dimanche 1 septembre 2013

Devons-nous quitter les chapelles de la FSSPX ?

Devons-nous quitter les chapelles de la FSSPX ?
Exposé du problème - deux avis de prêtres - actions pratiques envisageables

Pouvons-nous en conscience continuer à assister aux messes de la Fraternité saint Pie X ? Avec l'Immaculée vous propose  tout d'abord d'examiner comment se pose le cas de conscience puis ensuite d'examiner les points de vues de deux prêtres de la Résistance sur le sujet et enfin d'essayer d'en titrer des applications pratiques pour chacun d'entre nous.
(Cet article, initialement publié le 31 août est republié ce premier septembre, pour éviter d'être enfoui trop rapidement).

I - Exposé du problème :

Mgr Lefebvre disait que nous ne pouvions pas du tout aller aux messes des ralliés. En effet, étant donné que pour bénéficier des indults de 1984, 1988 (ou à présent du motu proprio de 2007) il faut reconnaître Vatican II à la lumière de la Tradition et la légitimité de la nouvelle messe, Mgr Lefebvre disait à propos de l'indult que nous ne pouvions aller aux messes des prêtres qui avaient ces idées, car peu à peu ils feraient perdre la foi aux fidèles, par exemple en omettant de critiquer l'évêque avec lequel ils doivent être "en communion".

Voici une lettre de Mgr Lefebvre à l'abbé Couture :

St Michel en Brenne, le 18 mars 1989

Cher Monsieur l’abbé Couture, 

A votre bonne lettre, reçue hier à St Michel, je réponds aussitôt pour vous dire ce que je pense au sujet de ces prêtres qui reçoivent un “celebret” de la Commission Romaine, chargée de nous diviser et de nous détruire. 
Il est évident qu’en se mettant dans les mains des autorités actuelles conciliaires, ils admettent implicitement le Concile et les Réformes qui en sont issues, même s’ils reçoivent des privilèges qui demeurent exceptionnels et provisoires. 
Leur parole est paralysée pour cette acceptationLes Évêques les surveillent !... 
C’est bien regrettable que ces prêtres ne prennent pas conscience de cette réalité. Mais nous ne pouvons tromper les fidèles. 
Il en est de même pour ces “Messes traditionnelles” ! organisées par les diocèses. Elles sont célébrées entre deux Messes conciliaires. Le prêtre célébrant dit aussi bien la nouvelle que l’ancienne. Comment et par qui est distribuée la sainte communion ? Quelle sera la prédication ? Etc.
Ces Messes sont des “attrape-nigauds” qui entraînent les fidèles dans la compromission ! 
Beaucoup ont déjà abandonné. 
Ce qu’ils doivent changer, c’est leur doctrine libérale et moderniste. 
Il faut s’armer de patience et prier. L’heure de Dieu viendra. 

Que Dieu vous accorde de saintes fêtes de Pâques. 
Bien cordialement vôtre en Christo et Maria. 

+ Marcel Lefebvre

Commentaire :
Nous voyons ici qu'il y a des points communs entre la Fraternité saint Pie X et les ralliés, même si nous n'en sommes pas arrivés au même point qu'eux. Les points communs correspondent aux phrases mises en rouge ci-dessus : 
1) la parole est paralysée par Mgr Fellay et les supérieurs, 
2) les prêtres ne se rendent pas bien compte des enjeux ni de ce qui est en train de se jouer en ce moment,
3) les fidèles sont trompés,
4) une doctrine libérale et moderniste est distillée par Mgr Fellay qui fait avancer peu à peu les idées de la déclaration du 15 avril 2012. cf. Par exemple sa conférence de Lille du 7 mai dernier, où la manœuvre est évidente.


Mgr Lefebvre aux fidèles du Canada - extrait du Communicantes d'août 1985 :

Mgr Lefebvre parle des ralliés et des messes d'indult :

