dimanche 8 décembre 2013

Un conseil de la sainte Vierge à Sainte Brigitte - description du jugement d'un damné condamné à l'enfer - mini-retraite 1ère partie

Un conseil de la sainte Vierge à Sainte Brigitte - description du jugement d'un damné condamné à l'enfer - mini-retraite 1ère partie

La sainte Vierge montre l'enfer aux trois enfants de Fatima

La très-sainte Vierge Marie dit à sainte Brigitte :
« Faites savoir quelques peines de l'enfer et du Purgatoire aux mauvais, afin qu'ils prennent garde à eux, et aux bons, pour leur avancement dans le Bien. »
Précieux recueil de spiritualité, p. 609, éditions DFT

L'on enseigne aux retraites de Saint Ignace, qu'il est bon de faire une mini-retraite un jour par mois. Cette mini-retraite est occupée principalement par une méditation sur la mort car si nous agissions toujours comme si chaque jour était le dernier de notre vie, nous serions tous des saints. 

Ici, nous allons donc réfléchir aux fins dernières, avec Sainte Brigitte. Notre-Seigneur et la sainte Vierge lui ont montré le jugement de plusieurs âmes en lui demandant de nous en faire part. 
Nous en avons sélectionné deux
- un jugement d'une âme qui va en enfer 
- et un autre d'une âme qui va au Purgatoire. 

Voici tout d'abord le jugement d'une âme qui va en enfer. Ce qui est intéressant, c'est qu'il s'agit ici d'une âme qui allait à la messe tous les dimanches et qui était un époux fidèle ! C'est une histoire vraie !

« Sainte Brigitte voyait au jugement l'âme d'un homme qui, sur la terre, avait été comblé de prospérités, et il était damné. Cette âme avait la forme d'un horrible animal ; elle ressemblait au démon qui l'accusait devant le Juge :
« Donnez-moi, ô Juge, cette âme, puisque vous êtes juste. Vous l'aviez créée des ferveurs de votre Amour, et elle Vous était semblable ; mais, ayant méprisé votre Douceur et vos Préceptes, elle est devenue semblable à moi. »
Le Juge répondit : « Bien que Je sache toutes choses, néanmoins, dites pour ma fille (sainte Brigitte), quel droit y avez-vous ? »
Le démon : « Cet homme avait des yeux et n'a jamais voulu voir ce qui concernait le salut de son âme ; les choses spirituelles ne lui plurent jamais, il s'amusait aux choses temporelles. Tout ce qu'il faisait, qui avait quelque apparence que c'était pour l'Amour de Vous, c'était pour l'honneur du monde. Il avait des oreilles, mais ne voulait rien entendre de ce qui revenait à votre Gloire. Sa bouche était ouverte ; toutes les suavités et cajoleries du monde, et close à la prière et à vos Louanges. Il ne Vous aima jamais ni ne prit goût à vos Avertissements ; il n'approcha jamais de Vous par Amour ni par bonnes œuvres. Sa volonté fut toujours contraire à vos Commandements et sa cupidité était sans bornes. Donnez-moi cette âme qui m'est semblable. »

Alors, un des anges s'approcha et dit au Juge :
- « Seigneur Dieu ! Après que cette âme fut unie au corps, je la suivi toujours et ne m'en séparai point tant que je trouvai en elle quelque bien. Cet homme fut uni au mariage à une femme qu'il aimait tendrement et garda la fidélité du mariage parce qu'il l'aimait et non pour votre Amour, ne considérant en rien l'Honneur de Dieu et l'accomplissement de ses Volontés. Il entendait des messes et assistait aux Offices, non par esprit de dévotion, mais afin qu'il ne fût pas séparé des chrétiens et noté par eux. Son coeur était en tout rebelle à Dieu et obéissant à la chair. Il se rendait néanmoins souvent à l'Église afin d'obtenir de Vous la santé corporelle et que Vous lui conservassiez les richesses et les honneurs du monde. Ô Seigneur ! Vous avez plus donné à cet homme qu'il ne Vous a servi sur terre. Vous lui avez donné la santé, des enfants remarquables ; Vous lui avez conservé les richesses et l'avez protégé des infortunes qu'il redoutait. Vous lui avez donné cent pour un, et tout ce qu'il a fait de bien a été récompensé en prospérités temporelles, comme il le voulait uniquement. Or, maintenant, je le laisse comme un sac vide de tout bien. »

- « Donc, ô Juge, reprit le démon, adjugez-le moi. Je suis plein de malice et je n'ai pas été racheté, cet homme est comme un autre moi. Vous avez dit que nul ne devait en rien tromper son prochain, et cet homme l'a fraudé et trompé. Vous avez dit que nul ne doit aimer la créature par-dessus son Créateur, or, cet homme a aimé toutes choses, hors Vous. Il a vendu l'Amour de Dieu pour son amour-propre. »

Le juge : Pourquoi vous réjouissez-vous tant de la perte d'une âme ? »
Le démon : « A cause de l'envie enragée qui me déchire. Quand cette âme brûle, je brûle plus ardemment ; mais Vous l'avez rachetée par votre Sang et l'avez tellement aimée que Vous Vous êtes donné à elle. Quand je la puis arracher de Vous, je me réjouis. »
Le Juge, s'adressant à l'âme : « Que dites-vous de vous-même ? »
L'âme, avec de grandes larmes, répondit :
« Ma conscience profère mon jugement ; il faut que je suive aux peines ceux-là dont je suivis les suggestions sur terre. »
Et soudain sept démons s'approchèrent et le prince des démons ordonna :
« Vous, esprit de superbe, vous avez possédé cette âme dedans et dehors, entrez en elle et serrez-la si fortement que le cerveau, les yeux, les os, tout s'écoule et se fracasse.
« Vous, esprit de cupidité, entrez en elle avec un venin très ardent, et comme un plomb fondu, brûlez-là misérablement. Qu'elle soit riche des confusions éternelles et des malheurs qui n'auront jamais de fin.
« Vous, esprit de rébellion et de mépris de la Religion, elle vous a plutôt obéi qu'à Dieu, entrez en elle, comme un glaive très-aigu qui perce le coeur sans en sortir jamais.
« Vous, esprit de gourmandise, brisez-la de vos dents, déchirez-la sans cesse et sans la consommer ; elle a consenti à toutes les intempérances.
« Vous, esprit de vaine gloire, entrez en elle et ne sortez jamais de sa bouche. Que toute la joie et l'honneur qu'elle cherchait au monde, soient changés en pleurs, misères et hontes éternelles. »
Les démons emportèrent leur proie et disparurent (...) »
Précieux recueil de spiritualité, p. 601 à 603, éditions DFT.