mardi 21 janvier 2014

A quel jeu joue donc l'abbé de Cacqueray ?


Sur le forum Christus vincit, Avila mentionne une information importante de Frédéric :

"Hier matin [c'est-à-dire dimanche 19 janvier], à la chapelle de Versailles , l'abbé de Cacqueray a parlé de la lettre pendant la messe. Il n'a pas du tout soutenu les prêtres qui l'avaient signée. Et même, il les a condamnés en disant qu'ils ne suivaient pas la Providence. L'abbé a dit aussi qu'il avait connu une rébellion des prêtres de Bordeaux quand il est arrivé à Suresnes il y a 10 ans et que, à présent, il vivait la même chose à l'autre extrémité de la FSSPX.
Je pense qu'il est important de connaître cette réaction qui confirme ce que disait l'abbé Rioult : l'abbé de Cacqueray a abandonné les abbés de la Résistance à un moment crucial..."

Récapitulons :
Après le Chapitre de 2012 :

1ère sortie de la résistance prévue pour novembre-décembre 2012: Le 16 août 2012, Mgr Tissier a dit à l'abbé Chazal d'attendre environ 3 mois avant de réagir. 
« Le Chapitre général, répondit-il, a été un désastre ; j'ai signé de mon nom, parce que c'était une action collégiale, mais certainement pas pour dire que j'étais d'accord avec le contenu. Par conséquent faites confiance en ce que font les généraux, acceptez votre nomination en France et tenez-vous tranquille pendant au moins trois mois. » (cf. War aims). Un intervenant de cathinfo nous a ensuite appris vers mai-juin 2013 qu'une action était bien prévue par l'abbé de Cacqueray environ à cette date après le Chapitre. Les généraux, ce sont donc entre autres Mgr Tissier et l'abbé de Cacqueray.

2ème sortie de la résistance prévue pour juin 2013 : L'intervenant de cathinfo avait écrit que l'abbé de Cacqueray était prêt à sortir, avec tous les prêtres réfractaires, mais que finalement, à cause des écoles, "pour ne pas perturber la scolarité des élèves", il avait repoussé cette intervention à juin 2013. Ce bruit doit être véridique puisque des prêtres de la Fraternité demandent une veillée de prières pour l'abbé de Cacqueray du 29 au 30 mai 2013. Toute la Résistance s'y associe.
En juin 2013, on attend donc la sortie, mais à la dernière minute, l'abbé de Cacqueray change d'avis : non seulement il ne soutient pas les prêtres mais il condamne sévèrement l'abbé Rioult et la résistance dans son fax du 2 juillet 2013. Selon lui, nous faisons l'oeuvre du diable... 
L'abbé de Cacqueray avait auparavant soutenu à deux reprises Mgr Fellay en disant que la ligne de la Fraternité n'était pas changée : "les positions inchangées de la Fraternité ont notamment été rappelées par Mgr Fellay lors de la conférence qu'il a donnée à Nantes le 1er mars dernier et par mon éditorial de la Lettre aux amis et bienfaiteurs du 3 mars", écrivait-il sur la porte latine, lors de sa condamnation de la lettre de la Sapinière. 

Troisième phase : Le 6 janvier 2014, la sapinière nous dit que l'abbé de Cacqueray est l'un des rares supérieurs à y voir clair. Puis nous apprenons le 19 janvier qu'il devait faire une action courageuse qui finalement a été annulée en dernière minute pour une action ambiguë et inutile. Et maintenant il nous condamne de nouveau publiquement à Versailles.

De deux choses l'une : 
- soit l'abbé est véritablement sincère et pieux comme tout le monde dit, mais complètement versatile. Des personnes nous ont dit qu'il était paniqué. 
- soit c'est un fin stratège qui fait semblant d'être de notre bord mais c'est en fait un comédien adroit qui joue sciemment le jeu de Mgr Fellay. 
Avec l'Immaculée envisage sérieusement cette dernière hypothèse :
Premièrement parce qu'il a été nommé supérieur de district par Mgr Fellay. Or Mgr Fellay a placé partout des hommes à lui.  Pourquoi se serait-il trompé si lourdement sur l'abbé de Cacqueray ?
Deuxièmement parce que si l'abbé de Cacqueray était de notre bord et tourmenté, il ne nous condamnerait pas publiquement et ne soutiendrait pas ouvertement Mgr Fellay comme il le fait. Il observerait plutôt le silence. 
S'il était tourmenté, il aurait fait aussi en public de bonnes interventions en notre faveur. Or, systématiquement, toutes les bonnes interventions ont été faites en privé et toutes celles en notre défaveur ont été faites en public. Les blâmes que Mgr Fellay fait contre lui ne sont peut-être qu'une comédie entre les deux. Ils sont d'ailleurs toujours faits en privé.
Troisièmement : ceux qui connaissent l'abbé de Cacqueray le perçoivent-il comme un personnage instable et tourmenté ? Il nous a toujours donné au contraire  l'impression d'un grand équilibre, d'une bonne résistance aux émotions et à la fatigue et d'une grande force de caractère. 
C'est vrai qu'il donne à tous l'impression d'une grande spiritualité... Mais Mgr Fellay ne donnait-il pas lui aussi cette impression ? Et puis si grande spiritualité il y avait, serait-il possible de changer d'avis à ce point en allant jusqu'à nous condamner publiquement à plusieurs reprises ? L'abbé est-il animé du Saint-Esprit en faisant cela ? Et du point de vue de ceux d'en face, l'abbé est-il animé du saint Esprit quand il nous soutient ? Dans tous les cas, de quelque point de vue que l'on se place, le Saint-Esprit travaille à mi-temps chez lui. C'est un peu étrange.
Quoi qu'il en soit, la conduite de l'abbé de Cacqueray est la plus dangereuse possible pour la Résistance. Plus dangereuse que celle des abbés Rostand, Couture etc. Davantage de prêtres seraient sortis si nous avions à la place un autre supérieur. S'il était  le plus rusé de nos ennemis, il n'agirait pas autrement. A cause de lui, des prêtres sont tourmentés et en danger. Ils se sentent liés par l'obéissance à ce prêtre qu'ils prennent pour un sage et un saint et qui, quelles que soient ses intentions réelles, les mène en bateau et de revirement en revirement... Au plan psychologique, l'épreuve doit être terrible pour nos pauvres prêtres. Prions pour eux. 
Nous avons pris une résolution : nous ne ferons plus de prières publiques pour que l'abbé de Cacqueray rejoigne la résistance. Si le compte est bon, cela fait trois veillées publiques que nous faisons à son intention. Elles ont toujours été suivies d'une trahison à plus ou moins brève échéance. Continuer des prières publiques pour lui sous-entendrait, dans le contexte actuel, que nous l'estimons, que nous le prenons comme référence, que nous avons confiance en lui, en son jugement etc. Cela contribue donc indirectement à lier à lui de bons prêtres comme ceux de la région parisienne proche et lointaine, des bons prêtres comme l'abbé Moulin que nous estimons beaucoup pour son courage... Nous voulons au contraire à présent avertir ces prêtres que l'abbé de Cacqueray n'est pas forcément celui qu'ils pensent et que même s'il est sincère, il n'est plus fiable. 

