dimanche 19 janvier 2014

Commentaire sur la manoeuvre de Mgr Fellay : une lettre envoyée... au bon moment.


Pour les personnes pressées, vous pouvez aller au point 4 de la lettre de Mgr Fellay (mis en rouge) et lire ensuite le commentaire juste en dessous + la conclusion finale.

Voici le texte intégral de cette lettre :


FRATERNITE SACERDOTALE SAINT- PIE X 

LETTRE INTERNE

+ Menzingen, le16 janvier 2014 


Chers Membres de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X, 

Nous avons cru utile, pour illustrer notre décision d'interdire la diffusion du livre de M. l'abbé Pivert intitulé Son Excellence Mgr Lefebvre Nos rapports avec Rome, d'y joindre une recension dudit livre. 
Or si la majorité des membres a bien compris notre décision quelques-uns cependant s'en sont troublés. Afin d'éviter toute confusion, je désire donc apporter les précisions et remarques suivantes : 
Commentaire d'Avec l'Immaculée :
Cette publication du 20 décembre 2013 ne nous a pas troublé mais bien confirmé au contraire que Menzingen continuait d'avancer ses pions vers le ralliement par des propos inacceptables envers les ralliés (voir l'extrait note 1). Ce n'était d'ailleurs pas un accident puisque, à la même période et à la dernière minute, c'est l'abbé Pfluger qui a voulu prêcher la retraite des Frères à Flavigny et qu'il y a également loué les ralliés... Il y a donc eu une orchestration. 

Mgr Fellay poursuit :
1. D'aucuns ont vu, dans cette recension, une communication officielle du Supérieur général qui soit changeait radicalement la position de la Fraternité envers les groupes Ecclesia Dei, soit dénotait un fléchissement de cette position. Je récuse formellement, et dans l'intention et dans les faits, que la recension jointe à la Lettre Circulaire aux Supérieurs ait une valeur plus grande que celle que j'ai bien voulu lui donner: celle précisément d'une annexe et rien de plus, (...)
Commentaire d'Avec l'Immaculée :
Notons la phrase ambiguë : Je récuse formellement, et dans l'intention et dans les faits, que la recension jointe à la Lettre Circulaire aux Supérieurs ait une valeur plus grande que celle que j'ai bien voulu lui donner.
Par ces mots, Mgr Fellay distingue des degrés de valeur dans ses écrits. Nous n'en voyons pas, du moment que c'est un message public envoyé à tous les prêtres de France. Le 20 décembre 2013, il a dit publiquement à tout le district : L'attitude à l'égard des milieux Ecclesia Dei est contre-productive. On ne peut compter le nombre de fois où est répété le terme « rallié » (...) Aujourd'hui, ils sont 250 prêtres célébrant exclusivement l'ancien rite." Cette dernière affirmation est un mensonge, il le sait bien : il y a le problème de la messe chrismale. Mais il n'hésite pas à l'affirmer quand même... 
Mais des échos très inquiétants lui sont parvenus. La pilule "ne passait pas", pour un nombre assez considérable de prêtres . Alors il va dans cette nouvelle lettre dire la vérité sur ce point, sans pour autant avouer son mensonge passé et tout en faisant croire qu'il n'a jamais changé. Il n'y a qu'un mot pour qualifier cette attitude : hypocrite !

Mgr Fellay :

(...) illustrant simplement mon jugement selon lequel l'ouvrage de l'abbé Pivert fait une présentation erronée, partielle et donc partiale des rapports de Mgr Lefebvre avec Rome. Comme cela ressort clairement de l'avertissement figurant au début de la recension, le but que j'ai poursuivi en communiquant ce texte se limite strictement au jugement sur le livre et ne porte aucunement sur la position de la Fraternité aujourd'hui ou sur celle qu'a tenue Mgr Lefebvre. 
Commentaire : 
La position de la Fraternité telle que la présente Mgr Fellay est dans le n°4 de cette lettre. Elle est un chef-d'oeuvre de manipulation et est selon nous une aide du ciel pour aider certains prêtres et aussi Mgr Tissier (?) à faire le bon choix. Nous vous renvoyons donc au commentaire que nous faisons plus bas, sous le point 4 de la lettre. 

