vendredi 11 octobre 2013

Réponse à M. l'abbé Moulin

Réponse à M. l'abbé Moulin



La lettre de l'abbé Moulin peut être lue en note 1 de cet article.

Cher Monsieur l'abbé,

Merci d'avoir osé prendre position publiquement contre Menzingen. A la suite de l'abbé Rioult qui a reçu son avis d'exclusion la Fraternité Saint Pie X le 28 août dernier, à la suite des prêtres de la Résistance chassés de la Fraternité, vous condamnez clairement  sans ambiguïté la déclaration du 27 juin dernier et vous ranimez notre courage en nous disant que des sœurs,  des frères et des prêtres pensent comme vous, dans la Fraternité. Depuis le début de cette crise de la Fraternité, vous avez pris position publiquement plusieurs fois. Nous vous en sommes reconnaissants et nous espérons un jour vous avoir à nos côtés. 
Grâce à vous, le silence n'est plus aussi "assourdissant". Vous avez osé le briser, au risque de vous faire vous-même chasser de la Fraternité... Vous ferez-vous chasser ? Nous verrons comment les supérieurs décident de réagir. Cela nous étonnerait beaucoup qu'ils vous chassent. Ils ne le feront probablement que s'ils s'y voient vraiment contraints à cause d'interventions musclées, fréquentes et publiées de votre part. Mais comme leur  phobie est la constitution de chapelles de Résistance en France, ils feront tout pour vous garder. Ils sont malins... En tout cas, si vous vous faisiez renvoyer ou si vous décidiez de partir, les lecteurs d'Avec l'Immaculée ne vous laisseraient pas tomber. N'hésitez pas à nous contacter si vous le souhaitez ou si vous avez besoin de quelque chose. (Cette invitation s'adresse d'ailleurs à tous les prêtres de la Fraternité ou aux communautés religieuses qui s'opposent à Menzingen et qui souhaiteraient se séparer de la Fraternité saint Pie X.) 

Votre lettre nous amène à nous poser plusieurs questions : 

Devons-nous garder le silence par respect  de l'autorité ? 
Il ne nous semble pas. Jésus n'a pas respecté l'autorité des pharisiens ni des docteurs de la loi. Il les a repris en public, et parfois, c'était fait de façon très énergique (cf. "sépulcres blanchis" etc.) ! Nous ne voulons plus reconnaître l'autorité de Mgr Fellay ni de l'abbé de Cacqueray. En effet, l'autorité doit être respectée lorsqu'elle est légitime, c'est à dire, dans le domaine religieux, lorsqu'elle agit selon sa fin qui est de conduire les âmes à Jésus-Christ. Or, depuis un an, Mgr Fellay et les différents supérieurs de la Fraternité (dont l'abbé de Cacqueray) éloignent les âmes de leur salut éternel en diffusant ou en contribuant à diffuser de faux principes, comme le principe selon lequel nous pourrions envisager de nous mettre sous la tutelle de Rome sans qu'elle soit convertie. Ils disent (ou laissent dire, sans les relever) des mensonges, comme par exemple l'affirmation que la Fraternité saint Pie X n'a pas changé... Les âmes sont en danger. Ne pas dénoncer ce problème, c'est mal. Vous l'avez dénoncé vous-même, courageusement, à plusieurs reprises : le Bon Dieu vous en récompensera. Mais vos autres confrères doivent parler eux aussi, s'ils ne veulent pas que le Bon Dieu leur demande des comptes. Comment peut-on espérer résister au courant progressiste de la Fraternité tout en se taisant ? A-t-on jamais vu dans l'histoire de l'Eglise des saints qui résistaient silencieusement aux mauvaises idées (sauf en cas de persécutions sanglantes, ce qui n'est pas le cas ici) ? Comment peut-on empêcher les âmes d'être influencées en lisant DICI ou la porte latine si on ne les met pas en garde contre ces sites ?...

Cependant, il est vrai qu'il y a plusieurs sortes de résistances internes dans la Fraternité ; il y a aussi des silences différents: 

a. Il existe une résistance interne, authentique, mais rare: Certains prêtres de la FSSPX - très peu - , semble-t-il, parmi vos confrères, critiquent ouvertement Menzingen en chaire. Cela reste circonscrit à la chapelle du lieu. Mais ils font très bien leur travail de pasteur, là où ils sont. Les fidèles sont informés et armés, régulièrement. Le prêtre fait son devoir qui est de dénoncer l'erreur et les fauteurs d'erreurs. Il ne s'endort pas dans la compromission.
Cependant, espérer durer toujours ainsi est utopique : on ne peut rester plusieurs années dans une congrégation en la critiquant régulièrement. En admettant que ce soit réalisable, souhaiter s'installer dans cette situation est mauvais car ce que le prêtre dit devant 100 personnes le dimanche, il pourrait le dire devant la terre entière (grâce à internet) s'il le voulait. Donc limiter volontairement son apostolat de façon durable en période où les âmes sont en danger et où il faut en conscientiser le plus possible n'est pas bon. Ce n'est envisageable que pour une période limitée de quelques mois, le temps de constituer une chapelle de résistance et de préparer pour le prêtre de nouveaux moyens de subsistance. 

