samedi 10 août 2013

L’abbé Trauner explique ses raisons de quitter la Fraternité



L’abbé Trauner explique ses raisons de quitter la Fraternité

Pour un « sédévacantisme pratique » 

définition et application de ce concept






L’abbé Trauner, dans cette vidéo très mesurée que nous vous conseillons vivement d’écouter sur les liens ci-dessus, explique plusieurs points importants de la situation actuelle de l’Eglise et de la Fraternité saint Pie X et donne une ligne de conduite. Cette ligne de conduite est-elle révolutionnaire et schismatique ou bien la sagesse même ? Cette ligne de conduite est-elle différente de ce que Mgr Lefebvre prêchait à la fin de sa vie ?

Avec l’Immaculée pense que cette vision est très sage et ne diverge en rien de la ligne de Mgr Lefebvre dans son Itinéraire spirituel : « C’est donc un devoir strict pour tout prêtre voulant demeurer catholique de se séparer de cette Eglise conciliaire, tant qu’elle ne retrouvera pas la tradition du Magistère de l’Eglise et de la foi catholique. » (Itinéraire spirituel, 1990, p. 29). Il s'agit de rester séparés entièrement de Rome tant qu’elle n’a pas donné des preuves fortes et évidentes de sa conversion entière… Cependant, l’abbé Trauner donne à cette attitude un nom qui peut faire peur à certains : le sédévacantisme pratique.

Définissons le sédévacantisme pratique. Est-ce un sédévacantisme doctrinal déguisé ? Cela veut-il dire que nous considérons que le pape n’est pas le pape ? Non, cela ne veut pas dire cela. Sur le plan doctrinal, nous ne voulons pas trancher ce problème théologique qui sera tranché plus tard par le saint pape qui reviendra après cette crise, quand la Russie sera consacrée et convertie. En attendant, nous suivons sur ce point de doctrine la fameuse lettre du 28 février 2009 de Mgr Tissier de Mallerais à l’abbé Schoonbroodt :

Cher Monsieur le Curé, j'admets très bien qu'un prêtre, que des fidèles, aient des doutes sur la validité d'’un pape tel que Jean-Paul II ou Benoît XVI ; Mgr Lefebvre n'en a-t-il pas eu parfois ? Mais pas plus que notre vénéré fondateur, je ne veux faire de ce doute légitime un cheval de bataille ou une justification de mon action. Mon action se fonde toute entière sur le devoir du combat de la foi, selon saint Paul.  

Donc le sédévacantisme pratique n'est pas un sédévacantisme théorique déguisé. D'ailleurs, Avec l'Immaculée pense qu'il est beaucoup plus probable que François soit pape et le considère comme tel, malgré ses hérésies...  

Ce qui est important, c’est de savoir quelle attitude avoir vis-à-vis de Rome en attendant sa conversion. En effet, que le pape soit le pape ou qu’il ne le soit pas, notre attitude doit être strictement la même : nullam partem avec les hérétiques. Nullam partem, c'est-à-dire : « n’avoir aucune part ». « Aucune part » : c’est-à-dire non seulement n’avoir aucun accord pratique avec Rome mais aussi n’avoir aucune discussion, aucune relation, tant que Rome n’a pas donné des signes de conversion multiples et évidents qui consisteront en : 


- l’abrogation solennelle de Vatican II, du nouveau Magistère, de la nouvelle Messe, des nouveaux rites des sacrements, du nouveau Notre-Père, des nouveaux exorcismes etc.


- le retour à la messe de saint Pie V (et non à une messe hybride ‘façon abbé Célier’). Retour à tous les anciens rituels et anciennes prières et à l’ancien magistère. 

- condamnation des réunions d’Assise et de toutes les réunions interreligieuses, la condamnation de l’Islam, du protestantisme et des autres fausses religions, 


- la réhabilitation du serment anti-moderniste,


- l’abrogation du nouveau code de droit canon et le retour à l’ancien,


- le renvoi de la totalité de la Curie romaine et son remplacement en totalité par des personnes appartenant à la tradition sans compromission etc.

