samedi 11 janvier 2014

Aide-mémoire pour les prêtres qui font élection


Faire élection n'est pas toujours facile. Nous espérons que ceci pourra aider. La question est : dois-je résister ouvertement aux autorités de la FSSPX ? Est-ce justifié ? Est-ce prudent ? Est-ce une action sainte ? Est-ce la volonté de Dieu ? Quel est le plus parfait ? Qu'est-ce que Dieu préfère pour moi ?
Correction faite le 13 janvier : nous avons confondu les dates 2006 et 2012 lorsque nous avons parlé du Chapitre. Il faut donc lire : "a) Les deux-tiers des capitulants de 2012 (et non 2006) avaient déjà un niveau de réflexion très bas".

Que faire des vocations ?
- Actuellement, si un jeune homme vient me voir et me dit qu'il a la vocation, puis-je l'envoyer dans un séminaire de la Fraternité ? 
a) Que lui dira-t-on sur les ralliés ? (cf. dernière retraite aux Frères prêchée par l'abbé Pfluger à Flavigny faisant l'apologie de la FSSP et dernière circulaire aux prieurés écrite par Ennemond et un prêtre.)
b) Que lui dira-t-on sur Vatican II ? (cf. CNS interview de Mgr Fellay), cf. les 95% du concile acceptés, cf. la déclaration doctrinale du 15 avril 2012 défendant l'herméneutique de la continuité sans la nommer,-- l'abbé de Jorna l'a prouvé-- etc., cf. discours de Mgr Fellay à Kansas City réaffirmant l'herméneutique de la continuité tout en s'en défendant : «Le texte [de la déclaration doctrinale du 15 Avril 2012] que nous avons présenté à Rome a été un très , dirons-nous , un texte délicat qui était supposé être compris correctement; il était censé être lu avec un grand principe qui dirigeait le tout. (...) pour emporter l'ambiguïté nous voulions inclure ce principe [de Vatican I]. Malheureusement, peut-être que c'était trop subtil et c'est pourquoi nous avons retiré ce texte, car il n'était pas assez clair tel qu'il fut écrit ."
Par ces mots mêmes, Mgr Fellay persiste et signe dans l'herméneutique de la continuité, malgré ses dénégations. Mgr Fellay dit en effet qu'il faut lire sa déclaration à la lumière d'un grand principe de Vatican I qui est que l'on exclut toute nouveauté. Il faut donc lire que l'on accepte Vatican II, les nouveaux sacrements, le nouveau code de droit canon, à la lumière de Vatican I. C'est donc l'herméneutique de la continuité... 
c) Que dira-t-on sur Benoît XVI et François ? (Cf. derniers discours de Mgr Fellay sur DICI qui présente Benoît XVI comme un conservateur et François comme un moderniste en actions mais pas en lui-même...)
d) Que dira-t-on sur la morale ? (cf. l'abbé Quilton qui pense que la fin justifie les moyens dans certains cas, par exemple pour espionner les prêtres réfractaires...)
f) Qu'enseignera-t-on sur le magistère post-conciliaire ? (On enseignera qu'on est sédévacantiste et schismatique si on le rejette entièrement car c'est le magistère de "l'Eglise"... cf. Abbé Pfluger sur la question, par exemple.) Notre-Seigneur dit : Matt. XVIII, 6 Mais celui qui scandalisera un de ces petits qui croient en moi, mieux vaudrait pour lui qu'on lui suspende une meule à âne autour de cou et qu'on le précipite au fond de la mer. 
Et Saint Paul (Gal. I, 8-9): "Mais quand nous-mêmes, quand un ange venu du ciel vous annoncerait un autre Evangile que celui que nous vous avons annoncé, qu'il soit anathème!
Nous l'avons dit précédemment, et je le répète à cette heure, si quelqu'un vous annonce un autre Évangile que celui que vous avez reçu, qu'il soit anathème!"
Devons-nous accepter le magistère de papes qui auraient été déclarés anathèmes, excommuniés et mis à l'index  en temps normal ? Pour Arius, a-t-on dit : Il y a du bon et du mauvais. Nous acceptons le bon et nous rejetons le mauvais. Non. Quand on est devant un hérétique, on doit rejeter toute sa doctrine et non faire le tri. Faire le tri, ce serait l'équivalent de discuter avec le démon en s'exposant à de multiples compromissions avec des formulations ambiguës : c'est la démarche libérale.
g) Quelle définition de l'Eglise donnera-ton à ce jeune séminariste ? 
h) Sera-t-il formé correctement sur la franc-maçonnerie ? 
i) Que lui dira-t-on sur les six conditions ? (On lui dira : mais non, la ligne de la Fraternité n'a pas changé...)
j) Sur l'autorité ? (On lui dira : Le supérieur a les grâces d'état. Tous ceux qui sont sortis de la Fraternité se sont perdus, car hors de la Fraternité, point de salut.)
k) Sur l'obéissance ? (On lui tiendra le raisonnement suivant : Il faut des raisons graves pour désobéir à l'autorité de suppléance qu'est Mgr Fellay. Désobéir maintenant pour des raisons qui ne sont que d'ordre prudentiel, ce serait de l'anarchie. Il faut que la foi soit en jeu, pour désobéir. Or la foi n'est pas en jeu...
[NB : Nous reviendrons sur ce point plus bas.]