b. il existe une autre résistance, que nous appellerions semi-résistance interne, plus fréquente qui consiste à se rattraper sur François de tout ce que l'on ne dit pas sur Mgr Fellay. L'Eglise conciliaire est très bien critiquée, mais le loup le plus proche, celui qui est le plus dangereux pour nous parce que c'est lui qui nous gouverne, on n'en parle pas... Ou bien la ligne de Menzingen est parfois critiquée en public, mais à mots couverts... Il faut être initié aux problèmes de la Fraternité pour comprendre les allusions. Certaines réflexions contre Menzingen sont faites, mais en privé. Cette résistance n'est pas conforme au si si no no de Jésus et n'est pas suffisante, même si elle est mieux que rien. Les personnes qui résistent ainsi sont menacées de faire des compromissions graves non seulement par omission (ex : elles ne critiquent pas la Déclaration doctrinale du 15 avril 2012 en chaire), mais par action. Prenons Mgr Tissier par exemple, qui a écrit un article critiquant de façon indirecte, dans le Sel de la Terrel'abbé Gleize et Mgr Fellay quant à leur conception de l'Eglise conciliaire, mais qui, quasiment dans le même temps, signe la déclaration du 27 juin 2013. A présent, il se tait sur le texte œcuménique de l'abbé Rostand. Il ne critique jamais publiquement Mgr Fellay et au contraire, dans ses sermons ou ses conférences, il dit que les six conditions protègent la Fraternité. Nous ne pouvons donc plus vraiment nous appuyer sur "le Mgr Tissier d'Avrillé" pour critiquer le texte signé par "le Mgr Tissier du Chapitre" le 27 juin ainsi que les six conditions défendues par ce même "Mgr Tissier  du Chapitre" à Gastines, le seize septembre 2012.
Si Mgr Tissier de Mallerais nous lit, nous le supplions de venir nous rejoindre avant qu'il ne soit trop tard et qu'il n'en ait plus la force. Il doit dénoncer le texte de l'abbé Rostand sur la prière commune avec François, il doit dénoncer cette école australienne qui défend la liberté religieuse sur internet, il doit dénoncer au moins l'article 11 de la déclaration du 27 juin. Il doit lutter contre la Déclaration du 15 avril 2012 que Mgr Fellay, encore récemment qualifiait de "subtile". S'il a dit quelque chose mais que l'on a étouffé ses propos, il peut les publier sur Avec l'Immaculée. Il faut qu'il voie qu'il a été trompé au Chapitre, lorsqu'on lui a fait croire que Mgr Fellay se rétractait implicitement et lorsqu'il a pensé que les six conditions seraient suffisantes pour nous protéger. En admettant même qu'elles le soient, (ce qui est faux), c'est le principe même d'accepter de se mettre sous l'autorité de quelqu'un qui n'a pas la foi et qui combat celle-ci dans ses actes et ses paroles, qui est mauvais. La Fraternité est construite sur ce faux principe depuis 2012. Elle est donc vouée à sa perte. Défendre le principe qu'il est envisageable de se mettre sous l'autorité d'un conciliaire, c'est déplaire à Dieu. Il n'y a pas de honte pour quiconque à se rétracter. Nous sommes tous des hommes faillibles. Au contraire, si Mgr Tissier de Mallerais se rétractait, nous lui en serions tous reconnaissants et il serait digne de louanges parce qu'il aurait servi l'Eglise... Si certains de vos confrères restent donc dans la Fraternité parce que Mgr Tissier y est, il faudrait qu'ils voient les contradictions de son attitude et qu'ils comprennent que même si nous le supplions de nous rejoindre, nous ne pouvons l'attendre en faisant aveuglément confiance à son jugement. Il y a trop de contradictions dans son attitude. Il y a eu des compromissions. Ce n'est pas pour autant que nous n'aimons pas Mgr Tissier. Nous l'aimons beaucoup et nous espérons encore une réaction de sa part, le jour où il comprendra qu'il a été trompé et aveuglé... Dieu veuille que ce ne soit pas trop tard. Mais en attendant, la volonté de Dieu n'est pas accomplie et les libéraux avancent leurs pions. Nous devons donc essayer de correspondre tout de suite à la volonté de Dieu et dénoncer l'ennemi sans attendre qu'un chef ou qu'un évêque nous le dise.

c. Il existe aussi une fausse résistance interne, celle de l'abbé de Cacqueray et de ceux qui l'imitent dans sa conduite (nous n'incluons pas dans ce groupe les personnes qui le soutiennent naïvement mais sont droites dans leur âme. Nous parlons uniquement de ceux qui ont un double discours) : en apparté le prêtre tient des discours anti-accordistes et montre qu'il est très clairvoyant, il a vraiment tout compris et est très bien pensant... Mais dès qu'il s'agit de faire une déclaration officielle en public ou de prendre parti pour ou contre la résistance, il soutient toujours Mgr Fellay et nous sommes accusés de faire le jeu du démon. Puis, une fois que la déclaration est faite, le prêtre "change" encore d'avis et nous soutient de nouveau officieusement. Certains d'entre nous le regardent encore de nouveau, avec des yeux pleins d'espoir. Les réflexions suivantes sont entendues : ce prêtre est un chef. Il a en main des éléments que nous ne connaissons pas. Il est prudent. Il souffre beaucoup. Il est déchiré. Il a de lourdes responsabilités. Il est sage, il ne se précipite pas. Il fait des préparatifs, attendez-un peu. Il fait ce qu'il peut. Il nous protège même s'il n'en a pas l'air etc. Et le même personnage, curieusement, même après nous avoir trahi et condamné publiquement plusieurs fois est toujours adulé, consulté, supplié, suivi, obéi... Les brebis ont besoin (momentanément, tant que la crise n'est pas finie) de faire leur deuil d'un chef humain. Il n'y a pas d'autre chef à attendre pour notre temps que Notre-Seigneur Jésus-Christ. L'on ne peut compter que sur l'aide de Dieu et sur soi-même. C'est Sœur Lucie qui l'a dit au Père Fuentes : 
"Père –me disait encore Lucie– n'attendons pas que vienne de Rome, un appel à la pénitence de la part du Saint-Père pour tout le monde ; n'attendons pas non plus qu'il vienne de nos évêques dans leur diocèse, ni non plus des Congrégations religieuses. Non. Notre-Seigneur a déjà utilisé bien souvent ces moyens et le monde n'en a pas fait cas. Maintenant il faut que chacun de nous commence lui-même sa propre réforme ; il doit sauver non seulement son âme, mais aussi toutes les âmes que Dieu a placées sur son chemin. (…)"

Pour savoir si un chef est bon, il faut juger ses actions faites en tant que chef, lorsqu'il est dans l'exercice de ses fonctions et non ses paroles privées. Si les actes officiels sont mauvais, il ne faut rien attendre. Il est vrai que l'abbé de Cacqueray a écrit certaines choses très bonnes contre le mariage gay ou contre l'Eglise conciliaire, mais ce n'est pas cela qui va sauver la Fraternité. Il ne dénonce pas pour autant les six conditions, l'attitude trouble de Mgr Fellay vis-à-vis de la DQA ou la déclaration du 27 juin et c'est cette dénonciation claire, pourtant, qui nous sauverait. Il répète au contraire que rien n'a changé et affirme à présent que nous faisons le jeu du démon. Donc l'abbé de Cacqueray lutte officiellement contre la Résistance au lieu de la soutenir. Il aide clairement Mgr Fellay. Nous ne devons tenir aucun compte de ses propos privés.

