jeudi 3 octobre 2013

Rester dans la FSSPX, une grave erreur. Par Michaël

Rester dans la FSSPX, une grave erreur

par Michaël

Le Titanic sombra le 15 avril 1912.
La FSSPX sombra le 15 avril 2012 (cf. Déclaration doctrinale envoyée ce jour-là à Rome)


Comme l’a montré l’article devons-nous quitter les chapelles de la FSSPX, le choix de ne plus aller à une messe de la FSSPX est, dans l’immédiat, un choix prudentiel, et il importe de ne juger personne. Il dépend du prêtre et des circonstances familiales. Par exemple, est-il souhaitable de voir ses enfants renvoyés d’une école de la Tradition si une bonne école de rechange ou l’école à la maison ne sont pas possibles dans notre cas ? Le danger pour l’âme des enfants serait encore plus proche que d’assister aux offices des prêtres libéraux de la FSSPX. (Cependant, il faut être sûr qu’il n’y a vraiment pas d’autre solution et s’il n’y en a pas, il faut prendre ses dispositions pour qu’il y en ait bientôt : ex : déménagement, fonder une école, s’organiser pour faire l’école à la maison, fonder un groupe de résistance et organiser la venue d’un futur prêtre etc.)

En revanche, envisager de rester dans la FSSPX, ad vitam aeternam, dans une perspective de long terme, s’avérera désastreux. Ne pas organiser de canots de sauvetage alors que le bateau coule est criminel.

Il est patent que Mgr Fellay n’a pas signé d’accord avec Rome. Mais ne pas signer momentanément un accord avec le pape, est-ce suffisant pour protéger notre foi ? Les protestants, les orthodoxes, les Témoins de Jéhovah n’ont pas signé d’accord avec le pape. Faut-il leur faire confiance ? La doctrine que Mgr Fellay enseigne est-elle bonne ou mauvaise ? Si elle est mauvaise, faut-il attendre que Mgr Fellay l’ait signée officiellement pour reconnaître sa trahison ? Judas a-t-il eu besoin de signer un contrat pour que le monde entier reconnaisse qu’il avait trahi Notre-Seigneur ? 

Le discours officiel de la FSSPX a-t-il changé ?

Il importe donc d’analyser le discours officiel de la FSSPX. Il faut faire le constat du réel. Les documents les plus importants à prendre en compte sont en priorité :

- la Déclaration du Chapitre de la FSSPX du 14 juillet 2012, approuvée officiellement par la quasi-totalité des membres. Elle donne le ton : elle prévoit un accord pratique possible sans accord doctrinal et les principes du Chapitre général de 2006 sont abandonnés. Cette déclaration est assortie de six conditions secrètes, conditions qui ont été démontées à de nombreuses reprises. Le grotesque le dispute au ridicule.
La première condition prévoit la liberté de désobéissance dans le cadre de la signature d’un accord qui entraîne un transfert d’autorité : en d’autres termes, on demande à un pape qui n’a plus la foi de devenir le chef de la Fraternité s’il nous donne la permission de le critiquer tant qu’on voudra, sachant qu’il ne maintiendra pas cette permission et que la Fraternité ne tiendra pas non plus sa promesse de critiquer, étant donné que depuis plus d’un an, Mgr Fellay, DICI et plusieurs districts ne dénoncent quasiment plus rien : le transfert d’autorité ne s’est pas encore opéré officiellement que les effets délétères de ce principe se font nettement sentir.
La première condition du Chapitre de 2012 a établi un principe suicidaire qui est devenu la ligne officielle de la Fraternité. Ce principe, non seulement est suicidaire, mais est mauvais moralement. Il est interdit de prendre pour chef un hérétique qui attaque la foi. Si c’était permis, alors saint Athanase aurait eu tort de réagir et de détourner les fidèles des évêques devenus ariens.
Quand on pense que saint Jean, dans sa deuxième épître dit (II Jn I, v. 10-11): « Si quelqu’un vient à vous et n’apporte pas cette doctrine, ne le recevez pas à la maison et ne le saluez pas. Car celui qui le salue participe à ses œuvres mauvaises. » ! S’il ne faut pas le saluer, il ne faut pas non plus a fortiori l’accepter pour chef !