«  C’est une position très ambiguë et non conforme à celle que nous défen­dons, et que les traditionalistes ont toujours défendue. Ils acceptent également la légitimité et l’orthodoxie de la messe nouvelle : ce que nous re­fusons d’affirmer. Nous ne disons pas que la nouvelle messe est hérétique, ni qu’elle est invalide, mais nous refusons de dire qu’elle est légitime, qu’elle est parfaitement orthodoxe. Si bien que les fidèles se demandent s’ils doivent assister à ces messes qui sont maintenant autorisées par les évêques. Pour nous, c’est toujours la même consigne : nous pensons qu’il ne faut pas aller à ces messes parce qu’il est dangereux d’affirmer que la messe nouvelle est aussi valable que l’ancienne. Peu à peu ces prêtres qui acceptent ces conditions auront les mêmes tendances que ceux qui disent la messe nouvelle, et un jour, peut-être, ils la diront eux-mêmes et atti­reront nos traditionalistes vers la nouvelle messe. (...)
Commentaire :
Les phrases ci-dessus en rouge correspondent non seulement aux ralliés mais aussi à Mgr Fellay et à certains des prêtres de la FSSPX qui acceptent la déclaration doctrinale du 15 avril 2012 qui dit que la nouvelle messe est légitimement promulguée
 Mgr Fellay a dit le 7 mai 2013 :
"[la déclaration doctrinale du 15 avril 2012] C’est un texte extrêmement délicat et même on peut dire que dans la Fraternité il n’a pas fait l’unanimité si bien que j’ai dit à Rome : je le retire, ça sert à rien ; si il n’est même pas compris chez nous, euh, parce qu’il était peut-être trop subtil, ben, tant pis, on le retire. Et c’est ce que j’ai dit à Rome, et Mgr Di Noia a dit : ‘’je vous comprends, tout à fait, bien sûr, il faut que le texte que vous fassiez fasse l’unité chez vous’’. » 

L'abbé de la Rocque, expert de la Fraternité lors des discussions avec Rome, nous a affirmé dans sa conférence du 18 mai 2012 que dire que la nouvelle messe est légitime ou que la nouvelle messe est légitimement promulguée revient au même et que si tel était le cas du document présenté par Mgr Fellay à Rome [on ne connaissait pas encore ce document à l'époque], il serait inacceptable. Mgr Fellay et les prêtres qui acceptent la déclaration doctrinale du 15 avril 2012 affirment donc la légitimité de la nouvelle messe. Le 7 mai 2013, Mgr Fellay a réaffirmé que le document était bon. Il l'a également affirmé, dans la note du cor unum 104. Or Mgr Lefebvre dit qu'il ne faut pas assister aux messes des prêtres qui pensent que la nouvelle messe est légitime !
Donc si nous obéissons à Mgr Lefebvre, nous ne pouvons plus être en communicatio in sacris (cad participer activement au culte et recevoir les sacrements) avec Mgr Fellay ni avec ceux qui le soutiennent, sachant qu'il défend encore le texte de la déclaration du 15 avril 2012. 

Souvenons-nous également d'un document important publié par la sapinière : Les fidèles ont le droit de savoir En voici un extrait :
« Les fidèles ont un droit strict à savoir qu’un prieur, lors d’une session de théologie, fit remarquer qu’il ne pouvait pas dire : « Benoît XVI est un moderniste ». Ce prieur confia aussi à un confrère ne plus pouvoir, en conscience, faire prier ses fidèles pour « la conversion de Rome et des évêques », intention qui fait pourtant partie de celles de la Fraternité (Cor Unum n° 35).

Les fidèles ont un droit strict à savoir que deux prieurs ont confié au Supérieur d’un District important qu’ils étaient prêts à célébrer la Messe Paul VI (1er canon). Ce qui rejoint la remarque de Mgr Fellay au cardinal Cañizares après une visite d’une abbaye « Novus ordo » près de Florence :  si Mgr Lefebvre avait vu la célébration de la Messe telle qu’elle se passait là-bas, il n’aurait pas pris les mesures qu’il a prises. » (fin de citation)

Peut-on donc être en communicatio in sacris avec des prêtres qui pensent et affirment des choses pareilles ? Mgr Lefebvre aurait dit que non. Il est d'ailleurs symptomatique que ces prêtres restent dans la Fraternité sans être inquiétés alors que les prêtres anti-accordistes sont parfois persécutés (à moins qu'on ne les fasse taire par des mutations-promotions : bâton ou carotte, tout est bon).


"Application  : participation à la messe chez les ralliés

"Pourquoi ne peut-on pas assister aux messes des ralliés (et aux messes concédées par les évêques moder­nistes et dites pour cela messes selon «  l’indult de 1984  ») ?"
"L’objection courante est la suivante : la messe selon l’ancien rite est la bonne, alors pourquoi ne pas y participer dans l’intention de satisfaire à l’obligation dominicale ?"

