dimanche 13 octobre 2013

96ème anniversaire du miracle du soleil

96ème anniversaire du miracle du soleil


Un chauffeur prend Jacinthe dans ses bras.

Une petite réflexion : Si Dieu a pris la peine de faire un miracle cosmique d'une telle ampleur devant 70.000 personnes (les personnes des villages avoisinants ont vu le miracle), c'est que l'importance du message de Fatima est capitale et qu'il ne faut pas mettre Fatima au même plan que les autres révélations privées. Aussi, la réflexion de Mgr Tissier de Mallerais à Stephen Heiner  le 21 avril 2006 laisse songeur. Quelle est la raison d'une telle discrétion ?




S.H. My lord, apart from possible guilt about 1988, it is said that Benedict feels guilt about Fatima. You and the bishops have obviously gone to Fatima to make an act of reparation…what can you say regarding the continued silence about Fatima dating all the way back to Pius XII?


H.L. I cannot say anything here. Fatima is a private revelation. Excuse me, but I don’t speak of it.

Cette citation fut effacée dans des copies que l'on a fait de l'interview, comme celle-ci par exemple :

Traduction : 
Stephen Heiner :
Monseigneur, mis à part une possible culpabilité vers 1988, on dit que Benoît se sent coupable à propos de Fatima. Vous et les évêques êtes allés ouvertement à Fatima pour faire un acte de réparation... Que pouvez-vous dire concernant ce silence autour de Fatima depuis Pie XII ?
Mgr Tissier :
Fatima est une révélation privée. Excusez-moi mais je n'en parle pas.
Nous ne voulons pas juger Mgr Tissier. Peut-être avait-il une bonne raison de se taire, une raison qui n'était pas du mépris vis-à-vis de Fatima, mais de la prudence... Qui sait ? Cela nous amène cependant à nous poser la question suivante :
Les révélations privées peuvent-elles avoir une importance capitale pour un pays ou pour le monde entier ?
Réponse : Oui : le Sacré-Cœur a demandé à sainte Marguerite-Marie que le roi lui consacre la France. Louis XIV a désobéi, Louis XV et Louis XVI aussi... et la Révolution française est arrivée, cent ans après cette demande, qui a été méprisée. C'est Notre-Seigneur Lui-même qui nous enseigne à Rianjo le lien qu'il y a eu entre cette demande du Sacré-Coeur non exaucée et la Révolution française... La même erreur est en train de se reproduire vis-à-vis de Fatima. Jésus, à Rianjo, fait le parallèle entre les deux révélations privées de Paray-le-Monial et Fatima. En effet, après avoir demandé la consécration au Sacré-Coeur à Paray, ce qu'il demande à présent, c'est la consécration  de la Russie au Cœur Immaculé de Marie par le pape, en union avec tous les évêques du monde entier : une consécration pour éviter un châtiment terrible qui arrivera, puisque le pape s'entête à désobéir. 


Lettre du 29 août 1931 à Mgr Correia da Silva, évêque de Leiria: « … il me sembla que sa divine Majesté me dit : (…) "Fais savoir à mes ministres, étant donné qu’ils suivent l’exemple du roi de France, qu’ils le suivront dans le malheur. Jamais il ne sera trop tard pour recourir à Jésus et Marie". »

Lettre de 1936 de Sœur Lucie au Père Gonçalves
« Plus tard, par le moyen d’une communication intime, Notre-Seigneur me dit, en se plaignant : " Ils n’ont pas voulu écouter ma demande !… Comme le roi de France, ils s’en repentiront, et ils le feront, mais ce sera tard. La Russie aura déjà répandu ses erreurs dans le monde, provoquant des guerres et des persécutions contre l’Eglise. Le Saint-Père aura beaucoup à souffrir. »

Entretien du 03 février 1946 avec le Père Jongen : « En 1931, de Rianjo où, par ordre de mes supérieures je suis allée me reposer un mois, j’écrivis une lettre à S. Exc. l’évêque de Leiria, en insistant sur cette même demande, et j’y mentionnai les paroles de Notre-Seigneur : " Comme le roi de France, ils n’écoutent pas mes demandes ; le Saint-Père consacrera la Russie, mais ce sera tard". »

Lorsque le Père Alonso la questionna sur la parole de Notre-Seigneur : « Le Pape consacrera la Russie, mais ce sera tard », la voyante lui indiqua que « la consécration de la Russie et aussi le triomphe final du Cœur Immaculé de Marie qui lui fera suite sont absolument certains et se réaliseront en dépit de tous les obstacles »

Pour en savoir plus, cf. entretien de sœur Lucie avec le Père Fuentes.