Donc en admettant que le pape permette de le critiquer tant qu’on voudra, (ce qui est utopique) et que la FSSPX le critique bien (ce qui est non moins utopique), il ne faudrait de toute façon pas accepter ce principe d’œcuménisme avec un pape n’ayant pas une doctrine parfaite et encore moins lui confier nos âmes en se mettant sous son autorité.

- Ce principe coupable est passé dans le discours officiel et a été réaffirmé dans l’article 11 de la déclaration du 27 juin 2013 signée par les trois évêques et défendue officiellement par l’abbé de Cacqueray dans son fax du 2 juillet 2013, envoyé à tous les prieurés de France.

- la Déclaration doctrinale du 15 avril 2012, comme son nom l’indique, se place au niveau des principes théologiques. Elle est tellement importante qu’elle a été envoyée officiellement à Rome pour présenter la doctrine officielle de la Fraternité. Qu’y trouvons-nous ? La reconnaissance du nouveau code de droit canon, du nouveau magistère, de la légitimité de la promulgation de la nouvelle messe, du concile Vatican II qui a « éclairé certains aspects de la vie de l’Église » et qui peut être compris à la "lumière - magique - de la Tradition", etc. Cette déclaration et son auteur n’ont pas été condamnés explicitement par la FSSPX ou par des membres éminents en place. La DQA a été seulement retirée pour des raisons diplomatiques. Le 7 mai 2013, Mgr Fellay a réaffirmé que ce texte était « trop subtil » pour avoir été bien compris. Personne n’a protesté officiellement en France, à part l’abbé Rioult. Une telle attitude de silence de la part des prêtres de la Fraternité montre qu’il faut les inciter à sortir rapidement avant qu’ils ne soient trop neutralisés pour pouvoir encore réagir. Ils sont en danger. Les fidèles aussi.

Le développement du libéralisme dans la FSSPX n’est qu’une conséquence de ces principes erronés validés au Chapitre général de 2012, principes qui postulent que la Vérité catholique de la Tradition pourrait obtenir une place dans l’Église (conciliaire), à côté des autres "sensibilités". Malheureusement, ces principes sont faux car l’hérésie moderniste et la vérité catholique ne peuvent cohabiter. D’où les glissades libérales observées ici ou là, comme l’évoque l’abbé Chazal dans son dernier article.

Conclusion sur le discours officiel de la FSSPX : changement dans les principes, changement dans le combat. La FSSPX n’est plus officiellement attachée à sa finalité qui est de lutter contre le modernisme et de continuer l’œuvre de l’Église.

Le départ de Mgr Fellay pourrait-il sauver la FSSPX ?

Certains pensent que la FSSPX pourrait se remettre de cette épreuve avec le départ de Mgr Fellay : il pourrait démissionner, notamment s’il est inculpé au pénal pour différents délits (complicité de vol d’informations, d'usurpation d’identité, etc.) C’est une vue de l’esprit, car il faudrait aussi changer avec lui la quasi-totalité du Chapitre et plusieurs prieurs, directeurs ou professeurs de séminaire qui partagent les nouveaux principes du Supérieur Général, à savoir le désir de "faire Église" aux côtés des conciliaires car dorénavant l’Église conciliaire est considérée comme catholique. Cela s’appelle ni plus ni moins que de l’œcuménisme.

Voici ce qu’en pense l’abbé Rioult :

« Si sa démission est nécessaire elle ne sera pas suffisante. Car le problème est plus vaste que celui de Mgr Fellay : le libéralisme a miné la Fraternité. Même si la plupart de ses membres sont encore de valeur, un processus de pourriture par la tête a commencé. 
Un prieur, lors d’une session de théologie, fit remarquer qu’il ne pouvait pas dire : « Benoît XVI est un moderniste ». Ce prieur confia aussi à un confrère ne plus pouvoir, en conscience, faire prier ses fidèles pour « la conversion de Rome et des évêques », intention qui fait pourtant partie de celles de la Fraternité (Cor Unum n° 35). A Chartres, un prieur, pour justifier la politique de Mgr Fellay, a cherché à me convaincre que la béatification de Jean-Paul II n’était pas si grave car « c’est l’homme que l’on a exalté » et non sa doctrine et que l’initiative d’Assise III n’était pas si scandaleuse car « le fait que Benoît XVI ait invité des athées manifeste qu’il ne s’agit pas d’une réunion religieuse. » (fin de citation).

