jeudi 13 février 2014

Accord FSSPX-Rome envisagé pour la Pentecôte : la signature ou non d'un texte doctrinal change-t-elle la donne?

Mgr Müller


Nous pensons que cet accord est envisagé pour la Pentecôte puisque la croisade du Rosaire se termine à cette date et que l'abbé Pfluger a dit à des prêtres de la FSSPX que l'accord aurait lieu avant cet été
C'est toujours le même refrain. Rome ne varie pas beaucoup ses tactiques. La même tactique a été utilisée en 1988 avec Mgr Lefebvre. L'adresse des familles à Mgr Fellay rapporte en effet des propos que des conseillers de Mgr Fellay auraient tenus à des prêtres de la Fraternité, durant la troisième semaine de janvier, propos selon lesquels un accord serait possible avec Rome car elle ne réclamerait plus de texte doctrinal.

Mais voilà que nos amis de Non Possumus viennent de nous communiquer un texte très intéressant de Mgr Müller. Il vient de tenir un discours opposé, pas plus tard qu'hier :
Weiter hält der Präfekt der Glaubenskongregation eine Aussöhnung mit der Piusbruderschaft noch immer für möglich. Die Glaubenskongregation habe eine klare dogmatische Präambel verfasst und vorgelegt; "diese Tür steht offen, wir schließen sie nicht", so Müller. Es gebe jedoch auch "kein Hintertürchen". Die Glaubenskongregation begleite die Einigungsbemühungen "mit Geduld und Festigkeit", wie es ihr von Papst Franziskus aufgetragen worden sei.
Traduction proposée  par Avec l'Immaculée :
De plus, le préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi maintient qu'une réconciliation avec la Fraternité Saint Pie X est encore possible. La Congrégation pour la doctrine de la foi a rédigé et adressé un préambule doctrinal clair ; "cette porte est ouverte, nous ne la fermons pas", a déclaré Müller. Cependant, il y a "pas d'échappatoire" [littéralement : "pas de [possibilité de passer par] la petite porte de derrière"]. La Congrégation pour la doctrine de la foi accompagne les efforts d'unification "avec patience et de force», selon la mission que lui a confiée le pape François.

Cela signifie donc que finalement il y aurait un texte doctrinal à signer et qu'on ne pourrait pas y couper.
En 1988, un texte doctrinal a été également imposé à Mgr Lefebvre (le protocole du 5 mai 1988) alors qu'on lui avait dit, afin de l'inciter à reprendre les discussions : il n'y aura pas d'exigences doctrinales. Voici ce que Mgr Lefebvre expliquait, le 19 juin 1988 :

Devant le refus persistant de Rome, le 29 juin 1987 j’annonçais ma décision de consacrer des évêques.

Le 28 juillet, le cardinal Ratzinger ouvrait de nouveaux horizons qui pouvaient légitimement faire penser qu’enfin Rome nous regardait d’un œil plus favorable. Il n’est plus question de document doctrinal à signer, plus question de demande de pardon, mais un visiteur était enfin annoncé, la société pourrait être reconnue, la Liturgie serait celle d’avant le Concile, les séminaristes demeureraient dans le même esprit !…

Nous avons accepté alors d’entrer dans ce nouveau dialogue, mais à la condition que notre identité soit bien protégée contre les influences libérales par des Évêques pris dans la Tradition, et par une majorité de membres dans la Commission Romaine pour la Tradition. Or, après la visite du cardinal Gagnon, dont nous ne savons toujours rien, les déceptions se sont accumulées.

Les colloques qui ont suivi en avril et mai nous ont bien déçus. On nous remet un texte doctrinal, on y ajoute le nouveau Droit Canon, Rome se réserve 5 membres sur 7 dans la Commission Romaine, dont le président (qui sera le cardinal Ratzinger) et le vice-président.
La question de l’évêque est solutionnée avec peine : on insistait pour nous montrer que nous n’en avions pas besoin.
Le cardinal nous fait savoir qu’il faudrait laisser alors célébrer une Messe nouvelle à Saint-Nicolas-du-Chardonnet. Il insiste sur l’unique Église, celle de Vatican II.
Malgré ces déceptions, je signe le protocole le 5 mai. Mais déjà la date de la consécration épiscopale fait problème. Puis un projet de demande de pardon au Pape m’est mis dans les mains.(...)


