samedi 5 octobre 2013

Jean-Paul Ier assassiné ?


Jean-Paul Ier assassiné ?


Suite à la question d'un membre du forum un évêque s'est levé, nous publions un article du blog la question qui fait bien le tour du problème. Cela fait longtemps que nous voulions parler de ce sujet. Nous y ajoutons un extrait d'une étude de la CRC qui pense aussi que le pape a été assassiné. Cependant, nous ne suivons pas la CRC qui le présente comme un autre saint Pie X, alors que c'était un moderniste. La CRC croit aussi que le "troisième secret" publié par le Vatican se rapporte au pape Jean-Paul Ier. Nous pensons pour notre part que le troisième secret publié par Jean-Paul II est un faux. Jean-Paul Ier n'était pas un modèle de doctrine (cf. deuxième vidéo où il cite Paul VI ; cf. le premier paragraphe cité de l'article de la CRC ; l'on voit aussi dans l'article de la CRC qu'il avait pour ami un moderniste : Don Germano Pattaro), mais il semble bien qu'il était de bonne volonté, qu'il n'était pas franc-maçon et surtout qu'il voulait consacrer au plus vite la Russie au Cœur Immaculé de Marie. Il est mort le soir du jour où il avait signifié à deux francs-maçons (Marcinkus et Villot) leur mutation. Nous croyons qu'il a été assassiné. Nous finissons par le témoignage de l'abbé Villa, le plus important.

[ndlr : Une vidéo de l'élection de Jean-Paul Ier, on peut le voir dans le dernier tiers de la vidéo.]
Un  ensemble d’indices et de preuves
démontrent la forte probabilité
de l’assassinat de Jean-Paul Ier par empoisonnement !


Un des plus grands mystères du Vatican, ces dernières années, est sans doute celui de la disparition brutale de Jean-Paul Ier, pape traditionnel qui aurait pu entreprendre la réforme de l’Eglise, et qui fut sans doute assassiné car ne correspondant pas aux plans de certains courants mafieux et modernistes qui s’étaient emparés des leviers de la curie romaine, alors que ce saint Pontife semblait apparaître comme la figure annonciatrice du pape des  espérances catholiques, que nous donnera, soyons-en convaincus, un jour Vatican III !
Rappelons que quelques mois après la mort de Paul VI, survenue le 6 août 1978, le cardinal Albino Luciani était élu sur le Siège de Pierre, dès le deuxième jour du conclave, le samedi 26 août 1978. Les dons et les charismes extraordinaires de Jean-Paul Ier pour toucher et réchauffer les cœurs provoquèrent, dès les premiers jours du pontificat, une renaissance catholique spontanée. Ce pape providentiel ne voyait aucun moyen de concilier la Déclaration conciliaire touchant la liberté religieuse, avec l’enseignement traditionnel, et en concluait publiquement qu’il y avait une « erreur » quelque part. Il n’a pas fallu attendre un mois pour que la confrontation avec les partisans du poison moderniste prenne un tour dramatique au Vatican. Le cardinal Baggio et d’autres prélats de la curie s’opposaient en effet au pape, en contestant ses choix et ses décisions pour la nomination de plusieurs évêques à des sièges diocésains.

[Commentaire d'Avec l'Immaculée sur cette vidéo : Les médias essayent de noyer le poisson et disent de nombreuses inexactitudes sur la mort du pape. En voici un exemple (Le début de la vidéo est un discours du pape se référant à Paul VI, sur la faim dans le monde) :]


 
De plus, et sans doute le plus grave, le Saint-Père se préparait à faire tout le nécessaire pour mettre fin aux malversations financières et aux escroqueries de Mgr Paul Marcinkus, placé par Paul VI à la tête de la Banque du Vatican, et secondé ou parrainé par des mafiosi milanais et siciliens, ainsi que par des forbans de la loge P 2, dont son Grand Maître, Licio Gelli.
 