Devons-nous être discrets vis-à-vis des prêtres qui résistent et qui ne veulent pas se faire chasser de la FSSPX ? Assurément, oui. Nous devons respecter le souhait de discrétion du prêtre et ne pas le faire chasser s'il ne le veut pas. Nous ne pouvons vouloir pour lui. C'est à lui d'assumer son choix. 

Le prêtre a-t-il raison de vouloir rester dans la Fraternité saint Pie X?
Là est toute la question. Le nœud du problème. Une chose est sûre, il n'y a plus de chef sûr pour dire quoi faire. Mais il nous reste une boussole, enseignée aux exercices de saint Ignace : je dois faire ce qui donne le plus gloire à Dieu, ce qui lui sauve le plus d'âmes.

Qu'est-ce qui rend le plus de gloire à Dieu ? Qu'est-ce qui lui sauve le plus d'âmes ?

Voici quelle pourrait être la réflexion d'un bon prêtre de la FSSPX :
a. Il est clair que si j'arrive à sauver la Fraternité toute entière en restant dedans, c'est cela qui va rendre le plus de gloire à Dieu car je sauverai de nombreuses âmes et beaucoup de confrères. Je vais donc essayer d'examiner toutes les solutions qui me permettraient de sauver la Fraternité de l'intérieur. Si je n'en trouve pas, j'arriverai à la conclusion que je dois sortir pour pouvoir crier en toute liberté la vérité sur les toits. Pour bien raisonner, je dois toujours garder à l'esprit que la fin ne justifie pas les moyens. Donc je ne pourrai pas sauver la Fraternité en faisant des péchés : par exemple, il serait peccamineux de décider de faire semblant d'être accordiste et de soutenir Menzingen pour m'infiltrer dans le Conseil général ou essayer de me faire nommer supérieur de district. Ce serait utiliser une méthode de franc-maçon, interdite par celui qui a dit si si no no. Cette méthode en effet me forcerait à prêter de mauvais discours et à mentir en matière doctrinale. Je me ferais du mal à moi-même et j'en ferais aux autres. Je n'ai pas le droit de tenir un discours ralliériste pour sauver la Fraternité. Cherchons donc une autre solution :

b. Puis-je espérer changer la Fraternité en faisant expulser Mgr Fellay ou en attendant le prochain Chapitre pour faire élire quelqu'un de meilleur ? Pour faire élire quelqu'un de bien, il faudrait changer au moins trente membres du Chapitre, sans compter ceux qui ont peut-être fait semblant d'être de notre côté au Chapitre, pour ensuite mieux retenir toutes les velléités de résistance. Qui serait éligible à la place de Mgr Fellay ? Mgr de Galarreta ? Il a complètement changé de discours et n'est plus fiable. L'abbé de Cacqueray ? Il n'est plus fiable. Ses actions officielles, depuis plus d'un an ont toutes soutenu Mgr Fellay. L'abbé de Jorna ? Il ne rassemblera pas une majorité suffisante. Et puis d'ici 2018, Mgr Fellay a encore le temps de modifier la composition du Chapitre... et le Bon Dieu a le temps de se mettre en colère car la Fraternité est infidèle chaque jour davantage malgré les grâces de choix qu'elle a reçues. Plus personne en France ne fait le contrepoids en défendant complètement, clairement et publiquement Notre-Seigneur, (à part l'abbé Rioult)... Il est donc certain que le Chapitre de 2018 ne fera rien de bon et que Dieu risque fort de ne pas accepter que son honneur soit bafoué si longtemps.


c. une objection est faite à présent, dans les rangs de la résistance interne. Mgr Williamson nous en a informés dans son CE Moment fatalles membres du Chapitre ont changé d'avis. Ils regrettent ce qu'ils ont fait... Il est donc sous-entendu que le Chapitre pourra élire quelqu'un de bien en 2018 (Qui par exemple ? L'abbé de Cacqueray ?!!), et donc qu'il ne faut pas bouger jusqu'à 2018. Si ce n'est pas de l'intox, nous ne savons pas comment appeler cela. C'est cousu de fil blanc. Nous devons cesser d'être naïfs. Les enfants de lumière ont beaucoup trop tendance à faire confiance. Que l'attitude de Mgr Fellay nous serve de leçon : ne faisons plus confiance à quelqu'un parce que c'est lui qui nous le dit, parce qu'il parle avec onction ou qu'il prie les yeux baissés. Regardons les faits, les actes (ou les omissions) de ces personnes, leurs paroles (ou leur absence de paroles), leurs écrits officiels (ou leur absence d'écrits) et jugeons d'après ces faits.