Voici un bon documentaire que nous avons trouvé sur les faits du 13 octobre 1917 :


SAMEDI 13 OCTOBRE 1917 : 

« Je suis Notre-Dame du Rosaire »



« Le 13 octobre, raconte le père de Jacinthe et François, après beaucoup d'efforts, et après avoir été arrêtés souvent en chemin, nous parvînmes enfin à la Cova da Iria. « La foule était si serrée qu'on ne pouvait la traverser. Alors, un chauffeur prit dans ses bras ma Jacinthe et, à force de bourrades, s'ouvrit un passage jusqu'aux poteaux où pendaient les lanternes, en criant : – Laissez passer les petits qui ont vu Notre-Dame ! « Je me mis à leur suite. Jacinthe, en me voyant au milieu de tant de gens, se mit à crier, effrayée : – N'étouffez pas mon Papa ! N'étouffez pas mon Papa ! « L'homme qui portait Jacinthe la mit enfin à terre, près du chêne-vert. Mais là aussi, la foule était dense, et la petite pleurait. Alors Lucie et François la mirent entre eux. « Mon Olimpia était par là, d'un autre côté, je ne sais où. Mais ma commère Maria Rosa réussit à se mettre tout près de nous. Poussé par la foule, je me trouvai un peu écarté à un certain moment, et je remarquai un homme de mauvaise mine, qui appuya un bâton sur mon épaule. Je pensai en moi-même : – Cela pourrait être le commencement du désordre ! « La foule faisait des remous, d'un côté et de l'autre. Mais au moment de l'Apparition, tout le monde se tut et resta tranquille. »


Aperçu sur la Cova da Iria durant la matinée du 13 octobre 1917. Soixante-dix mille personnes seront témoins du grand miracle.
Quant à Antonio, qui avait réussi à faire passer sa femme à travers la foule, il se trouva éloigné de Lucie par ces mêmes remous, et sa fille ne le revit plus jusqu'à ce qu'elle le retrouve le soir, au sein de la famille. Il était à peu près 1 heure de l'après-midi, heure légale, et il continuait à pleuvoir. « Nous étions parvenus à la Cova da Iria, près du chêne-vert, raconte Lucie, quand je me sentis poussée par un mouvement intérieur, et demandai à la foule de fermer les parapluies pour réciter le chapelet. » Du haut de la route, abrités dans leurs voitures, tous ceux qui n'avaient pas eu le courage de s'aventurer dans le bourbier argileux de la Cova assistèrent alors à un spectacle stupéfiant : « À un moment donné, nota l'un d'eux, cette masse confuse et compacte fenna les parapluies, se découvrant ainsi dans un geste qui devait être d'humilité ou de respect, mais qui me laissa surpris et plein d'admiration, car la pluie, avec obstination, mouillait toujours les têtes, détrempait et inondait tout. » Cependant, quelques minutes avant le miracle, il cessa de pleuvoir. Le soleil perça victorieusement l'épaisse couche de nuages qui le cachait jusque-là, et brilla intensément. À l'heure des montres, il était presque 13 h 30, c'est-à-dire environ midi à l'heure solaire. En effet, pour adopter l'heure des belligérants, le gouvernement portugais avait alors imposé au pays une heure légale qui avançait de quatre-vingt-dix minutes sur l'heure solaire. Tout à coup, les trois enfants virent l'éclair, et Lucie s'écria : « Silence ! Silence ! Notre-Dame va venir ! Notre-Dame va venir ! » Maria Rosa, qui avait réussi à rester là, toute proche, n'oublia pas de donner à son enfant un conseil maternel : « Regarde bien, ma fille. Prends garde de ne pas te tromper ! » Mais Notre-Dame apparaissait déjà au-dessus du chêne-vert, posant ses pieds sur les rubans de soie et les fleurs, pieusement disposés la veille par la fidèle Maria Carreira. Alors, le visage de Lucie devint de plus en plus beau et prit une teinte rose ; ses lèvres s'amincirent. Jacinthe, dans un geste de sainte impatience, donna un coup de coude à sa cousine et lui dit : « Parle, Lucie, Notre-Dame est déjà là ! » Lucie revint à elle-même, respira deux fois profondément, comme quelqu'un qui n'avait plus le souffle, et commença son entretien, d'une politesse toujours aussi exquise, avec Notre-Dame.


