lundi 10 février 2014

Conférence du 12 juin 1988 aux quatre évêques : (notes prises par Mgr Williamson)



Mgr Lefebvre : C’est fini. Plus de pourparlers. Plus on réfléchit, plus on se rend compte que les intentions de Rome ne sont pas bonnes. La preuve : ce qui s’est passé avec Dom Augustin et le père de Blignières.  Ils veulent tout rallier au Concile, tout en nous laissant un peu de Tradition. (...)
C’est une illusion de Dom Gérard de penser qu’un accord nous donnerait un immense apostolat. Oui, mais dans un cadre équivoque, ambigu, qui nous pourrirait.
On nous dit : « Vous aurez davantage de vocations si vous êtes avec Rome… » Mais ces vocations, si nous disions quoi que ce soit contre Rome, s’opposeraient et empesteraient nos séminaires. Et les évêques leur diraient : « Alors, venez avec nous ! » Tout doucement, le mélange se ferait. (...)Le problème de fond reste le même : Rome veut anéantir la Tradition. Quant aux sédévacantistes, ils sont hargneux contre nous.

C’est par rapport à l’Église, au service de la Fraternité Saint-Pie X, que je fais ces sacres, comme stipulé dans le protocole du 5 mai. C’est la Fraternité qui est l’interlocuteur valable auprès de Rome. Il appartiendra au Supérieur Général de reprendre contact avec Rome en temps voulu.(...)

 [Au sujet de la lettre du 2 juin :]
Les colloques, bien que courtois, nous ont convaincus que le moment d’une entente n’est pas encore venu. Il nous faut une protection contre l’esprit d’Assise. Nous n’avons jamais de réponses à nos objections, jamais ! Toutes les bagarres n’ont servi à rien. Nous poursuivons, eux et nous, deux buts différents dans ces colloques. Nous, nous attendons que la Tradition revienne à Rome ; mais eux, jamais ils ne bougent.
La réponse du Saint-Père à ma lettre dit ceci [en substance] : « Soucieux de l’unité, j’ai fait faire ces colloques. Le 5 mai [date de la signature du protocole] permettait à la Fraternité de continuer dans l’Église, selon les 21 conciles, jusqu’à et y compris Vatican II… » 
 (...) C’est pourquoi, nous sauvons la Fraternité et la Tradition en nous éloignant prudemment. Nous avons fait un essai loyal ; nous nous sommes demandés si nous pouvions continuer cet essai, tout en étant protégés : cela s’est avéré impossible. Ils n’ont pas changé, sinon en pire.