Mgr Fellay poursuit :
2. Dans une lettre que Mgr Tissier de Mallerais m'a adressée le 6 janvier, celui-ci estime que « la recension anonyme de ce livre, jointe à une lettre circulaire du Secrétaire général de la Fraternité, semble véridique pour l'essentiel. Car si Mgr Lefebvre fut avant tout un homme de foi et de sagesse, il a possédé une bonne dose de pragmatisme, comme l'a bien discerné l'abbé Aulagnier dans sa Tradition sans peur. Par sagacité naturelle et disposition surnaturelle à suivre les voies de la Providence, Mgr Lefebvre a toujours cherché à profiter des occasions favorables pour renouer avec Rome et obtenir le retour à notre approbation canonique. L'abbé Pivert n'a pas cerné le pragmatisme de notre fondateur. Ce qu'il aurait pu dire, c'est que ce pragmatisme a toujours échoué face à la Rome conciliaire.[...] D'équivoques, Monseigneur, la recension du livre de l'abbé Pivert proposée par la dernière circulaire de Menzingen me semble en contenir. Malgré les mérites de son analyse critique, on ne peut approuver les jugements de l'auteur sur Mgr Lefebvre ni l'estime qu'il manifeste envers les communautés Ecclesia Dei. » Nous partageons pleinement cette appréciation. 
Commentaire d'Avec l'Immaculée :
a) Ce qui compte, c'est moins de deviner ce que Mgr Lefebvre aurait fait que de savoir avec certitude ce que Dieu veut que nous fassions. Avec l'Immaculée pense que pour nos rapports avec Rome, nous devons établir des principes fixes qui ne changent ni en fonction des circonstances diplomatiques plus ou moins favorables, ni en fonction des propositions que la Rome moderniste peut nous faire. Le principe est le nullam partem c'est-à dire qu'il faut couper entièrement les ponts avec eux tant qu'ils ne sont pas pleinement convertis c'est-à-dire tant qu'ils n'ont pas retrouvé exactement la doctrine d'avant Vatican II. Mgr Lefebvre a beaucoup tergiversé mais il nous a livré son avis final dans Itinéraire spirituel qui est véritablement son testament : 
«C’est donc un devoir strict pour tout prêtre voulant demeurer catholique de se séparer de cette Eglise conciliaire, tant qu’elle ne retrouvera pas la tradition du Magistère de l’Eglise et de la foi catholique. » (Itinéraire spirituel, 1990, p. 29). 
Cette position est la vraie et la bonne. Celle que Dieu veut. La preuve que c'est ce que Dieu veut, c'est qu'elle est confirmée non seulement par l'Ecriture Sainte qui dit (Gal. I, 8-9) : "Mais quand nous-mêmes, quand un ange venu du ciel vous annoncerait un autre Evangile que celui que nous vous avons annoncé, qu'il soit anathème!
Mais aussi elle est confirmée par le concile de Constantinople qui explique, à propos de l'anathème : "Ignorent-ils donc que la sentence d’anathème n’est autre chose qu’une sentence de séparation ? On doit toujours éviter tout commerce avec ceux qui sont esclaves de crimes énormes, qu’ils soient du nombre des vivants ou parmi les morts, car on doit toujours se séparer de ce qui est coupable et nuisible. D’ailleurs nous avons d’Augustin, de pieuse mémoire, et qui jeta un si vif éclat parmi les évêques d’Afrique, plusieurs lettres où il enseigne qu’il faut anathématiser les hérétiques même après leur mort. Les autres évêques d’Afrique ont conservé cette tradition ecclésiastique, et la sainte Église romaine elle-même a anathématisé aussi quelques évêques après leur mort, quoique leur foi n’eût pas été incriminée pendant leur vie." (source  Chaîne d'or de Saint Thomas )
[ndlr : l'hérésie est un de ces crimes énormes auxquels le concile fait allusion, puisque juste après cette phrase, le concile dit qu'il faut anathémiser les hérétiques.] 
Il faut donc éviter tout commerce avec ceux qui sont "anathèmes", c'est à dire avec ceux qui annoncent un autre évangile que celui de Saint Paul. Saint Paul affirmait : tous les dieux des païens sont des démons. François lui, souhaite des fruits spirituels aux musulmans lors du Ramadan... Le faux évangile annoncé par Benoît XVI (cf. l'étrange théologie de Benoît XVI) et François (qui ne croit pas en un Dieu catholique) nécessite donc qu'on n'ait plus aucun commerce avec eux. C'est Saint Paul et le concile de Constantinople qui le disent. Mgr Lefebvre à la fin de sa vie l'a compris.