Les membres du chapitre qui disent qu'ils ont changé d'avis mais qui ne défendent pas les droits de Notre-Seigneur dès maintenant ne nous inspirent aucune confiance parce que : 
1) l'on ne peut taire la vérité pendant 5 ans encore, sous prétexte de tactique. Ce serait un péché. Or la fin (sauver la Fraternité) ne justifie pas les moyens (se taire quand la vérité est attaquée). 
2) Qui nous dit que ces membres du chapitre sont sincères et n'ont pas reçu l'ordre de Mgr Fellay de jouer la comédie vis-à-vis des anti-accordistes pour les faire tenir tranquilles ? Sommes-nous certain qu'aucun n'est franc-maçon et n'est pas capable de mentir ? Des revirements oraux accompagnés d'inaction dans les faits ne sont pas à prendre au sérieux et ne sont pas prouvés. 

d. Y a-t-il un autre moyen de sauver la Fraternité ? Un procès au pénal qui ferait renvoyer Mgr Fellay ? Le procès ne ferait de toute façon pas renvoyer la soixantaine de membres connus qui minent la Fraternité (les trente du Chapitre + certains directeurs ou professeurs de séminaire, des supérieurs de doyenné, un prieur prêt à accepter la canonisation de Jean-Paul II ou d'autres prêts à célébrer la nouvelle messe - il y en a au moins deux prêts à célébrer la nouvelle messe, rappelons-le -) et de toute façon, quelqu'un de mauvais serait probablement élu à la place de Mgr Fellay par le Chapitre.

e. Plusieurs pensent : moi, je n'ai confiance qu'en Mgr Tissier. J'attends qu'il bouge pour bouger. Ce raisonnement se tient-il ? Non, il ne se tient pas car lorsque la vérité est attaquée, on ne regarde pas si l'autorité ou l'évêque de notre choix est ou non avec nous pour faire notre devoir : nous commençons par faire notre devoir parce que nous n'avons pas le choix devant Dieu et après, l'évêque vient par surcroît, quand Dieu le juge bon. Dieu peut permettre une période sans évêque, pour nous éprouver. Même s'il n'y avait aucun évêque avec nous, il faudrait combattre clairement, parce que le devoir du prêtre c'est de défendre la vérité. C'est d'ailleurs ce qui s'est passé  avec les prêtres de l'après-concile comme l'abbé Coache, par exemple. Mgr Lefebvre n'a pas tout de suite créé la Fraternité ; il n'a pas tout de suite occupé le devant de la scène. Les anciens prêtres des premières heures ne l'ont pas attendu pour lutter et réagir publiquement. De même les abbés Pfeiffer, Chazal et les autres prêtres de la réunion en Virginie, en août dernier : ils ont commencé à construire la Résistance sans évêque et ils ont eu raison. Ils ont fait leur devoir qui était de prêcher la vérité. Et le reste, c'était à Dieu d'assurer. La présence ou non d'un évêque ou de tel ou tel évêque n'est donc pas nécessaire pour faire notre devoir. Attendre l'évêque, c'est raisonner de façon pragmatique. Mais en matière de foi et de salut des âmes, il ne faut pas raisonner de façon pragmatique. Il faut raisonner au niveau des principes. Serai-je excusé devant Dieu de mon silence parce que Mgr Tissier de Mallerais ou un autre évêque ne m'a pas donné le signal ? Voilà la question. La réponse est claire : non. Je ne serai pas excusé. 
Mais la question de l'évêque amène la question des ordinations :

f. Essayons de nous mettre à présent à la place d'un séminariste. Doit-il se dire : "Moi je veux être sûr de me faire ordonner dans six ans, donc pas de vagues ; je reste du côté du manche dans la Fraternité." 
Ou bien doit-il se dire : 
"Il est vrai qu'il est plus risqué d'aller dans la Résistance car il n'y a qu'un seul évêque au lieu de trois. Mais par ailleurs, j'aurai une formation de combat et une doctrine plus sûre. Ma foi ne sera pas en danger comme dans la Fraternité. Si je reste dans la Fraternité, je vais devoir être en communicatio in sacris avec un évêque qui trahit Notre-Seigneur en soutenant la déclaration doctrinale du 15 avril 2012. Et peut-être que je vais devoir me faire ordonner par quelqu'un que je considère comme un traître. Si je vais dans la Résistance, il faut toujours prévoir  le pire : admettons que la Résistance se retrouve sans évêque... Qu'est-ce que je fais, moi, séminariste ? Admettons que je ne trouve aucun évêque pour m'ordonner. Je risque d'être coincé... Que dirait Jésus, si je lui demandait conseil : Il me dirait : Cherche d'abord le royaume de Dieu et sa justice et tout le reste te sera donné par surcroît. Il me dirait aussi : Tu vaux mieux qu'une multitude de passereaux et que les lys des champs... Si mon Père s'occupe de chaque cheveu qui tombe de ta tête, des passereaux et des lys, combien plus il s'occupera de toi, qui est l'un de mes meilleurs amis, toi qui est prêt à tout pour me suivre. Crois-tu oui ou non que je t'aime et que je suis Tout-Puissant ? Crois-tu que je puisse me laisser vaincre en générosité ? Crois-tu que si je veux que tu sois ordonné, je ne puisse te trouver un évêque ?
- "Seigneur, je suis sûr que vous ne vous laissez jamais vaincre en générosité et j'ai confiance en vous, cependant, je prends un risque. Je dois donc être sûr que vous voulez que je prenne ce risque. Il faut donc que je sois convaincu que  je n'ai pas d'autre solution que d'aller dans la résistance et que cela vous déplairait que j'aille à Flavigny, Ecône ou Winona. Je veux faire ce qui vous plaît le plus... Je n'ai pas de visions ni de locutions intérieures, mais vous m'avez donné une intelligence et la faculté de juger. Je dois donc suivre ce que me dit la droite raison :
L'abbé Troadec cite Jean-Paul II et Benoît XVI dans son livre la vie de famille: c'est le directeur de Flavigny. L'abbé Quilton, professeur de morale à Ecône défend indirectement l'usurpation d'identité faite par l'abbé Waillez en énumérant ce qu'il est permis de faire pour surveiller un mauvais élément d'une congrégation religieuse. L'usurpation d'identité ne figure pas dans la liste des actions permises, mais il défend quand même l'abbé Waillez ; un fidèle d'Ecône, sur le forum catholique, a témoigné qu'on ne parlait pas plus de deux à trois fois par an de la crise de l'Eglise le dimanche à Ecône, et seulement "sous forme de parenthèse illustrative". L'abbé Themann, professeur à Winona a fait une mauvaise conférence nommée Resistance to what ? Dans cette conférence, il défend la déclaration doctrinale du 15 avril 2012 et la légitimité de la promulgation de la nouvelle messe. Jésus veut-il que j'aille dans des séminaires qui soutiennent ces idées ? Cela lui plairaît-il que je me fasse ordonner par des partisans d'un accord pratique et/ou de la DQA ?
Si je ne veux pas me tromper, je dois suivre plutôt le conseil du disciple bien aimé : « Si quelqu’un vient à vous et n’apporte pas cette doctrine, ne le recevez pas à la maison et ne le saluez pas. Car celui qui le salue participe à ses œuvres mauvaises. » Si Jésus me dit par saint Jean de ne pas recevoir chez moi les gens de mauvaise doctrine, est-ce pour que j'aille vivre chez eux six ans de suite et que je me fasse former par eux ? N'est-ce pas de la présomption que de penser pouvoir résister ?
Donc même pour un séminariste, il ne faut pas rester dans la Fraternité.

