mercredi 16 octobre 2013

La technique brevetée de Mgr Fellay employée le 12 octobre 2013

La technique brevetée de Mgr Fellay employée le 12 octobre 2013


Elle est en deux temps :

1- je critique le pape pour faire passer mes avancées libérales


2- J'opère le rebranding de l'expression "à la lumière de la Tradition", désormais inutilisable, pour faire passer ma déclaration du 15 avril 2012.



21h : Addendum important ajouté à la fin de l'article, en commentaire du dernier paragraphe traduit par Gentiloup.

C'est la même technique qu'emploient tous les modernistes et les francs-maçons : je joue au petit tradi pour faire passer mes avancées libérales en évitant ainsi de faire trop de mécontents.
Juste au moment où Mgr Fellay oblige les prieurés à afficher le portrait de François, il critique soudain le pape franchement, pour la première fois depuis son élection en mars 2013. Il espère faire passer ainsi la pilule amère. Il en profite par la même occasion pour ré-insister sur la déclaration du 15 avril 2012, vraiment toujours aussi "subtile", à ses dires !
Ne nous y trompons pas. Surtout, ne le croyons pas quand il proteste de ses bonnes intentions. Si elles étaient vraiment si bonnes que cela, s'il disait vrai, il reviendrait aux principes du chapitre de 2006. Il ne revient pas sur les six conditions édictées en 2012 : c'est donc qu'il a l'intention de tenter un accord pratique, dès que le moment sera venu (cf. dernier paragraphe traduit par Gentiloup, en bas de cet l'article) Mais pour cela, il souhaite que les prêtres et les fidèles baissent leur garde et leur vigilance... Il essaye donc de nous endormir. 
Il refuse de convenir que la déclaration du 15 avril contenait l'herméneutique de la continuité, il refuse de reconnaître que proclamer que la nouvelle messe est légitimement promulguée, c'est la même chose que de dire qu'elle est légitime(1). Il refuse de convenir qu'on ne peut pas interpréter ni accepter Vatican II à la lumière de la Tradition etc. Il nous fait penser à Jean-Paul II qui dénonçait l'apostasie des nations tout en faisant ses sacrilèges et ses réflexions hérétiques, il nous rappelle Paul VI qui dénonçait hypocritement les fumées de Satan dans l'Eglise... tout en attisant la réforme tant qu'il pouvait ! Il nous fait même penser à des politiciens comme Sarkozy, qui imitent les discours de droite, pour mieux détruire la France, avec leur plan maçonnique. Le loup essaye de reprendre des vêtements d'agneau, mais le museau dépasse toujours et le son de la voix même adouci par le miel, a toujours des accents pas catholiques... au sens propre du terme !.. Car ne pas condamner la déclaration du 15 avril 2012, c'est ne pas avoir une doctrine catholique.

Voici quelques passages de la conférence traduits par Gentiloup et commentés par Avec l'Immaculée.

« Quand on voit ce qui se passe maintenant [sous le pape François], nous rendons grâce à Dieu , nous rendons grâce à Dieu, nous avons été préservés de toute sorte de malheurs l'an dernier. Et nous pouvons dire que l'un des fruits de la croisade du Rosaire que nous avons fait, c'est que nous avons été préservés d'un tel malheur. Dieu merci ."(...)
Commentaire : Vous n'avez pas été préservé par la sainte Vierge. C'est vous même qui avez repoussé la signature, d'un commun accord avec Rome, pour empêcher la création d'une nouvelle Fraternité et des sacres d'évêques par Mgr Tissier de Mallerais. Cette reculade a-t-elle été bénéfique pour la Fraternité ? A notre avis, non. Si la signature avait eu lieu, nous aurions sauvé environ la moitié de la Fraternité, prêtres et fidèles. Nous aurions eu Mgr Tissier avec nous et peut-être même Mgr de Galarreta. Nous aurions des chapelles de résistance dans le monde entier et les chapelles de la Fraternité seraient toutes vides. Tandis que là, tout le monde est en train de subir l'influence du poison menzingérien.