La foi des fidèles n’est-elle pas en danger en allant recevoir les sacrements de ces prêtres ? Tous les prêtres de la FSSPX ont-ils encore la foi catholique ? Quelle différence y a-t-il entre ces prêtres et les prêtres des communautés Ecclesia Dei que Mgr Lefebvre disait de fuir ? Aucune. Il faut donc dès maintenant fuir ceux des prêtres de la Fraternité qui pensent cela.

Pourtant, la FSSPX propose encore les vrais sacrements
Mais, pourrait-on objecter, la FSSPX propose les vrais sacrements, en sauvegardant la messe et en dispensant un enseignement généralement traditionnel (catéchisme etc.). Faut-il se priver de sacrements au prétexte de considérations théologiques bien lointaines ?

Cette objection a été traitée définitivement par Mgr Lefebvre lorsqu’il évoque l’impossible participation au culte célébrée par les communautés ralliées. Voir ici.  Ainsi, il vaut mieux être privé de sacrements que d’aller à la messe des ralliés, proche de chez soi, avec une bonne liturgie, un sermon spirituel, un catéchisme valable, etc. Or, les ralliés ont simplement réalisé ce que la FSSPX convoite officiellement : la reconnaissance canonique. L’IBP a même le droit de critiquer Vatican II et l’usage exclusif de la liturgie latine (plus pour longtemps à présent : cf. Mgr Pozzo). Les fameuses conditions du Chapitre général de la FSSPX ont été données à l’IBP ! N’oublions pas que l’IBP a été fondée par des anciens de la FSSPX. La seule critique de la FSSPX envers l’IBP est que cet Institut n’a pas de garantie, d’indépendance, il n’a pas d’évêques. Le problème devient un problème de garantie et non plus un problème de principe. Pourtant, le principe pas de fausse communion avec l’hérésie, est le seul qui justifie que l’on s’abstienne de fréquenter les chapelles ralliées pourtant bien commodes et bien situées.
Mgr Lefebvre a été très clair : nullam partem avec l’hérésie. Recevoir les sacrements, c’est être en communion avec celui qui les distribue. C’est pourquoi, dès maintenant, les prêtres de la Résistance déconseillent de recevoir les sacrements de la part des prêtres libéraux de la Fraternité qui ont perdu la bonne doctrine.

Sans sacrements, l’âme se perd-elle forcément ?

Il faut d’abord remarquer que l’Église oblige à faire ses Pâques, soit à recevoir les sacrements, une fois par an. L’obligation de la messe dominicale n’est pas de rigueur s’il n’y a pas de chapelle à moins d’une heure de chez soi. On sanctifie alors le dimanche à la maison par des exercices de piété et l’on peut se réunir avec d’autres fidèles. En France, actuellement, nul besoin d’aller à l’étranger pour recevoir les sacrements d’un prêtre sûr : l’abbé Rioult est joignable et dispense volontiers les sacrements. Le train existe en France.

Les Japonais, persécutés, ont tenus forts dans la foi sans les sacrements pendant plusieurs centaines d’années. Sans remonter à ce cas exceptionnel, ce sont des milliers de fidèles de la Tradition, de par le monde actuellement, qui n’ont la visite d’un prêtre de la FSSPX que quelquefois par an. La privation de sacrements tue l’âme ? C’est vrai, si nous nous en privons volontairement, par négligence, alors que nous pourrions  les recevoir d’un bon prêtre qui ne met pas en danger notre foi… Mais cela n’est pas vrai en situation extraordinaire comme celle que nous vivons actuellement. Pensons aux terres de mission de la FSSPX, par exemple. Combien de belles âmes que les prêtres de la FSSPX visitent deux fois par an !

En Amérique ou en Asie, ce sont les fidèles de la FSSPX qui n’avaient pas la messe régulièrement, qui se sont levés avec vigueur contre le ralliement.

La réception fréquente des sacrements est-elle une assurance tout risque ?