g. Y a-t-il d'autres moyens de sauver efficacement la Fraternité en restant en silence à l'intérieur et sans que cela nuise aux âmes ? Non, nous n'en voyons pas. En quoi le silence des prêtres va-t-il rendre plus de gloire à Dieu que s'ils parlaient ? En rien. Quel profit les âmes vont-elles retirer de l'attitude ambiguë de la plupart des prêtres ? Aucun, elles y trouveront au contraire un mauvais exemple et une excuse à leurs compromissions personnelles. 

h. Autre objection que l'on nous a faite : les prêtres restent à l'intérieur pour pouvoir former les fidèles, c'est mieux ainsi, plutôt que les fidèles soient entre de mauvaises mains. Ce n'est pas convaincant. En effet, si les prêtres peuvent rester à l'intérieur, c'est (pour la quasi totalité d'entre eux) parce qu'ils ne disent pas clairement toute la vérité. Par exemple, combien parmi ceux qui sont contre la déclaration du 27 juin l'ont critiquée en chaire, clairement, en l'analysant, article par article ? La formation n'est donc pas complète et les fidèles n'ont pas toute la doctrine. Si au contraire les bons prêtres quittaient la Fraternité, il pourraient parler sur internet. Ils pourraient continuer à joindre leurs fidèles par email ou téléphone et organiser pour eux des conférences chez l'un ou chez l'autre et monter ainsi un groupe de résistance.  Les fidèles entendraient-ils moins leur prêtre s'il parlait dans une salle à manger et sur internet ? Non. Au total, il y aurait même davantage de personnes qui entendraient le prêtre. Et puis que préfère Jésus-Christ ? Un prêtre qui dit des demi-vérités devant 200 fidèles ou un prêtre qui dit la vérité toute entière devant trente ou même dix personnes de résistance ? Evidemment la deuxième solution.  De plus, ce prêtre qui parle devant dix ou trente personnes parle aussi sur internet (Si l'on totalise toutes les vues que l'abbé Rioult a dès qu'il fait une vidéo, on voit qu'il obtient facilement  400 vues à chaque fois, ce qui représente au moins 1200 personnes, grâce aux familles)... Mais en admettant que le prêtre ait zéro vues, Dieu préférerait quand même qu'il prêche toute la vérité à peu de personnes que des demi-vérités à beaucoup de monde. (cf. Saint jean Baptiste qui se définit comme la voix qui crie dans le désert, Jésus qui se retrouve presque seul après le discours sur le pain de vie et sur la croix). Donc en quoi être expulsé de la Fraternité pour avoir défendu la vérité est-il moins glorieux pour Dieu et moins utile pour les âmes ? Nous n'arrivons pas à trouver une seule réponse valable.


i. Une autre objection a été souvent présentée : nous nous sommes donné des autorités de suppléance. Ces autorités pensent que nous devons rester dans la Fraternité pour tenir les postes. Nous leur obéissons. Si nous commençons à leur désobéir, ce sera l'anarchie. 
Il nous semble que le problème est mal posé. La question n'est pas de savoir si je dois obéir ou non à telle ou telle autorité. La question est plutôt de savoir ce que Dieu veut, pour sa gloire et le salut des âmes. Notre raison nous démontre clairement où est la vérité, nous l'avons prouvé ci-dessus. Si, pour obéir à une autorité de suppléance que je me suis donnée, je désobéis à Dieu et je perds des âmes, Dieu sera-t-il content ? Me félicitera-t-il quand j'arriverai là-haut ? Les conseils que donnent ces autorités de suppléance sont opposés à tout ce que les apôtres et les saints ont toujours fait devant l'hérésie : un combat ouvert et ardent. Ces conseils de silence et de discrétion sont opposés à la droite raison (se taire pour lutter contre l'erreur est évidemment le contraire de ce qu'il faut faire). Ces conseils sont également opposés à la doctrine du Christ (Allez enseigner toutes les nations). Il faut donc reconnaître qu'on s'est trompé en choisissant ces personnes comme chefs, se rappeler ce que Sr Lucie a dit au Père Fuentes, comprendre que nous ne pouvons compter sur personne d'autre que Dieu, et nous libérer d'une mauvaise obéissance qui n'est fondée sur rien de sérieux. 
En cas de scrupules, nous pouvons lire sainte Thérèse d'Avila et regarder comment elle s'y prenait : elle consultait beaucoup de monde, uniquement des gens de doctrine sûre et savants (c'était son premier impératif) tout en faisant en sorte si possible que ce soient également des gens d'une sainteté éprouvée... elle décidait ensuite seule, devant Dieu, en toute liberté d'esprit, et ne se rangeait à leur avis que si elle était convaincue intimement que c'était bien ce que Dieu voulait. Elle n'hésitait pas à raisonner en elle-même et à  les contredire ou se démarquer d'eux, non par orgueil, mais par amour de la volonté de Dieu. Elle a gémi plusieurs fois sur l'obéissance au directeur spirituel qui retenait parfois plusieurs décennies les religieuses dans une sainteté médiocre. Elle avait plusieurs directeurs et quand la réponse de l'un lui paraissait mauvaise, elle allait en voir un autre... contrairement à ce qui est enseigné communément aux fidèles. Evidemment, il faut distinguer : elle n'était plus débutante dans les voies de la sainteté et elle ne le faisait pas par attachement à sa volonté propre mais par amour de la volonté de Dieu... Cependant son exemple nous enseigne que si un conseil ne nous apparaît pas justifié ou pas bon, si notre raison nous montre qu'il est probablement mauvais, si nous pensons sincèrement, après examen, n'être pas attaché à notre jugement propre mais uniquement à la volonté de Dieu, nous ne devons pas nous sentir liés ni craindre d'être orgueilleux en montrant de l'esprit d'indépendance. La seule dépendance qui est obligatoire, c'est celle que nous devons avoir vis-à-vis de Dieu.