Le 28 septembre 1978, Jean-Paul Ier déclencha son “ coup de majesté ”. Il révoqua sans le moindre délai Mgr Marcinkus. Il nomma patriarche de Venise le cardinal Baggio afin de l’éloigner de Rome. Enfin, il avertit le cardinal Villot, secrétaire d’État, qu’il devait céder sa place au cardinal Benelli.
Le lendemain matin, à 5 h précises, une voiture du Vatican se présentait à la porte d’embaumeurs romains, les frères Signoracci…
La voiture avait donc quitté le Vatican pour aller chercher les embaumeurs avant même qu’on ait découvert le Pape mort, dans son cabinet de toilette !
Ce fait s’inscrit dans un ensemble d’indices et de preuves démontrant la forte possibilité de l’assassinat de Jean-Paul Ier par empoisonnement, comme on peut le lire dans l’enquête de David Yallop (Au nom de Dieu, traduit de l’anglais par C. Gilbert, édit. Bourgois, 1984), confirmant la domination de forces obscures, du moins à cette époque où s’imposaient sans partage les idées les plus sinistres à Rome, sur les plus hautes instances de la curie.
En effet, le 29 septembre 1978, vers cinq heures trente, le secrétaire privé du pape, étonné de n’avoir pas rencontré comme d’habitude le saint père dans la chapelle de ses appartements privés, alla le chercher dans sa chambre et le trouva mort sur son lit, une lampe allumée à son côté, comme s’il avait voulu continuer à lire. Le docteur Renato Buzzonetti, appelé aussitôt, ne put que constater le décès, qui avait dû se produire la veille au soir vers vingt-trois heures, à la suite d’un prétendu infarctus.
 Ce communiqué laissait sous-entendre que le pape était mort seul, sans secours apparent et qu’il avait été découvert seulement le lendemain matin, de manière assez surprenante et hors du protocole habituel, par son secrétaire privé un irlandais du nom de John Magee, employé subalterne de la Curie qui donnait des leçons d’anglais au pape. Ce dernier aurait pris la liberté de pénétrer sans se faire annoncer dans la chambre privée du pontife. Jean-Paul 1er n’est donc pas mort dans des circonstances aussi claires que les autorités tentèrent de le faire croire et que le Cardinal Jean Villot confirmait malhabilement [1].
  Le pape Jean-Paul 1er n’était pas malade et n’était pas suivi médicalement. En tentant de démontrer que le pape avait été assassiné par des membres de la loge P2, David Yallop mit le doigt où il ne fallait pas, dans un mystérieux engrenage peu connu du public. Une liste des membres de cette Loge fut publiée dans plusieurs journaux de l’époque et le journaliste Carmine Pecorelli diffusa un inventaire des personnalités importantes du Vatican impliquées dans la loge secrète où tous les pouvoirs financiers, politiques, judiciaires et militaires et jusqu’aux plus hautes instances des services secrets italiens y étaient représentés. Selon certaines confidences récoltées, Jean-Paul 1er était convaincu du bien fondé de ses appréhensions vis-à-vis de ce qui se tramait au sein du Saint Siège. Il démarra immédiatement une enquête destinée à purifier ce qu’il appelait les "écuries d’Augias ".
Sa ferme intention de faire le "grand nettoyage" dans les affaires troubles touchant la banque du Vatican et certains milieux mafieux et occultes entourant le Saint-siège nous furent confirmés à maintes reprises.
Il semble même de bonne source que Jean-Paul 1er ait eu un différent avec le Cardinal Villot dans son désir d’écarter du Vatican les personnes appartenant à la Loge P2. (Le Saint Père avait décidé que le cardinal John Cody serait remplacé).
Celui-ci, par devoir de réserve ne fit pratiquement jamais de confidences. Fait intéressant, le pape aurait reçu en entretien privé la veille de sa mort, Monseigneur Marcinkus, chef de la sécurité et secrétaire général de la banque du Vatican, spécialiste du trafic et du blanchiment, depuis longtemps soupçonné de nombreuses malversations frauduleuses.
