera que nous sommes sur le bon chemin ” a assuré le rabbin. »

On peut faire confiance à François pour aplanir les éventuelles difficultés de ce dialogue inter-religieux ! Il a bien reçu ses hôtes, il a même mis « les petits plats dans les grands ».
Voici les noms de quelques-uns des convives : Polakoff lui-même, Ariel Stofenmacher et Abrahma Skorka, respectivement vice-président et recteur du séminaire rabbinique latino-américain « Marshall T. Meyer » et Isaac Sacca, grand rabbin de l’Association orthodoxe de la Communauté israélite Sefardi de Buenos Aires.

Le gratin, en quelque sorte !…
Mais sur la table, pas n’importe quel gratin : un menu casher !

Toujours selon AJN : « Certains de ceux qui ont assisté [à ce repas] ont assuré que c’était la première fois que la nourriture casher était servie au Vatican [Nous les croyons sur parole !] et que l’on y a chanté un chant en hébreu “ Hine ma tov Uma Naim shebet Ajim gam Yahad ” ( Il est bon pour les frères de demeurer ensemble)… »

AJN : « le Président de l’Assemblée rabbinique [M. Polakoff] a souligné que “ce repas est la meilleure réponse à la vie car il y a 70 ans, des trains chargés de Juifs sont partis d’ici-même vers Auswitch.” (…)
En outre il a qualifié la réunion de “divine au double sens de précieuse et théologique” ».

Voici comment M. Polakoff précise sa pensée :
« La veille [de ce repas] j’étais allé au Musée hébraïque de Rome qui est sous la synagogue centrale, et là je vis une bulle de 1555 du Pape Paul IV qui m’a causé une grande impression, d’autant qu’elle est appelée “ Cum nimis absurdum ”, ce qui signifie “ Comme il est absurde ”. Cette bulle confinait les Juifs de toutes les provinces de l’Église dans un ghetto – cela dura plus de plus de trois cents ans - et entre autres choses ridicules, les empêchait de manger, jouer avec les chrétiens ou de les fréquenter. »
« Et relevant ce paradoxe, le rabbin a ajouté : “ Et jeudi nous étions avec un autre pape, la plus haute autorité chrétienne, nous retrouvant dans un beau lien d’amitié et de plus, mangeant casher au Vatican” » (AJN)

Doux euphémisme : il ne s’agit pas d’un paradoxe mais bien, hélas, D’UNE VÉRITABLE TRAHISON DE L’ENSEIGNEMENT DE L’ÉGLISE SUR LA QUESTION JUIVE ! 
-°- 
Bien sûr, on pourrait se dire qu’après tout, ce sont les exagérations habituelles de François, “ nous avons en face de nous un véritable moderniste ” [2] ; ces histoires-là, au fond, ça nous met bien à l’abri d’une éventuelle régularisation canonique !  

Rien n’est moins sûr ! 


Depuis quelques années, certaines déclarations, certains faits du côté de la Fraternité St Pie X ne laissent pas d’être très troublants :

En 1989, l’Abbé Schmidberger déclarait lors d’une conférence en Irlande :

« Pouvons-nous dire que les Juifs sont coupables de déicide ? Nous devons répondre par l’affirmative parce que ce sont eux qui demandèrent la mort de Notre-Seigneur et appelèrent son sang sur leurs têtes et celles de leurs enfants. »

Mais en 2009, dans un entretien à Der Spiegel, ses propos étaient devenus plus ambigus :

 « L’affirmation selon laquelle les Juifs d’aujourd’hui partagent la culpabilité de leurs pères s’applique seulement aux Juifs qui accueillent favorablement le fait que Jésus-Christ ait été mis à mort. » 
Don Curzio Nitoglia dans son étude sur le déicide nous enseigne : "on peut conclure sans crainte d’exagérer que la doctrine de la responsabilité collective du judaïsme (comme religion) dans la mise à mort du Christ est infaillible.” Cette formulation de Don Nitoglia est beaucoup plus précise au plan théologique. Il démontre dans son étude que c'est le judaïsme qui est mis en cause par les pères de l'Eglise et non uniquement un sentiment particulier que pourraient avoir certains Juifs vis-à-vis du Christ.

De son côté, en cette même année 2009, Monseigneur Fellay s’est, quant à lui, prononcé sans ambiguïté :  “Les Juifs sont nos frères aînés.”

Et en décembre 2013, dans une interview à Clarin, l’Abbé Bouchacourt, à la question du journaliste : « Défendez-vous le déicide qui imputait aux Juifs la mort de Jésus, selon l’opinion du Saint-Siège avant le Concile ? » a répondu : « Le peuple juif n'a pas commis le déicide. » 

Nous n’avons pas entendu dire que les supérieurs de la Fraternité aient désavoué cette surprenante déclaration qui contredit “l’enseignement constant du Magistère basé sur la Sainte Écriture et les Pères de l’Église.” 

-°- 
A la lumière de ces quelques rappels, force nous est de constater qu’il y a à l’heure actuelle corruption du discours officiel de la Fraternité St Pie X quant à la prédication de la question juive.

Ce n’est certainement pas un hasard et c’est très inquiétant.




[1] Le judaïsme massorti (appelé Conservative Judaism aux États-unis et au Canada) est un courant du judaïsme contemporain. Développé sur les bases du judaïsme positif-historique postulé par Zecharias Frankel, il revendique une Halakha évolutive et adaptée aux contraintes de la vie moderne tout en conservant un cadre traditionnel notamment dans les domaines du culte (source Wikipedia).

[2] Sermon de Mgr Fellay à Kansas City le 13 octobre 2013 (source LaPorteLatine)