Et maintenant, imaginons ce que serait la France actuellement si tous ceux qui y voyaient clair s'étaient levé il y a un an, contre l'avis de Mgr Tissier et de l'abbé de Cacqueray. Imaginons qu'Avrillé, Bellaigues, Morgon, aient rompu avec Menzingen et desservent autour d'eux. Imaginons que les trente-sept qui ont signé la lettre de la Sapinière aient fondé chacun deux centres de messes dans les salles à manger des gens des environs ou des salles paroissiales. Imaginons que cette cinquantaine de prêtres ait en moyenne dans chaque centre la moitié de ses fidèles actuels. Nous arriverions à peu près à 5000 fidèles de résistance bien convaincus et bien formés, rien qu'en France. Et c'est un minimum : pensons au nombre de personnes de saint Nicolas. Mgr Tissier de Mallerais, voyant le nombre de résistants, se serait laissé convaincre de nous rejoindre. A l'heure actuelle, il aurait peut-être déjà sacré quelques-uns d'entre vous, chers prêtres.  Les frères et les sœurs anti-accordistes auraient ouvert cette année des écoles non accordistes et les enfants de la Résistance ne seraient pas en grave danger comme ils le sont maintenantComparez cela, qui aurait pu et même qui aurait dû être, avec la situation actuelleSi tous les prêtres de France avaient fait leur devoir, contre l'avis des chefs qu'ils se sont donnés, nous aurions non seulement des évêques, mais aussi l'enthousiasme. Nous serions en train de construire quelque chose, au lieu de perdre notre temps à disséquer sans cesse les discours vaseux de Menzingen et de ses sbires, afin de protéger les fidèles. Nous sommes pourtant bien obligés de le faire dans les circonstances actuelles, car faute de centres de résistance et faute de bons sermons doctrinaux abondants, réguliers et publiés, les fidèles sont exposés au poison. Nous ne construisons rien parce que vous n'êtes pas là. Et les âmes se perdent.

Il n'est pas encore trop tard mais nous sommes arrivés à la dernière limite. Si l'on attend davantage, les dégâts seront importantsLes bons fidèles du petit reste commencent à être en danger, faute de bergers. Nous vous supplions vous, cher abbé Moulin, vous tous, chers prêtres, nous supplions Avrillé, Morgon, particulièrement le Père Jean, Bellaigues et les autres prêtres qui appartiennent aux 37 ou les soutiennent, de cesser d'attendre l'autorisation de tel évêque, tel confrère tel supérieur, tel directeur spirituel qui aura sûrement d'excellentes raisons de prudence à présenter pour ne rien faire et qui peut-être avec les meilleures intentions du monde, vous mène sur le chemin de la perdition. 

Prier et se sacrifier pour les prêtres : vous nous demandez cela. Oui, vous avez raison, nous le voulons. Nous ne sommes pas assez saints, nous ne prions pas assez et nous ne vous méritons pas. Nous voulons redoubler d'efforts pour que Dieu vous fasse accomplir sa volonté entière et vous fasse prendre soin de nos âmes. Avec l'Immaculée propose la chose suivante : il y a environ cinquante prêtres qui ont compris la crise de la Fraternité dans le monde et qui l'ont signalé à Fr Pfeiffer ou à l'abbé Chazal. Ces 50 prêtres sont un minimum, car certains prêtres n'ont pas contacté les prêtres de la Résistance mais pensent qu'il y a un problème grave ; aux prêtres de France qui sont clairvoyants, il faut ajouter les abbés Fox, Black, Scott, beaucoup de prêtres allemands, anglais et argentins etc. + 25 prêtres qui sont déjà dans la Résistance. Ces 75 prêtres (si ce n'est 100 ou 125) doivent être soutenus et aidés. Nous allons donc organiser un parrainage pour nos prêtres. Il faudrait que chaque prêtre ait une personne quelque part dans le monde qui prie et se sacrifie pour lui tous les jours. 

Nous ouvrons donc un compteur sur le côté droit du blog. Chaque personne qui veut aider un prêtre et entrer dans ce mouvement de prière peut cliquer une fois au compteur que nous avons installé dans la colonne de droite. Il faudrait 100 clics au moins, (si possible 125) pour être sûr qu'il n'y a pas de prêtre anti-accordiste abandonné. S'il y a davantage de clics, tant mieux : certains prêtres anti-accordistes auront plusieurs personnes qui prient pour eux ou bien certains indécis pourront avoir des prières et ouvrir les yeux. Une chose est certaine : une prière n'est jamais perdue. La prière qui aura été inutile pour un prêtre ira vers un autre prêtre mieux disposé qui recevra un surcroît de grâces.

Nous appelons tous les pays du monde à venir nous aider dans notre chaîne de prières. Ils ont eux aussi leurs prêtres à parrainer ainsi que leurs prêtres de la Résistance qui sont déjà sortis de la Fraternité pour lesquels il faut prier. Qu'ils n'hésitent pas à cliquer sur le compteur dans la colonne de droite : un clic par personne qui s'engage à prier.