   (Cardinal Colombo). Ceux qui ont enquêté sur la mort suspecte du pape ont tous relevé les éléments suivants. Il semble tout d’abord acquis que le jour du décès est la veille de la découverte du cadavre, le jeudi 28 septembre 1978 en soirée, peut-être aux environs de vingt-deux heures, après que le Saint-Père eut regagné ses appartements et se fut légèrement alimenté, il s’entretint assez longuement au téléphone avec son vieil ami, le cardinal Colombo, archevêque de Milan.
Malachi Martin, secrétaire du cardinal Béa, dans son ouvrage "The Key of this blood" (Les clés de ce sang), fit allusion de manière directe à l’assassinat de Jean-Paul 1er. Le pape fut retrouvé allongé sur le sol par la sœur Vicenza gouvernante et confidente du pape. Elle était à son service depuis douze ans au moment du meurtre. A la fin de sa vie elle a fait certaines confidences également dont quelques unes à sœur Irma. Les longs moments d’hésitation et la confusion dans les déclarations ne sont dus qu’à un scénario monté de toute urgence. On a replacé le pape dans son lit pour simuler un malaise. Le pape prenait des médicaments vitaminés et stimulants qui étaient prescrits seulement depuis quatre jours au souverain pontife. Ceux-ci auraient très bien pu cacher un poison. Quant à la sonnette défaillante et son témoin allumé elle venait seulement d’être installée la veille du décès du pape. Un témoin affirme que l’éminence noire de la curie, n’hésita pas à porter la main sur le Saint Père pour achever sa basse besogne et l’empêcher d’appeler à l’aide. L’accusation est grave mais elle est le reflet du complot machiavélique orchestré par des membres éminents de la Curie qui éprouvaient une hostilité évidente à l’égard du souverain pontife. Ne l’avaient-ils pas accusé injustement d’un manque de préparation pour l’exercice de sa fonction?
Dans son honnêteté, Jean-Paul 1er voulait reprendre les rênes d’un pouvoir fréquemment détourné par des brebis galeuses…
Note.
1. Trois heures seulement après la découverte du corps inanimé de Jean-Paul 1er, la gouvernante ainsi que ses consoeurs furent « remerciées » par le cardinal Villot, réduites au silence et invitées à quitter les lieux pour rejoindre leur couvent où elles furent mises au secret jusqu’à leurs derniers jours ! L’exposition de la dépouille du pape « apprêtée » dans des temps records dans la chapelle Clémentine, dès neuf heures trente, était complètement inhabituelle. Sans affirmer que le secrétaire Villot puisse être l’auteur ou le commanditaire de ce meurtre organisé, il est tout de même loin d’être à l’abri de tout soupçon.
  Aux yeux de tous le cardinal Villot a commis plusieurs actes illégaux:
1°) Premièrement, en l’absence de pouvoir, il s’est arrogé indûment le titre et la charge de camerlingue.
2°) Deuxièmement, il a ordonné l’embaumement, bien avant les délais normaux de vingt quatre heures, comme cela se pratiquait habituellement et a refusé l’autopsie.
3°) Troisièmement il a menti au Collège des Cardinaux en promettant de publier une mise au point sur les circonstances de la mort du pape alors qu’il ne tint jamais sa promesse.
4°) Quatrièmement, il a toujours refusé qu’une enquête soit menée. L’état du corps aurait nécessité paraît-il que l’on assouplisse les membres raidis par la souffrance. Ainsi certains cardinaux observèrent des traces d’un cordage autour des poignets de la victime ayant peut-être servis à étirer les bras du défunt.
Les embaumeurs eurent peu de temps pour accomplir leur besogne, sachant qu’il leur fallait attendre l’effet des piqûres, laver la dépouille, l’habiller, la vêtir des insignes pontificaux et surtout, soigneusement maquiller le visage marqué par la douleur, transporter ensuite la dépouille et la déposer, sous un éclairage spécialement étudié dans un cercueil ouvert.
Signalons que l’on ne permit aux visiteurs que de s’incliner uniquement devant le cadavre déposé sur le catafalque, peut-être pour éviter des vues de côtés gênantes.
Albino Luciani,
17 octobre 1912 – 28 septembre 1978

