dimanche 26 janvier 2014

Commentaire de la récollection de l'abbé Pfluger à Flavigny (1ère partie)



Nous avons sélectionné des extraits marquants de la conférence. Les notes complètes de la conférence peuvent être lues ici ou téléchargées en format pdf sur Christus vincit, dans le premier message de François. Il s'agit de la récollection de Noël 2013 prêchée à Flavigny aux Frères de la Fraternité.



1ère conférence

Notes prises sur les propos de l'Abbé Pfluger :
« Repentez-vous » : avoir un nouvel esprit. Le but de ce nouvel esprit, c'est le Royaume des Cieux, le salut. Pour arriver au salut, il faut changer de direction, d'esprit, remettre la boussole : « Comprendre l'esprit profondément surnaturel de toute leur vie. »

Commentaire :
En clair, l’abbé Pfluger dit ici son but : changer l’esprit de la Fraternité… pour favoriser notre salut, à ses dires. Il utilise la technique classique des révolutionnaires de tous les temps (qui est aussi la technique du démon) : ils présentent toujours la Révolution sous apparence de bien.

Abbé Pfluger :
La sainteté d'après St Benoît consiste en l'humilité, et [l'humilité / l'un des degrés de l'humilité consiste] dans l'obéissance à Dieu, aux supérieurs. L'obstacle dans la Tradition, c'est cet esprit de suffisance, d'orgueil qui conduit au mépris, à la désobéissance et c'est totalement opposé à la pensée de Dieu dans l'Incarnation.

Commentaire :
L’abbé Pfluger utilise la même technique de culpabilisation que les conciliaires utilisaient à l’égard de Mgr Lefebvre et de la Tradition : nous ne sommes pas assez humbles et obéissants selon eux. 
Distinguons : en un sens, il a raison. Il est vrai que nous sommes tous tentés par l’orgueil  et que nous devons combattre ce penchant et ne pas faire comme les pharisiens. Il y a un danger réel... Cependant, ici, cette idée est utilisée pour culpabiliser ceux qui défendent la vraie doctrine.
L’obéissance n’est pas une valeur en soi, puisqu’on peut aussi être très obéissant envers le démon. L’obéissance n’a de valeur qu’en tant qu’elle est ordonnée au bien voulu par Dieu. Si les hommes donnent des ordres mauvais pour les âmes, alors « il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes » dit la doctrine catholique. Nous devons donc examiner si les agissements et la doctrine de Mgr Fellay et de l’abbé Pfluger sont bons ou non pour les âmes. Et cela, ce n’est pas de l’orgueil, c’est de la prudence chrétienne... Quand quelqu’un lance un signal d’alarme pour mettre en garde contre la doctrine de personnes bénéficiant de la juridiction de suppléance, c’est le devoir de tout catholique, en ces temps de crise, de vérifier si la juridiction de suppléance qu’il donne à ces personnes est toujours fondée ou non. La foi est une affaire qui nous concerne tous.
Donc dans le contexte, l'abbé Pfluger a tort de nous culpabiliser sur l'humilité et l'obéissance. Il utilise ici les arguments des francs-maçons conciliaires.

Abbé Pfluger :
Notre-Seigneur dit : « Je suis sorti du Père, je suis venu dans ce monde (Incarnation). » Pourquoi ? Pas pour les justes, pas pour les Tradis, mais pour les brebis égarées, il laisse les 99 justes pour s'occuper de la brebis égarée. Faisons gaffe à notre sécurité. Ne pas rester en sécurité en ce monde, c'est bien de partir, de ne pas rester dans sa sécurité sinon on s'enracine, il faut voir le [bien des autres / le salut des âmes]. La vie surnaturelle n'a pas été donnée pour nous. 