A quoi s'engage-t-on quand on clique ?
Rien n'est obligatoire sous peine de péché. C'est à chacun de voir ce qu'il veut et peut faire en fonction de son emploi du temps, de sa santé, de ses possibilités. Il faudrait que chacun ait l'intention habituelle d'offrir par les mains de Marie, en union avec la sainte vie du Christ, pour son prêtre, tous ses tracas et ses souffrances quotidiennes, toutes ses actions. (Pour cette offrande soit efficace, il faut être en état de grâce et faire ainsi partie de la communion des saints). Il faudrait, dès que le souvenir nous en vient, rappeler notre prêtre au souvenir de Dieu par un petit mot ou une oraison jaculatoire de notre choix. Nous suggérons à nos lecteurs, s'ils n'ont pas d'idées et qu'ils veulent dire une prière spéciale pour leur prêtre, une prière inspirée de deux prières de Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus : Prière pour l'abbé Bellière (cf. note 2) et Prière à sainte Jeanne d'Arc (3). Mais ils peuvent dire d'autres prières s'ils le souhaitent. 
Dieu le Père a dit à sainte Catherine de Sienne : "la prière parfaite ne consiste pas dans la multitude des paroles mais dans l'ardeur du désir qui élève l'âme vers moi". (Précieux recueil, p.119) Donc ce qui compte, c'est travailler l'ardeur de nos désirs pour notre prêtre et demander à Jésus et Marie de suppléer par leurs désirs parfaits à l'imperfection des nôtres. Dans la Bible, Daniel est appelé par Dieu "homme de désir". C'est ainsi qu'il a réussi à toucher le Cœur de Dieu.

Prière pour un prêtre :
Ô mon Jésus ! puisque vous daignez accorder à votre pauvre petite servante/serviteur la grâce de travailler spécialement à la sanctification d'une âme sacerdotale, je vous offre pour cette âme avec bonheur, toutes les prières et les sacrifices dont je puis disposer ; je vous demande, ô mon Dieu ! de ne pas regarder ce que je suis, mais ce que je devrais et voudrais être, c'est-à-dire une âme tout embrasée de votre amour. Divin Jésus, écoutez la prière que je vous adresse pour celui qui est votre prêtre, gardez-le au milieu des dangers du monde, faites-lui sentir de plus en plus le néant et la vanité des choses passagères et le bonheur de savoir les mépriser pour votre amour. Que son sublime apostolat s'exerce sur de nombreuses âmes, qu'il soit un apôtre digne de votre Cœur Sacré....
" Seigneur, Dieu des armées qui nous avez dit dans Votre Évangile : " Je ne suis pas venu apporter la paix mais le glaive ". Armez votre prêtre pour la lutte, qu'il brûle de combattre pour Votre gloire, mais je Vous en supplie, fortifiez son courage.... Alors avec le Saint roi David il pourra s'écrier : "C'est Vous seul qui êtes mon bouclier, c'est Vous, Seigneur, qui dressez mes mains à la guerre... " Ô mon Bien-Aimé ! Qu'il comprenne à quel combat Vous le destinez. Sans doute, Seigneur, un aussi faible instrument que lui ne vous est pas nécessaire, mais Jeanne votre virginale et valeureuse épouse l'a dit : " Il faut batailler pour que Dieu donne victoire".
Ô mon Jésus, qu'il bataille donc pour Votre Amour jusqu'au soir de sa vie. Être avec Vous, être en Vous, que ce soit son unique désir.... Que cette assurance que lui donnerez de sa réalisation lui fasse supporter l'exil en attendant le radieux jour du Face à Face éternel !
Ô Marie ! ma douce Reine, c'est à vous que je confie l'âme du prêtre dont je suis l'indigne petite sœur/frère. Daignez lui enseigner avec quel amour vous touchiez le Divin Enfant Jésus et l'enveloppiez de langes, afin que le roi des cieux soit heureux d'être touché par lui. Je vous demande de le garder toujours à l'ombre de votre manteau virginal. Amen.



Notes :

(1) Lettre de l'abbé Moulin aux catholiques perplexes qui consultent régulièrement le site Lasapinière.info.  (écrite le 29 septembre 2013 et publiée le 5 octobre suivant) 

L’abbé Charles Moulin est prêtre de la FSSPX et prieur du Prieuré St Joseph (17 Place Ste Claire, 06300 Nice). 
Le 29 juin 2012, il avait adressé une lettre ouverte à Mgr Williamson pour le supplier de se rendre, lui le Doyen des évêques, au Chapitre de la Fraternité (juillet 2012) sans tenir compte de son injuste exclusion. 
Le 29 septembre 2013, en la fête de Saint Michel Archange, l’abbé Moulin a adressé une « Lettre ouverte aux catholiques perplexes qui consultent régulièrement le site ‘lasapinière.info’ »



Chers fidèles,

Sachez, malgré le « silence étourdissant » des membres de la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X depuis la publication de la « Déclaration du 27 juin dernier » de trois de nos quatre évêques catholiques, qu’un certain nombre de prêtres, de sœurs et de frères la refusent ou émettent de graves réserves principalement sur les deux raisons suivantes :

a) Pour l’omission (ou refus volontaire ?) grave et préjudiciable de distinguer ouvertement l’Eglise Catholique de toujours de « l’Eglise conciliaire » ; selon l’expression du Mgr. G. Benelli, substitut de la secrétairerie d’Etat du pape Paul VI, dans une lettre adressée à Mgr Marcel Lefebvre le 25 juin 1976, et que Mgr B. Tissier de Mallerais définit magistralement dans son excellent article du « Sel de la terre » (n°85 – été 2013) comme «…une association de hiérarques catholiques, qui, inspirés par des penseurs libéraux et modernistes, veulent, dans des fins mondialistes, réaliser un nouveau type d’Eglise, avec de nombreux prêtres et fidèles catholiques qui sont plus ou moins gagnés par cet idéal. Elle n’est pas une pure association de victimes. Formellement considérée, l’Eglise conciliaire est une secte qui occupe l’Eglise catholique. Elle a ses fauteurs et acteurs organisés comme les eut le modernisme condamné par saint Pie X,… »

b) Pour l’article 11 de cette déclaration jugé inacceptable et fautif, parce qu’il s’oppose ouvertement aux dispositions définitives du chapitre général de la Fraternité de 2006, et qui envisage désormais la possibilité d’un accord pratique de la FSSPX, « cette petite armée de rebâtisseurs », avec la « secte conciliaire » et la placerait sous l’autorité morale et canonique de« hiérarques » romains, destructeurs de l’unique Eglise du Christ depuis plus de cinquante ans.