II - Extraits tirés de l'article de la CRC :
Attention, nous ne suivons pas du tout toutes leurs thèses. Nous ne croyons pas à la véracité du soi-disant troisième secret publié par le Vatican, secret qui se rapporterait au pape Jean-Paul Ier, selon la CRC.


"Avouant ses luttes intimes, lors du Concile, et la difficulté de se rallier aux thèses des novateurs, en particulier à leur théorie de la liberté religieuse, il avait eu cette confidence :“ Pendant des années nous avions enseigné que l’erreur n’a aucun droit. J’ai étudié à fond le problème et, à la fin, je me suis convaincu que nous nous étions trompés. ” Une autre version de la même confidence dit : “ On m’a convaincu de mon erreur. ”"(...)
Il [ndlr : le cardinal Luciani, futur Jean-Paul Ier] s’opposera aussi au capitalisme crapuleux de la maffia milanaise et vaticane qui venaient d’escroquer, en 1971, la Banca Cattolica del Veneto. Mgr Marcinkus était directement impliqué puisqu’il venait de vendre, à l’insu des évêques de Vénétie, cette honnête et cléricale banque, la “ banque des prêtres ”, à un franc-maçon notoire, qui l’avait transformée en maison de passe et de blanchiment de l’argent, de la drogue et autres saletés…

Profondément indigné par un si grave scandale, le cardinal Luciani alla à Rome pour réclamer justice. Mgr Marcinkus le mit à la porte de son bureau en lui recommandant de s’occuper de ses ouailles et non des banques… Dès lors le patriarche ne cachera pas sa pensée :  "Je ne veux rien faire avec le Vatican ! Il y a le diable au Vatican ! " (...)

Quelques jours plus tard, sous le titre “ À Fatima... avec sœur Lucie ”, le patriarche publia un compte rendu de son entrevue dans l’hebdomadaire de Venise, Gente Veneta, exprimant une vénération pour la messagère de Notre-Dame :
« Sœur Lucie a soixante-dix ans, mais elle les porte vaillamment, comme elle me l’a assuré elle-même en souriant. Elle n’a pas ajouté, comme Pie IX, “ Je les porte si bien, mes années, que je n’en ai laissé tomber aucune. ” Le caractère jovial, l’aisance de parole, l’intérêt passionné que sœur Lucie manifeste envers tout ce qui regarde l’Église d’aujourd’hui, avec ses graves problèmes, sont la preuve de sa jeunesse d’esprit. »
Mais voici l’important :  "Sœur Lucie ne m’a pas parlé des apparitions." Alors, de quoi se sont-ils donc entretenus familièrement, deux heures durant ? Eux qui ne se connaissaient pas, et n’avaient jamais communiqué leurs secrets ainsi !
Il finira bien par s’en ouvrir à ses intimes. Au début de l’année 1978, il prêcha le Carême dans son pays natal, à Canale d’Agordo. Son frère Edoardo et sa belle-sœur, qui le recevaient, observèrent son air absorbé, soucieux, impénétrable. Le 27 février, pendant le dîner, sa belle-sœur remarqua qu’il était très pâle et paraissait angoissé.
Il s’excusa, prit son bréviaire et, sans donner d’explication, se retira dans sa chambre. Le lendemain soir, même indisposition. Madame Luciani lui demanda si la nourriture qu’elle lui servait en était la cause. Le cardinal répondit : » J’étais en train de penser à ce que sœur Lucie m’a dit à Coïmbre. »
Il répéta encore deux fois : « Sœur Lucie m’a dit... » Sans achever sa phrase.
« Plus tard, expliquera Edoardo Luciani, lorsque nous avons rassemblé toutes les allusions faites par mon frère, tout est devenu clair. La voyante lui avait annoncé quelque chose qui concernait non seulement l’Église, mais aussi sa propre vie, le destin que Dieu lui préparait. » (...)