- Si une jeune fille a la vocation, puis-je l'envoyer dans une communauté qui risque de se rallier à Rome derrière Mgr Fellay d'ici quelques mois ou années ?

- Si je n'ai pas de vocations dans mon prieuré, puis-je considérer que ce problème ne me regarde pas vraiment ?
Si je décide que cela ne me regarde pas, cela signifie donc que j'accepte de rester dans une communauté qui forme de mauvais prêtres, qui déforme des jeunes de bonne volonté... Des jeunes que Dieu aime au point de vouloir en faire ses Christs. Ces futurs prêtres auront charge d'âmes plus tard... Il est certain qu'ils déformeront les âmes qui leur seront confiées après avoir été déformés eux-mêmes. 
Puis-je décider de contempler ce massacre passivement, sans rien faire? Sans rien dire ? Peut-on faire un séminaire en étant dans la Résistance interne ? N'ai-je pas le devoir de sauver le plus possible d'âmes ? Ne ferais-je pas un péché par omission si je laissais ces jeunes séminaristes être faussés dans leur formation sacerdotale ? 
Qu'est-ce que je veux pour les futurs prêtres de la Fraternité ? Qu'ils soient des répliques des prêtres ralliés ou bien qu'ils soient des Saint Athanase ? Si je veux qu'ils soient des saint Athanase, quels moyens faut-il que je prenne ? La prière ? En me contentant de dire : Mon Dieu, sauvez-nous ! Ou bien n'est-ce pas plutôt le moment de se rappeler les paroles de sainte Jeanne d'Arc : les gens d'armes combattront et Dieu donnera la victoire. N'ai-je donc pas le devoir d'aider les séminaires de la Résistance ou d'en créer ?

Que faire de mes fidèles ?
- Dieu m'a confié un troupeau. Je vais devoir en répondre devant lui. Puis-je avoir confiance que Dieu sera content de moi quand je lui dirai : Seigneur, j'ai bien combattu Vatican II devant eux. Je leur ai donné une bonne doctrine. Ils ont été armés.
Dieu ne risque-t-il pas de me répondre : Tu as dénoncé François et même Benoît XVI. Tu as dénoncé Vatican II. C'est vrai... Mais as-tu dénoncé ceux qui acceptaient le principe même de se remettre sous l'autorité de ceux qui font l'apologie de Vatican II ? As-tu dénoncé Mgr Fellay qui fait de l'herméneutique de la continuité déguisée ? As-tu répudié comme criminel le principe d'envisager de se mettre sous l'autorité des évêques conciliaires et d'un pape moderniste n'ayant plus la foi catholique ? (cf. L'étrange théologie de Benoît XVI de Mgr Tissier et les discours et actes de François. Cf. son horrible livre Sur la terre comme au ciel, cf. l'interview de La Repubblica) As-tu mis tes fidèles en garde contre cela ? As-tu dénoncé les fauteurs d'erreurs de la Fraternité qui diffusent ces principes criminels ?