Alors à présent, essayons de répondre à la question : 

y aura-t-il oui ou non un texte doctrinal à signer ? 

La réponse est à notre avis affirmative car Rome préfère avoir la garantie d'un pourrissement accéléré et pour l'instant elle a toujours exigé un texte doctrinal acceptant Vatican II et reconnaissant la nouvelle liturgie et le nouveau code de droit canon : il faut nous faire partir dès le début sur une base mauvaise et ambiguë, pour donner l'orientation. C'est d'ailleurs pour cela que Mgr Fellay n'a jamais voulu rétracter sa mauvaise déclaration du 15 avril 2012. Il la tenait au chaud en vue d'un recyclage pour le prochain accord...



Mais il faut tout prévoir, car à Rome, ils sont malins et ils sont prêts à tout pour nous avoir sous leur domination. Il faut donc envisager la question suivante : 



Si Rome ne réclamait finalement pas de signature d'une déclaration doctrinale mais proposait une reconnaissance canonique sans contrepartie, "en nous acceptant tels que nous sommes" devrions-nous l'accepter ?
La réponse est : NON ! Pas d'accord pratique sans conversion pleine et entière de Rome. 
Parce que :
- les francs-maçons de Rome n'ont aucun droit sur les vrais catholiques et ne peuvent avoir aucune autorité sur eux tant qu'ils ne se sont pas convertis. 
- un pape qui prêche d'étudier le Coran pour le bien de l'âme est un apostat de fait et ne peut donc prétendre nous enseigner quoi que ce soit tant qu'il n'a pas demandé solennellement pardon de toutes ses erreurs.
- si nous acceptons pour supérieurs des papes pareils, ils nous pourriront, car "ce sont les supérieurs qui font les sujets", a dit Mgr Lefebvre.
- Être acceptés et reconnus par des personnes qui acceptent en même temps toutes les religions dans le Panthéon d'Assise, c'est accepter de mettre la seule vraie et sainte religion au même rang que les autres religions qui sont du démon, nous dit Saint Paul. 

- Rappelons ces paroles données par le Père Jean. Il nous rappelle que le principe pas d'accord pratique sans accord doctrinal est fondé sur la Sainte Ecriture :
"C’est la toute première recommandation qu’Il [Dieu] tient à faire à Moyse, lorsqu’il conclut l’alliance avec lui : « Garde-toi de t’allier aux habitants des pays où tu vas, de peur qu’ils ne soient pour toi un piège. Mais vous renverserez leurs autels et briserez leurs idoles … » (Ex. 34, 11)"

"Notre Seigneur, à son tour, mettra souvent en garde ses disciples contre le levain de la doctrine des Pharisiens et des Saducéens (Mt 16, 6 ; Mc 8, 15), contre les faux prophètes revêtus de peaux de brebis (Mt 7, 15) qui induiront beaucoup de gens en erreurs (Mt 24, 11) et même les élus si possible (Mt 24, 24)."

"Les Apôtres seront si marqués par ces avertissements du divin Maître, qu’ils les transmettent avec force à leurs propres disciples :

- « Je vous en prie, Frères, gardez-vous de ces scandaleux qui vont à l’encontre de la doctrine que vous avez reçue : évitez-les, car ces gens-là ne servent pas le Christ » (Rm. 16, 17).

- « Je le répète : si quelqu’un vous prêche un évangile différent que celui que vous avez reçu, qu’il soit anathème ! (Gal. 1, 9).

- « Si quelqu’un vient à vous qui ait une doctrine différente, ne le recevez pas chez vous et ne le saluez même pas. Car celui qui le salue participe à ses œuvres mauvaises. » (2 Jn 10).