Le cardinal Sin, son voisin au Conclave, lui affirma à l’ouverture du premier scrutin de l’après-midi du 26 août : » Je suis sûr que ce sera vous le nouveau Pape. » Une fois l’élection acquise, le cardinal Luciani lui dit : « Vous avez été prophète, mais mon pontificat sera bref. » (...)

À vrai dire, la pensée de Fatima et de sœur Lucie ne le quittait pas. Il en parla à don Germano Pattaro, son ami théologien de Venise, d’ailleurs très engagé dans le mouvement œcuménique postconciliaire : « C’est une chose qui m’a troublé durant toute l’année. J’en ai perdu la paix et la tranquillité spirituelles. Ce qu’elle m’a dit m’est devenu un poids sur le cœur. J’aurais voulu confier tout cela à une personne chère, à mon frère Edoardo, mais je n’y suis pas arrivé. Cette pensée était trop embarrassante, trop contraire à tout mon être. Ce n’était pas croyable, et pourtant la prévision de sœur Lucie s’est vérifiée. Je suis ici. Je suis Pape.
« Si je vis, je retournerai à Fatima pour consacrer le monde et particulièrement les peuples de la Russie à la Sainte Vierge, selon les indications que celle-ci a données à sœur Lucie. » (...)

David Yallop reconstitue l’engrenage infernal qui va mener à l’assassinat de Jean-Paul Ier si rigoureusement que personne n’a pu lui opposer le moindre démenti. (…)
« Quand les cardinaux élurent Albino Luciani à la papauté par une chaude journée d’août 1978, écrit Yallop, ils jetèrent un pape honnête, saint et parfaitement incorruptible sur la route de Vatican Entreprise S. A. » Il fallait l’empêcher de « fouiner dans la banque ». À tout prix. « La collision était inévitable. L’inébranlable intégrité d’Albino Luciani allait affronter les irrésistibles forces du marché de la banque du Vatican », dont les responsables étaient le cardinal Villot et l’évêque Marcinkus, les complices Michele Sindona et Roberto Calvi, tous de la loge P 2 ou affiliés, et leur protecteur Licio Gelli son Grand Maître. (…)

LE COUP DE MAJESTÉ.

Yallop raconte : « Le dimanche 27 août, Luciani demanda à Villot de rester secrétaire d’État pour quelque temps, lui dit-il, jusqu’à ce que je m’y retrouve. (…) Il ordonna à son secrétaire d’État, ainsi confirmé dans ses fonctions, de lancer une enquête sur-le-champ. Il fallait réexaminer toutes les opérations financières du Vatican, en analyser chaque aspect en détail, discrètement, rapidement, complètement. Sans exclure aucun département, aucune congrégation, aucune section. » (…)
Le 28 septembre 1978, donc, après une audience orageuse imposée au cardinal Baggio qui refusait de quitter Rome pour lui succéder à Venise, le Pape téléphona au cardinal Felici, qui était à Padoue, pour lui raconter cette dure confrontation avec Baggio dont le refus d’accepter Venise l’étonnait quand même ! Puis il appela Benelli pour lui parler de sa prochaine nomination à la secrétairerie d’État, qu’il devait faire connaître le soir même au cardinal Villot.

