vendredi 10 janvier 2014

Traduction de la déclaration de l'abbé Fuchs


Anglais : the Recusant http://www.therecusant.com/fr-fuchs

Traduction de Michael


Déclaration de l'abbé Martin Fuchs , Prêtre de la FSSPX

Que le Bon Dieu bénisse ce prêtre qui sacrifie son confort pour la défense de la vérité. Il réclame nos prières à tous, à la fin de cette lettre. Nous le mettons dans nos intentions.


À Jaidhof, le 5 janvier 2014


C'est le cœur très lourd que j'ai communiqué au Supérieur Général ma démission de la Fraternité Saint-Pie X, le 30 décembre. Durant toute l'éternité, je serai reconnaissant à Mgr Lefebvre pour la foi catholique et pour le sacerdoce ! Avec regret, cependant, j’ai dû me rendre compte qu’au cours des dernières années, la Fraternité avait peu à peu dévié de la voie qu’il avait tracée.

[Voici quelques exemples :]
1. Le "Te Deum" d'action de grâces [de la FSSPX] pour le Motu proprio liant intimement la messe tridentine à la messe de Paul VI et demandant l'acceptation du Concile Vatican II. Jusqu'à récemment, on pouvait lire sur Internet qu’au Prieuré Saint-Pie X à Munich, la « Sainte Messe » était offerte « (dans la forme extraordinaire) ». Au séminaire, j'ai appris que la messe est dite dans le rite tridentin. Il n'y a pas de rite ordinaire ou extraordinaire, ceci est une construction tout à fait indéfendable du pape Benoît XVI. Celui qui parle d'un rite extraordinaire doit donc avoir à l'esprit et accepter un rite ordinaire, la nouvelle messe.

2. La gratitude pour la levée de l’excommunication des quatre évêques. Mgr Lefebvre a déclaré lors d'une conférence de presse en 1988 : "Alors nous sommes excommuniés par des modernistes, par des gens qui ont été condamnés par les papes précédents. Alors qu’est-ce que cela peut bien faire ? Nous sommes condamnés par des gens qui sont condamnés, et qui devraient être condamnés publiquement. Cela nous laisse indifférent." Mgr Lefebvre a toujours considéré l'excommunication comme nulle et non avenue. Mais ce qui est nul et non avenu n'a pas besoin d’être levé. - En outre, avec la levée, l'injustice perpétrée contre Mgr Lefebvre et Mgr de Castro Mayer continue à rester en vigueur.

3. La volonté de négocier avec Rome, bien que Mgr Lefebvre ait déjà énoncé clairement et sans équivoque dans quelles conditions cela devait se produire à l’avenir. "En supposant que d'ici à un certain temps Rome fasse un appel, qu'on veuille nous revoir, reprendre langue, à ce moment-là c'est moi qui poserai les conditions. Je n’accepterai plus d’être dans la situation où nous nous sommes trouvés lors des colloques. C’est fini. Je poserai la question au plan doctrinal : « Est-ce que vous êtes d'accord avec les grandes encycliques de tous les papes qui vous ont précédé. Est-ce que vous êtes d'accord avec Quanta Cura de Pie IX, Immortale Dei, Libertas de Léon XIII, Pascendi de Pie X, Quas Primas de Pie XI, Humani generis de Pie XII ? Est-ce que vous êtes en pleine communion avec ces papes et avec leurs affirmations ? Est-ce que vous acceptez encore le serment antimoderniste ? Est-ce que vous êtes pour le règne social de Notre Seigneur Jésus-Christ ? Si vous n'acceptez pas la doctrine de vos prédécesseurs, il est inutile de parler. Tant que vous n'aurez pas accepté de réformer le Concile en considérant la doctrine de ces papes qui vous ont précédé, il n’y a pas de dialogue possible. C'est inutile."
(Fideliter n ° 70) [NDLR : plutôt, Fideliter, n°66, pp. 12-14]

4. La mise en avant d'un arrangement pratique sans un nettoyage doctrinal des hérésies du Concile Vatican II. Dans une conférence spirituelle, le 21 Décembre 1984, Mgr Lefebvre disait : "Alors la question canonique, purement extérieure, publique dans l’Église, est secondaire. Ce qui est important, c’est de rester dans l’Église… dans l’Église, c’est-à-dire dans la foi catholique de toujours et dans le vrai sacerdoce, et dans la véritable messe, et dans les véritables sacrements, dans le catéchisme de toujours, avec la Bible de toujours. C’est cela qui nous intéresse. C’est cela qui est l’Église. D’être reconnus publiquement, ça c’est secondaire."

5. Toujours et encore, j'ai dû me rendre à l’évidence qu'aucun langage clair n’était tenu. Ainsi, la deuxième intention de la croisade du rosaire stipule : "Pour le retour de la Tradition dans l'Église ..." Qu'entend-on par "l'Église" ? L'Église catholique, fondée par Jésus-Christ, ou l'Église post-conciliaire ? Si cela signifie l'Église catholique alors aucun retour n’est possible parce que la Tradition fait partie intégrante de l'Église catholique ; si cela signifie l'église post-conciliaire, alors c'est elle qui a quitté la Tradition. Par conséquent, c'est elle qui doit revenir à la Tradition, et non la Tradition à l’Église.

Telles sont les principales raisons qui m’ont conduit à prendre ma décision. Malgré les avertissements de trois évêques auxiliaires, Mgr Williamson, Mgr Tissier de Mallerais et Mgr de Galarreta, [ndlr : « Weihbischöfe ». Si nous avons bien compris ce mot, il y a là une petite inexactitude de formulation : il n’y a pas d’évêques auxiliaires dans la FSSPX, tous ont la même charge.], malgré les avertissements [au vu de ce qui se passait à] l’Institut du Bon Pasteur, en dépit de la connaissance de l'attitude du pape Benoît XVI, pour lequel aucune avancée n’était possible sans l'acceptation du Concile Vatican II, les discussions et les négociations se sont poursuivies.

On pourrait arguer :"Notre Supérieur général n'a pas signé quoi que ce soit." - Mais il était prêt à signer un accord, sans avoir résolu les différences doctrinales, comme sa lettre du 17 Juin 2012 le prouve. Ils étaient prêts pour le pire, mais Rome ne voulait pas. - A présent, la confiance dans les Supérieurs n’est plus seulement mise à l’épreuve, elle est détruite.

À ce stade, je vous remercie de tout mon cœur, mes chers fidèles, pour toutes vos prières et sacrifices, par lesquels vous avez soutenu mon ministère sacerdotal. Volontiers, je me recommande aussi à l’avenir à vos prières,

Abbé Martin Fuchs.