b) Mgr Fellay dit partager pleinement la position de Mgr Tissier quand il dit que la lettre de Menzingen du 20 décembre est ambiguë. Mgr Fellay reconnaît donc envoyer des lettres ambiguës. Aurait-il peur que Mgr Tissier nous rejoigne ? Il le semble bien. Ce serait une grande grâce si cela arrivait. Faisons la neuvaine à l'enfant Jésus de Prague. Cette petite reculade (uniquement sur ce point) de Mgr Fellay n'est qu'une feinte diplomatique. La preuve : le n°4 de cette lettre. (cf. ci-dessous)

Mgr Fellay poursuit :
3. En particulier, et puisqu'il semble que le point n° 5 de la recension est celui qui cause le plus de trouble, nous aimerions rappeler ;
a. que les premiers groupes Ecclesia Dei sont nés par décision de Rome en opposition avec la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X et pour nous faire disparaître, si c’était possible ;
Commentaire :
C'est vrai mais c'est un peu tard pour dire cela après ce qui a été écrit le 20 décembre dernier (cf. note 1). Comme Paul VI et tous les franc-maçons modernistes, Mgr Fellay a un discours changeant en fonction des circonstances diplomatiques.

Mgr Fellay :
b. qu'ils ont abandonné Mgr Lefebvre au milieu du combat et ainsi divisé le front uni de la Tradition ; 
Commentaire :
C'est vrai, mais ce n'est pas en fonction de leur stratégie ou de l'opportunité ou non de leur action qu'il faut les critiquer : c'est du pragmatisme. Nous, nous voulons des principes. Pour l'instant ; les considérations données par Mgr Fellay sur les Ecclesia Dei sont toutes pragmatiques. Cela ne nous intéresse pas. Ce qui est grave, c'est plutôt qu'ils ont accepté Vatican II, le magistère post-conciliaire et le nouveau code de droit canon à la lumière de la tradition... Mais cela, Mgr Fellay ne peut pas le dire, puisqu'il le fait lui aussi dans sa déclaration du 15 avril 2012.

Mgr Fellay :

que parmi eux il se trouve d'ardents défenseurs des erreurs du Concile Vatican II qu'ils ont autrefois combattues, en particulier la liberté religieuse, mais aussi l'œcuménisme, Assise, etc.; que leur silence en ces matières doctrinales est universel et délétère ;
Commentaire :
- Que Mgr Fellay regarde la poutre qui est également dans son œil (il s'est tu pendant les sept mois qui ont suivi l'élection de François) avant de les critiquer sur ce point, même si c'est vrai. Ces paroles sont hypocrites car un mois auparavant il a affirmé en parlant des ralliés : Finalement les faits ont montré que ces derniers ont su résister aux assauts (cf. note 1). 
- La déclaration doctrinale du 15 avril 2012 qu'il n'a toujours pas condamnée accepte également toutes ces hérésies "à la lumière de la Tradition" . Mais comme cette expression est classée comme dangereuse par les prêtres et les fidèles avertis, elle a subi son "rebranding" et elle s'appelle maintenant "lecture-du-texte-avec-le-principe-de-Vatican I-qui-dit-qu'il-ne-faut-rien-changer".

Mgr Fellay :
c. que leur défense de la liturgie traditionnelle est entachée de leur participation à la nouvelle messe (au moins à la Messe Chrismale) et de leur silence sur la nocivité du Novus Ordo ;
Commentaire : 
- Mgr Fellay dit subitement la vérité ! Le 20 décembre 2013, il écrivait pourtant ce mensonge  en parlant des ralliés : Aujourd'hui, ils sont 250 prêtres célébrant exclusivement l'ancien rite. S'il dit la vérité, c'est qu'il doit juger que l'heure est grave. Mais il n'avoue pas son mensonge proféré moins d'un mois auparavant.
- Mgr Fellay a écrit le 15 avril 2012 que le novus ordo était légitimement promulgué  et il n'est jamais revenu sur ce point. C'est encore plus grave que de se taire. Il est plus coupable que certains Ecclesia Dei, sur ce point.

Mgr Fellay :
d. qu'enfin leur apostolat reste très limité en raison des mesures drastiques qui leur sont imposées par les évêques locaux ;
Commentaire :
C'est du culot de dire cela quand soi-même on a mis la tutelle des évêques en condition souhaitable et qu'on a clairement dit qu'il faudrait vivre avec ce problème en cas d'accord avec Rome (cf.l'interview du 8 juin 2012 sur DICI. + 5ème condition des six conditions énoncées au Chapitre de la FSSPX, le 14 juillet 2012).

Mgr Fellay :
e. qu'il existe cependant parmi eux beaucoup de bonnes volontés, de personnes et même de groupes qui, profitant de l'aubaine et arrivant du Novus Ordo, partagent nos convictions et méritent d'être aidés et soutenus dans leur rapprochement avec la Tradition ;
Commentaire :
Qu'est-ce que cette phrase sous-entend ? Comment faut-il les aider ? En faisant des textes ambigus comme la déclaration du 15 avril 2012 ? Texte, qui, rappelons-le, est pire que ce qu'a signé la Fraternité Saint Pierre car Mgr Fellay reconnaît la légitimité de la promulgation de la messe de Paul VI. La Fraternité saint Pierre en 1988 n'a pas signé cela... (Bien que maintenant elle reconnaisse cette légitimité puisse qu'elle participe aux messes chrismales.)

Mgr Fellay :
f. que tout cela et l'exemple récent des Franciscains de l'Immaculée montrent bien l'impossibilité et le danger suicidaire pour ceux qui voudraient arriver à un accord avec les autorités actuelles (voyez la recension de l'exhortation apostolique Evangelii gaudium du pape François par M. l'abbé Schmidberger et l'accusation fantasmagorique de « schisme sacramentel » de Mgr Müller à propos de la Fraternité). 
Commentaire : 
Les mots "autorités actuelles" laissent songeur. Depuis le sermon de Kansas City (octobre 2013), Mgr Fellay soupire officiellement après Benoît XVI. Il ré-insiste à présent là-dessus, à mots couverts. Que cherche-t-il ? Quant à l'abbé Schmidberger qu'il donne en exemple, ce dernier affirme dans son étude que l'on peut accepter le concile Vatican II en rectifiant les ambiguïtés du texte du concile à la lumière du principe de la "Révélation intégrale". Il ne refuse donc pas du tout ce concile maçonnique qui doit pourtant être entièrement mis à la poubelle. Voici ce qu'il écrit :
"En 1982, écrit-il, la Congrégation de la Foi est intervenue et a déclaré que le terme de hiérarchie des vérités ne veut pas dire qu'une vérité est moins importante qu'une autre, mais qu'il existe des vérités desquelles découlent d'autres vérités partielles. Nous ne pouvons qu'être reconnaissants de cette clarification. La foi catholique, vertu théologale, réclame l'acceptation de la Révélation intégrale, en raison de Dieu qui se révèle. Cette clarification donne, en outre, un exemple de la manière avec laquelle on pourrait rectifier les ambiguïtés des textes du concile".


Mgr Fellay :
4. La position du Supérieur de la Fraternité vis-à-vis de Rome n'est donc en rien changée. Elle est clairement exprimée dans des documents officiels, tels la Lettre aux amis et bienfaiteurs n° 80 (26 avril 2013), qui décrit notre combat et celui de Mgr Lefebvre pour le Christ-Roi ainsi que les erreurs contre lesquelles nous devons lutter, la déclaration des évêques du 27 juin 2013, qui retrace la synthèse de notre position, attendant sans précipiter aucunement le jour où "la Tradition retrouvera ses droits à Rome" (sermon de Mgr Lefebvre à l'occasion des sacres du 30 juin 1988), position exposée dans les chapitres de 2006 et 2012. 
Commentaire d'Avec l'Immaculée :
Nous voici arrivés au point le plus important du texte. Comme très souvent,  in cauda venenum. Le venin est dans la queue.
a) Il y a un mensonge énorme et évident qui est une grâce du ciel pour nos prêtres encore un peu hésitants : Mgr Fellay présente la position des Chapitres de 2006 et de 2012 comme étant la même : attendre que "la Tradition retrouve ses droits à Rome". C'est évidemment faux. Le chapitre de 2006 condamnait l'accord pratique avec des autorités romaines non converties et le Chapitre de 2012 au contraire accepte le principe de cet accord en fixant 6 conditions pour un accord pratique avec ces autorités avant qu'elles ne soient converties (3 conditions sine qua non et trois conditions souhaitables). 
b) Les paroles de Mgr Lefebvre du 30 juin 1988 sont tirées hors de leur contexte pour faire croire que dans ce sermon, il réclamait seulement que Rome reconnaisse les droits de la tradition (dans le sens d'un accord pratique). En fait, dans ce sermon, Mgr Lefebvre est dans une optique de conversion complète de Rome, car il dit :
Pour nous, nous sommes persuadés, toutes ces accusations dont nous sommes l’objet, toutes ces peines dont nous sommes l’objet sont nulles, absolument nulles !
C’est pourquoi nous n’en tenons absolument aucun compte. De même que nous n’avons pas tenu compte de la suspens et que nous avons fini par être félicités par l’Église et même par l’Église progressiste, de même, dans quelques années – je ne sais pas : le Bon Dieu seul connaît le nombre des années qu’il faudra pour que le jour où la Tradition retrouve ses droits à Rome –, nous serons embrassés par les autorités romaines qui nous remercieront d’avoir maintenu la foi dans les séminaires, dans les familles, dans les cités, dans nos pays, dans nos couvents, dans nos maisons religieuses, pour la plus grande gloire du Bon Dieu et pour le salut des âmes.
Une autorité romaine non convertie ne peut pas remercier la FSSPX d'avoir maintenu la foi ; elle ne peut pas féliciter d'avoir désobéi pendant des décennies. Mgr Lefebvre est donc ici dans une optique de conversion de Rome.
c) Il y a un autre mensonge presque aussi évident au début du paragraphe : Mgr Fellay affirme que sa position est celle de Mgr Lefebvre en citant sa lettre n°80 qui affirme qu'il a gardé le même esprit que la déclaration de 1974 de Mgr Lefebvre. Dans cette lettre n°80, il cite des passages de la déclaration de 1974, en particulier cette phrase de Mgr Lefebvre : "La seule attitude de fidélité à l'Eglise et à la doctrine catholique, pour notre salut, est le refus catégorique d'acceptation de la Réforme." Puis Mgr Fellay conclut plus loin : 
"Aujourd’hui, dans la même ligne, nous ne pouvons que répéter ce que Mgr Lefebvre et M. l’abbé Schmidberger à sa suite ont affirmé. Toutes les erreurs qu’ils ont dénoncées, nous les dénonçons."
Comment Mgr Fellay peut-il dire qu'il réaffirme son refus catégorique de la réforme de Vatican II (phrase de Mgr Lefebvre qu'il a citée) alors qu'il a accepté intégralement et en toutes lettres ce concile et tout le magistère post-conciliaire dans sa déclaration du 15 avril 2012 jamais condamnée et sans cesse présentée par lui comme "subtile" ?