"(...) La messe est un acte de culte, et y participer c’est professer la foi et la religion de ce culte. Or, chez les ralliés, si les apparences sont identiques (messe, sacrements, etc.), la foi et la religion, elles, ont changé. La foi a fait place à un sentiment et leur religion est entrée dans le pluralisme, principe faux qui admet la coexistence pacifique des diverses opinions et des diverses religions."
"En effet, le Motu Proprio du 2 juillet 1988 leur concède l’ancienne messe, pour satisfaire «  leurs justes aspirations  », pour «  respecter le désir spirituel de tous ceux qui se sentent liés à la tradition liturgique latine  », et non par motifs de foi qui font comprendre que la nouvelle messe s’éloigne de la foi catholique et se rapproche du protestantisme : du sentiment et non l’attachement à la vérité joint au rejet de l’erreur."
"Ils sont entrés dans le pluralisme, car en pratique ils mettent les deux messes à égalité selon les termes du Motu Proprio : il y a entre les divers rites liturgiques «  diversité des charismes  » et «  unité dans la variété  ». De façon conséquente, ils sont passés, au plan doctrinal, à l’admission des erreurs du concile Vatican II, qui concernent la liberté religieuse et l’œcuménisme et qui sont la source du pluralisme. (...)"
"Le Motu proprio de Benoît XVI, de juillet 2007, met explicitement les deux messes à égalité (forme ordinaire et forme extraordinaire). C’est toujours le faux principe du pluralisme. Participer de façon active à l’ancienne messe célébrée dans de telles condi­tions, c’est adhérer à cette foi-sentiment et à ce pluralisme. Nul ne peut l’admettre. La messe célébrée dans ces conditions ne peut pas être un acte de culte agréable à Dieu."
"Par conséquent, on ne peut jamais y participer, pas même une fois pour satisfaire à l’obligation dominicale. L’exemple de saint Herménigilde et l’exemple suivant confirment nos principes." (fin de citation)

Commentaire :
Le chapitre du 14 juillet 2012 a adopté le principe d’une possible coexistence avec les modernistes :
« leur religion est entrée dans le pluralisme, principe faux qui admet la coexistence pacifique des divers opinions et des diverses religions »
"Le Motu proprio de Benoît XVI, de juillet 2007, met explicitement les deux messes à égalité (forme ordinaire et forme extraordinaire).
La FSSPX reconnait officiellement le motu proprio de 2007 (abrogation de la messe de saint pie V comme liturgie ordinaire de l’église latine) comme un acte positif.

Dans notre cas, il faut également considérer le problème des prêtres, de Mgr Fellay et son équipe qui acceptent la légitimité de la nouvelle messe, Vatican II, les nouveaux sacrements, le magistère post-conciliaire et le nouveau code de droit canon à la lumière [vraiment magique !] de la tradition. cf. DQAEt ces prêtres prêchent la doctrine le dimanche aux fidèles de la FSSPX ! Peut-on être en communicatio in sacris avec un prêtre qui reconnaît à la nouvelle messe maçonnique et protestante un droit de cité ? Mgr Lefebvre a dit non. L'article Mgr Lefebvre, Rome et les ralliés dit que non. 

Nous posant toutes ces questions, nous avons donc écrit à deux prêtres de la résistance en leur demandant : Pouvons-nous encore en notre âme et conscience assister aux messes de la FSSPX ? Nous avons obtenu les réponses suivantes :

II - Deux avis de prêtres :

Première réponse :
"D'une façon générale, en soit, pour les fidèles traditionnels, l’assistance régulière aux messes des chapelles de la néo-FSSPX comporte un risque pour leur foi à cause de la nouvelle ligne de conduite de compromis prise par Menzingen.
Mais ce risque est plus ou moins grave et proche selon la mesure avec laquelle les prêtres locaux mettent en place cette nouvelle ligne de Menzingen. Donc, le danger ne sera pas le même partout.
Ainsi donc il ne faut plus aller à ces chapelles si deux conditions s'accomplissent ensemble :
1) Les prêtres (et surtout le supérieur local) prennent la défense et imposent publiquement la nouvelle ligne de Menzingen;
2) Le(s) prêtre(s) persécutent les fidèles de la Résistance qui y assistent en leur refusant les sacrements ou en les dénonçant publiquement ;
Ils peuvent continuer à y assister si les deux conditions mentionnées ne s’accomplissent pas, à moins qu'une chapelle ou centre de Messe de la Résistance soit raisonnablement proche.

Cette assistance peut être aussi justifiée si un grave dommage s'ensuit, par exemple pour l’éducation de leurs enfants qui risquent d’être renvoyés de l’école de la néo-Fraternité. (...) 
[Concernant les différences possibles d'avis des prêtres sur ce sujet :] "Ce sont des opinions touchant des faits concrets et pratiques, et elles peuvent différer, sans pour autant être en désaccord dans les principes... " 

Deuxième point de vue :
"Nous sommes dans la même situation qu'avant 70 après JC. La synagogue est morte, mais non encore mortifère. Les apôtres y prêchent, mais elle les persécute. De bons juifs y vont, mais ils finissent par se faire jeter dehors. (...)
Le changement de l'abbé Beauvais est typique. On le remplace par un confrère qui, bien que n'étant pas tout à fait libéral, est beaucoup moins ferme ; ça fait passer la pilule. L'abbé de la Rocque sera remplacé plus tard par un authentique libéral. La maison autonome d'Espagne ne représente plus rien. Ils ont perdu leurs fidèles là-bas, précisément en les laissant assister aux messes de l'indult. Être au chapitre ne représente plus rien, et d'ici à 2018, l'eau aura beaucoup coulé sous les ponts.
Les fidèles peuvent approcher des sacrements de la Fraternité tout en sachant qu'elle est frappée à mort et qu'il n'y a aucun espoir à vue humaine qu'elle se ressaisisse. Ce qui serait bon c'est que les fidèles commencent à faire le tri, parce qu'un abbé [un prêtre anti-accordiste est nommé] est à cent lieues d'un abbé Lorans... [Il faudrait donc que les fidèles] recommencent à faire des kilomètres ! Il faut en outre qu'ils suspendent ou continuent de suspendre toutes leurs contributions financières, vu que la Fraternité est condamnée. Ils doivent se dégager des œuvres et organisations [de la Fraternité], parce que ces [attaches](...) les retiennent (...), les paralysent.
Il faut surtout qu'ils s'organisent en groupes de résistance, avec un coordinateur local par groupe, en vue d'étudier la situation et de recevoir, le cas échéant, la visite d'un prêtre résistant (...). Nous devons être en mesure de savoir qui est quoi au niveau local. Et ces groupes doivent trouver des candidats pour le séminaire du Kentucky. (...) j'insiste sur la formation d'une résistance laïque locale. Le fait que la France n'en a pas explique le petit nombre de prêtres résistants.
Les fidèles doivent aller chercher leurs prêtres, ce n'est pas le bout du monde parce que c'est ce qui se passe partout dans le monde, sauf en France. (...) [Le] pantouflardisme [de la France] fait l'admiration du monde entier, [ndlr : c'est de l'ironie] et je parle [de ceux](...) qui se plaignent de Mgr Fellay & co et ne font rien de rien.
La France a été trop bien servie pendant 40 ans. (...) [Il faut] qu'un réseau se tisse. [Il faut absolument] (...) des groupes, des chefs, attachés à un lieu précis, à un numéro de téléphone. C'est pour moi plus important que la question de la messe, parce que la confession de la foi passe avant tout.
Enfin je conseille aux fidèles de ne pas se taire, de parler entre eux, et de parler aux prêtres récupérables, inquiets ou attentifs, comme les abbés (...) [trois prêtres anti-accordistes sont nommés] etc.(...) Internet est mieux que rien, mais on peut le regarder en pantoufles."


III - Suggestion d'application pratique pour les fidèles, tout en sachant qu'il faut souvent distinguer au cas par cas :
Tout d'abord, marquons le principe : on ne peut pas juger en bloc les gens, chacun est un cas particulier. Cependant, on peut dégager des règles générales que chacun essayera d'adapter ensuite à son cas, en tenant compte des règles de la prudence.

Règles générales à appliquer dans la mesure du possible:

1) Arrêter de fréquenter les prieurés qui réunissent les deux conditions énoncées par le premier prêtre : a) soutien ouvert à Menzingen et b) menaces envers la Résistance.