Mgr Fellay« Imaginer que certaines personnes continuent à prétendre que nous sommes décidés [encore] à obtenir un accord avec Rome. Pauvres gens. Je les mets vraiment au défi de le prouver. Ils prétendent que je pense quelque chose d'autre que ce que je pense. Ils ne sont pas dans ma tête. "(...)
Commentaire : Défi relevé. La preuve est faite a) ci-dessus, b) elle est faite également par la citation de la conférence de l'abbé Rioult l'impossible réconciliation (ci-dessous) ainsi que c) dans le dernier paragraphe traduit par Gentiloup.

Mgr Fellay :"Toutes les sortes de directions pour une reconnaissance se sont achevées quand ils m'ont donné le document à signer, le 13 Juin, 2012." (...)
Commentaire : Non, vous faites juste semblant. Vous aimeriez bien que nous nous rendormions pour pouvoir continuer à avancer vos pions en paix... L'abbé Rioult a publié un article, l'impossible réconciliation sur la Sapinière. Il révèle : Récemment en mai 2013, Mgr Fellay dit à une communauté de sœurs opposée à un accord qu’il n’y a plus de possibilité d’accord avec Rome, que suite aux dernières discussions c’est fini ; mais le même jour à des confrères plutôt pour un accord Mgr Fellay dit qu’il attend que François opère un nettoyage de la Curie pour retenter une approche.

Passons à présent au deuxième point de la technique brevetée : Dans cette conférence, Mgr Fellay opère le rebranding de l'expression "à la lumière de la Tradition", désormais inutilisable. Voici comment il s'y prend. Il dit :

«Le texte [de la déclaration doctrinale du 15 Avril 2012] que nous avons présenté à Rome a été un très , dirons-nous , un texte délicat qui était supposé être compris correctement; il était censé être lu avec un grand principe qui dirigeait le tout. Ce grand principe était pas une nouveauté dans l'Église : "Car le Saint Esprit n'a pas été promis aux successeurs de Pierre pour qu'ils fassent connaître, sous sa révélation, une nouvelle doctrine, mais pour qu'avec son assistance ils gardent saintement et exposent fidèlement la révélation transmise par les Apôtres, c'est-à-dire le dépôt de la foi. " Cela appartient à la définition de l'infaillibilité [ de Vatican I]. C'était le principe, la base de l'ensemble du document, ce qui excluait d'emblée toute sorte de nouveauté.

" Et donc prendre n'importe quel type de phrases du texte sans ce principe c'est juste prendre des phrases qui n'ont jamais été notre pensée et notre vie. Ces phrases en elles-mêmes sont ambiguës, de sorte que pour emporter l'ambiguïté nous voulions inclure ce principe [de Vatican I]. Malheureusement, peut-être que c'était trop subtil et c'est pourquoi nous avons retiré ce texte, car il n'était pas assez clair tel qu' il fut écrit ."

Commentaire d'Avec l'Immaculée :

Cette explication est une dérobade de mauvaise foi qui ne tient pas la route au plan théologique : en effet, par ces mots mêmes, Mgr Fellay persiste et signe dans l'herméneutique de la continuité, malgré ses dénégations. Mgr Fellay dit en effet qu'il faut lire sa déclaration à la lumière d'un grand principe de Vatican I qui est que l'on exclut toute nouveauté. Il faut donc lire que l'on accepte Vatican II, les nouveaux sacrements, le nouveau code de droit canon, à la lumière de Vatican I... (Eh oui, c'est la nouvelle invention, cela vient de sortir.) Depuis que l'abbé Chazal a prouvé que la lumière de la Tradition était la même chose que l'herméneutique de la continuité, les fidèles étaient devenus trop sensibilisés à cette expression. Ils savent à présent qu'elle est dangereuse. Alors Mgr Fellay va employer une nouvelle formulation pour dire exactement la même chose :  il faut lire ce texte "avec-le-principe-qu'il-faut-exclure-toute-nouveauté"

Donc maintenant, dès que nous verrons cette expression : comprendre [un texte] avec "le principe qu'il faut exclure toute nouveauté", il faudra traduire :  comprendre ce texte à la lumière de la tradition et de l'herméneutique de la continuité. "La lumière de la Tradition" a fait peau neuve.