Six principes intangibles contre les six conditions pragmatiques

Et maintenant comment faire pour s'en sortir et pour voir la volonté de Dieu une bonne fois pour toutes ? 
Comment faire pour y voir clair avec un tel supérieur, lorsqu'on est prêtre ?
Il y a une méthode simple : décider que notre action sera dorénavant déterminée en fonction de principes intangibles et non en fonction des circonstances fluctuantes comme la lettre de Mgr Fellay, telle stratégie mise en place pour 2018 etc. 

- Le premier de tous ces principes est que la fin ne justifie pas les moyens et qu'il ne faut pas faire de péché par omission ou par action, même pour sauver des âmes.

- le deuxième principe est que se taire lorsque la foi est attaquée est un péché par omission. 
(cf. Pape St Félix III cité dans Inimica vis : "c'est approuver l'erreur que de ne pas y résister ; c'est étouffer la vérité que de ne pas la défendre... Quiconque cesse de s'opposer à un forfait manifeste peut en être regardé comme le complice secret.")

- le troisième principe est que même pour sauver sa vie, on ne peut pas faire de péché. 

- le quatrième principe est qu'envisager de reconnaître pour supérieur un pape qui n'a pas la foi catholique est un péché. Il faut donc dénoncer les six conditions comme peccamineuses et instituer à la suite de saint Jean, de Saint Paul et du Concile de Constantinople le principe du nullam partem avec les hérétiques.

- le cinquième principe est que l'herméneutique de la continuité est un mensonge qui mène directement à l'hérésie : il faut donc dénoncer publiquement la déclaration du 15 avril 2012 sans cesse excusée par Mgr Fellay et dénoncer l'herméneutique de la continuité chez celui-ci, sous peine de mettre les âmes en danger (les prêtres comme les fidèles).

- le sixième principe est que la devise salus animarum, suprema lex est le principe suprême et que donc les prêtres doivent se battre pour sauver le plus possible d'âmes, sans oublier les séminaristes qui sont en danger.

Voici six principes intangibles qui ne changeront pas en fonction des circonstances et qui répondent aux six conditions coupables du Chapitre de 2012. Fuyons le pragmatisme qui est changeant et illogique et conduit inévitablement aux compromissions et laissons-nous guider par les principes que Dieu nous a donnés. 

Et si Mgr Fellay démissionnait ?

Si Mgr Fellay démissionait, rien ne serait résolu tant que le principe du nullam partem ne serait pas institué comme une norme intangible dans la Fraternité et tant que tous les prêtres qui sont pour un accord pratique resteraient dans la Fraternité. Il faudrait, pour sauver la Fraternité, non seulement que Mgr Fellay démissionne mais qu'il soit expulsé avec au moins 40 prêtres dangereux. Il faudrait que tous les autres restent à la condition qu'ils fassent un serment selon lequel ils sont contre l'accord avec Rome tant qu'elle n'est pas parfaitement convertie et selon lequel ils s'engagent à quitter la Fraternité immédiatement s'ils changeaient d'avis. Les conditions de conversion de Rome seraient écrites, détaillées et complètes, afin que l'on ne puisse jouer sur ce mot comme l'ont fait l'abbé Rostand et Mgr Fellay. Tous ceux qui ne sont pas contre l'accord pratique devraient partir, sous peine de nous pourrir peu à peu. S'ils restaient, ils finiraient toujours par reprendre subrepticement les postes de commande. Il faudrait donc inscrire le principe du nullam partem de façon intangible dans les constitutions de la Fraternité. Cela ne sera jamais fait, même par les membres conservateurs du Chapitre. Il faudrait que la moitié + 1 vote cela ! C'est impossible.