Commentaire :
Ce discours est le même que celui du pape François qui dit qu’il faut que nous sortions de l’Eglise pour aller vers les autres… On retrouve les mêmes accents. La phrase : « la vie surnaturelle n’a pas été donnée pour nous » est fausse dans le contexte car elle signifie que nous devrions davantage nous occuper du salut du prochain que du nôtre. La vie surnaturelle nous a été donnée :
1. d'abord pour la gloire de Dieu
2. ensuite et indissociablement de ce premier but, pour notre salut.Tout ce discours de l’abbé Pfluger s’oppose à ce que nous avons appris au catéchismeL’homme a été créé pour louer, honorer et servir Dieu et par ce moyen sauver son âme. Notre premier devoir est donc de nous sauver. Nous sommes en premier lieu responsables de notre salut avant de l’être de celui des autres.
Nous devons aider les autres. Mais la vie surnaturelle ne nous a pas été donnée dans ce but.
La critique que l’abbé Pfluger fait de la sécurité est fausse. C'est la même que celle de François. On dirait qu'il s'est inspiré de lui. Il est vrai qu’il faut s’occuper du salut des âmes, mais avec ordre et sans mettre en danger la nôtre et celles dont nous sommes déjà responsables. Son discours s’oppose à la prudence chrétienne.
Les prêtres ouvriers devaient tenir des discours semblables à ceux de l’abbé Pfluger : ils ont mis en danger leur salut pour sauver les autres. De même la Fraternité, en acceptant le joug de chefs hérétiques mettrait également le salut de ses fidèles en danger.
Ce serait donc un péché car cela s’opposerait directement à la doctrine de l’Eglise, spécialement à la deuxième épître de Saint Jean qui demande de ne pas saluer les hérétiques. Cela s'opposerait également à l’épître de Saint Paul aux Galates qui dit que même si lui-même ou un ange de ciel venait prêcher une autre doctrine que la sienne, il soit anathème. Le concile de Constantinople (cité dans cet article) demande expressément de se séparer complètement de tout hérétique en l'anathémisant.

Abbé Pfluger :
Dieu appelle, il faut que l'âme réponde. « Credidimus caritati », c'est différent de « Credidimus veritati ». « Credidimus caritati » c'est : nous avons cru à la charité. 

Commentaire :
Là, c’est très grave. L’abbé oppose charité et vérité alors qu’en Dieu elles sont indissociables. C’est une réflexion complètement anti-théologique qui montre une profonde méconnaissance de ce qu’est Dieu. Il est à la fois la Charité et la Vérité. Je suis la Voie, la Vérité et la Vie, a dit Jésus-Christ. La charité sans la vérité est une charité sans Jésus-Christ qui est la Vérité. Ce n’est donc qu’une pseudo charité. On ne peut donc pas opposer charité et vérité comme l’abbé Pfluger le fait. 

Abbé Pfluger :
Si la vocation, la prière ne nous conduit pas à la charité et donc à la joie, c'est qu'il y a quelque chose d'erroné dans notre vie spirituelle. Le but nous dit Notre-Seigneur : « afin que votre joie soit complète. » 

Commentaire :
La joie est un fruit du Saint-Esprit qui découle de la possession du Bien suprême qui est Dieu. Cette possession du Bien suprême est impossible sans la possession de la vérité complète. Car pour posséder entièrement Jésus-Christ, source de notre joie, il faut d’abord épouser parfaitement sa volonté. Et pour épouser parfaitement sa volonté, il faut épouser parfaitement sa doctrine.
L’abbé sous-entend que la joie est en opposition avec l’esprit de la Résistance qui conteste toujours. Il confond la joie chrétienne qui est parfois faite de combats ou douloureuse (cf. Jésus au jardin des Oliviers, les martyrs, les saints qui ont pourfendus l’hérésie, ceux qui passent par la nuit des sens et de l’esprit etc.) avec le sentiment de bonheur que nous éprouvons lorsque nous sommes en consolation.
Sur la terre, c’est le combat (Eglise militante). La joie surnaturelle ne se sent pas toujours. Elle est fondée sur l’abandon que nous faisons de nous-mêmes à la volonté de Dieu. Cet abandon, lorsqu’il essaye d’être droit et complet est la meilleure garantie que nous ayons de posséder Dieu sur cette terre. Et donc la joie découle de cet abandon, dans la foi. Cette joie chrétienne n’a rien à voir avec la fausse joie superficielle et dissipée qui est cultivée par les conciliaires et les charismatiques depuis Vatican II. Ce n’est pas celui qui rit le plus fort et qui frappe le plus dans les mains qui est le plus joyeux. C’est celui qui est le plus uni à Dieu par l’intelligence (connaissance de la vérité) et la volonté (la charité est un acte de la volonté). L'abbé ne peut donc juger du degré de joie de la Résistance par rapport au sien car cette joie n'apparaît pas toujours extérieurement. Jésus n'était pas joyeux extérieurement lorsqu'il a condamné les pharisiens, lorsqu'il a pleuré sur Jérusalem, aux jardin des oliviers, etc.