Jean Paul Ier et le cardinal Villot
Jean Paul Ier et le cardinal Villot

Puis il reçut cet homme.
Le Pape avait étudié son rapport sur la banque du Vatican. Première décision : Marcinkus serait remplacé par Mgr Abbo, un homme intègre. Non pas dans un mois, ni dans une semaine. Demain. Il fallait renvoyer non seulement Marcinkus, mais toute sa maffia, et couper les ponts, dans les plus brefs délais, avec le groupe corrompu de la Banco Ambrosiano, Sindona, Calvi…
Le Pape passa au problème de Chicago et à l’ultimatum qu’il fallait adresser au cardinal John Cody, perdu de mœurs et impliqué, lui aussi, dans le scandale financier. Enfin le Pape fit part au cardinal Villot de sa détermination de voir Baggio aller là où on lui disait d’aller... Mais le Souverain Juge n’en avait pas tout à fait fini, et la suite inquiéta le cardinal secrétaire d’État : « Benelli serait nommé secrétaire d’État. Il prendrait le poste de Villot. » Comme l’écrit notre Père, « on n’avait plus connu pareil acte d’autorité depuis saint Pie X. Pie X, soixante-quinze ans plus tôt, cassant le formidable secrétaire d’État de son prédécesseur Léon XIII, le cardinal franc-maçon Rampolla ! »
Villot feignit de réfléchir profondément, à ce coup du roi, cette tranquille estocade qui le désarçonnait complètement et le privait de tous ses pouvoirs en même temps. « Je croyais, articula-t-il, que vous pensiez à Casaroli pour me remplacer ? » Il objecta encore que ces nominations étaient contraires aux souhaits du défunt Saint-Père et seraient considérées comme une sorte de désaveu de son pontificat : « On dira que vous avez trahi Paul. » Certes !
Avant de se coucher, le Pape reçut encore un coup de fil de son médecin, Antonio da Ros. Celui-ci a témoigné quinze ans plus tard, pour mettre fin aux mensonges, que le Pape allait bien.

IL MOURUT SANS BRUIT...

Le vendredi 29 septembre, sœur Vincenza pénétra dans la chambre à 4 h 45 et trouva le Pape mort, dans son cabinet de toilette, selon ses paroles haletantes jetées à un groupe de pèlerins dont notre Père reçut le témoignage le 6 novembre suivant. Aussitôt après, le cardinal Villot obligeait sœur Vincenza à garder le silence par un vœu ! et elle dira à Yallop qu’elle avait trouvé le Pape dans son lit, selon la version officielle.
À 5 heures, le cardinal Villot constata la mort et commença d’agir en maître, de manière illégale, exclusive et méthodique. Illégale, parce que tous ses pouvoirs avaient expiré avec la mort du Pape. (…)
Il empocha la fiole d’Effortil sur la table de nuit, prit des mains crispées du Pape les notes sur les nominations et mutations décidées la veille, emporta aussi les lunettes et les pantoufles du Pape, probablement souillées de vomissures. Il aurait fait disparaître aussi le testament du Pape. (…)
À 6 heures, le docteur Buzzonati, qui n’était pas le médecin en chef, constata le décès, sans rédiger aucun certificat, et l’attribua à un infarctus aigu du myocarde, qu’il situa la veille au soir, vers 23 heures. Cette déclaration sur commande n’a évidemment aucune valeur médicale.
Villot commença de prévenir les cardinaux à partir de 6 h 30, donc environ deux heures après le coup de téléphone à l’institut de Médecine avertissant les embaumeurs, les frères Signoracci. Ces derniers passaient donc avant les sacrements, avant les cardinaux, avant l’archiatre. Ce n’était là que détail. L’important pour le cardinal était que toute autopsie médicale en soit rendue impraticable, et je passe sur les détails (cf. Yallop, p. 102). (…)

ET ILS L’ENSEVELIRENT...