Telles sont les raisons sérieuses pour lesquelles ils rejettent cette déclaration « suicidaire » et préfèrent, s’en tenir à celle, historique, courageuse et prophétique, de Mgr Lefebvre du 21 novembre 1974.
Dieu veuille que ce « silence » respectueux de l’autorité, permette à ces membres de la Fraternité de tenter, avec l’aide de Dieu et la vôtre, de continuer à s’opposer courageusement et fermement à ses nouvelles orientations des supérieurs, sans risquer d’être gravement sanctionnés pour désobéissance ou manœuvres subversives, comme l’ont été un certain nombre d’eux, parmi la soixantaine de prêtres, dont un évêque, qui ont quitté notre société depuis 2006.
Nous comptons sur votre zèle éclairé et votre discrétion pour découvrir ces méritants confrères et les soutenir de vos prières et de vos pénitences, car « la prière demande et la pénitence obtient » (Padre Pio), afin que la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X poursuive cette « opération survie », d’une part en condamnant les erreurs de Vatican II et celles issues de ce concile, ainsi que les fauteurs d’erreurs, dans la droite ligne de son vénéré fondateur, S.E. Mgr Marcel Lefebvre, et d’autre part en maintenant bien haut et fermement, contre vents et marées, le flambeau de la Foi et de la morale, de la messe et du sacerdoce catholiques dans le but de poursuivre modestement son œuvre qui est, in fine, de travailler efficacement à tout « restaurer dans le Christ » selon la devise de son saint Patron et Protecteur.
Que les Cœurs Sacré de Jésus et Immaculé de Marie vous gardent fidèles et vous bénissent. Avec toute notre sacerdotale et respectueuse reconnaissance pour votre précieux et décisif soutien.

Abbé Charles Moulin
  
(2) Prière pour l'abbé Bellière de sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus :
J.M.J.T.

ô mon Jésus ! je vous remercie de combler un de mes plus grands désirs, celui d'avoir un frère, prêtre et apôtre... Je me sens bien indigne de cette faveur, cependant puisque vous daignez accorder à votre pauvre petite épouse la grâce de travailler spécialement à la sanctification d'une âme destinée au sacerdoce, je vous offre pour elle avec bonheur, toutes les prières et les sacrifices dont je puis disposer ; je vous demande, ô mon Dieu ! de ne pas regarder ce que je suis, mais ce que je devrais et voudrais être  c'est-à-dire une religieuse tout embrasée de votre amour.

Vous le savez, Seigneur, mon unique ambition est de vous faire connaître et aimer, maintenant mon désir sera réalisé; je ne puis que prier et souffrir, mais l'âme à laquelle vous daignez m'unir par les doux liens de la charité ira combattre dans la plaine pour vous gagner des cœurs, et moi sur la montagne du Carmel je vous supplierai de lui donner la victoire.

Divin Jésus, écoutez la prière que je vous adresse pour celui qui veut être votre Missionnaire, gardez-le au milieu des dangers du monde, faites-lui sentir de plus en plus le néant et la vanité des choses passagères et le bonheur de savoir les mépriser pour votre amour. Que déjà son sublime apostolat s'exerce sur ceux qui l'entourent, qu'il soit un apôtre, digne de

votre Coeur Sacré....

ô Marie ! douce Reine du Carmel, c'est à vous que je confie l'âme du futur prêtre dont je suis l'indigne petite soeur. Daignez lui enseigner déjà avec quel amour vous touchiez le Divin Enfant Jésus et l'enveloppiez de langes, afin qu'il puisse un jour monter au Saint Autel et porter en ses mains le

Roi des Cieux.

Je vous demande encore de le garder toujours à l'ombre de votre manteau virginal, jusqu'au moment heureux où quittant cette vallée de larmes, il pourra contempler votre splendeur et jouir pendant toute l'éternité des fruits de son glorieux apostolat....



(3) Prière à sainte Jeanne d'Arc de sainte Thérèse de l'Enfant Jésus :


" Seigneur, Dieu des armées qui nous avez dit dans Votre Évangile : " Je ne suis pas venu apporter la paix mais le glaive ". Armez-moi pour la lutte, je brûle de combattre pour Votre gloire, mais je Vous en supplie, fortifiez mon courage.... Alors avec le Saint roi David je pourrai m'écrier : " C'est Vous seul qui êtes mon bouclier, c'est Vous, Seigneur, qui dressez mes mains à la guerre... "

Ô mon Bien-Aimé ! Je comprends à quel combat Vous me destinez, ce n'est point sur les champs de bataille que je lutterai........

Je suis prisonnière de Votre Amour, j'ai librement rivé la chaîne qui m'unit à Vous et me sépare à jamais du monde que Vous avez maudit.... Mon glaive n'est autre que l'Amour, avec lui je chasserai l'étranger du royaume. Je Vous ferai proclamer Roi dans les âmes qui refusent de se soumettre à Votre Divine Puissance.

Sans doute, Seigneur, un aussi faible instrument que moi ne vous est pas nécessaire, mais Jeanne votre virginale et valeureuse épouse l'a dit : " Il faut batailler pour que Dieu donne victoire ".

Ô mon Jésus, je bataillerai donc pour Votre Amour jusqu'au soir de ma vie. Puisque Vous n'avez pas voulu goûter de repos sur la terre, je veux suivre Votre exemple et j'espère ainsi que cette promesse sortie de Vos lèvres Divines se réalisera pour moi : " Si quelqu'un Me suit, en quelque lieu que Je sois il y sera aussi, et Mon Père l'élèvera en honneur ".

Être avec Vous, être en Vous, voilà mon unique désir.... Cette assurance que Vous me donnez de sa réalisation me fait supporter l'exil en attendant le radieux jour du Face à Face éternel !"