Abbé Pfluger :
Constat dans la Tradition : pas ou peu de vocation [proportionnellement au nombre d'élèves dans nos écoles], pourquoi ? Parce que nous nous disons les seuls, les meilleurs et c'est l'esprit d'Avrillé [-n'allez pas le répéter partout, cela reste entre nous-], c'est la religion de l'exclusivité, ce qui nous intéresse, c'est nous. [On sait tout, on juge tout]. On comprend [parfois] le pape qui fustige le cléricalisme. Nous, les Tradis, nous avons La vraie foi, La vraie messe, Nous ! 

Commentaire :
L’abbé accuse Avrillé d’orgueil. Est-ce la marque d’un bon esprit de dire cela ? Lors d’une recollection, en plus… 

De nouveau, il faut distinguer : 

- au plan doctrinal, il est de notre devoir d’affirmer que nous avons la bonne doctrine et que les conciliaires ne l’ont pas. Ce n’est pas de l’orgueil. C’est la vérité. Or, l’humilité, c’est la vérité. Saint Jean, Saint Paul, Saint Irénée (Contre les hérésies) et Saint Athanase ont tous affirmé qu’ils avaient la bonne doctrine, contre les autres. 

- Mais au plan personnel, il est vrai que c’est notre devoir de nous humilier devant Dieu parce que nous n’avons pas été assez fidèles aux grâces que Dieu nous a faites. Nous ne pouvons donc pas dire que nous sommes les meilleurs au plan personnel mais nous pouvons dire que nous défendons mieux la doctrine que François et les évêques conciliaires. C’est Dieu qui a fait cette grâce insigne aux membres de la Tradition, sans mérite de notre part.

- Dire que nous ne sommes peut-être pas les meilleurs au plan doctrinal sous-entendrait que les conciliaires, les charismatiques ou les ralliés le seraient plus que nous. Pourtant ils acceptent tous Vatican II à la lumière (ou non) de la Tradition. Ils se rallient donc tous à l’hérésie et aux principes maçonniques qui imbibent ce concile. L'abbé Pfluger sous-entend que nous devons dire et penser qu'ils sont peut-être meilleurs que nous. C'est une fausse humilité mensongère.

2ème conférence

Abbé Pfluger :
Dans un contexte de refus de la vérité, de la Tradition, nous ne devons pas avoir une altitude agressive, car Dieu est venu pour sauver le monde (…) ce n'est pas à nous d'avancer ce jugement mais nous devons sauver les âmes.

Commentaire :
Jésus a eu une attitude agressive avec les « langues de vipères » et les « sépulcres blanchis » qu’étaient les pharisiens. Il a même dit : « Arrière Satan ! » à Saint Pierre, pourtant bien intentionné, qui ne voulait pas qu’il aille souffrir sa passion. Parler énergiquement est parfois un devoir. Que l’abbé relise Pascendi de Saint Pie X. Ses paroles sont parfois très incisives. Les saints n’ont jamais eu de discours sirupeux vis-à-vis de l’hérésie. Nous devons sauver les âmes en démasquant les loups déguisés en agneau que sont les papes concilaires, Mgr Fellay et l’abbé Pfluger. Ce sont des loups qui diffusent l’herméneutique de la continuité et d’autres principes suicidaires et peccamineux, comme nous verrons plus loin. Nous n’allons pas leur « faire risette » alors qu’ils s’attaquent au dernier bastion important de la foi qu’était la Fraternité et qu’ils mettent notre salut en danger.

Abbé Pfluger :
Exemple de vraie réforme tirée du livre « La Sainte Église à travers son histoire » de notre cher Père Jean-Dominique. 

Commentaire :
L’abbé dit : notre cher Père Jean-Dominique. Ils ont l’air bien amis tous les deux. Affaire à suivre.