Tandis que les fidèles se pressaient en larmes dans la chapelle ardente, salle Clémentine où le corps fut transporté selon l’usage, on s’activait au troisième étage du palais pontifical : les sœurs lavaient, astiquaient, sous les ordres du soi-disant chef de l’Église intérimaire, pour effacer les traces, toutes les traces : les traces de pas, les empreintes digitales, les vomissures. Les secrétaires emballaient et emportaient les hardes du pauvre pape, « y compris ses lettres, ses notes, ses livres et la petite poignée de souvenirs personnels ». Afin qu’il ne reste pas la moindre relique du premier Pape martyr des temps modernes.
À 18 heures, la totalité des dix-neuf salles des appartements pontificaux étaient entièrement vidée de tout objet associé, même de loin, au pontificat de Jean-Paul Ier. C’est alors, et alors seulement, que les scellés furent apposés sur les portes. Suprême imposture : les scellés apposés sur des appartements après en avoir fait disparaître tout objet compromettant ! (…)
Villot s’en fut alors diriger le travail des embaumeurs afin qu’ils ne retirent ni une goutte de sang, ni le moindre organe pouvant prêter à quelque analyse.
Seize heures après son singulier trépas, Jean-Paul Ier n’était déjà plus qu’un souvenir là où il régnait, la veille encore, en saint et bien-aimé Père Commun. C’était comme s’il n’était jamais venu là, comme s’il n’avait jamais existé. (…)

Jean-Paul II et Mgr Marcinkus
Jean-Paul II et Mgr Marcinkus

De fait, rien n’a bougé : la Justice ne s’est pas émue, ni la Justice italienne, ni la Justice vaticane. (…) Villot fut reconfirmé dans ses fonctions de secrétaire d’État jusqu’à ce qu’il meure de sa belle mort, quelques mois après Jean-Paul Ier en mars 1979 ; et il eut pour successeur Casaroli, selon son choix.
Baggio n’alla pas à Venise, qui n’avait toujours pas de patriarche ! Jean-Paul II nomma Mgr Cé le 7 décembre 1978, celui-là même que le patriarche avait expulsé du séminaire de Belluno et refusé pour successeur à Venise…
Cody resta à Chicago, au grand scandale de tous.
Marcinkus demeura en place. Et donc Calvi, Gelli, Sindona conservèrent la liberté… pour un temps seulement…

III - L'abbé Luigi Villa confirme l'assassinat avec certitude: il a réussi à faire faire des analyses cf. p.24 et 25 de ce document : Qui est l'abbé Luigi Villa ?
Extrait :
"Mgr Giovanni Benelli fut d’abord Pro-secrétaire d’État, puis, à partir de 1977, archevêque de Florence et tout de suite après, créé Cardinal. Après la mort de Paul VI, il avait essayé d’être élu Pape, mais c’est le card. Siri qui fut élu et qui, à cause des terribles menaces que lui fit le card. Benelli lui-même, dut désister. C’est pourquoi, en guise de compromis, c’est le card. Luciani, qui fu élu, sous le nom de Jean Paul I.
Mais au bout de 33 jours de règne, Jean Paul I fut tué. C’est l’abbé Villa lui-même qui demanda au card. Palazzini de faire une autopsie au Pape et pour être plus convainquant, ayant réuni la presse de Rome, il lança le soupçon d’un assassinat. Le card. Palazzini fit alors exécuter trois autopsies qu’on appela “visites médicales”. Le résultat de toutes trois fut: “Assassiné!”.
La publication de la “Liste Pecorelli” tronca la candidature du card. Casaroli, et après un autre accrochage entre Benelli et Siri, après la mort de Luciani, fut élu le card. Wojtyla, vrai prédestiné et préféré de la Franc-maçonnerie.
Avec la mort du card. Giovanni Benelli en 1982, l’homme le plus puissant au Vatican était le card. Agostino Casaroli."

L'abbé Luigi Villa note :

Lorsque, durant le pontificat de Jean Paul II,“Chiesa viva” dénonça l’appartenance du card. Casaroli à la Franc-maçonnerie, au Monseigneur qui montra cette évidence au Pape, Jean Paul II répondit : « Je sais, je sais, mais je ne sais qui mettre à sa place ! ».