d) Enfin, Mgr Fellay en profite pour nous rappeler sa mauvaise déclaration du 27 juin 2012 qui réaffirme dans son article 11 le principe d'un accord pratique avec Rome. Voici le texte de cet article :
11- Cet amour de l’Eglise explique la règle que Mgr Lefebvre a toujours observée : suivre la Providence en toutes circonstances, sans jamais se permettre de la devancer. Nous entendons faire de même, soit que Rome revienne bientôt à la Tradition et à la foi de toujours – ce qui rétablira l’ordre dans l’Eglise –, soit qu’elle nous reconnaisse explicitement le droit de professer intégralement la foi et de rejeter les erreurs qui lui sont contraires, avec le droit et le devoir de nous opposer publiquement aux erreurs et aux fauteurs de ces erreurs, quels qu’ils soient – ce qui permettra un début de rétablissement de l’ordre. En attendant, face à cette crise qui continue ses ravages dans l’Église, nous persévérons dans la défense de la Tradition catholique et notre espérance demeure entière, car nous savons de foi certaine que « les portes de l’enfer ne prévaudront point contre elle » (Mt 16, 18).

La partie mise en gras réaffirme donc le principe de l'accord pratique ainsi que le principe complètement utopique de la condition n°1  qui n'a encore jamais été appliquée dans la Fraternité même à l'égard de Mgr Fellay, lequel aurait dû être unanimement repris comme "fauteur d'erreurs".


Mgr Fellay :
Dans les difficiles circonstances que traverse aujourd'hui notre Fraternité sacerdotale, sachons bien conserver la noble attitude catholique qui donne à chaque chose sa juste valeur ; à l'opinion la valeur de l'opinion, au dogme celle du dogme, sans mélanger les genres, sans soupçonner outre mesure, en accordant le bénéfice du doute chaque fois que cela est possible (selon les règles du discernement des esprits si bien exposées par saint Ignace de Loyola). 

Évitons tout ce qui divise et affaiblit notre combat pour la défense de la Tradition. Saisissons l'occasion de cette nouvelle Croisade du Rosaire pour redoubler de zèle à défendre le trésor de la Foi, regroupés, bien unis auprès du Cœur Immaculé de Marie et suppliant que son Triomphe arrive bientôt. 

En cette fête de saint Marcel, je vous bénis tous. 

+Bernard Fellay
Commentaire :
- Il faudrait d'abord arrêter de mentir pour pouvoir nous faire des considérations spirituelles. 
- L'intention n°2 de la croisade n'est pas rectifiée. 
- La fête de saint Marcel est discrètement instrumentalisée pour faire passer ce message soi-disant traditionnel aux personnes pas assez averties.

Conclusion : 
- Mgr Fellay présente Mgr Lefebvre sans nuances et comme un accordiste en déformant sa pensée lors du sermon du 30 juin 1988 et en ignorant la phrase qu'il a écrite dans son testament qu'est Itinéraire spirituel. 
- Il fait croire que la FSSPX a toujours envisagé le principe d'un accord pratique avec Rome, à certaines conditions puisqu'il affirme que rien n'a changé.
- Il dénature le Chapitre de 2006 en faisant croire qu'il affirme la même chose que celui de 2012.
- Il essaye d'établir une "herméneutique de la continuité" entre la déclaration du 21 novembre 1974 de Mgr Lefebvre qui refuse toutes les réformes conciliaires et la position actuelle du Supérieur général, qui les accepte toutes de fait, via la "subtile" déclaration du 15 avril 2012.
- Il fait croire qu'on peut faire un accord pratique avec Rome tout en refusant les réformes conciliaires alors qu'il a rédigé la déclaration du 15 avril 2012 qui au contraire accepte toutes ces réformes dans leur intégralité.
- Il continue, en faisant la promotion de l'article de l'abbé Schmidberger, à essayer de récupérer le concile Vatican II alors qu'il est impossible de le corriger car c'est "une perversion de l'esprit" a dit Mgr Lefebvre dans sa conférence du 6 septembre 1990.
- Il publie cette lettre à cette date pour déstabiliser des bons prêtres dans leur résolution.
- Il tente d'amadouer Mgr Tissier car cela l'ennuierait beaucoup qu'il nous rejoigne et nous soutienne.
- Les mensonges du paragraphe 4 de sa lettre sont clairs. Cette lettre, loin de nous déstabiliser doit au contraire nous conforter tous dans notre combat. Prions pour qu'elle ouvre les yeux des hésitants.