Les six conditions :
- Le problème est que je ne suis pas sûr que les principes des six conditions soient si criminels que cela... Ne sont-ce pas seulement des décisions d'ordre prudentiel ? Ne dois-je pas me rebeller uniquement si la foi est attaquée ? Ces principes attaquent-ils la foi ? Mgr Tissier dit que non, grâce à la condition n°1 qui exige que l'on ait la permission de critiquer l'erreur et les fauteurs d'erreur... D'autres confrères plus saints et plus savants que moi pensent de même. Qui suis-je pour prétendre avoir raison contre eux ? Qui suis-je pour prétendre être davantage éclairé qu'eux ? Suis-je plus saint ? Non. Alors pourquoi penser que l'Esprit-Saint m'éclairerait davantage qu'eux ? Ne serait-ce pas de l'orgueil de penser cela ?
Réfléchissons :
- L'argument de la compétence et de la sainteté des autres ne tient pas puisque les 250 membres du Coetus internationalis ont dû penser cela aussi après Vatican II et ils ont tous failli. Saint Athanase s'est également retrouvé presque tout seul. Saint Jean était le seul apôtre au pied de la Croix. Dieu m'a donné une intelligence capable de raisonnement. Je dois donc m'en servir et ne faire aveuglément confiance à personne. L'histoire me l'enseigne. 
La conditions n°1 est utopique, et naïve car la Rome maçonnique ne tient jamais ses promesses. De plus, actuellement, la foi est attaquée dans la Fraternité alors qu'elle est sous la loi de cette condition n°1 qu'elle n'arrive même pas à appliquer en son sein. Pour vérifier qu'elle n'arrive pas à l'appliquer pour elle-même, je me pose les questions suivantes :

- L'herméneutique de la continuité défendue par Mgr Fellay relève-t-elle d'un jugement prudentiel ou atteint-elle la foi ?


- La défense de la position de la Fraternité saint Pierre faite par Ennemond, porte-parole officieux de la Fraternité dans la dernière circulaire aux prieurés, et faite également par l'abbé Pfluger à Flavigny relève-t-elle du jugement prudentiel ou de la foi ? Si la foi n'est pas en danger, pourquoi alors Mgr Lefebvre a interdit d'assister aux messes des ralliés ?


- L'acceptation du nouveau code de droit canon et de Vatican II à la lumière de la Tradition relève-t-elle de la foi ou du jugement prudentiel ? Mgr Lefebvre les a accepté aussi à la lumière de la tradition le 5 mai 1988, objectent les accordistes. C'est vrai... Mais ce protocole de 1988 était-il doctrinalement acceptable ? Ai-je le droit d'accepter à la lumière de la Tradition la doctrine de la secte moderniste, gnostique et maçonnique ? Est-ce possible ? Saint Athanase et saint Herménégilde auraient-il accepté cela ? Mgr Lefebvre n'a-t-il pas dit qu'il était allé trop loin, en janvier 1991 ?


- L'acceptation du principe même de l'accord pratique qui est d'avoir un pape moderniste comme supérieur de la Prélature personnelle, au-dessus de Mgr Fellay, est-elle d'ordre prudentiel ou touche-t-elle à la foi ? Est-ce un péché ou non d'accepter de se mettre sous l'autorité d'un hérétique qui aurait été anathémisé par Saint Paul et qui aurait été condamné en temps normal ? Est-ce bon pour ma foi, pour celle des fidèles ? Mgr Lefebvre n'a-t-il pas  dit que c'étaient les supérieurs qui faisaient les sujets ? Ne risquons-nous pas de devenir hérétiques comme les ralliés qui acceptent les hérésies de Vatican II à la lumière de la tradition, comme le Barroux qui défend la liberté religieuse de Vatican II, comme l'abbé de Tanoüarn qui reconnaît en 2007 dans Valeurs actuelles la légitimité de la nouvelle messe maçonnique de Bugnini ? Il a dit : « Cela dit, bien entendu, si au nom de cette préférence [pour le rite traditionnel], on anathémise tous les autres et on dit que le rite rénové n’est pas légitime, on a rien à faire dans l’Eglise ». 

Ces faits me montrent bien que le principe de l'accord pratique et les six conditions touchent dangereusement à la foi.

Conclusion partielle :

Si je continue à ne pas combattre ouvertement, je vais laisser des vocations être faussées, je vais continuer à mettre les fidèles en danger en ne dénonçant pas les faux principes des six conditions qui attaquent la foi. Je dois donc agir.