Abbé Pfluger :
Exemple du Carmel [-] qui est rentré dans la « pseudo résistance », ce qui est ridicule [-], ils n'ont pas de vocation. Il y a un idéal que dans la Tradition nous ne sommes pas capables de transmettre. On peut pour cela voir l'assistance lamentable à la messe en semaine.

Commentaire :
La crise n’est pas liée à la Résistance qui est toute récente et qui a eu déjà beaucoup de demandes de séminaristes. Cette crise est bien présente dans toute la Tradition, comme le note l’abbé juste en dessous à propos de l'assistance à la messe en semaine. Les causes sont multiples et nous ne les connaissons peut-être pas toutes. Nous ne rentrerons pas dans cette problématique.

Abbé Pfluger : 
C'est trop simple de ne voir que la perversion du monde, c'est la foi qui vainc le monde : primauté de la contemplation, amour de la Croix donc de la messe, c'est par elle que l'on vainc le monde. 

Commentaire :
L’abbé est dans la même optique que les ralliés (cf. le tableau comparatif fait par Michael qui compare l'esprit de la néo-fsspx et des ralliés avec l'esprit de la Résistance). Les ralliés veulent sauver l’Eglise par la liturgie et nous par la réaffirmation de la doctrine.
Il est vrai cependant que si davantage de personnes assistaient à la messe en semaine, il y aurait plus de grâces de conversion pour le monde. Cependant, il ne faut juger personne car beaucoup de parents dans la Tradition ont un devoir d’état prenant. Le devoir d’état passe avant l’assistance à la messe en semaine. Il y a aussi des raisons de santé ou d’éloignement qui peuvent empêcher d’assister à la messe. Et pour nous autres de la résistance, il y a l’impossibilité où nous nous trouvons d’être en communicatio in sacris avec des personnes qui défendent l’herméneutique de la continuité et la déclaration du 15 avril 2012.

Abbé Pfluger :
Notre combat a été idéalisé, notre vue est en noir et blanc.

Commentaire :
Que l’abbé médite sur les deux étendards étudiés en retraite de saint Ignace et les deux cités de Saint Augustin. Et aussi sur ces paroles de Notre-Seigneur : « Qui n’est pas avec moi est contre moi. »

Abbé Pfluger :
Mgr Williamson dit que la nature est tellement détruite, que les séminaires tridentins ça ne marche plus, qu'il faut faire autre chose : c'est ridicule ! 

Commentaire :
Mgr Williamson vient de répéter cette idée  lors d'une conférence le 22 janvier dernier : conférence publiée sur un évêque s’est levé . Stageirités a dit qu’il avait senti à ce moment que l’assistance était déçue et attristée par les propos de Mgr Williamson. Un fidèle nous a également écrit à ce sujet. Nous parlerons donc un peu de cette question. L’abbé Pfluger, ici, a raison car le préceptorat préconisé par Mgr Williamson comme solution de remplacement nécessiterait des dizaines de prêtres spécialistes de toutes les matières prenant chacun un séminariste en charge. Et en même temps il faudrait que ces prêtres soient très disponibles, ce qui n'est pas le cas dans la Résistance, à cause des impératifs de l'apostolat. Ce préceptorat est donc irréalisable au plan pratique. Cependant, par la force des choses, il est partiellement réalisé actuellement par l'abbé Chazal et l'abbé Cardozo, en attendant que le nombre de séminaristes grossisse.
Quasiment tout le monde dans la Résistance est d’accord pour dire qu’il faut des séminaires. Mais cette opinion originale de Mgr Williamson ne touche pas à la doctrine. Elle ne prête pas à conséquence puisque celui-ci est d’accord pour conférer les ordres aux séminaristes qui seront formés dans les séminaires de la Résistance (il l’a redit très clairement le 22 janvier), et puisque la plupart des prêtres de la Résistance (peut-être même tous ?) sont convaincus qu’il faut des séminaires et veulent en faire. Les prêtres de la Résistance feront donc (ou continueront) la formation des séminaristes dans des séminaires et Mgr Williamson les ordonnera. Comme cela tout le monde se complétera suivant le charisme que Dieu lui a donné et de bons jeunes apôtres seront préparés à reprendre le combat derrière leurs aînés. Les prêtres qui ne sont pas soutenus dans leur projet de séminaire par Mgr Williamson n’en auront que plus de mérite à faire leur devoir. Ce qui compte, ce n’est pas d’avoir des encouragements en tout : nous ne sommes plus des enfants qui avons besoin des félicitations de nos parents dès que nous faisons une bonne action. Ce qui compte est de faire la volonté de Dieu. Cependant, dans cette conférence et dans son avant-dernier Commentaire Eleison, Mgr Williamson a félicité et encouragé les prêtres qui ont signé l’adresse aux fidèles. Cet aspect est réconfortant et doit être noté. 