« Que veut de moi Votre Grâce ? 

– Je veux te dire que l'on fasse ici une chapelle en mon honneur. Je suis Notre-Dame du Rosaire. Que l'on continue toujours à réciter le chapelet tous les jours. La guerre va finir et les militaires rentreront bientôt chez eux. – J'avais beaucoup de choses à vous demander : de guérir quelques malades et de convertir quelques pécheurs, etc. – Les uns oui, les autres non. Il faut qu'ils se corrigent, qu'ils demandent pardon pour leurs péchés. Et, prenant un air plus triste : – Que l'on n'offense pas davantage Dieu, Notre-Seigneur, car Il est déjà trop offensé ! – Vous ne voulez rien de plus de moi ? – Non, je ne veux rien de plus de toi. – Alors, moi, je ne demande rien non plus. " Comme le 13 septembre, pendant que Notre-Dame s'entretenait avec Lucie, la foule put voir par trois fois se former autour du chêne-vert la même nuée qui s'élevait ensuite dans l'air avant de se dissiper. Un autre signe se renouvela pour la seconde fois, lorsque Notre-Dame remonta dans le ciel, au moment où Lucie s'écria : « Elle s'en va ! Elle s'en va ! » « À cet instant, rapporte Maria dos Anjos, ma mère sentit le même parfum que celui du 19 août ! » Puis Lucie cria : « Regardez le soleil ! » « Ouvrant alors les mains, raconte Lucie, Notre-Dame les fit se réfléchir sur le soleil et, pendant qu'Elle s'élevait, le reflet de sa propre lumière continuait à se projeter sur le soleil. »

Quelques pèlerins durant la danse du soleil.
« Ce fut alors que l'on put regarder parfaitement le soleil, rapporte le père de Jacinthe et de François, sans en être incommodé. On aurait dit qu'il s'éteignait et se rallumait, tantôt d'une manière, tantôt d'une autre. Il lançait des faisceaux de lumière, de-ci, de-là, et peignait tout de différentes couleurs : les arbres, les gens, le sol, l'air. Mais la grande preuve du miracle était que le soleil ne faisait pas mal aux yeux. » Nul n'aurait pu imaginer ce qui survint alors : le soleil eut quelques secousses puis se mit à tourner sur lui-même. « Tout le monde demeurait immobile. Tout le monde se taisait... Tous regardaient le ciel. À un certain moment, le soleil s'arrêta, et puis recommença à danser, à tournoyer ; il s'arrêta encore une fois, et se remit encore une fois à danser, jusqu'au moment, enfin, où il parut se détacher du ciel et s'avancer sur nous. Ce fut un instant terrible ! » Maria Carreira décrit dans les mêmes termes la stupéfiante chute du soleil : « Il produisait différentes couleurs : jaune, bleu, blanc ; et il tremblait, tremblait tellement ! il semblait une roue de feu qui allait tomber sur la foule. On criait : “ Ô Jésus ! nous allons tous mourir ! ” “ Ô Jésus ! nous mourons tous ! ” D'autres s'écriaient : “ Notre-Dame, au secours ! ” Et ils récitaient l'acte de contrition. Il y avait même une dame qui faisait sa confession générale, et disait à haute voix : “ J'ai fait ceci, j'ai fait cela... et cela encore ! ” « Finalement, le soleil s'arrêta, et tous poussèrent un soupir de soulagement. Nous étions vivants, et le miracle annoncé par les enfants avait eu lieu. » La promesse de Notre-Dame s'était réalisée à la lettre. Tous avaient vu. Maria Rosa aussi ! Son témoignage fut donc d'autant plus probant que son opposition avait été, depuis le début, tenace et systématique. « Maintenant, déclarait-elle, on ne peut pas ne pas y croire ; car le soleil, personne ne peut y toucher. » Durant les dix minutes où la foule put contempler le grandiose miracle cosmique, les trois voyants jouissaient d'un spectacle différent. La Vierge Marie réalisait pour eux ses promesses du 19 août et du 13 septembre. Il leur fut donné d'admirer, en plein ciel, trois tableaux successifs. Écoutons Lucie : La vision de la Sainte Famille


« Notre-Dame ayant disparu dans l'immensité du firmament, nous avons vu, à côté du soleil, Saint Joseph avec l'Enfant-Jésus et Notre-Dame vêtue de blanc avec un manteau bleu. Saint Joseph et l'Enfant-Jésus semblaient bénir le monde avec des gestes qu'ils faisaient de la main en forme de croix. »

La vision de Notre-Dame des Douleurs


« Peu après, cette Apparition ayant cessé, j'ai vu Notre-Seigneur, et Notre-Dame qui me donnait l'impression d'être Notre-Dame des Douleurs. Notre-Seigneur semblait bénir le monde, de la même manière que Saint Joseph. » 

La vision de Notre-Dame du Mont-Carmel


« Cette Apparition disparut, et il me sembla voir encore Notre-Dame sous l'aspect de Notre-Dame du Carmel, parce qu'Elle avait quelque chose qui pendait de sa main. » Ce “ quelque chose ” était le scapulaire. Lorsque le soleil reprit sa place, mais pâle et sans éclat, se produisit un fait inexplicable naturellement. Tous ces gens, qui avaient été trempés par la pluie, se trouvèrent soudain, avec joie et stupéfaction, complètement secs. La Très Sainte Vierge avait ainsi multiplié les merveilles, en Mère attentive et bienfaisante, pour confirmer la vérité des affirmations des enfants. On remarqua aussi avec étonnement et soulagement que, dans la masse des gens qui empruntèrent des moyens de transport si nombreux et si divers, pas un seul accident ne fut à déplorer ni un seul désordre à enregistrer. « Alors, raconte le docteur Carlos Mendès, je pris Lucie dans mes bras pour la porter jusqu'à la route. Ainsi, mon épaule fut la première tribune d'où elle a prêché le message que venait de lui confier Notre-Dame du Rosaire. « Avec un grand enthousiasme et une grande foi, elle criait : – Faites pénitence ! Faites pénitence ! Notre-Dame veut que vous fassiez pénitence. Si vous faites pénitence, la guerre finira... »Faire pénitence, en portugais, équivaut à “ se convertir ”, “ revenir à Dieu ”,“ fuir le péché ”, et non “ faire des pénitences, des mortifications ”. « Elle paraissait inspirée... C'était vraiment impressionnant de l'entendre. Sa voix avait des intonations comme la voix d'un grand prophète. » Aussitôt après le miracle, les témoins harcelèrent de nouveau les voyants d'innombrables questions. Autour d'eux, la foule des curieux était comme une fourmilière. « Un souvenir que j'ai conservé de ce jour, rapporte Lucie, est que j'arrivai à la maison sans mes nattes, qui me tombaient plus bas que la ceinture. Je me rappelle le mécontentement de ma mère quand elle me vit avec encore moins de cheveux que François ! Qui me les a volés ? Je ne sais pas. Dans la foule qui nous serrait, il ne manquait pas de ciseaux ni de voleurs. Mon foulard, lui, aurait pu se perdre facilement, sans qu'il fût volé. Mes tresses avaient été pas mal écourtées les deux derniers mois. Patience ! Rien ne m'appartient. Tout appartient à Dieu. Qu'Il en dispose donc comme il Lui plaît ! » Une telle presse autour des trois petits et cette avalanche de questions avaient commencé dès le matin et n'avaient pas cessé depuis, sans leur laisser le moindre instant de répit. Ils passèrent ensemble l'après-midi de cette journée, mais la multitude cherchait à les voir et à les observer, comme s'ils étaient des bêtes curieuses. Le soir, ils étaient épuisés. « Plusieurs personnes qui n'avaient pu m'interroger, dit Lucie, restèrent jusqu'au lendemain à attendre leur tour. Quelques-uns voulurent encore me parler à la veillée. Mais moi, vaincue par la fatigue, je me laissai tomber sur le plancher pour dormir. » (...)

Extraits de Francisco et Jacinta, si petits et si grands !,
Sœur Françoise de la Sainte Colombe, p. 265-276

Addendum: 

Le sceau divin : le miracle du soleil


Revenons sur l'événement unique. À partir du 13 juillet 1917, Lucie et Jacinthe avaient annoncé à leur entourage que la belle Dame leur avait promis un miracle pour le 13 octobre, à midi. Les deux cousines répétèrent maintes fois la même affirmation sans jamais varier, même sous les menaces et les persécutions que les incrédules leur infligèrent. Ces épreuves, rappelons-le, furent terrifiantes pour des enfants de dix, neuf et sept ans. Or, au jour dit, à l'heure dite, environ soixante-dix mille personnes furent témoins d'un miracle : le soleil dansa, tournoya et sembla tomber sur la terre, ce qui ne s'était jamais vu depuis que le monde est monde. Il s'agit du fait historique le plus considérable depuis la résurrection et l'ascension de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Cette prophétie qui se réalisa donc à la lettre, ce miracle, que tous virent pour croire, fut en soi une preuve éclatante de la véracité des Apparitions et de la sincérité des trois petits bergers. Dépositions, témoignages, documents concordent et surabondent. En voici seulement quelques-uns...

Citons le professeur Almeida Garrett :

« Il devait être 13 h 30 [heure légale] lorsque s'éleva, à l'endroit précis où se trouvaient les enfants, une colonne de fumée, déliée, ténue et bleutée, qui monta droit jusqu'à deux mètres peut-être, au-dessus des têtes et s'évanouit à cette hauteur. Ce phénomène dura quelques secondes, parfaitement visible à l'œil nu... La fumée se dissipa subitement et, au bout d'un certain temps, le phénomène revint se produire une deuxième puis une troisième fois... Je restais convaincu que ces colonnes de fumée étaient produites par quelque encensoir balancé dans lequel brûlait de l'encens.

« ... Soudain, j'entendis le brouhaha de milliers de voix, et je vis toute cette multitude, dispersée dans le large espace qui s'étendait à mes pieds, tourner le dos à l'endroit vers lequel, jusque-là, convergeaient toutes les impatiences anxieuses, et regarder le soleil du côté opposé...

« Je me tournai à mon tour, vers ce point d'attraction de tous les regards, et je pus voir le soleil, semblable à un disque bien net, à l'arête vive, qui luisait sans blesser la vue... Il ne pouvait se confondre avec le soleil vu à travers la brume, – il n'y en avait d'ailleurs pas à ce moment –, car il n'était ni voilé, ni brouillé. À Fatima, il conservait lumière et chaleur, et se dessinait nettement dans le ciel, avec son bord en arête vive comme une table à jeu... Le plus étonnant est d'avoir pu fixer aussi longtemps le disque solaire dans tout son éclat de lumière et de chaleur, sans avoir mal aux yeux, et sans éblouissement de la rétine. »

Soudain, l'astre se mit à trembler, à se secouer avec des mouvements brusques, pour finalement tourner sur lui-même à une vitesse vertigineuse, en lançant des gerbes de lumière.

« Le soleil prenait toutes les couleurs de l'arc-en-ciel, ajoute un autre témoin. Tout prenait les mêmes couleurs : nos visages, nos vêtements, la terre elle-même. »

Le moment terrible arriva enfin : le soleil sembla tomber sur la terre. Écoutons encore le professeur Garrett :

« On entendit soudain une clameur, comme un cri d'angoisse de toute cette foule. Le soleil, en effet, conservant son mouvement rapide de rotation, sembla se détacher du firmament et, rouge sang, s'avancer vers la terre, en menaçant de nous écraser de sa masse ignée. Ce furent quelques secondes terrifiantes. »

Le fils de Maria Carreira, Jean, le jeune estropié, en témoigna lui aussi : « J'ai vu le soleil tourner et il semblait descendre. Il était comme une roue de bicyclette. »

Une dame ajouta encore : « Je l'ai parfaitement vu descendre comme s'il venait s'écraser sur la terre. On aurait dit qu'il se détachait du ciel et qu'il courait sur nous. Il s'est maintenu à une petite distance au-dessus de nos têtes ; mais cette sorte d'attaque fut de très courte durée... Il semblait très près des gens et il continuait à tourner à l'envers. »

Le jeune ingénieur Mario Godinho déclara, après que le soleil eut repris sa place : « De ces milliers de bouches, j'entendais des clameurs de joie et d'amour à la Très Sainte Vierge. Et alors j'ai cru. J'avais la certitude de n'avoir pas été victime d'une suggestion. J'avais vu le soleil comme jamais je ne le reverrai. »

Chose merveilleuse, le phénomène put être admiré au-delà de Fatima. Au petit village d'Alburitel, situé à dix-huit ou dix-neuf kilomètres de Fatima, la population entière put jouir du miracle solaire. Monsieur l'abbé Lourenço a raconté ses souvenirs :

« J'avais alors seulement neuf ans, et je fréquentais l'école primaire de mon village. Il était près de midi [heure solaire] quand nous fûmes surpris par des cris et des exclamations, poussés par des hommes et des femmes qui passaient dans la rue, devant notre école. L'institutrice, très bonne et très pieuse, mais facilement impressionnable et très timide, fut la première à sortir dans la rue, et ne put empêcher les enfants de sortir tous, eux aussi, à sa suite. Dans la rue, les gens pleuraient et criaient, montrant le soleil, sans répondre aux questions que leur posait notre institutrice, très émue.