2) Pour les prieurés où l'on ne persécute pas la Résistance mais où l'on soutient Mgr Fellay activement, Avec l'Immaculée conseille fortement de les quitter également car nous sommes dans le même cas de figure que celui énoncé énoncé en première partie de l'article : Mgr Fellay et les prêtres accordistes sont en fait des ralliés sans l'étiquette : ils reconnaissent la légitimité de la promulgation de la nouvelle messe, donc sa légitimité (cf. verdict de l'abbé de la Rocque à ce sujet), ils reconnaissent Vatican II à la lumière de la Tradition etc. Donc de même qu'on ne peut aller du tout aux messes de ralliés, selon Mgr Lefebvre et l'article Mgr Lefebvre, Rome et les ralliés, de même il ne faut pas aller aux messes de Mgr Fellay ni aux messes des prêtres qui pensent comme la Déclaration du 15 avril 2012 c'est à dire comme les ralliés, sauf cas particulier grave comme le risque d'avoir ses enfants chassés des écoles de la Fraternité par exemple sans solution de rechange (école à la maison impossible, impossibilité de fonder une école, impossibilité de les envoyer à l'école de garçons d'Avrillé etc.) Cependant, le danger pour la foi étant proche dans ces prieurés, il faut penser dès maintenant à s'organiser pour que la situation ne perdure pas. Il n'est pas envisageable de rester encore dix ans, ni même cinq ans, sans rien faire dans cette situation, car les âmes des fidèles et des enfants de ces prieurés sont en danger proche d'attraper le virus de la mentalité Ecclesia Dei, c'est à dire le virus de la mentalité conciliaire déguisée.

3) Pour les prêtres qui ne disent rien en un sens ou dans l'autre, le danger est moins proche. Il faut essayer de les sonder pour voir ce qu'ils pensent. S'il n'y a pas de répondant et s'il y a la possibilité de faire des kilomètres pour aller à côté dans un prieuré non-accordiste, il faut essayer de le faire dans la mesure du raisonnable. 

4) Pour les prieurés avec des prêtres non-accordistes : il ne faut pas se contenter d'aller assister aux messes de ces prêtres en disant : Merci mon Dieu de m'avoir donné ce prêtre ! C'est très bien, mais ce n'est pas suffisant. La Fraternité est touchée à mort ; elle est en train de couler ; il n'y a plus aucun espoir de la sauver sauf miracle extraordinaire très peu probable. Il faut donc agir pour préparer le départ en sauvant le maximum de personnes : fidèles et prêtres.

5) Organisation de groupes de Résistance :

Quel que soit le prieuré, accordiste ou non, il faut essayer d'organiser un groupe de résistance au sein de celui-ci. Il y en a déjà en plusieurs lieux, plus ou moins informels. Il faut essayer de les structurer davantage à présent, avec un chef par groupe. 

Qualités du chef :
a) Avoir les idées claires sur la nécessité de quitter la Fraternité. Avoir compris qu'il n'y a plus d'espoir. 
b) Être décidé à s'investir pour fonder une chapelle de Résistance dans sa région. Chaque chef de région doit vouloir travailler à l'édification d'un centre de messe de la Résistance, hors Fraternité saint Pie X. C'est son but ultime.
c) Être formé, connaître les arguments, les déclarations importantes. Tout est sur les sites de Résistance, il suffit de prendre le temps de lire.
d) S'exprimer avec suffisamment d'aisance pour aller parler aux fidèles et aux prêtres.
e) Avoir bon caractère et beaucoup de patience avec son entourage qui ne sera, au moins au début, pas aussi convaincu ni informé que lui. Il faudra expliquer les choses avec douceur si l'on veut convaincre. Être prêt à être ignoré, critiqué ou attaqué... même parfois de la part de ses amis. Il faudra rester calme.
f) Avoir le sens pratique et l'esprit d'initiative
g) Être généreux et dévoué
h) Ne pas oublier que l'apostolat est fondé sur la prière et prier quotidiennement. 
i) Se défier (raisonnablement) de soi en s'examinant régulièrement, sans pour autant que cela vienne paralyser l'action, et se confier en Dieu. 
j) S'il nous manque certaines de ces qualités mais que personne ne fait rien dans notre région et que nous avons envie de nous investir, proposons quand même nos services. Du moment que l'on prie avec ferveur, Dieu aidera. Vous pouvez nous contacter.

Actions du chef :
Dans un premier temps, 
a) se réunir entre fidèles, si l'on est loin d'un prêtre anti-accordiste, pour se soutenir mutuellement, développer l'amitié, se former ensemble en étudiant les textes.
Si l'on est avec un prêtre anti-accordiste, lui proposer de conduire le groupe, à condition qu'il ait la conviction de la nécessité de s'organiser pour quitter la Fraternité. 
b) une fois qu'on est suffisamment formé, passer aux résolutions concrètes d'action. Faire un budget et évaluer tout ce dont on dispose en argent (dons mensuels réguliers possibles) et en nature (bâtiments, terrains, ornements etc.), pour monter un centre de Résistance. Il ne s'agit pas de donner à la Résistance naissante un terrain ou une chapelle, sauf exception ou héritage éventuel sans descendants. Il vaut mieux en règle générale que les fidèles restent propriétaires. Il faut décentraliser les possessions immobilières, afin que si dans l'avenir la Résistance virait de bord, nous ne nous retrouvions pas sans rien avec la nécessité de recommencer tout à zéro. Il faut éviter dorénavant de se déposséder. Menzingen s'est enrichi à nos dépens et détourne à présent nos biens de la fin pour laquelle nous nous sommes sacrifiés. Ne recommençons pas la même erreur. Donc restons propriétaires mais prêtons généreusement gratuitement tant que les prêtres sont prêts à mener le bon combat.

Budget :
Budget mensuel à prévoir pour l'entretien du prêtre : tout dépend de l'hébergement et du lieu de l'hébergement. Il faut prévoir au minimum un appartement de deux pièces : une chambre personnelle et une salle à manger qui servira aussi de pièce pour recevoir les gens ou de pièce pour dire la messe, en attendant une chapelle. Voir le prix d'un deux pièces dans sa région ou si un paroissien a un logement à prêter gratuitement. Le lieu doit être décent et propre, pas trop bruyant. Le prêtre doit pouvoir prier et se détendre chez lui. Il faudrait si possible que la nature ne soit pas trop loin, sans être pour autant trop excentré des centres et des fidèles potentiels. Si vous n'avez pas de logement gratuit pour le prêtre, sur le bon coin, vous pouvez voir les prix de location dans votre région.
- Il faut prévoir le budget voiture/essence du prêtre (amortissement, assurance, garagiste, essence) : 450€ /mois
- Le budget mensuel nourriture et achats divers en particulier pour meubler son nouveau logement (vêtements, meubles, électro-ménager, assurance habitation, charges) : 300€/mois en moyenne.
- La cotisation mensuelle maladie/retraite obligatoire pour tous les ministres du culte en France (cavimac): 433€ /mois pour un prêtre indépendant (c'est-à-dire 193 euros d'assurance maladie + 240 euros de cotisations de retraite). Il est possible d'échapper à cette cotisation si le prêtre a une activité professionnelle qui lui fait gagner par an plus de 800 fois le taux horaire du SMIC qui est de 9.43 euros = 7544 euros par an. Mais dans tous les cas, il faudra que le prêtre cotise obligatoirement ailleurs et l'économie, suivant l'activité et le montant gagné, ne sera pas forcément substantielle. Donc compter cette cotisation au budget.
On arrive donc à 1200 euros par mois sans le logementRajouter le prix du logement si besoin. Voir éventuellement sur le site de la cavimac les conditions de revenu pour bénéficier de la CMU. Il faut que le revenu soit vraiment très bas.

Pour la chapelle :
a) soit les fidèles ont un terrain sur lequel on peut mettre un préfabriqué, soit ils ont une grange que l'on peut restaurer peu à peu ou une chapelle à proposer.
b) s'ils n'ont rien, on peut dans un premier temps dire la messe chez l'habitant, dans la salle à manger. Le plus important est de pouvoir faire vivre le prêtre décemment. Pour la chapelle, on pourra louer plus tard une salle communale par exemple, lorsque les fidèles seront en nombre suffisant pour payer ce nouveau poste de dépenses.

Nous pensons que s'il y a si peu de fidèles motivés en France, c'est que les prêtres de France n'ont pas encore prêché le départ, tout en proposant une solution de rechange sur place. Lorsque ce discours sera tenu, les fidèles nouvellement convaincus arriveront et viendront renflouer la caisse. Donc, comme le disait le deuxième prêtre questionné dans cet article, ne donnons plus un seul euro au denier du culte de la FSSPX, même si le prêtre est anti-accordiste. Contentons-nous de payer notre quote-part familiale des dépenses d'électricité et de fleurs dans notre prieuré pour les messes auxquelles nous assistons en donnant quelques pièces à la quête. Réservons le denier du culte pour la Résistance car cela va chiffrer !