La messe quotidienne, la confession fréquente sont recommandées, mais pas à n’importe quel prix. Les modernistes aussi ont les sacrements, l’eucharistie et la confession et pourtant, combien sont en état de grâce ? S’il s’agit d’accepter d’être en communion avec l’hérésie (ralliés) ou avec ceux qui désirent l’être (FSSPX), il vaut mieux s’abstenir. Le Bon Dieu n’est pas prisonnier de ses sacrements et peut donner sa grâce autrement si l’Église est absente de certains territoires ou bien si notre foi est en danger en allant aux messes qui sont proches de chez nous.

Vous avez des personnes qui reçoivent les sacrements régulièrement et qui abandonnent toute foi. Pensons aux jeunes des pensions tradis qui vivent avec les prêtres et rejettent ensuite la foi, pensons aux prêtres de la FSSPX qui quittent le sacerdoce ou qui deviennent prêtres diocésains… Les sacrements ne font pas tout. Ce ne sont pas des moyens magiques.

À ne voir que les sacrements, ou le problème de la messe, on adopte une mentalité de rallié. Dans ce cas, pourquoi s’opposer à Rome puisque à l’IBP, au Barroux, etc. Rome autorise les vrais sacrements, en sauvegardant la messe et en dispensant un enseignement généralement traditionnel (catéchisme etc.). Mgr Lefebvre a fait passer la préservation de la foi avant la réception des sacrements : il a conseillé aux canadiens éloignés de tout centre de messe FSSPX  de ne pas aller aux messes des ralliés et de sanctifier le dimanche chez eux s’ils ne pouvaient pas aller tous les dimanches aux messes de la FSSPX.

Présenter comme prioritaire la réception fréquente des sacrements avant la préservation intégrale de la foi catholique est une attitude de consommation spirituelle, de confort personnel : nous avons l’impression qu’il nous faut notre messe, notre confession, pour être bien, pour être en paix, pour avoir notre billet pour le paradis. Mais c’est une erreur. Il nous faut uniquement faire la volonté de Dieu pour aller au Paradis. C’est en partie à cause de cette erreur que la France, si gâtée quant au nombre de prieurés et aux services offerts est si molle pour organiser une résistance digne de ce nom. Les Français de la Résistance sont un peu surpris d’être moins bien desservis que l’Allemagne ou le Mexique où des centres se résistance sont mis en place avec des dessertes régulières. Pensons à ces fidèles de Colombie qui, dans les montagnes, ont construit un monastère pendant six ans, monastère occupé depuis quelques semaines par des moines bénédictins de la résistance . Ces montagnards, se sont-ils préoccupés de savoir s’ils auraient la messe toutes les semaines, une fois par mois, par trimestre, par an ? Inspirés par la grâce divine, ils ont été fidèles et sont récompensés.

La confiance en Dieu

On ne décide pas de sortir ou non de la FSSPX en fonction du nombre de points de distribution de l’eucharistie sur le territoire national. Il s’agit de suivre la vérité et de rejeter l’erreur ; il s’agit de suivre la voix de celui qui crie dans le désert et la voix de celui qui est mort seul sur une croix. Cela demande une confiance en Dieu et un abandon, tant pour les prêtres que pour les fidèles. C’est un saut dans l’inconnu qu’il faut faire.

Mais ce saut dans l’inconnu se trouve en fait être un saut dans les bras de Notre-Seigneur-Jésus-Christ. Nous pensions trouver la pauvreté et le sacrifice et nous trouvons le trésor de l’amour miséricordieux, comme saint Jean, l’apôtre de l’Amour, l’a trouvé au pied de la croix, avec l’Immaculée.


Aujourd’hui, c’est la fête de sainte Thérèse de l’Enfant Jésus. Voici la communion de désir qu’elle a prononcé dans son acte d’offrande à l’Amour Miséricordieux. Cette communion de désir pourra remplacer pour nous une communion sacramentelle qui serait donnée par un prêtre ne recevant plus la bonne doctrine : « Tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donnera ! » Je suis donc certaine que vous exaucerez mes désirs ; je le sais, ô mon Dieu ! (plus vous voulez donner, plus vous faites désirer). Je sens en mon cœur des désirs immenses et c’est avec confiance que je vous demande de venir prendre possession de mon âme. Ah ! Je ne puis recevoir la Sainte Communion aussi souvent que je le désire, mais, Seigneur, n’êtes-vous pas Tout-Puissant ?... Restez en moi comme au tabernacle, ne vous éloignez jamais de votre petite hostie… »


Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus