dimanche 8 septembre 2013

Fin des temps ou fin du monde ? Il ne faut pas confondre

Fin des temps ou fin du monde ? Il ne faut pas confondre

Par Michaël


sainte Marguerite-Marie

Dom Guéranger, dans l’Année liturgique, explique ce qu’il faut entendre par les expressions fins des temps ou derniers temps. Il écrit au Vendredi après l'octave du saint-sacrement, en la fête du Sacré-Cœur de Jésus, que la dévotion au Sacré Cœur de Jésus est réservée pour la fin des temps. Il s’appuie sur les écrits de sainte Gertrude, moniale du XIVe siècle :

« Le Disciple bien-aimé de Jésus, qui avait reposé sur son sein, en la Cène, et avait pu entendre les battements de ce Cœur divin, qui sur la croix l'avait vu percé par la lance du soldat, en dévoila à Gertrude la glorification future, lorsqu'elle lui demanda pourquoi il avait gardé sous le silence ce qu'il avait senti lorsqu'il reposait sur ce Cœur sacré : « Ma mission, dit-il, fut d'écrire pour l'Église encore jeune un seul mot du Verbe incréé de Dieu le Père, lequel pourrait suffire à toute la race des hommes jusqu'à la fin du monde, Sans toutefois que jamais personne le comprît dans sa plénitude. Mais le langage de ces bienheureux battements du Cœur du Seigneur est réservé pour les derniers temps, alors que le monde vieilli et refroidi dans l'amour divin devra se réchauffer à la révélation de ces mystères. » (Le héraut de l'amour divin, Livre IV, c. 4.) 
« Marguerite-Marie [Alacoque, au XVIe siècle] reçut donc pour mission de faire descendre des mystiques sommets, où il était resté comme la part cachée de quelques âmes bénies, le trésor révélé à sainte Gertrude. Elle dut le proposer à toute la terre, en l'adaptant à cette vulgarisation sublime. Il devint en ses mains le réactif suprême offert au monde contre le froid qui s'emparait de ses membres et de son cœur engourdis par l'âge, l'appel touchant aux réparations des âmes fidèles pour tous les mépris, tous les dédains, toutes les froideurs et tous les crimes des hommes des derniers temps contre l'amour méconnu du Christ Sauveur. »

Dans le premier vendredi de chaque mois, Bibliothèque saint Libère p.15-16 , on peut lire cette phrase de sainte Marguerite-Marie :
« Notre Seigneur, dit encore la B. M.- M., me fit connaître que le grand désir qu'il avait d'être parfaitement aimé des hommes lui avait fait prendre le dessein de leur manifester son Cœur, et de leur donner, dans ces derniers temps, ce dernier effort de son amour, en leur proposant un objet et un moyen si propres pour les engager à l'aimer, et à l'aimer solidement... Qu'en cela, il leur ouvrait tous les trésors d'amour, de grâces et de miséricordes, de sanctification et de salut que ce Cœur contient, afin que tous ceux qui voudraient lui rendre et lui procurer tout l'honneur et l'amour qui leur seraient possibles, fussent enrichis avec profusion des trésors dont ce divin Cœur est la source (...) 


Au XVIIIe siècle, Saint Louis Grignon de Montfort montre dans le traité de la vraie dévotion que les derniers temps sont liés à la dévotion à Marie.

Au XXe siècle, c’est le sens des apparitions de Fatima qui promet qu’à la fin le Cœur Immaculée de Marie triomphera. C’est pourquoi, il faut relier Paray-le-monial et Fatima, c’est-à-dire le Cœur de Jésus et le Cœur de Marie.

Conclusion : nous sommes entrés dans la fin des temps ou les derniers temps depuis le XVIe siècle, avec sainte Marguerite-Marie. C’est donc une période assez longue qu’il ne faut pas confondre avec la fin du monde. La fin du monde sera précédée par l’arrivée de l’Antéchrist (qui n’est pas un mauvais pape mais un être absolument terrifiant et maléfique !). Puis viendra le retour glorieux du Christ. 
Avant la fin du monde et la venue de l'Antéchrist, il y aura la conversion d’un certain nombre de Juifs et une période de paix. Notre-Dame de Fatima dit qu'après la consécration de la Russie, "un certain temps de paix sera donné au monde". Cela correspond à la période de l'Église de Philadelphie et aux âmes qui seront sauvées par les apôtres des derniers temps à cette période : 
Voici ce que dit saint Louis-Marie Grignon de Monfort dans la prière embrasée :
"16. Le règne spécial de Dieu le Père a duré jusqu’au déluge et a été terminé par un déluge d’eau ; le règne de Jésus-Christ a été terminé par un déluge de sang, mais votre règne, Esprit du Père et du Fils, continue à présent et sera terminé par un déluge de feu, d’amour et de justice.

17. Quand sera que viendra ce déluge de feu du pur amour que vous devez allumer sur toute la terre d’une manière si douce et si véhémente que toutes les nations, les Turcs, les idolâtres et les Juifs même en brûleront et se convertiront ? Non est qui se abscondat a calore ejus [Ps 18, 7]. Accendatur : que ce divin feu que Jésus-Christ est venu apporter sur la terre [cf. Lc 12, 49] soit allumé avant que vous allumiez celui de votre colère qui réduira toute la terre en cendre. Emitte Spiritum tuum et creabuntur et renovabis faciem terrae [Ps 103, 30] : envoyez cet Esprit tout de feu sur la terre, pour y créer des prêtres tout de feu, par le ministère desquels la face de la terre soit renouvelée et votre Église réformée."

Nous n’en sommes pas encore là ! Pour mémoire le livre de l’Apocalypse, aux chapitres 2 et 3, découpe l’histoire de l’Église en 7 périodes :
1 Église d’Éphèse
2 Église de Smyrne
3 Église de Pergame
4 Église de Thyatire
5 Église de Sardes (période actuelle)
6 Église de Philadelphie
7 Église de Laodicée

Il est clair que les événements décrits dans Philadelphie ne sont pas arrivés :
Voici que je te donne quelques-uns de la synagogue de Satan, qui se disent Juifs, et ne le sont point, mais ils mentent; voici, je les ferai venir se prosterner à tes pieds, et ils connaîtront que je t'ai aimé.
Parce que tu as gardé ma parole sur la patience, moi aussi je te garderai de l'heure de l'épreuve qui va venir sur le monde entier, pour éprouver les habitants de la terre.
Voici que je viens bientôt : tiens ferme ce que tu as, afin que personne ne ravisse ta couronne.

À la Révolution, les Vendéens se faisaient massacrer de façon démoniaque (génocide), les têtes des Parisiens se promenaient au bout des piques, l’Église catholique devenait souterraine et les prêtres juraient. On aurait pu croire que la fin du monde approchait... Et pourtant, nous n'étions que dans la fin des temps. Il en est toujours de même à présent.

Ce qu'il faut, c’est :
1) garder la paix
2) être toujours prêts à paraître devant Dieu à notre mort.