3ème conférence

Abbé Pfluger :
L'apostolat c'est le « sentire cum Ecclesia » et non critiquer Vatican II {sous-entendu : là n’est pas le formel]. La critique finit par lasser et on craque comme beaucoup de gens brillants qui nous ont quittés car ils n'avaient pas la Caritas Christi. Les âmes à sauver c'est un vrai moteur de persévérance et ça ne laisse plus de temps pour les critiques stériles. 

Commentaire :
Dire cela est tellement aberrant que nous pensons que là, c’est l’ennemi se démasque. Convertir les âmes sans poser à la base la doctrine, n’est pas les convertir. La foi est ancrée sur des vérités à croire et donc sur la doctrine. Sentir avec l'Eglise, c'est au contraire lutter contre l'hérésie qui l'attaque. Ces propos de l’abbé Pfluger sont en fait de l’œcuménisme larvé : on fait amis-amis en évitant les sujets qui fâchent. Qu’il relise Dom Sarda y Salvani, le libéralisme est un péché. Les saints dans l’histoire de l’Eglise ont toujours défendu la doctrine avec fougue. L’abbé diffuse ici un esprit maçonnique. On croirait entendre François.

Abbé Pfluger :
Ne faisons pas comme la pseudo résistance, mais retrouvons l'enthousiasme pour le bien ! Cherchons le royaume de Dieu et non à convertir le Pape, à analyser les textes du Supérieur Général ou Lumen Gentium. Pie X : « notre préférence ira toujours à ceux qui se dévouent au salut des âmes ». Ce doit être [une / la] priorité de toutes nos maisons. Ne pas renverser l'adage : « enfer de la philo, purgatoire de la théologie, ciel de l'apostolat »

Commentaire :
Par cette conférence, l'abbé Pfluger contribue à ouvrir les yeux des gens sur les problèmes de la Fraternité. En cela, nous pourrons peut-être tirer un bien d’un mal, si ce texte pouvait provoquer une réaction qui brise l’engourdissement où se trouvent certains prêtres et fidèles. L’abbé Chazal a dit à Louis de Christus vincit, en parlant de cette conférence : tous les fidèles doivent l'avoir en main. C'est une preuve fraîche, irréfutable.
L’adage « enfer de la philo, purgatoire de la théologie, ciel de l'apostolat » dit par plaisanterie est dangereux lorsqu’il est pris au sérieux. Un prêtre qui n’est pas « au point » doctrinalement est un mauvais prêtre. Saint Thomas nous l’enseigne : Doctrina cum pietate. Il ne faut pas dissocier les deux. L’abbé Pfluger affirme ici l’opposé de la doctrine de Saint Thomas.

Il y a cependant un danger qui se profile à l'horizon de cette conférence. Beaucoup de fidèles et de prêtres, à juste titre très remontés, demandent à Menzingen la démission de l'abbé Pfluger. Si Menzingen écoutait leurs demandes, Mgr Fellay deviendrait alors l'image de la rectitude doctrinale personnifiée, de la mesure, de la sagesse... Et cette démission (ou ce renvoi) risquerait (à tort) de satisfaire la résistance interne qui se dirait alors : Quand même, Mgr Fellay n'est pas si mal. Cela contribuerait à anesthésier puissamment la résistance interne. Nous nous demandons, à cause d'autres éléments qui nous sont parvenus et qui sont actuellement en cours de vérification, si ce ne serait pas le plan de Menzingen, avec l'accord et la complicité de l'abbé Pfluger lui-même. Un article suivra sur ce sujet.

(Fin de la première moitié du commentaire — à suivre)