Note :

(1) Citation de la lettre circulaire du 20 décembre 2013 envoyée par Menzingen à tous les prieurés de France :


"L'attitude à l'égard des milieux Ecclesia Dei est contre-productive. On ne peut compter le nombre de fois où est répété le terme « rallié ». Dès la présentation du livre, l'abbé Pivert plus ni moins." 

"Au fil des pages, on découvre des jugements assez sévères à leur encontre lesquels ne sont pas remis dans leur contexte. Entre les sacres et sa mort, Mgr Lefebvre n'a guère eu le temps de voir évoluer ces communautés. Les seuls exemples qui l'incitent- et ils les citent à titre d'exemple à cette époque - à être particulièrement sévère sont: le monastère Saint-Joseph de Clairval à Flavigny-sur-Ozerain (Côte-d'Or) qui, après avoir accepté l'indult de 1984, a adopté le nouveau missel, et le séminaire Mater Ecclesiae à Rome qui, à peine mis en place, recycle des rescapés d'Écône en faveur des réformes. Par conséquent, il n'est pas étonnant que Mgr Lefebvre ait écrit in privatim à l'abbé Couture que les messes permises par l'indult étaient des « attrapes nigauds." 

Il est évident que ces essais apparaissaient comme autant de pièges tendus pour conduire les âmes vers la liturgie réformée. Il affirmait également qu'il ne donnait guère de temps aux prêtres de la Fraternité Saint-Pierre pour adopter la nouvelle messe. Finalement les faits ont montré que ces derniers ont su résister aux assauts. En 1999, ils ont eu raison d'une tentative de mise au pas de Rome et, progressivement, la quasi-totalité des seize signataires d'une lettre préconisant le biritualisme ont dû quitter la FSSP. Aujourd'hui, ils sont 250 prêtres célébrant exclusivement l'ancien rite. Nul ne peut dire que Mgr Lefebvre aurait maintenu la même appréhension qu'en 1988 au fil des années. En même temps, si on se penche sur la correspondance de Mgr Lefebvre, on pourra également trouver des morceaux plus modérés à l'endroit des communautés Ecc/esia Dei, concédant le fait qu'ils ne sont pas ralliés d'esprit et qu'ils ont l'avantage de rappeler quotidiennement aux évêques ce qu'est la Tradition : 

« La tension va monter entre les évêques et Rome au sujet de ces prêtres et séminaristes ralliés sans être ralliés. Les évêques n'en veulent pas. L'entreprise de Rome risque de tourner à l'échec. Que va faire l'évêque de Laval avec des prêtres affublés de l'habit dominicain ? Ainsi se trouve constamment posé à Rome et aux évêques le problème du Concile et la Tradition! "

"Dans ce passage, Mgr Lefebvre admettait que ceux qui ont régularisé leur situation - ralliés sans être ralliés- posaient constamment à Rome et aux évêques le problème du Concile et de la Tradition. Ce sont ses termes." 

"Par ailleurs, l'abbé Pivert compare le monde Ecclesia Dei au clergé jureur car il dépendrait directement d'un épiscopat moderniste. Certes, mais la comparaison a ses limites : le clergé jureur était en effet soumis à un épiscopat clairement schismatique. De plus, en faisant signer la reconnaissance de la Fraternité à Mgr François Charrière, évêque de Fribourg, imbu des idées d'œcuménisme et de liberté religieuse, Mgr Lefebvre se trouvait en régularité canonique de 1970 à 1975. Fallait-il l'assimiler à un évêque jureur, soumis aux hommes de Vatican Il ?"