Pour trouver un prêtre :
Quand une région a un budget et une infrastructure suffisante pour entretenir un prêtre, que le chef démarche systématiquement tous les prêtres anti-accordistes de France et nous contacte éventuellement si besoin, s'il ne sait pas à quelle porte frapper. Nous lui donnerons des idées, en concertation avec les prêtres de la Résistance. Il y a en France plusieurs prêtres qui seraient disposés à quitter la Fraternité si un groupe de fidèles solides les accueillait.

Important : Il est possible, dans un premier temps que deux régions différentes aient le budget pour un demi-prêtre. Dans ce cas, les deux régions peuvent s'associer pour entretenir à elles deux un prêtre qui répartira équitablement son apostolat. Si c'est votre cas, contactez-nous, nous essayerons de trouver une solution en lien avec d'autres régions et des prêtres de la Résistance. 
Il faudra peut-être être prêts à n'avoir la messe que tous les quinze jours dans ce cas, si les régions sont éloignées. Si elles sont proches, les deux centres pourront avoir la messe toutes les semaines. Cela dépend aussi des lignes TGV. Si les deux centres de messe sont prêts d'une desserte TGV, on peut faire les deux dans la même journée. Cela dépendra aussi du nombre de groupes et du nombre de prêtres que l'on arrivera à convaincre.
Dans tous les cas, pour préserver l'intégrité de la foi, il n'y a pas à hésiter : mieux vaut une messe tous les quinze jours avec la vraie doctrine diffusée intégralement plutôt que de couler avec la FSSPX-Titanic, dans le silence, l'ambiguïté et les compromissions, autour d'une déclaration doctrinale empoisonnée que l'on a "retirée" mais qui était vraiment quand même très "subtile" et malheureusement "incomprise", aux dires de Mgr Fellay. La messe tous les quinze jours n'empêche pas les fidèles de se réunir ensemble pour prier le dimanche où le prêtre est absent. On peut ensuite pique-niquer tous ensemble autour d'un repas apporté par chacun, puis ensuite faire par exemple en alternance une petite conférence de formation (1 par mois) ou une excursion (1 par mois, l'autre semaine sans prêtre) et se quitter joyeux et ragaillardis pour la semaine entière.
Penser à résoudre également le problème des écoles. On ne peut envisager de laisser sans cesse dans les écoles de la Fraternité son enfant, surtout si le prêtre est accordiste. Si l'enfant a la vocation, il sera ensuite embrigadé dans la FSSPX et sous l'influence des prêtres de l'école. Or la FSSPX est perdue. On peut consulter ce site qui aide à créer son école ou envisager l'école à la maison.

Note : 

Sauvegarde du corps du délit :


Communiqué de presse de Son Excellence Mgr Bernard Fellay,
Supérieur Général de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X
Menzingen, le 7 juillet 2007
 

Par le Motu Proprio(A) Summorum Pontificum, le pape Benoît XVI a rétabli dans ses droits la messe tridentine, affirmant avec clarté que le Missel Romain promulgué par Saint Pie V n'a jamais été abrogé.
La Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X se réjouit de voir l'Eglise retrouver ainsi sa Tradition liturgique, donnant aux prêtres et aux fidèles qui en avaient été jusqu'à présent privés, la possibilité d'accéder librement au trésor de la messe traditionnelle pour la gloire de Dieu, le bien de l'Eglise et le salut des âmes. Pour ce grand bienfait spirituel, la Fraternité Saint-Pie X exprime au Souverain Pontife sa vive gratitude.
La lettre(B) qui accompagne le Motu Proprio ne cache pas cependant les difficultés qui subsistent encore.
La Fraternité Saint-Pie X forme le souhait que le climat favorable instauré par les nouvelles dispositions du Saint-Siège permette - après le retrait du décret d'excommunication qui frappe toujours ses évêques - d'aborder plus sereinement les points doctrinaux en litige.
Lex orandi, lex credendi, la loi de la liturgie est celle de la foi. Dans la fidélité à l'esprit de notre fondateur Mgr Marcel Lefebvre, l'attachement de la Fraternité Saint-Pie X à la liturgie traditionnelle est indissociablement uni à la foi qui a été professée « toujours, partout et par tous ».
Menzingen, le 7 juillet 2007
+ Mgr Bernard Fellay