« C'était le grand miracle, que l'on voyait très distinctement du haut de la colline où se trouve mon village... Je me sens incapable de le décrire tel que je le vis alors. Je regardai fixement le soleil, et il me semblait avoir pâli, de telle sorte qu'il n'éblouissait pas les yeux. Il paraissait un globe de neige qui tournait sur lui-même. Puis, soudain, il sembla descendre en zigzag comme s'il allait tomber sur la terre. Épouvanté, je courus me mettre au milieu de la foule. Tout le monde pleurait, attendant la fin du monde d'un instant à l'autre. Près de nous, se trouvait un incroyant, un homme sans religion, qui avait passé toute sa matinée à se moquer des naïfs qui faisaient un tel voyage pour aller voir une petite fille à Fatima. Je le regardai. Il était comme paralysé, figé, les yeux fixés sur le soleil. Puis je le vis trembler de la tête aux pieds, lever les mains au ciel, et tomber à genoux dans la boue, en criant :

– Notre-Dame ! Notre-Dame !...

« Pendant ce temps, les gens continuaient à crier et à pleurer, et à demander pardon à Dieu de leurs péchés... Puis, nous courûmes vers les deux chapelles du village qui se remplirent en quelques instants...

« Au bout de quelques minutes, le soleil reprit sa place.. Quand tout le monde se fut persuadé que le danger était passé, il y eut une explosion de joie. Tous éclataient en cris d'action de grâces :

– Miracle ! Miracle ! Bénie soit Notre-Dame ! »

Dernier fait étonnant : tous les gens de la foule, qui étaient pour la plupart trempés jusqu'aux os, constatèrent avec joie et stupéfaction qu'ils étaient secs. Le fait est attesté dans le procès canonique. L'académicien Marques da Cruz, qui fit enquête à ce sujet, écrit : « Cette foule immense se trouvait toute trempée, car la pluie n'avait pas cessé depuis l'aube. Mais, quoique ce fait puisse paraître incroyable, après le miracle, tout le monde se sentait à l'aise et avait ses habits complètement secs, ce qui fit l'objet de l'étonnement général... »

Dès le surlendemain de l'événement, le 15 octobre, Avelino de Almeida, rédacteur en chef de “ O Seculo ”, le grand quotidien anticlérical et maçonnique de Lisbonne, que nul n'aurait pu soupçonner de prendre parti en faveur de cette affaire, rapporta ainsi le miracle dont il fut le témoin ébahi :

Reproduction d'un article publié par l'Illustraçao Portuguesa du 29 octobre 1917.
« ... Depuis la route, où s'étaient massées les voitures, et où plusieurs centaines de personnes étaient demeurées, faute d'avoir assez de courage pour s'avancer à travers le terrain boueux, on voit l'immense multitude se tourner vers le soleil qui apparaît au zénith, dégagé des nuages. Il ressemble à une plaque d'argent mat, et il est possible de le fixer sans la moindre gêne. Il ne brûle pas les yeux. Il n'aveugle pas. On dirait qu'il se produit une éclipse. Mais voici que jaillit une clameur immense, et ceux qui sont plus près de la foule l'entendent crier :

– Miracle ! Miracle !...Merveille !... Merveille !...

« Aux yeux éblouis de ce peuple, dont l'attitude nous transporte aux temps bibliques et qui, stupéfait, la tête découverte, contemple l'azur du ciel, le soleil a tremblé, le soleil a eu des mouvements insolites et brusques, en dehors de toutes les lois cosmiques, “ le soleil a dansé ”, selon l'expression typique des paysans. »

Violemment mis en cause par toute la presse anticléricale, Avelino de Almeida renouvela son témoignage, quinze jours plus tard, le 29 octobre. Cette fois, il illustrait son récit d'une dizaine de photographies de l'immense foule extasiée, et répétait comme un refrain tout au long de son article : « J'ai vu... J'ai vu... J'ai vu. »

Et il concluait, avec beaucoup d'à-propos :

« Miracle, comme criait le peuple ? Phénomène naturel, comme disent les savants ? Pour l'instant, je ne me soucie pas de le savoir, mais seulement d'affirmer ce que j'ai vu... Le reste est affaire entre la Science et l'Église. »


Extraits de Francisco et Jacinta, si petits et si grands !,
Sœur Françoise de la Sainte Colombe, p. 291-295