[Le père Jean de Morgon nous donne aussi des citations des Pères de l'Eglise, c'est à dire de la Tradition :]

"(...) Les premiers Pères de l’Eglise ne pouvaient pas oublier ces anathèmes doctrinaux, et ne purent que répéter sur tous les tons l’exhortation de saint Paul : « Fuis l’hérétique ! » (Tit. 3, 10).

- « Fuyez les hérétiques, ce sont des successeurs du diable qui a réussi à séduire la première femme. » (St Ignace d’Antioche).
- « Fuis tout hérétique ! » (St Irénée).
- « Fuyez le venin des hérétiques ! » (St Antoine du désert).
- « Ne t’assied pas avec des hérétiques ! » (St Ephrem).
Et saint Vincent de Lérins tient à nous préciser :
- « L’Apôtre commande cette intransigeance à toutes les générations : il faudra toujours anathématiser ceux qui ont une doctrine contraire à celle reçue ». 
C’est pourquoi, au XIXe siècle, un Dom Guéranger écrira à Mgr d’Astros : « Un des moyens de conserver la foi, une des premières marques de l’unité, c’est la fuite des hérétiques. ».
En effet, cette « première marque de l’unité » concerne évidemment l’unité de foi, la première note caractéristique de l’Eglise catholique, qui ne peut avoir « qu’un seul Seigneur et une seule foi » (Eph. 4, 5). Cette même Eglise, qui avertit solennellement les futurs sous-diacres ainsi : « Restez fermes dans la vraie foi catholique, car selon l’Apôtre, tout ce qui ne provient pas de la foi est péché (Ro. 14, 23), schisme, étranger à l’unité de l’Eglise ».

CONCLUSION
Que Rome exige ou non de la FSSPX un accord doctrinal, cela ne change pas la donne tant que Rome n'est pas convertie pleinement. Dans les deux cas, la réponse est la même : NULLAM PARTEM.
Nous ne voulons avoir aucune part avec ceux qui trahissent Notre-Seigneur Jésus-Christ. S'ils veulent nous avoir à leurs pieds, ils devront notamment :
- condamner solennellement et annuler entièrement Vatican II qui est 1789 dans l'Eglise, ont dit les cardinaux Ratzinger et Suenens. 
- annuler et condamner toutes les réformes liturgiques post-conciliaires et réhabiliter l'ancienne messe et l'ancien rituel des sacrements qui redeviendront obligatoires.
- annuler le nouveau code de droit canon de 1983 et le remplacer par l'ancien code de 1917. 
- supprimer le nouveau serment exigés des prêtres depuis 1989 et revenir au serment anti-moderniste.
- condamner la laïcité et proclamer le Règne social de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 
- condamner la liberté religieuse, le faux œcuménisme et la collégialité.
- condamner et annuler tout le magistère post-conciliaire.
- condamner clairement l'homosexualité et les autres lois iniques qui se répandent partout.
- consacrer nommément la Russie au Cœur Immaculé de Marie en union avec tous les évêques du monde entier.
- renvoyer immédiatement tout évêque ou tout prélat indocile à appliquer ces réformes.

       Nous refusons d'obéir et de nous soumettre à ceux qui ne se soumettent pas à Notre-Seigneur Jésus-Christ. Dieu premier servi ! On ne peut servir en même temps Dieu et ceux qui le combattent par leurs fausses doctrines. 
   Ceux qui signeront cet accord quel qu'il soit et l'approuveront feront objectivement un péché grave (même si au for interne, nous ne pouvons les juger) car ils s'opposeront à la doctrine de Notre-Seigneur enseignée dans l'Ecriture Sainte et la Tradition. 
        Essayons de sauver le maximum de prêtres et de fidèles en leur expliquant cela avec patience et charité, sans transiger sur les principes.
      Voilà pourquoi l'abbé Pfluger veut faire une "épuration", comme il le dit si élégamment. C'est pour pouvoir signer l'accord tranquillement. Les prêtres doivent cependant parler même s'ils se font chasser, pour prévenir les fidèles. Qu'ils n'hésitent pas à envoyer aux sites de Résistance des vidéos de leurs sermons ou des fichiers audios, afin de toucher davantage de fidèles grâce à internet.