Agir maintenant ou en 2018 ?

x et y disent qu'ils faut attendre le Chapitre général de 2018 pour faire quelque chose... Ont-ils tort ou raison ? Comment connaître l'avenir ? Comment savoir si on arrivera à redresser ou non la Fraternité ?
Considération préalable : Mgr Fellay n'est pas un imbécile. Il y a 99% de probabilité pour qu'il y ait un accord avant 2018 qui l'établira chef définitif de la Prélature personnelle. Il n'y aura plus besoin d'élection de supérieur général. Il le sera à vie. Il veut faire l'accord rapidement. (cf. l'intention n°2 de la croisade et les conférences de l'abbé Pfluger sur la FSSP). En admettant que nous nous trompions :
a) Les deux-tiers des capitulants de 2012 avaient déjà un niveau de réflexion très bas, c'est officiellement acquis par la Résistance interne et externe.
b) Il suffit d'une voix (la moitié +1) pour faire basculer une décision. (cf. Mgr de Galarreta à Villepreux en octobre 2012 : "de toute façon, on va faire ce que la majorité pense.")
c) Les deux-tiers du Chapitre étant mauvais, la situation n'est pas redressable car deux-tiers est mathématiquement supérieur à la moitié + 1... D'autant plus qu'en 2018, la composition du Chapitre aura empiré, à cause des nominations. Donc pas d'espoir à attendre du côté du Chapitre.
d) De plus, même le tiers du Chapitre plus conservateur a accepté le principe des six conditions. A l'unanimité. (cf. déclaration du 14 juillet 2012 + affirmations de Fr Morgan dans sa lettre du 4 août 2012). Et c'est justement ce principe même qu'il faut combattre. Donc même si par miracle un des membres du conservateur du Chapitre était élu comme supérieur général, il n'y a aucune garantie sérieuse qui peut nous faire espérer qu'il condamnerait les six conditions.

- En admettant que tout s'arrange en 2018, ce qui est très peu probable, ai-je le droit, moi, prêtre, de laisser des jeunes vocations être mal formées, de laisser Mgr Fellay faire du mal aux âmes sans rien faire, jusqu'en 2018 ? Si en 2018 la situation est redressée, tant mieux pour la Fraternité. Si elle n'est pas redressée, ai-je le droit de rester passif en attendant un lointain et très hypothétique miracle ? Les âmes peuvent-elles attendre ? Ai-je le droit de taire la vérité pendant toutes ces années pour sauver une structure, c'est à dire un patrimoine immobilier ? Non. Les âmes d'abord. 


Rester dans la Fraternité jusqu'au Chapitre ne nous permettra-t-il pas de sauver davantage d'âmes ?

A-t-on jamais vu un saint dans l'histoire de l'Eglise qui voit sa congrégation en danger touchant à la foi et qui décide de se taire pendant 5 ou 6 ans parce qu'il a 1% de chance de la sauver plus tard ? La fin (sauver toutes les âmes de la Fraternité) justifie-t-elle les moyens ? (C'est-à-dire le silence coupable pendant 5 ans, des dizaines de séminaristes mal formés, des fidèles endormis et endoctrinés par l'abbé Pfluger et Mgr Fellay ?) Ne pas lutter contre les principes gravement erronés qu'ils diffusent et qui touchent à la foi, n'est-ce pas une omission dont Dieu me demandera des comptes ?

Mais je n'ai pas la carrure, l'argent, la santé...

Les handicaps divers de notre nature ne peuvent nous excuser du péché. On n'est jamais forcé ou acculé au péché. Si se taire est un péché, alors il faut parler. La situation n'est d'ailleurs pas si noire que cela. On a toujours des parents, des amis ou des fidèles qui peuvent nous soutenir. La Providence veille. Il n'y a pas d'épreuve au dessus de nos forces. Dieu récompense souvent les actes courageux en nous donnant des grâces d'état que nous n'aurions pas eues sinon. Dieu ne nous demande pas d'être performants si nous n'en avons pas la force. Il n'a que faire de nos performances, lui qui est Tout-Puissant. Il nous demande de faire sa volonté, à notre place, en affirmant la foi entièrement et sans compromission. 

Conclusion

Notre-Seigneur nous dit : Que votre oui soit oui, que votre non soit non, tout le reste vient du démon. Nous voulons le suivre jusqu'au bout et ne pas faire de discours qui viennent du démon. La seule façon d'obéir à notre Maître est donc de parler ouvertement, publiquement et régulièrement contre la nouvelle orientation de la Fraternité pour avertir les fidèles. Il faut aussi de façon urgente aider les séminaires de la Résistance pour former des saint Athanase et non des prêtres mous et incertains au plan doctrinal. C'est ce qui est le plus parfait, le plus saint, le plus prudent et ce que Dieu veut pour nous. La foi est en jeu. Quand la foi est en jeu, c'est tout de suite qu'il faut agir.