Mgr Fellay : "Je leur ai dit dès le début en Septembre l'année dernière que nous ne pouvions pas accepter cette « herméneutique de la continuité », car ce n'est pas vrai, ce n'est pas vrai . Elle va contre la réalité. Donc, nous ne l'acceptons pas. Le Concile n'est pas en continuité avec la Tradition. Il ne l'est pas. Alors, quand le pape Benoît a demandé que nous acceptions que le Concile Vatican II soit une partie intégrante de la Tradition, nous avons dit : « désolé, ce n'est pas la réalité, donc nous n'allons pas le signer. Nous n'allons pas reconnaître cela".
Commentaire :
Nous avons montré ci-dessus le rebranding de l'expression "à la lumière de la Tradition". Ce paragraphe est donc de l'hypocrisie pure.

Mgr Fellay : "La même chose pour la messe. Il voulait non seulement, que nous reconnaissions que la [Nouvelle] messe est valide à condition qu'elle soit correctement célébrée, etc., mais qu'elle est licite. Je leur ai dit : nous n'utilisons pa
s ce mot. C'est un peu brouillon, nos fidèles ont assez de [confusion] concernant la validité, si nous leur disons , "La Nouvelle Messe est mauvaise , elle est mauvaise " ils comprennent cela! Bien sûr, les autorités romaines n'étaient pas très heureuses."  

Commentaire :

Mgr Fellay dit, en parlant du mot "licite", appliqué à la nouvelle messe :"we don’t use that word. It’s a bit messy"... Traduction : Nous n'utilisons pas ce mot, c'est un peu brouillon/ cela fait un peu "désordre". Cela fait aussi "un peu désordre", de la part de Mgr Fellay de parler ainsi de la licéité de la nouvelle messe. Ici, il montre clairement qu'il n'est pas foncièrement contre le principe de dire que la nouvelle messe est licite... Il ne dit pas à Rome que la nouvelle messe n'est pas licite. Il ne dit pas que c'est faux. Il dit que ce mot, s'il était employé, serait mal compris des fidèles. Et que donc, pour cette raison, il préfère ne pas l'employer.



Mgr Fellay : "Il n'a jamais été notre intention de prétendre non plus que le Concile serait considéré comme bon, ou que la nouvelle messe serait « légitime ». 

Commentaire :

L'abbé de la Roque est un théologien que la Fraternité a envoyé pour discuter à Rome, et ne pense pas cela. Il affirme que la légitimité de la promulgation et la légitimité de la messe sont une seule et même chose. (cf. note 1) Notre bon sens nous dit qu'il a raison. Nous ne croyons pas aux bonnes intentions de Mgr Fellay. Nous avons vu ses mensonges, tout au long de cette année. 



Mgr Fellay : "Ce n'est pas que nous ne voulons pas être des catholiques, bien sûr, nous voulons être catholiques et nous sommes catholiques, nous avons le droit d'être reconnus en tant que catholiques. Mais nous n'allons pas mettre en péril nos trésors pour cela. Bien sûr que non. 

Commentaire :
Cette phrase ne prouve rien. Mgr Fellay se contente de protester hypocritement de ses bonnes intentions, alors que dans cette même conférence, il vient d'opérer le rebranding de la lumière de la tradition et de réaffirmer que sa déclaration du 15 avril 2012 était subtile.
Par ces mots nous avons le droit d'être reconnus etc. Mgr Fellay montre bien qu'il souhaite cette reconnaissance par des hérétiques et n'exclut pas l'accord pratique. La reconnaissance par les ennemis de Dieu, pour aller dans le panthéon d'Assise, ne nous intéresse pas. Nous voulons plutôt être reconnus par Jésus, quand il nous présentera à son Père, au jugement. Ceux qui ont quémandé comme un droit leur reconnaissance par les ennemis de Dieu seront punis.

Conclusion :
C'est vrai que pour la première fois, il a critiqué le pape. Mais c'était pour faire passer le coup portrait de François obligatoire dans tous les prieurés et le rebranding de la lumière de la tradition, afin de continuer à défendre sa déclaration doctrinale.

Note 1 :
c'est ce qu'a affirmé l'abbé de la Rocque, théologien chargé des discussions avec Rome. Donc il sait de quoi il parle. Et on ne peut l'accuser d'être un "résistant excessif" !