- Et bien évidemment, le signe final : consécration de toute urgence de la Russie au Cœur Immaculé de Marie, en union avec les évêques du monde entier dont beaucoup seront renvoyés auparavant. Tous ceux qui refuseraient de faire correctement cette consécration seraient également immédiatement chassés ainsi que tous ceux qui refuseraient les réformes ci-dessus.

Pourquoi exiger ces conditions ? Parce que la sainte Vierge nous enseigne dans les règles du discernement des esprits qu’elle a donné à saint Ignace : on ne dialogue pas, on ne discute pas avec le démon. Et l’histoire depuis 40 ans nous a confirmé ce sage conseil : à chaque fois que la Fraternité ou un groupement de la Tradition a discuté avec Rome, il a fallu signer des ambiguïtés ou des erreurs graves et cela c’est toujours terminé par l’affaiblissement de la Tradition au profit de la Rome conciliaire qui récupérait une partie des nôtres. 
Les enfants de lumière, naïfs et candides, ne sont pas de taille à lutter avec des francs-maçons rompus à toutes les ruses. La seule façon d’être protégés d’eux, c’est de couper entièrement les ponts tant qu’ils n’auront pas donné les signes de conversion énoncés ci-dessus. Sinon, c’est sûr que nous nous ferons encore tromper.

Il en va de nos discussions avec Rome comme du démon :

Rome et le démon sont comme un gros chien féroce attaché à un pieu. Il n’ont pas le pouvoir de nous nuire tant que nous restons hors de leur portée en fuyant les occasions de péché et les discussions. Ils peuvent juste nous attirer de loin par les tentations, les appels enjôleurs et faussement amicaux. Si nous n’y prêtons pas l’oreille, rien ne nous arrivera ; si nous faisons comme Ève, que nous nous rapprochons et que nous commençons à discuter avec le serpent sous apparence de bien, « pour le convertir », nous sommes perdus. Dieu nous retirera sa protection et livrés à nos propres forces, nous ne ferons pas le poids contre les forces des ténèbres. 

L’abbé Trauner affirme aussi clairement que ce serait un péché pour les prêtres de rester plus longtemps dans la Fraternité saint Pie X sans rien dire publiquement. C’est aussi ce que nous pensons. 

Nous, fidèles, avons des problèmes de conscience graves à rester en communicatio in sacris (aller à la même messe et recevoir les sacrements) avec des gens qui trouvent que la Déclaration doctrinale du 15 avril n’a rien de mauvais. Tous ceux qui pensent cela sont en fait des Ecclesia Dei. Mgr Lefebvre disait que nous ne pouvions pas être en communicatio in sacris avec les Ecclesia Dei à cause, non de leur liturgie (qui est bonne), mais de leurs idées. Or, Mgr Fellay et tous les prêtres qui soutiennent la DQA sont de parfaits Ecclesia Dei, dans les idées. 

Quant à Mgr Tissier, Fr Morgan et l’abbé de Cacqueray, ils nous disent que la DQA était mauvaise mais en même temps, ils condamnent ceux qui la combattent… Ils soutiennent Mgr Fellay qui trouve bonne cette infâme déclaration. (Il l’a défendue dans le Cor Unum 104). Et ils applaudissent à la déclaration du 27 juin 2013 qui n’ose même pas réaffirmer que la nouvelle messe est illégitime et qui réaffirme par contre le principe d’un accord pratique avec Rome… 

Mgr Tissier, l’abbé de Cacqueray et Fr Morgan sont donc d’accord avec le principe d’un accord avec un hérétique, François, qui souhaite que le Ramadan apporte beaucoup de fruits spirituels aux musulmans (à Lampedusa), qui affirme au discours du pré-conclave qu’il est mondain d’affirmer que l’Eglise catholique détient la vérité, et qui ne croit pas en la multiplication des pains ! Et pour se dédouaner de cette accusation, l’abbé de Cacqueray dit que si François concluait un accord avec nous en nous autorisant à le critiquer, cela signifierait qu’il est converti ! Cela suffit ! Assez de bêtises ! Cette affirmation est tellement naïve et enfantine qu’on a peine à croire en la sincérité de celui qui profère ces énormités…

Le salut est donc dans la fuite. Nous demandons instamment à nos bons prêtres de faire de nouveaux centres de messe.