samedi 5 octobre 2013

MOMENT FATAL


MOMENT FATAL

Jésus délivrant du démon muet

Un commentaire eleison qui voit très finement les choses. Une question s'impose, maintenant : puisqu'un bon nombre de capitulants voient qu'ils se sont trompés et avaient tort de chanter victoire, que se proposent-ils de faire à présent pour réparer la situation dramatique où ils nous ont mis ? Une seule solution : parler publiquement. Si si no no. Le blog Avec l'Immaculée attend leurs interventions. Nous serons très contents de les publier. S'ils ne font rien et se contentent d'être bien pensants en privé, comme les membres du Coetus Internationalis patrum des 250 évêques, ils auront la même efficacité qu'eux pour enrayer la crise. C'est-à-dire une efficacité nulle... Moment fatal, oui... Mais pas irréparable, si seulement tous les prêtres qui y voyaient clair se décidaient enfin à parler. Parler est le seul remède pour sauver ce qui est bon dans la Fraternité. Il n'y en a pas d'autre. Les prêtres n'ont pas d'enfants qui seraient chassés des écoles, ils n'ont pas charge de famille, justement pour n'avoir pas d'autres intérêts que ceux de Jésus-Christ. Ils doivent user de leur liberté pour faire leur devoir qui est de prêcher la vérité toute entière.


De nombreux lecteurs de ce “Commentaire” ont probablement déjà compris le problème grave qui paralyse la défense de la Foi à la tête de la Fraternité St Pie X, et ils pourraient préférer voir traiter ici d’autres questions. Mais il y a des millions de personnes dont l’intelligence est tellement abîmée par l’apostasie aujourd’hui globale qu’à mon avis on ne peut guère trop analyser dans ces circonstances la nature de la Foi, sa nécessité absolue et la façon dont elle est subvertie. Sans alors trop vouloir insister sur les malheurs et méfaits récents de la Fraternité, à son histoire de l’année dernière je me permets d’emprunter encore un exemple de cette subversion. 

Tout de suite après le Chapitre Général de la Fraternité du mois de juillet, 2012, il fut salué par beaucoup de ses participants comme un triomphe de l’unité de la Fraternité sur les tensions et la détresse des mois précédents. Mais depuis, cette euphorie s’est vue remplacer par une vision plus sobre du Chapitre, et bon nombre des participants, ou des capitulants comme on les appelle, le voient plutôt comme ayant été un désastre pour la Fraternité. Un capitulant en particulier a décrit le moment fatal où les 39 prêtres les plus importants de la Fraternité (sans moi-même) ont collectivement préféré à la doctrine de la Foi les intérêts de leur Congrégation et de leurs Supérieurs, tout comme le firent le grand nombre des évêques à Vatican II. 

Les délibérations proprement dites du Chapitre ont commencé par un discours doctrinal du Directeur du séminaire d’Écône où il a sévèrement critiqué la Déclaration Doctrinale de la mi-avril précédente par laquelle la Fraternité officielle s’était montrée prête à faire un compromis avec les néo-modernistes de Rome sur leur Concile, leur Nouvelle Messe, leur nouveau Code de Droit Canon et « l’herméneutique de continuité » de Benoît XVI. Le langage de cette critique fut respectueux et modéré, mais la substance en était gravissime. Elle signifiait en effet que tous ceux qui avaient rédigé cette Déclaration ou avaient poussé à ce qu’elle fût soumise aux Romains, étaient incompétents en matière de doctrine catholique. S’ils avaient su ce qu’ils faisaient, ils étaient des traîtres par rapport à la Foi. S’ils n’avaient pas su, ils étaient des ignorants, inaptes à mener une Congrégation catholique fondée pour défendre la Foi. Un silence enveloppa donc les capitulants qui entrevoyaient à quel point était grave l’accusation portée implicitement contre leurs Supérieurs. 

Mais le Directeur du séminaire de la Fraternité en Argentine rompit le silence en disant que le Chapitre ne pouvait pas gifler le Supérieur Général en exigeant de lui qu’il rétractât sa Déclaration. Telle rétractation serait implicite, dit-il, dans la Déclaration finale du Chapitre. Ensuite un autre capitulant souleva une question différente, et le Chapitre fit une glissade pour s’occuper d’autre chose. Pourtant le problème doctrinal de la perfide Déclaration de la mi-avril, 2012, ne s’est résolu comme il fallait ni par la Déclaration finale du Chapitre ou ses six Conditions pour tout accord futur avec Rome, ni par aucune rétractation claire faite par la suite par le Supérieur Général lui-même, au contraire. Et en pratique on continue de mener la Fraternité selon la même politique de mollesse envers les ennemis de la Foi installés à Rome, qui déchiquettent la Foi, et avec elle l’Église. 

Or, comment les capitulants ne voyaient-ils pas qu’ils faisaient passer le « respect des Supérieurs » avant la Foi ? Comment n’insistèrent-ils pas que le problème doctrinal, de loin le problème le plus important qu’ils eussent à traiter, fût tiré au clair, jusqu’à ce que tous comprissent l’action qu’il fallait prendre tout de suite, et non pas remettre habilement jusqu’à la fin du Chapitre ? Il faut répondre que les capitulants, tout comme les évêques de Vatican II, étaient collectivement des enfants du monde moderne pour lesquels la doctrine de la Foi n’est d'aucune nécessité vitale, mais simplement de la matière qu’il faut apprendre au séminaire pour devenir prêtre, et que l’on honore ensuite sans trop en faire cas. Lecteurs, vous devez lire ! 

Kyrie eleison.