mercredi 28 août 2013

La vérité sur Mgr Lefebvre sort de la bouche... de feu le cardinal Decourtray


La vérité sur Mgr Lefebvre sort de la bouche... de feu le cardinal Decourtray



cardinal Decourtray (mort le16 septembre 1994)

Certains accordistes soutiennent que Mgr Lefebvre est revenu sur l'accord du 5 mai 1988 à cause d'une histoire de date repoussée pour le sacre d'un évêque. Il est vrai qu'au début, en juin 1988, c'est ce que Mgr Lefebvre a laissé entendre. Mais ses idées se sont éclaircies par la suite :
Monseigneur Lefebvre : « Nos vrais fidèles, ceux qui ont compris le problème et qui nous ont justement aidés à poursuivre la ligne droite et ferme de la Tradition et de la foi, craignaient les démarches que j’ai faites à Rome. Ils m’ont dit que c’était dangereux et que je perdais mon temps. Oui, bien sûr, j’ai espéré jusqu’à la dernière minute qu’à Rome on témoignerait d’un petit peu de loyauté. On ne peut pas me reprocher de ne pas avoir fait le maximum. Aussi maintenant, à ceux qui viennent me dire : il faut vous entendre avec Rome, je crois pouvoir dire que je suis allé plus loin même que je n’aurais dû aller. » (Fideliter n° 79, p. 11).

Peu avant sa mort, Mgr Lefebvre déclarait que Vatican II était une "perversion de l'esprit"(1)
Il en est un qui avait très bien compris Mgr Lefebvre... Mieux que certains membres actuels de la FSSPX... Il nous a semblé intéressant de mettre l'appréciation de ce cardinal moderniste et au moins sympathisant maçon, si ce n'est maçon lui-même (2). Non seulement il avait compris Mgr Lefebvre mais il révèle ici la véritable portée de cet accord du 5 mai 1988 sur lequel Mgr Lefebvre est revenu et qui est de nouveau défendu actuellement par certains dans la FSSPX. Précisons que cet accord du 5 mai 1988, très mauvais, était moins terrible que la Déclaration du 15 avril 2012 de Mgr Fellay. La légitimité de la promulgation de la messe de Paul VI n'y était pas reconnue.

Mgr Decourtray le 4 décembre 1988 :
« Si Mgr Lefebvre avait confirmé la signature donnée le 5 mai au protocole d'accord, il aurait fait la preuve qu'il était disposé à accueillir tout le concile Vatican II en même temps que l'autorité du pape actuel et des évêques locaux qui lui sont unis. En réalité, si Mgr Lefebvre n'a pas accepté le protocole qui lui était proposé, c'est précisément qu'il a compris soudain sa signification réelle. « Ils voulaient nous tromper », a-t-il dit équivalemment. Cela signifiait : « Ils voulaient nous faire accepter le concile ».


« Progresser dans la fidélité au concile. Discours d'introduction du cardinal Decourtray à l'assemblée de l'épiscopat à Lourdes », La Documentation catholique 1973.

Notes :


"Ce combat entre l’Église et les libéraux modernistes, c’est celui du concile Vatican Il. Il ne faut pas chercher midi à quatorze heures. Et cela va très loin. Plus on analyse les documents de Vatican II et l’interprétation qu’en ont donnée les autorités de l’Eglise, plus on s’aperçoit qu’il s’agit non seulement de quelques erreurs, l’œcuménisme, la liberté religieuse, la collégialité, un certain libéralisme, mais encore d’une perversion de l’esprit. C’est toute une nouvelle philosophie, basée sur la philosophie moderne du subjectivisme. Le livre que vient de faire paraître un théologien allemand, et qui, j’espère sera traduit en français afin que vous puissiez l’avoir en mains, est très instructif de ce point de vue. Il commente la pensée du Pape, spécialement une retraite que, simple évêque, il prêcha au Vatican. Il montre bien que tout est subjectif chez le Pape. Quand on relit ensuite ses discours, on s’aperçoit bien que telle est sa pensée. Malgré les apparences, ce n’est pas catholique. La pensée que le Pape a de Dieu, de Notre Seigneur, vient du tréfonds de sa conscience et non pas d’une Révélation objective à laquelle il adhère par son intelligence. Il construit l’idée de Dieu. Il a dit dernièrement, dans un document invraisemblable, que l’idée de la Trinité n’a pu venir que très tard, parce qu’il fallait que la psychologie de l’homme intérieur puisse être capable d’arriver à la Trinité Sainte. C’est donc que l’idée de la Trinité n’est pas venue d’une révélation, mais du tréfonds de la conscience. C’est toute une autre conception de la Révélation, de la foi et de la philosophie, c’est une perversion totale. Comment sortir de là ? Je n’en sais rien En tout cas, c’est un fait."


(2) Voici un extrait intéressant d'un article de l'Express. Pour nos amis d'autres pays, nous précisons que ce journal est un magazine de gauche. L'article décrit la maçonnerie à Lyon, ville du Cardinal Decourtray.
Extrait :
"Mais, à côté de cette maçonnerie à forte imprégnation sociale, on trouve un puissant courant spiritualiste, dans cette ville où ésotérisme, magie et ordres templiers se sont toujours épanouis. "Il existe, à Lyon, plusieurs loges ?de recherche?, qui réfléchissent sur les rites égyptiens, la kabbale ou le symbolisme", explique Jean-Jacques Gabut. C'est le cas, par exemple, de la loge Villard de Honnecourt, qui se réunit au siège lyonnais de la GLNF, rue Montesquieu. Paradoxalement, cette quête spiritualiste a plutôt permis à la maçonnerie d'entretenir de bonnes relations avec les autorités religieuses, extrêmement influentes à Lyon, "cette ville où les dames vont à la messe et les messieurs à la loge", selon une formule récurrente de l'éternel candidat FN Bruno Gollnisch. 
Relations cordiales
Dans la grande tradition des relations cordiales entretenues par Edouard Herriot et Mgr Gerlier, maçons et prêtres cohabitent sans heurts. "J'ai toujours entretenu de bons rapports avec Mgr Decourtray, qui savait pertinemment que j'étais initié", raconte Robert Batailly. On a même vu, en 1964, dans un restaurant de la place Bellecour, le mythique Mgr Gerlier donner l'accolade au franc-maçon François Boulud, un avocat qui fêtait ses soixante-cinq ans de barreau, sous les yeux du bâtonnier Maurice Magnet, protestant et maçon lui-même, et d'un jeune et turbulent avocat, André Soulier. "Nous avons appris à coexister", résume Jean-Jacques Gabut, auteur d'un ouvrage de référence sur le sujet, Eglise, religions et franc-maçonnerie (Borée)."